‹ Physiologie végétaleChapitre 95 sur 121 · TRANSPORT DES PRINCIPES PLASTIODES, ETC · texte numérisé non relu

TRANSPORT DES PRINCIPES PLASTIODES, ETC

suspendues dans la sève. Des moarements dans la masse entièFe seront la conséquence : l» De tonte courbure ou torsion (telles que celles que produit le vent) infligée à nne portion quelconque de la plante. Le soc laiteux sera par ce moyen poussé d'un organe dans un autre, ponr reprendre plus tard sa place primitive. Des différences locales de composition se neutraliseront par les mélangée qui seront la suite de ces mouvements. 2° Far des difiEérences dans la pression qae les cellules environnantes excercent sur tes vaisseaux lacticifêres ; par exemple, si l'évaporation s'accroît tout d'un coup, la tension des tissus diminue ; les vaisseaux lacticifêres augmentant de calibre attirent à eux la sève des parties plus comprimées. Dans les jeunes bourgeons qui utilisent les substances contenues dans les vaisseaux lacticifêres, il n'y a encore aucune tension; les cellules sont absolument passives ; par contre dans les entrenœuds et les fenilles, elle est considérable et la pression ainsi exercée snr les vaisseaux pousse lenr sève vers les parties les plus jeunes. 3° Des mouvements dans tonte la masse du suc laiteux peuvent aussi être occasionnés par des variations de température en .différents points des tissus, ainsi qu'Âmici l'a prouvé par expérience *. D'après cet auteur, la simple approche de la main suffît, dans le Chelidouium, pour produire en courant dirigé vers les parties les plus froides. Gomme entre les diverses parties de la plante il y a toigonrs des différences de température, nous avons là une cause constante de mouvements pour le suc laiteux.

Après avoir énuméré ces différentes causes qui maintiennent le suc laiteux dans un mouvement constant, il est à peine nécessaire de parler de la diffusion qui agit sur les molécules dissoutes on tennes en suspension. Elle peut jouer un certain rôle dans les rhizomes, les racines et autres parties souterraines qui sont plus ou moins soustraites aux influences de la température et du vent.

Les mouvements des substances albumineuses dans les vaisseaiur. poreux sont nécessairement beaucoup plus lents que ceux du suc laiteux dans les lacticifêres ; quelles que soient les différences de pression, les pores sont trop étroits pour permettre un mouvement rapide à une substance aussi visqueuse. On le remarque en coupant traDsversalement des tiges ou des racines; le suc laiteux sort immédiatement' en grosses gouttes; le mucus albumineux ne parait qae

■ Oiambatttats Amici, tod H. t. HohI, BeDage zxa Bot. ZeituDg, 1863, p. 6.

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lentement et finit par se rassembler (an bout de plusieurs heures) en gouttes grosses comme un pois ou une noisette sur la sorbce de section à moitié desséchée (betterave, coûtée) ; qnetqnefois il se coagule de lui-même (cooi^e). Evidemment comme le snc laiteux, il sort sous l'influence de la tension des tissus. Dans les organes plus âgés où cette tension a entièrement disparu (partie inférieure de la tige de maïs), il ne sort plus rien sur la sur&ce de section.

La sève qui s'écoule des vaisseaux poreux et deB cellules cambifwmes ou criblées est ordinairement claire et trioisparente et a une réaction positivement alcailne ' ; celle du parenchyme et le suc laiteux sont au contraire acides. Souvent la réaction alcaline se perd dans les organes âgés : ce fait concourt avec la disparition de l'albumine de leur^ tissus (mats: écailles de bulbe d'Album Cepa). Chez les Cucurbitacées, la aève des vaisseaux poreux remarquablement abondante reste toujours alcaline. Dajb des préparations bien faites, on peut constater cette réaction jusque dan.< les dernières ramifications des faisceaux vibro-vasculaires. La partie b plus jeune des racines et des bourgeons est toujours faiblement alcaline, ce qu'il faut sans aucun doute attribuer à l'abondance de l'albumine (protoplasma) qui s'y trouve *.

Dans le transport des substances à travers des cellules doses de louiex parts (parenchyme, cellules ligneuses et camhiformes), nous reconnaissons deux causes de mouvement : la tension des tissus et la diffusion. — La tension des tissus suffit pour faire mécaniquement passer à travers les membranes les substances dissoutes. On le voit facilement en coupant des tiges ou des racines sncculentes ; la sève du parenchyme et des cellules cambiformes (Beta, Brassica, Âllium Cepa) s'échappe en si grande quantité qu'il est impossible qu'elle provienne uniquement des cellules coupées par hasard : la plus grande partie doit venir de plus loin; et comme

> Sache, lUeber saure.alkaliache und neutnile BeactiouderS&ftelebeoder PfliDzenzelien. » Bot Zeitung, 1862, n" 33.

' Il &ut avoir pour ces expériences de la teintnre de tournesol parfiùtemeiii neutre ; on colore par son moyen, un morccMi de papier à filtrer de Suède, très^n, et lorsqu'il est bien sec, on le polit Boigneosemeat sur une face. On coupe ^isuiie des portions de plantes bien û'alches, on essuie sur du papier à filtrer la Bève mute qui s'échappe d'abord en abondanc«; lorsque la surface de aectioD est bien sèche. on la laisse quelques minutes, puis on l'applique sur le papier tournesol et an fy laisse '/■ ^ 1 minute. On obtient ainsi une image de la surface de section; les parties qui correspondent au parenchyme sont rouges; celles qui correspondent aux fidsceam fibro-vasculaires sout bleues.

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toutes les cellules sont fermées, ce n'est qa'JL travers les membranes qu'elle a pn arriver.

La force nécessaire est fournie par la tension da parenchyme, comprimé par l'épiderme et le bois. Chaque cellnie parenchymateuse ou cambiforme se trouve soumise & une pression venant de l'extériear, et qui safSt pour faire passer la sève & travers la monbrane cellulosique. Le Uquide sortira naturellement du côté où la résistance est la plus faible, c'est-à-dire du côté de la section. Dans les plantes intactes la résistance la plus faible se trouvera du côté des boni^eons et des sommets des racines où il n'y a pas racore de tension des tissus ; c'est donc là que se portera la sève *.

La diffusion agit dans le même sens ; l'équilibre moléculaire (duquel elle dépend) se trouve rompu en deux points : dans les bourgeons les principes élaborés sont constamment utilisés ; le sucre et les autres combinaisons dissoutes sont transformées en cellulose, l'albumine en protoplasma, chlorophylle, uucleus; les molécules dissoutes dans la sève doivent donc se dir^er de ce côté, pour rétablir l'équilibre. La productiou incessante de nouvelles molécules dans les feuilles Ëivorise ce mouvement. Les rapports sont les mêmes si au lien de feuilles il s'agit d'oi^anes persistants tels que les cotylédons.

Le transport de TamidoQ à travers les cellules closes mérite une mention particulière. Bans toutes les cellules parencbymateuses que traverse l'amidon, on trouve contre les parois perpendiculaires à la direction du mouvement, de petits granules de cette substance. J'ai déjà indiqué, dans mon premier mémoire*, mon opinion à leur sujet ; je crois qu'ils se dissolveiU; contre la paroi, la traversent, se précipitent de nouveau de l'autre côté, teaversent peu à peu la cellule suivante, s'apphquent contre la paroi opposée, se dissolvent de nouveau, etc. ; la direction de ce mouvement est toujours vers le point de végétation.

Il n'est pas étonnapt qu'on ne puisse pas constater la présence des molécules d'amidon dissoutes; peut-être le changement d'état est-il accompagné d'une transformation en glycose ; celle-ci, qui se précipite bientôt sous forme d'amidon, n'est jamais assez abondante

' Celte idée, à laquelle j'attache assez d'importance, a été exposée pour la première foia par moi: Flora, 1863, p. 67; elle se trouve d'accord avec la tiiéorie de Hofmeister de la tension des tissus.

* J. Sachs, < Ueber die Stoffe welche das Maierial zur Bilduog der Zellbftnte liefern. . Jahrb. f. wiss. Bot., UI, 249. Flora, 1863, p. 72.

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ponr être à portée de dos moyens d'analyse micro-chimique, n anÎTe souvent aussi que dans les cellules, dans lesquelles ramidoD s'accumule d'une manière permanente, nons ne pouvons pas reconnaître sons quelle forme il y pénètre. L'extrême petitesse de ces grains d'amidon parle aussi en faveur de ma manière de voir ' ; cela est surtout remarquable chez les fèves, les pommes de terre, etc., au moment de la germination. Dans les cotylédons et les tubercules, les grains d'amidon sont relativement gros; dans le parenchyme des entre-nœuds, ils sont, an contraire, extrêmement petits ; ils n'ont évidemment pas le temps dans les cellules de s'accroître par intussnsception.

La tendance de la matière amylacée k se précipiter sous forme de granules, est évidemment un moyen d'en accumuler de grandes quantités dans un espace étroit. Représentons-nous, par exempte, deux cellules parenchymateuses voisines : A contient une solution de sacre ; 6 n'en contieot point ; la diffusion fera passer dn sucre de  à B; mais le mouvement s'arrêtera dès que la concentration sera égale des deux côtés. Si au contraire le sucre arrivant dans la cellule B, se précipite sous forme d'amidon, le mouvement se proloi^e beaucoup et la dernière molécule de sucre passera de  à B. On comprend ainsi comment la grande quantité de sucre qui est produite dans la tige des pommes de terre par l'assimilation des feuilles s'accumule peu à peu dans les tubercules ; s'il ne se transformait pas à mesure en amidon, il n'en pourrait arriver qu'une quantité proportionnelle à la concentration de la sève dans la tige et dans le tubercule. Tout ce que je viens de dire de l'amidon, s'applique peutêtre également bien aux huiles grasses.

Quelque chose d'analogue se passe dans les betteraves; si le sucre de canne était directement produit dans les feuilles et arrivait sous cette forme jusqu'aux racines, on aurait à la an de la période de végétation une sève paiement concentrée dans les deux organes. Mais il n'en est point ainsi : c'est de l'amidon qui est produit dans les feuilles ; il se transforme en glycose dans les pétioles et ce n'est que dans la racine qu'il devient du sucre de canne ; l'équilibre moléculaire ne s'établit ainsi jamais; chaque molécule de glycose qui se transforme en sucre de canne fait de la place pour une nouvelle molécule ; c'est ainsi que toute la glycose que contient la tige finit par s'accumuler dans la racine.

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