‹ Physiologie v.3, 1895Chapitre 56 sur 151 · Jacquot et Leorain, Recueil de méd, vétér.^ 1890, p · texte numérisé non relu

Jacquot et Leorain, Recueil de méd, vétér.^ 1890, p

n, T auto IL ET.

spécifique, maïs ragent 5/?^Vi«/ propremeût dit échappe pour sa part aux recherches, »

En présence de cette insuûîsauce de renseignements pouvant donner certitude, nous avons eî^sayé de reprendre pour notre compte Télode de plusieurs chiens choréiques**

2" f^TLliE DK Cl'SQ CHIKNS CHOUÉIQUES, c'eST-A-DIIIE ATTKfNTS DK MOirVEMENTS CHOHKlMiRMES.

Nous n'avons nullement Tintention de faire une étude de palholoyie vétérinaire; nous rappelons seulemenL à grands traits ;

La prédisposition (chiens de certaines' races, chiens jeunes),

La cause ef/icienfe (une maladie infectieuse, la maladie des chiens),

La sï/mptomalolofjie c^j/jz/^/ej-e^fl) mouvement anormal consistant en secousses rythmiques, limitées ou généralisées, symélri(|ues ou croisées; b) une parésîe progressive affectant surtout le train postérieur; e) des moditîcations de caractère évidentes (douceur, état craintif exagéré); il) plus ou moins rapidement des troubles trophiques (atrophie musculaire progressive et formation d'eschares aux membres postérieurs).

Le tout paraissant pouvoir fttre appuyé de données microbien nés.

Do nos cinq chiens choréiques,deux, adultes, étaient évidemment loin déjà de la période d infection primitive; deux autres, par contre, présentaient encore des symptômes de contamination récen te (j otage oculaire el nasal, toux, gourme, etc.); chez un cinquième, le mouvement choréiforme a paru produit expérimentalement. Nous avons, dans chacun des cinq cas, fait plusieurs cultures avec le sang de Tanimal vivant, d'autres avec le sang et les viscères de l'animal sacritié; les

1 . Nos rei'lierchea ont porié en huit mois sur cinq chiens chorêiqueii, ce qui^ vu Iji difticiiLiù do se procurer ces aaimaux, en dcLiors des écoles vétérinaires, 6it Uû chiffra déjà important.

cultures ont été faites sur bouillon, puis sur gi^lose et aussi sur gélatine. Les résultats ont été très variés.

Un premier chien épaf?neul, adulte, du poids de 18^", 300, a été sacrifié dans une expérience, le 17 novembre 1891 ; Tautopsie fut immédiate :

a) W.s roiiverliire du corps, cautérisation de la veine cave inférieure, et incision de sa paroi : le sang s'échappe en jets de 10 centimètres de hauteur, le fil de plalinc est trempé dans ce jet, et on ensemence :

1 bouillon.

1 agar.

b) Cautérisation de la rate en surface, ensemencement de :

1 tube bouillon.

1 tube agar.

c) A Tablation de la moelle, une hernie de la substance médullaire s'étant produite dans la région cervicale, après cautérisation, on y plonge le fil de platine et on ensemence deux tubes de bouillon.

Tous ces tubes ayant été placés à Tétuve à 39« du laboratoire, le mardi 17, on constatait, le vendredi 20 novembre, que :

Le bouillon u) était fertile.

L*agar b) « »

Un bouillon c) » »

Des ensemencements furent faits avec les bouillons a) et c) sur gélose. En même temps, on ensemonra un ballon (100 grammes) de bouillon bipeptone. Le lundi 23, on constate des traînées blanchâtres suragar, puis un trouble considérable du bouillon, et sur les parois et sur le fond du ballon, un dépôt qui rappelle les Qncs cristallisations du giyre. Examinées sur lamelles, les cultures en bouillon donnent un microbe à gros fzrains arrondis, disséminés, rarement groupés en amas.

Sur lamelles, les cultures sur gélose donnent deux formes microbiennes, Tune est un coccus à gros grains arrondis, l'autre est un bâtonnet court.

Reportées sur gélatine, ces cultures d'un seul cas donnent en six à hait jours, à la température du laboratoire (10 à iS°) des traînées en surface d'îlots chromogènes, verdàtres, ne liquéliant pas la gélatine. (Nous n'avons pas depuis retrouvé ce microbe.)

Dans tous les cas, ce qui nous parut constant, ce fut la présence d'un microbe à gros grains déprimant légèrement la gélatine sans la liquéfier.

Réensemencé en bouillons successifs, à huit et quinze jours d'intervalle, ce coccus donna des cultures fertiles pendant prés de trois mois; pais à la suite d'une interruption d'un mois dans le réensemencement.

TIUIMII

sait séjour trop prolongé ttans lo nir^uif* niili^'U, suit êpuistuiieut de la vitaïil»' du microhe, les derniers* enst^ineiicemeiUs resloiejn, stériles ^

Pour comploter nos c'oiinaissaiH.!es sur ce microbe, nous avons cherché à reconnaître >'es vrrlus [Hitliogcnes :

Employant un bouilloa de qaarautc-liuil heures d'éluve à Îî9", nous fîmes à un lapin blanr a de 3 kîL une injection de 111 gouttes sous la peau de Tore il le ^'îUJtire; puis à ini lapin jEris h de 2^», 200, une jnjeclian de \V gouttes, sous la peau de t'abdonoMi, 11 n*y enl pas de réaction ^••ént'rale; ta tenïpèralun^ iniHaît.* de .*i0%5 se maîtilînt conslanle; localement, il y eut sur l'oreilie du premier lapin o nue plaque de ly[uphanf(ite avec irradiations; sur le second lapin 6, il persista pendant six jours un nodule d'induration abdominale, sans réaction toi aie apparente, iVautre pari, inncule ii /les (:bieii!>, le bouillon de culture, à la dose de 4 à Ji ce. doiuia des effets diiïérents, les uns positifs, les autres négatifs; nous y reviendrons ultéiieurenient.

Pour riuslanl concluons :

lh\u> le sang de ce premier cliien, une bactérie facilement cukivable, k colonies chroniogène.s sur gélatine, et ne liquéfiant pas ce produit, ce microbe pouvant bien n'elre qu'accidentel: puis un coccusàgros graiusqui a pu f^re cultivé aisément, à plusieurs reprises, etrck^nsemeiicé, Cecoccus non plus ne liquéfie pas la gélatine. Propriétés palhngènes minimes, mais réelles.

Expérience 11

Second chien, braque français, 10 kil., mouvements choréiformes croisés et lie de 5nlutalion» Sur lanimal vivant, après les précautions d'usage, on aspire de la veine sapbéiK', avec ta seringue bien st<^rilisée, du san^ç quVju porte sur houillon, et sur ai^ar. Ces tubes sont fertiles en vin|,''t-qualre beures. On ensemence un Italien de fOO fframmes de bouillon bipeptone» et on (obtient, en deux jours d\Huve à 3V>«, un trouble lolal du boiiilloiK Au huitième jour, il y a dépiît microbien abondant en stries sur la paroi, mais, au lieu de l'apparence de cristallisation piéréderament indiquée, on a ici un iléprU glaireux unif^irme. Sur f^élose, la culture est rapide et très abondante, en gros amas arrondis, ayant tendance à se fusionner. Sur gélatine, on obtient, à la tem-

1 » n en fut de même de ccui qu^ou tenta avec les cultures sur gélose et sur gélatine.

pérature ordinaire, des traînées Hnes blancliâires, qui dépriment légèrement le milieu, sans le liquéfier en totalité.

A l'examen sur lamelles, on trouve des cocci à gros grains, à groupements très variés; cocci isolés, diplococci, tetracocci, rappelant l'aspect des sarcines; rarement des groupes plus nombreux; parfois quelques chaînettes. HepoHé en bouillons successifs, à intervalles de huit à quinze jours, le microbe perd totalement sa vitalité au quatrième passage, c'est-à-dire vers le deuxième mois. A Tautopsie de l'animal, des ensemencements avec la pulpe de la rate, avec le sang du cœur et avec celui de la veine cave inférieure font retrouver le même microbe, un ensemencement fait avec l'axe nerveux spinal reste stérile.

Injecté sous l'oreille de deux lapins, à la dose de III et de V. gouttes, le bouillon de culture se montre moins actif encore que celui du premier chien. L'inoculation au chien ne donna que peu de résultats.

En résumé, dans le sang de ce second chien : Un coccus à gros grains, diversement groupés, de vitalité médiocre, liquéfiant la gélatine en partie, peu ou pas pathogène.

EXPKKIENCES lïl, IV

Le troisième et le quatrième chien présentaient des secousses choréiques moins bien accusées que chez les deux premiers. Cependant le chien III était intéressant, en raison des phénomènes d'atrophie musculaire, du degré de paraplégie, et des troubles trophiques qu'il a présentés. Les cultures du saug ont été rapides, en bouillon, rapides aussi sur gélose; le microbe isolé, reporté sur gélatine, a liquéfié celle-ci en totalité; c'était un staphylocoque blanc banal qui ne nous a pas paru pathogène. Le sang pris dans la sapliéne du quatrième chien vivant ne nous a fourni que des résultats négatifs. Nous n'avons pu fair«^ nous-mème l'autopsie, l'examen bactériologique n'a pas été pratiqué.

Expérience V

Le cinquième chien* avait reçu, le "2 décembre 1891, par injection intra-musculaire, t centimètres cubes de la culture en bouillon du microbe du premier chien. Au point de vue de l'examen microbien, il y a malheureusement, dans ce cas, bien des lacunes. L'examen du sang n'avait pas été fait avant l'inoculation; il n'a été refait que quatre mois après l'inoculation, quand les désordres moteurs ont paru ; à cette époque, 10 avril, deux cultures en bouillon restèrent stériles.

A l'autopsie, le 19 avril, le sang du cœur, ensemencé sur bouillon et

1. Communie, du 15 avril 1892 à la Société de Biologie, p. 297.

188 H. TRlBOULEr.

sur gélose, ne cultiva que sur cette dernière, en déterminant à la surface de petites traînées très minces, formées de colonies minuscules. Reporté sur géialine, il ne cultiva point. Examinée sur lamelles, la culture fit voir un streptocoque, d'une vitalité problématique, car des essais de culture en bouillon et sur gélose restèrent sans résultat dès le second jour.

Voilà pour ce qui a trait à nos recherches microbiennes, nous sommes en présence des microbes ditrérents : un coccus à gros grains disséminés, assez nettement pathogène, de vitalité moyenne ;

Un coccus à gros grains quelque peu groupés, peu pathogène, de vitalité faible, rappelant les dispositions signalées par les auteurs dont nous avons parlé (Rabe, Mathis, etc.);

Un staphylocoque non pathogène, de vitalité très médiocre ;

Un streptocoque ténu, de vitalité nulle.

3® EXPÉRIENCES d'iNOCUL ATION.

Nous avions deux choses à rechercher : il fallait voir tout d'abord l'action des cultures de chaque microbe différent; ceci fait, on devait s'enquérir du mode d'influence de ces cultures, qui pouvaient agir ou par action microbienne directe, le microbe faisant foyers, ou grAce aux sécrétions de ces microbes; aussi les inoculations comprirent-elles deux séries bien distinctes ;

Série A.

Injection des bouillons microbiens.

Série B.

Injection de bouillon, la culture étant privée de ses microbes, mais gardant leurs produits solubles. (Les injections n'ont été faites qu'au moment des cultures du sang des deux premiers chiens; celles des autres n'ayant pu être utilisées, on raison de leur vitalité médiocre.)

Série A. — Injection des bouillons microbiens.

Premier chien. — Les cultures provenant du premier chien ayant présenté le maximum de vitalité, permirent des recherches plus suivies, et furent utilisées sur cinq sujets. On inocula successivement, à quelques jours de distance, un deuxième chien choréique, puis un jeune épagneul sain, puis un chien terrier adulte, vigoureux et sain; enfin deux chiens adultes quelconques, Ces deux derniers, observés à plusieurs mois de l'inoculation, ne présentèrent rien de spécial.

Voici le détail des expériences •.

a) Dans le premier cas, il nous parut intéressant de voir quelles modifications apporterait chez un chien déjà choréique rinjection d'une culture microbienne fournie par le sang d*un autre chien choréique.

Nous primes, dans ce but* noire deuxième chien choréique, et nous lai fîmes dans la cuisse une injection inlra-muscnlairc de 12 centimètres cubes de bouillon fertile par culture du sang du premier chien. Le 12 drcembro, jour de l'inoculation, Tanimal pesait 10 kil.; sa température était de 30°; Tétat général paraissait normal, sauf le mouvement morbide. L»;s jours suivants rien ne se lit remarquer, mais, dès les derniers jours de décembre, l'animal, très vif auparavant, devint maussade, languissant; le poil, sec, était hérissé. Dans les premiers jours de janvier, ranimai manifesta une gène do la marche; enfin, le 6 janvier, Timpolenre fonctionnelle était devenue complète; l'animal ne pouvait plus sortir de sa cage; dans l'après-midi, il fut pris d'une attaque convulsive qui dura quelques secondes, puis tomba dans le coma, se refroidissant progressivement. A 5 heures et demie, il respirait encore; la température rectale donnait 28**,.'). Nous le sacrifiâmes alors. Son poids était tombé à 12 kil.; c'est-à-dire qu'en vingt-quatre jours l'animal avait perdu 4 kil., le quart de son poids primitif. L'ensemencement du sang, fait sur bouillon et sur gélose, donna dans tous les cas un coccus à gros grains qui parut être plutôt celui du chien sacrifié que celui du premier chien qui avait fourni la culture d'injection.

L'inoculation nouvelle a-t-elle joué un rôle prépondérant?

1. Le sang des animaux inoculés était au préalable cultivé pendant plusieurs jours. Chez l'animal sain, dans trois cas pris au hasard, la culture r«i8ta stérile.

n. TRÎROULET.

N'a-l-elle pas agi seulement en aclivant les eflets de rinfeclîon première du sujet en expérience? Nous ne saurions conclure,

b) Dans le deiixi^^me cas, alln di» nii^ux confrôji^r refjîrai'ilé de la culture, nous primes pour sujet d*eipérience un polit chif*n t'i*agneul noir de cinq à six inoit*, sain» non choréique, et n'ayant vraiseniblablemeril pas vu encore la maladie d^s chiens. La mort survint eu dix jours, avpc plirnomt'iies par;dYtiqnes (p.irapléjU'it?, atropbif musculaire rapide, Irouhles lroidn«|ues 'esilian^î; symclriques des pattes postérieures au iiiveaw du larse; ; mort au uulieu de couvulsioniî).

C'est là un résultat brul, dont la seule conclusion à tirer est rinlluence palhogénique certaine, jinur le ehien. du coccus inoculé, dont le pouvoir le plus maniFesLe semble être de déterminer l'a]jparitiou de troubles tropliiques rapides, se présentant avant tout avec l'allure caractéristique de Tatrophie musculaire progressive. Ainsi quon sait, cette dernière question a été bien élucidée au point de vue expérimental par M. RociEit ' qui a produit Fatrophie musculaire progressive expérimentale avec des cultures atténuées de streptocoque de l'érysipêle. L'idée suivante se présente alors à nous comme possible: Puisque, nous disions-nous, A/^^*^//"o/m houékihîchïen savcompiignf\ù unmonv*ul donné, d atrophie musculaire progressive^ il doit y avoir une rapport éliolofjique et pathogénique commun et étroit entre les deux phénomènes : désordre moteur et trouble tropltique ; des lors, en produisant cet le atrophie , ce qni est recounu possible avrc nu eorcus pathogène, pent-étrù pourrons-nous voir t altération musculaire s^ accompagner^ à un moment donnée de la secousse choréique

Or voici ce que nous avons pu observer sur un troisième animal en expérience :

Il s'a^'issail d'un chien terrier, .idulle, ayatd passé Tùge où les chiens conlractenl d'ordiuiure la muladie ; chien d*ailleur^ vii^oureux, et indemne de tout niouvt*ment anormal. Poidti 10^^ \0(\^ température :i*.>".2.

L*atiitiial ayant reçu le i; décembre dans la masse musculaire de la

!• RooKR, Comptes rendue ih l'Acads des sciencest 26 nov«nibre 18U1, p. 560,

cuisse une injection de 2 ce. du bouillon de culture du premier chien, parut d'abord n*en ressentir aucun effet (pus de réaction locale, nifîénérale). Son état général se maintint bon jusqu'en février; mais, en mars, il se mit à maif^rir, son poil se hérissa. En avril, Tamaigrissement devint extrême, et, quatre mois apros Tinoculation» le poids était tombé de 10"*,100 à 0 kilogrammes, Tanimal avait perdu les 2/5 de son poids primitif. On constatait alors, iO avril, nno atrophie musculaire p^néralisée avec prédominance sur le segment supérieur des membres antérieurs et postérieurs, sur les muscles du rachis et du cou, et même du crâne et de la face. En même temps, et c'est là tout rinle'rôt de l'expérience, depuis huit Jours environ, outre un certain degré de paraplégie étaient survenus des phénomènes de secousses rythmi(iues des membres, avec prédominance vers les membres postérieurs, secousses qui, au cou, réalisaient bien, par intermittences, le tic de salutation tel ([u'on le rencontre dans l'affection dite rkorée du chien, l^ea tracés du mouvement étaient analogues à ceux que nous ont donnés maintes fois les secousses choréiques de l'affection évoluant spontanément. Comme ces dernières, les secousses de notre animal en expérience persistaient dans le sommeil.

Il semble donc qu'on soit autorisé, dans ce cas, à parler d'une affection à mouvements choréiformes réellement de nature expérimentale ; et la chose prendra une réelle valeur le jour où de nouveaux faits semblables pourront être relatés. Nous nous contenterons, pour ce qui a trait à notre observation particulière, de faire remarquer qu'elle repousse bien certaines objections naturelles auxquelles M. le professeur NocARD faisait allusion : L'animal était adulte; il était sain. Ce qui éloigne Tidée du développement spontané possible de Taffection, qui parait bien relever de Texpérimentation.

L'animal, de plus en plus cachectique, put cependant vivre quatorze jours avec ces mouvements choréiformes. Il fut sacritié le 19 avril. Lt's cultures du sang ne permirent pas de retrouver le microbe inoculé; une seule culture sur g»'»lo3e fat fertile, donnant des traînées de colonies de streptocoque ténuissime qui ne purent être cultivées à nouveau, ni sur bouillon, ni sur gélose.

1. Ceci n'a rien qui doive nous surprendre, cette disparition de l'agent pathogène inoculé est do règle; dans les expériences de M. Rooek sur la production de l'atrophie musculaire, les microbes ne se retrouvaient plus dans le san-^ d«''s le huitiOtn? jour. Aussi l'auteur rattache-t-il les accidents postérieurs à l'action dos produits solubles microbiens.

H. Tin no ri. ET,

Nous verrons ultérieurement^ si Ton veut bien admettre momentanément la possibilité d'nii n^sultal positif de l^inoculation, rommenî ou peut, avec les donmH?s actuelles, interpréter le rôle pathogéniquo de la culture microbienne.

Examinons maintenant oe que nous a donné le même genre de recherches quand il s'est agi du deuxième cliien,

Driixiême chien. — Xous avotis dit que pour cehii*ei le. sang nous avait montré en culture un coeeus à gros grains déprimant la gélatine en surface. Sans la liquéfier, nous avons vu aussi que ce eoccus ne paraissait que faiblement pathoi^ène. Injecté à trois chiens, il n"a manifesté quelque effet que dans le premier cas :

Il s'ai^tissail d'un jeune chien de 4 moisi, ri*ayaiiL assurément pas eu la maladie des cbieus, d'èiat généra! satislaisanl, température ri8'\ jioids 4''",2iî0, Nous liïi avons inoculé^ le 17 décembre IH9I , 2 centimètres cubes de la rultare de (piarante-buit heures k 38" provenant du sang du deuxième chien choréique. Le lendemain, le petit chien inoculé a 39"^ 8 ; il a te poil sec, un pou hérissé, il ne mange pas* Cet état persiste pendant trois jours; ranimai maigrit de près de 5U0 lïrammes, il aUeinl40'* de tempéra tare, mais au iiuatrième jour un raieux se majiifeâte; la température descend à 3Î>%2, les jours suivants l'animal se rétablit complètement.

Un deiixième chien, jeune aussi, inoculé dans les niêmps conditions (2 centimètres cubes), mourut en trente-six heurc5.Nous n'avoirs pu faire nous-méme l'autopsie; le sûu^ a donné des cultures milles atixqueiles nous ne pouvons attribuer aucune valeur.

Deux autres chiens adultes fiirent inoculés, mais la culture, rlont nous ne connaissions pa^ encore la virale iice moindre, avait déjà beaucoup perdu de sa vitalité» puisque celle-ci s'éteignit au deuxième passage en culture qui suivit ririoculalion, c*esl-u-dire douze jours plus tard, environ. Les résultats furent nuls; survi-illés pendant cinq mots, les animaux n'ont éprouvé aucune modificatioiu Quant aux trois autres chiens, nous l'avons dit, rexpùriraentation fut impossible à leur sujet, les cultures ne présentant pas une vitalité suffisante.

La dcuxiëme partie de uos recheiThes était la suivante : Injeelion de houiltou, la culture étant privée de ses mi^ crabes, mais conservant se^ produits sohtùies.

Divers moyens s'offraient à nous pour réaliser ces conditions : ou bien on pouvait stériliser les cultures obtenues, soit par un filtre retenant les microbes, et laissant passer leurs produits solubles, soit par chauffage discontinu jusqu'à stérilisation de la culture. C'est ce second mode que nous avons pratiqué. Nous l'avons fait porter sur des ballons de 100 grammes de bouillon de culture ensemencés avec le sang des deux premiers chiens choréiques. La stérilisation a été faite :

Pour les uns, à 55® et 60® pendant dix, douze et quinze jours.

Pour d'autres, à 60% 65** pendant sept et huit jours.

Après 70®, il y a toujours eu stérilisation dès la seconde fois ou même dès la première dans un cas.

Le contrôle était fait pendant trois jours au moyen de cultures témoins.

Quant à l'inoculation aux chiens soumis à l'expérimentation, elle fut faite de deux façons : soit par injection dans la saphène, soit dans le péritoine.

I. Les cultures stérilisées du premier cbien furent injectées à qoati-e chiens dont un fortement choréique (le 3® de notre série), dont deux adultes, sains; dont un quatrième présentant un léger lie de salutation. Chez ces trois derniers, le résultat fut nul. Notre premier cas est celui de noire troisième chien déjà choréique. Cet animal, bien portant en apparence, reçut Tinjection le 6 février 1892. Nous injectâmes dans lu saphène 30 centimètres cubes de bouillon stérile; la mort survint en vingt-quatre jours. L'animal, qui pesait li kil. au début, maigrit de S^^-yoOO, c*est-à-dire qu'il avait perdu le quart de son poids. 11 mourut après des convulsions.

II. Deux chiens reçurent respectivement 50 centimètres cubes et 100 centimètres cubes de bouillon stérile provenant des cultures stériles du deuxième chien. L'un fut injecté dans la saphène, l'autre dans le péritoine; aucun des deux n'en parut inllu^icé.

Un seul fait reste donc, qui est le suivant : Un chien déjà choréique ayant reçu 50 centimètres cubes de bouillon de culture, provenant d'un premier chien choréique, et privé de microbes vivants, a succombé d'une façon très rapide.

TO.ME ni. J3

iu

\L TRIBOLLET.

Nous aurions aimé adjoindre à ce résultat quelques faits semblables avant d'essayer do conclure.

Pour expliquer ractîon possible de ce bnuilbui microbien, nous n'avons pas fait d*cxpérîences personnelles, mais cette action nous semble justiciable de Texplication fournie par quelques recherches récentes dues h M. Courmont*.

Dans une note sur la toxicité des produits solubles du staphylocoque pyogène : « Je viens, dit cet auteur, d'étudier avec M. Roi>et les produits solubles du staphylocoque pyogi^no : nous avons dissocié, au moyen de Talcool, ces produits, et nous avons étudié séparément Taction des produits précipités par Talcool, et celle des produits solubles dans Talcool.

te Les premières déterminent sur le chien et le lapin une dyspnée excessive, une élévation de la pression artérielle, ei une exci/abiliié exagérée du sf/\ième nerveux qui se irafhiil par des- .secousses musculaires, des mouvements cfmréifnrmes^ et des contractures pouvant se généraliser et revêtir complètement taspect du strychnisme. Ces accidents se terminent par la mort qui, chez le chien, a lieu, en général, au bout de. deux heures.

u Les substances solubles, au contraire, inoculées aux mêmes animaux, donnent lieu à des phénomènes inverses : ralentissement de la respiration et du cœur, relâchement des symptômes musculaires, somnolence pouvant aller jusqu'à la stupeur, anesthésie cornéenne, etc. Les animaux meurent comme k la suite d'une intoxication par un anesthésique. La dissociation par Talcool permet donc de distinguer dans les cultures du sluphylocoquo pyogène deux espèces de substances toxiques, dilléi^ntes, aussi bien au point de vue physiologique qu'au point de vue chimique-

<c Les poisons microbiens sont donc multiples, et doués de propriétés souvent antagonistes, ce qui empêche leur

U CouRMONT, Soc, de Biûl.t 2Jjati7ier 1892, p. iOli.

action de se manifester nettement quand on les injecte en bloc, *>

Ce que M. Coirmont a sî bien établi pour un microbe banol, le stnpliylocoque pyo^fene, nous aurions bien voulu le pronver pour les cocci du chien; nous ne nous sommes pas cru l;i compétence néeesstiire. A notre sens, pour ce qui est de la chorée du chien^ î' y ** pl'^s qu*un trouble fonctionnel, ainsi que nous espérons li* monirer plus loin.

Tout<'e <jui précède est bien loin malbeureusement d'avoir le degré de certitude qui force la conviclion; les faits positifs y sont peu nombreux; ils ne se présentent dans aucun cas avec une valeur absolue, 11 faudrait reprendre la série expérimentale sur des proportions doubles ou triples.

De tout ceci, cepeudanl, nous avons déjà plus d'une conclusion à dégager : une première, bien connue, et exprimé© avant toute notion microbienne; elle nous paraît majeure.

La chorée dn cliien, conséquence de la maladie des chiens (Vehuey^in), puis, aveclîoi ley et les auteurs moderues (FHitiD- BERGER, Mathis, Jacqlot et I^EGHAïN, Ecolc d^Alfort), la maladie des chiens, déclarée infectieuse, reconnue inoculable.

Pniir nous, avons-nous, dans uns inoculations successives, introduit au moins une fois un microbe pathogène pouvant développer chez le sujet iuocnlé la maladie des chiem? Nous sommes porté à le croire en présence des résultais obtenus sur des animaux jeunes, n'ayant assurément pas eu encore la maladie t et aui^si en pn^sence des phénomènes qu*on observe sur des chiens adultes : c*cst dans tous les cas un état de cachexie prononcée, avec toux, jetage nasal et oculaire, symptômes capitaux, moins Téruption de raiïeclion dite maladie df's r/ite/ts. Celle-ci est-elle monomicrobienne, spéci* fique? ( hi ne le sait pas encore aujourdiuû; Aussi ne pouvonsnous affirmer avoir rencontré clicï nos sujets en expérience le microbe de la maladie des chiens; mais ce qui ressort du moins de nos rechi^rches, c'est que, dans f my cas diiïérenls, on a pu relrouvcr au moins trois agents distincts, c*est-à-dire

U. TlUBOULET,

qu'il y aurait divers agents de la septicémie canine qui feraîonl les désordres nerveux» si tant est qu'il y ait rapport entre ces Iroubîes et les infections microbiennes. Ce fait reste mal fî^ré tout dans notre esprit d'importance capitale; il nous permt'l de nous éloignf^r de la conceplion iilor/ifiue d^une chon'e étant une enfiif* morùifle avec son microbe spéfi/if/tn*\

Pour ajouter autant que possible quelques données positives h la queslion, nou^ avons du reclierclier si, pour expliquer le trouble nerveux, en dehors des désordres fonctionnels résultant d infection, on ne saurait trouver quelque lésion, trace durable et indéniable du passage d'un irritant, quelle qu en put être d'ailleurs la nature. Or, dans ce sens, nous avons abouti à des résultats bien positifs*

4* Anatomie puikologique, ~ Avant ces dernières vingt années^ il n'y a vraiment pas à parler de recherches anatomopathoIog;iques. Yliuiliyen (I8oT) déplore 1 absence de lésions qui ne permet pas d'établir une physiologie patbogénique ferme. Legros (1870) dit avoir examiné les moelles de ses chiens choréiques et ne signale aucun résultat positif, et pourtant on sait la compétence de cet auteur en matière d'histologie.

Par contre, plus près de nous, Wood, dans le travail dont nous avons déjà parlé plus haut, est plus explicile; il dit nettement : « La lésion^ si tant est qu'elle existe, occupe probablement les cellules motrices des cornes antérieures de la moelle, car la galvanisation d'un nerf sciatique mis k nu arrête immédiatement les mouvements de la patte postérieure correspondante, bien que Tanimnl ne donne aucun signe de douleur. >^ tk'tte supposilion devient une réalité '< après des examens qui montrent des lésions très nettes des cellules des cornes antérieures : perte de raflinité pour les matières colorantes, puis disparition des noyaux, perle des prolonge-

f . V. PiANEsi:, de Naples. Stm. mM., 28 ocu !81U, p. iiO.

ments protoplasmiques, et transformation de la cellule en un petit corps opaque et irrégulier ». Des lésions analogues, ajoute-t-il, auraient été constatées dans la chorée du chat, et même dans la chorée humaine.

Pour notre part, nous avons fait l'examen histologique de la moelle de quatre de nos chiens choréiques (I, II, III, V).

Le premier et le cinquième nous intéressaient plus spécialement. Le premier chien était le plus nettement frappé; les accidents avaient déjà une longue durée, car Tanimal était adulte, les lésions, s'il y en avait, devaient se présenter au maximum. Le cinquième était atteint de chorée expérimentale, semblait-il. Le mode d'expérimentation rappelait celui de M. Roger pour l'atrophie musculaire progressive; celle-ci s'était produite. Allions-nous retrouver les lésions décrites par l'auteur?

Voici, exposé succinctement, le résultat de nos recherches.

A l'œil nu, rien de spécial. Dans les cas I et III, on constate une sorte d'oedème gélatineux entourant Taxe médullaire dans la région cervicale, et dans la région lombaire, histologiquement, c'était du tissu adipeux infiltré de sang. Les méninges n'étaient ni adhérentes, ni épaissies, ni congestionnées.

La moelle, enlevée de l'occipital à la queue de cheval, fut divisée en cinq ou six fragments. Dans deux cas, I, H, on enleva l'encéphale. Au niveau de celui-ci, aucune anomalie apparente. Le tout fut placé dans le liquide de Muller, et porté à Tétuve à 34® pendant vingt à vingt-cinq jours. On renouvela le liquide à plusieurs reprises. Au bout de ce temps, le durcissement étant jugé convenable, on pratiqua des coupes successives. Celles-ci partagèrent les tronçons de moelle en segments de 2 centim. environ. Placés dans l'eau pendant deux jours, ces fragments se débarrassaient de l'excédent de bichromate; nous les recevions alors pendant vingtquatre ou quarante-huit heures dans l'alcool à 90°. Alors, nous pratiquions leur inclusion dans le collodion simple non

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H, TRIÎiOCLET.

riein<^. Le durcissement nécessaire étant obtenu, nous pratiquâmes les coupes successives :

I. Dans le premier cas, aucun point ne fut sacrifié, et Taxe nerveux fut examiné pour ainsi dire millimètre par millimètre. Les recherches furent faites de bas en haut, et firent découvrir successivement trois ordres de lésions bien distinctes à signaler (1).

D'une part, dans la région sacrée, vers la partie moyenne de la moelle sacrée, point où s'est arrêtée l'extraction de la moelle, nous ayons pu constater Texislencc d*nn triangle de srlérosc. Ce triangle siège en plein dans le cordon latéral dnttl ; sa l>ase répond à la pt^riphérie médullaire, le sommet semlile s'enfoiicer dans la substance grise, a égdle distance de la t^Me des cornes antérieure et postérieure.

Cette iiltération est bien visible à Toeil nu, sans autre coloration que colle donnée par l'imbibition du bichromate; elle l'est également bien après coloration au iiicro-carmin. Par la méthode de Pal, elle atteint son maximum d'évidence.

Dans tous If s cas il s'agit d'une sclérose confirmée, constituée par un tissu cunjonctif à libres diniiées en divers sens; pauvre en éléments embryonnaires, sauf au niveau de certains vaisseaux restés perméables, dont les parois sont iiiRltrées de cellules jeunes (2).

Dans tout ce triangle il n'existe plus trace de tubes nerveux ni de cylindraxes. Ces éléments réapparaissent peu à peu, en bordure du triangle lésé, en avant et en arrière.

i. Les colorations farenl faîtes : soit au picro-caniiiQ fie Ranvier^ soit à Torcéine^ suivant le procédé du même auteur» ai>it avec la <lout>te coloraiion, carmin et héniatDKjliaef soltcntia avec la méttiaUe dite de Pal.

2. Nus résultai concordent bien avec ccui île M. Pieroiît ei de M. Belous, son élevé. Th. Lijùn, 1888.

M Au point de vue aûatoîiio-pathoktgtqiic, les léBion» vascuUûtes et përivasculairo? (gjiînes lytii plia tiques) ; la il insémination irrcgulière df^ ces lésions à diflerèiitcs périodes d^evolutioii caractérisent té mode d'action des maladies inkctieusee sur le système nerveux,

'< L'évolution clitiiqu#* dr* ces mnljidies cat dépourvue de toute rép^iihnnté [les microt)ea pouvant se rëp,mdre dans tontr.'* les régions, grdce à la disposition des voies lymphatiques]» "

Au lieu d<? microliL»» — non retrouvés dans les centres — peut-être faut-il dire : poisons microbien^?.

LA CHORÉE DU CHIEiN. 199

Ce triangle de sclérose s'étendait sur une hauteur de 7 à 8 millim. environ ; il devait se prolonger au-dessous, mais la moelle n'a pas été enlevée à ce niveau. Du côté de la substance grise, il n'existait dans cette région rien d'anormal, nous a-t-il semblé. S'agissait-il là d'une sclérose descendante sous la dépendance de lésions sus-jacentes? N'était-ce pas plutôt une sclérose ascendante? En tout cas, les coupes faites au-dessus ne donnent plus rien de semblable : substance blanche et substance grise paraissent normales. Seule, la première laisse voir, au niveau des racines postérieures, en dehors d'elle, une infiltration plus marquée de cellules embryonnaires au niveau des capillaires. Nulle trace de sclérose. La moelle lombaire tout entière paraît saine; il n'y apparaît aucune altération cellulaire. Il en est de même des deux tiers inférieurs de la moelle dorsale, mais dans le tiers supérieur, par contre, on relève l'existence de lésions du plus haut intérc^t, en raison même de leur évidente netteté : c'est une atrophie manifeste de la corne antérieure droite. L'altération se retrouve avec la même intensité sur une hauteur de plusieurs millimètres (6 environ). Nous trouvons comme détail histologique : tout d'abord, à Toeil nu, une diminution de volume de la corne qui est réduite à près du tiers de sa largeur primitive, puis, sur certaines coupes, la disparition de toutes les celhiles, quelques-unes peuvent encore être soupçonnées, mais elles ne se présentent que comme de petits amas fibreux, racornis, sans granulation, sans noyau, encore moins sans nucléole, elles ont perdu leurs prolongements protoplasmiques. Au voisinage de cette corne atrophiée, bon nombre des tubes nerveux sont altérés; ils ont perdu leur gaine de myéline, et le tube est représenté par un espace clair entourant une masse rose quadrilatère volumineuse, bien diflerente du cylindraxe si nettement représenté par un cylindre régulier coloré en rouge vif par le carmin. Dans la corne opposée, quelques cellules également sont atteintes, mais à un degré bien moindre.

E^xaniinort plus haut, la tuoelie ne présf^nte plus rien d*anûrmiLL Toute la région cervicale parait saine.

Si nous voulons formuler une coueeption patbo^énique de ces îésicinSi nous conclurons eu disant qu'il s'af^itbien manifestement de lésions irritatives, et iiou pas simplenient de déR^énérescence.

Nos recberphes ont porté aussi sur !e bulbe, et m<hne sur une portion d^encépbale. Dans ce que nous avons examiné, les résultais ont été négatifs.

La moelle du deuxième cbien, ainsi que son bulbe, furcut examinés dans les mêmes conditions; mais les résultats furent bien moins nets.

A Tœil nu, les cuupes âes div<çrses régions, même colorées, ne laissaient rien soupçonner d'anortnaL Lamélbode de Pal ne mitea évidence aucune altération de la substance blaiicbe* La coloration double au carmin et à lliématoxyiine ne déuota en aucun point uue prolifération quelque peu m^irquée de^ cellules embryonnaires.

Ce ivo fut que sur des coupes minces colorées au earmjn, et examinées attentivemeut, qu*on put relever quelques particularités. Elles consistèrent toutes eu inodillcalions des cellules de la conie antérieure, modilications déjà évidentes en comparant les éléments d'une corne avec ceux de la conio opposée de rnéaie nom; modifications qui devenaient flagrantes si Ton comparait les coupes de cette deuxième moelle supposée malade avec une moelle réellement saine. Ici encore^ comme dans le premier cas, comme aum d^ins les detix suivants^ c'eut à lu région dorsale que se présentèrent au ma^vhnum les allf^rfifioun evliultiires. Elles étaient disséminées, toiicbaiit parfois la plupart des cellules, parfois en épar{j;nant le plus faraud nombre. Elles se présentèrent très variées : ce qui dominait, c'était la perte des prolongements proloplasmîques, soit d'un seni, soit de tous; pais la faiblesse de Tafflnité pour le carmin, qui ne les teintait qu'en rose |ta1e, t|uelques-nnes même restaient incolores; le noyau pouvait être lutuct pfirfois, on jie le distin|j;uait plus, alors que le nucléole pouvaient aussi manquer. Eniln.dans cerlains cas, la cellule, anucléée, sans prolongements, présentait une ou plusieurs vacuoles : parfois môme toule la cellule apparaissait comme une masse incolore.

Ce sont là les altérattoos qu'on voit dans Tatropliie musculaire expérimentale; et ceci semble prouver que des lésions en apparence identiques, portant sur les mêmes éléments, peuvent enlniîorr, monientani^iienl du moins, des Iroubles fonctionnels différenls. It n'est pas inutile de rappeler, d*ailleurs, que ce second chien mourut avec un amaigrissement rapide^ et avec des troubles tropliiques marqués.

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La moelle du troisième chien présenta aussi dans la réyion dorsale des modifications importantes. La, comme dans le premier cas, bien que moins prononcée, une atrophie d*une corne antérieure, visible à l'œil nu, et réduisant le volume de cette corne de près d'un tiers. Cette constatation grossière fut malheureusement à peu près la seule permise, la moelle, extrêmement friable, ne put donner de coupes suffisamment minces pour un bon examen histologique. Ce que nous pouvons rappeler, c'est que les cellules se coloraient fortement; que les noyaux étaient bien visibles le plus souvent, et que le fait le plus frappant était la présence en bordure de la corne de cellules un peu ratatinées.

V. Nous comptions beaucoup sur les résultats deTexamen do la moelle du cinquième chien, celui qui, après inoculation, avait présenté, associés à une atrophie musculaire rapide, des mouvements choréiformes; notre espoir fut déçu.

Rien de visible à Tœil nu; histolo^iquement des lésions peu marquées, rappelant, mais faiblement, ce que nous avons décrit dans notre second cas. Comme altérations dominantes, la perte fréquente des prolongements protoplasmiques, la disparition du noyau, la faible coloration générale des cellules.

Donc, dans la chorre du chien, il existe des lésions sur Taxe médullaire. Celles-ci frappent les cellules des cornes antérieures (obs. de Wood; obs. personnelles). Nous ajoutons, d'après nos constatations, que les lésions siègent de préférence dans la région dorsale. Quand Tatreclion évolue spontanément, avec lenteur, la lésion peut s'accentuer jusqu'à Tatrophie visible à Tœil nu (T** cas).

L'expérimentation change les conditions; elle agit trop rapidement, brutalement même ; la mort survient avant que la lésion nerveuse accessoire ait le temps de s'accentuer. Il a fallu deux ans pour faire les altérations si manifestes chez le premier chien; que pouvions-nous avoir de comparable en quatre mois de survie chez notre animal en expérience?

Maintenant, comment peut agir l'infection? Comment le poison microbien vient-il influencer l'élément nerveux? pour-

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