LES ELEMEKTS DES CENDRES
mêmes. 7) Le manganèse ou le nickel ne peuvent pas remplacer le fer dans ce cas 17
C'est Ëusèbe Gris ' (professeur de chimie à Clrà,tilloii-sur-Seine, Côted'Or, mort en 1849) qui, le premier, a rattaclié la chloi-ose des plantes à l'absence des sels de fer ; il a fourni de ce fait les preuves mentionnées dans le paragraphe précédent sous les n"' 1 et 2. Son fils, Arthur Gris, na pas seulement répété et confirmé ses expériences, il a observé an microscope ce qui se passe dans des cellules de feuilles chlorosées, lavées avec une solution de fer (chlorure, nitrate, vitriol)*. Il mouilla une seule fois la moitié de droite d'une feuille chlorosée de Digitalis micrantha avec une solution de sulfate d'oxydule de fer ; au bout de trois jours, cette portion était déjà , verte. Les cellules renfermaient auparavant une gelée jaunâtre, granuleuse. Après l'action du fer, elles contenaient des gi'ains de chlorophylle à différents degrés de dévelop^tement, les uns en forme de corpuscules polygonaux attachés aux pai-ois, les autres arrondis. U répéta la même observation avec le même résultat sur une feuille de Glycine chinensis. Dans ce cas, le protoplasma des cellules chlorosées était déjà étendu le long des parois sous la forme d'une couche jaunâtre ; après l'expérience, il était d'un beau vert. Les expériences portèrent encore sur l'Iris, le Pétunia, le chêne, le Smilax et l'Hortensia (figures 1, c, pi. 10). Les conclusions d'A. Gris sont : « La chlorose est caractérisée par un arrêt de développement qui empêche l'évolution complète des grains de chlorophylle; les sels de fer agissent en rendant à la chlorophylle la faculté de se développer, etc. « Le prince de Salm-Horstinar* montra, par des expériences tout à feit concluantes, qu'on peut occasionner ia chlorose en élevant des plantes dans des mélanges exempts de sels de fer (avoine, colza), et la faire cesser en rajoutant cet élément. — Pfaundler ', dans des expériences sur la végétation, constata que, lorsque le fer manquait, les feuilles étaient blanchâtres ; celles qui se développaient plus tard encore plus que les premières. J'ai montré, par mon expérience de 1H60 ' sur le maïs, que la chlorose parait lorsque toutes les parties du germe se sont développées aux dépens de la matière contenue dans la graine ; les trois ou quatre premières feuilles furent vertes, les suivantes vertes seulement au sommet et blanches vers la base ; celles qui succédèrent, complètement blanches. Mes expériences de 1861 sur des choux furent encore plus concluantes ; par contre, avec le Phaseolus, je n'obtins jamais des feuilles entièrement blanches, raab seulement d'un vert très-clair et transparente *. Quelques gouttes de chlorure, acétate ou sulfate de fer, ajoutées dans la solution, ont déjà un effet marqué au bout de vingt-quatre à quarantehuit heures. Ija tnmsformation est complète en trois à quatre jours. Une
' De l'actiOD des composés ferrugineux Bolublea sur la végétation, 1843. Nouvelles expériences sur l'emploi des ferragineox solubles appliqués à la végétation, 1344.
* Aon. des Se. nat. 1857, TU, 201.
* Versuche and Resutcate Cber die Nahrung der Pfl., 1866.
* AoD. dcr Chemie und Pharmacie, Bd. XU, 37. " Die londw. Versuchastat., 1860, cah. VI, 259. « Flora, 1862, p. 183.
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plante de maïs leverdie de cette façon fut de nouveau placée dans une solution ne contenant pas de fer ; les nouvelles feuilles produites étaient blanches et se colorèrent à leur tour sous l'influence du fer. Le chlorure de manganèse ne remplace point celui de fer.
Je fis, en 1861, une expérient:e dans ce sens eu même tempa que celle qui me donna la plante de maïs, dont j'ai déjà parlé avec 42 graines mûres et 29.875 gr. de matière sèche (Aimalen der Landwirthscha in den Kôn. preuss. Staaten : Wochenblatt 1862, a" 19). Je fis germer des graines de maïs dans de' la sciure de bois, et les y laissai jusqu'à ce que la racine eût atteint une longueur de 2 à 3 cent. ; je plaçai une plante dans l'appareil représenté fig. 14, et la laissai dans l'eau distillée jusqu'à ce que les deux premières feuilles se fussent développées ; elles étaient d'un beau vert. Je la transportai alors dans un mélange qui contenait dans 1000 cent, cubes d'eau distillée.
1 gr. de sulfate de potasse.
0,5 a de chlorure de sodium.
1 11 de gypse.
0,5 0 de sulfate de magnésie.
1 n de phosphate tribasique de chaux.
Le 19 juin, la plante avait produit de nombreuses racines et quatre feuilles d'un vert clair, dont la dernière avait 14,5 cent, de longueur sur 2 de largeur. La plante fut transportée ce jour-là dans une solution qui, pour 1000 cent, cubes d'eau distillée, contenait :
1 gr. de nitrate de potasse.
0,5 » de chlorure de sodium.
1 » de gypse.
0,5 D de sulfete de magnésie.
l n de phosphate de chaux.
Le 2 juillet, la plante avait beaucoup de nouvelles racines et six feuilles, les trois premières vertes, la quatrième avait la base blanche, la cinquième la pointe seulement verte, la sixième était toute blanche; la quatrième avait 25 cent, de longueur, la cinquième 21, la sixième 15,5. — Le même jour, je rajoutai 3 cent, cubes d'une solution de chlorure de man* ganèse ; trois jours après (15 juillet), on ne voyait encore aucune tiace de verdissement ; je rigoutai alors 3 cent, cubes d'une solution de chlorure de fer (2 centigrammes) ; le 6 juillet, dans l'après-midi, les feuilles 4, 5 et 6 étaient déjà vertes à la base ; le 25 juillet, trois nouvelles feuilles parurent, rayées de vert, de jaune et de blanc, comme la quatrième, la dnquième et la sixième. Evidemment, le fer ne s'était pas trouvé en quantité suffisante, une partie ayant été précipitée par l'acide phosphorique. Je versai encore, en conséquence, dans la Ûqueur, 3 cent, cubes de cÛorure de fer, et, le 1" août, toutes les feuilles étaient complètement vertes ; la plante commença alors à croître beaucoup plus rapidement
Dans un nouvel écrit sur ce sujet, A. Gris ' cite une foule d'expériences
' De l'application des sels de fer à la végétation. Entrait dn Bulletin de la Société impériale zoologiqoe d'ocdimatatloo, 1862, juillet.
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faites au Jardin des Plantes par Brongniart, Decaisne, Payen, Neumami, Pepin,etc., qui toutes confirment les idées de son père; les plantes apparteiûùent aux genres Hortensia, Calceolaria, Pelargoniiim, Cineraria, Spirtea, Ërica, Oenot£era, etc. Quelques exemplaires d'Âzalea étaient chloroses ; au mois de septembre, par une température de 20 à 25' C, les feuilles et les rameaux forent trempés dans une solution de sulfate de fer (l gr, par titre) et retirés lorsqu'ils furent bien uniformément mouillés; au bout de huit jours, une améUoration était déjà visible ; on arrosa alors la terre avec une solution na peu plus forte (8 pour 1000) ; la chlorose disparut tout à feit, et les nouveaux bourgeons qui se développèrent avaient des feuilles entièrement vertes.
Stohnuum fut également conduit, par ses expériences, à la conclusion que n. le fer joue un rôle positif dans la végétation et ne sert pas seulement à introduire l'acide phosphorique. Son influence se manifeste bientôt dans les feuilles qui, d'abord d'un blanc jaunâtre, deviennent vertes à partir des nervures n (v. Agronomiscbe Zeitg. de Hamm 1864, p. 325).
Enfin, j'ai dirigé M. Risse dans un certain nombre d'expériences, dont je suivis journellement les progrès et qui furent exécutées avec beaucoup d'adresse. Elles montrent que l'influence du fer ne peut pas être remplie cée par celle du nickel. Ce qui suit est un extrait qui m'a été remis par M. Risse lui-même.
Le 13 mai, des graines de maïs ramollies par un séjour de vingt-quatre heures dans l'eau distillée furent semées dans de la sciure de bois soigneusement purifiée. Elles ne tardèrent pas à germer, et, le 23 mai, elles furent placées dans le mélange nutritif qui contenait dans im litre d'eau distillée:
Nitrate de potasse 1 gr.
Nitrate de chaux 1 »
Sulfate de chaux 0,3 »
Sulfate de magnésie 0,3 »
Chlorure de sodium 0,4 »
3,0 » pour 1000.
Les sels employés étaient tous chimiquement purs, et quelques-uns préparés spécialement dans ce but. Dans chacune des solutions était rajoutée une petite quantité de phosphate de chaux eu poudre.
Les plantes prospérèrent ; le 31 mai elles avaient déjà chacune quatre à cinq feuilles, une tige de 10 cent, de hauteur et des racines allant jusqu'à 30 cent, avec beaucoup de racines secondâmes. Toutes étaient un peu chlorosées, mais seulement sur les dernières feuilles. Les trois premières étaient d'un beau vert. — Le 31 mai, une partie des plantes fut transportée dans une solution qui contenait, outre les sels indiqués, 0,05 gr. de chlorure de fer par litre ; les antres restèrent dans la solution dénuée de fer. La différence fut bientôt très-marquée. Dans les plantes qui absorbaient du fer la croissance fut très-rapide, la chlorose s'arrêta et, au bout (le quelques jours, toutes les feuilles étaient vertes, tandis que les autres ne se développaient que lentement et les feuilles 4 et 5 devenaient toujours pins blanchâtres.
Le 19 juin, la sixième feuille était développée chez toutes les plantes
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qni végétaient hors de llnâuence du fer, et elle était très-fortement (^lorosée. A partir de ce moment, ces plantes parurent ne plus rien g^ner; elles atteignaient à peine un tiers de la taille de celles qui croissaient dans la solution renfenuast du fer. Toutes les feuilles dilorosées sont minces et délicates et par places transparentes, ce qui prouve que tes cellules ne sont plus remplies et que la formation du protoplasma a cessé. Le 23 juin, la plupart des feuilles étaient fanées, mais les racines paraissaient encore saines et fraîches. Le 25 juin, une plante fut enlevée. Elle contenait :
Poids sec 0,5505 gr.
Ct'ndres 0,0560 »
Substance organique = 0,4945 »
Substance organique de U graine. . . . = 0,3878 n
Gain . 0,1067 »
Le dernier chiffre exprime la quantité de substance organique qui a été formée durant la période de végétation. — Pendant ce temps, les plantes placées sous l'influence du fer se développaient d'une manière tout à tait normale. Un certain nombre d'entre elles furent cultivées jusqu'à la maturité dans différents buts ; je ne suivrai le développement que d'une seule pour la comparer à la précédente. Pendant toute la durée de la végétation, la composition de la solution ne &t plus modifiée. Le 15 juin, la plante mesurait 1 '/i pi^d ^ hauteur ; elle fut alors transportée dans un vase de la contenance de 2 litres rempli d'une solution fraîchement préparée ; chaque jour, l'eau qui s'évaporait par les feuilles fut remplacée ; la quantité en était ^sez considérable ;du20juinau 6 juillet, en moyenne 107 cent, cubes par jour. Le 6 juillet, l'épi mUe parut ; l'évaporation augmenta aussitôt beaucoup et s'éleva à 200 cent, cubes, et un peu plus tard à 300 cent, cubes par jour.
Le 16 juillet les anthères s'ouvrirent; mais comme les stigmates n'avaient pas encore paru, la fécondation fut faite artiflciellement un peu plus tard (24 juillet) avec le pollen d'une plante de maïs élevée de la même fa^n. Le 20 juillet, la solution fut renouvelée, parce que dans plusieurs autres plantes l'acide nitrique paraissait épuisé, et qu'on commençait à apercevob' une formation de sulfete de fer dans le voisinage des racines. I^ même opération fut répétée le 22 août. Le 15 septembre, la plante fut récoltée après avoir passé dis jours dans l'eau distillée. Son aspect était tout à fait normal; l'épi portait 63 graines mûres pesant 16,3S4 gr. Les chif&es suivants indiquent le poids de la substance sèche et des cendres dans les différentes partîtes :
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