‹ Physionomie Actuelle de l'Alcoolisme en TouraineChapitre 20 sur 29 · RES · texte numérisé non relu

RES

situé dans un grand hôtel, on ne sert plus le dixième des cocktails qu’on y servait en 1930. On vient y boire un apéritif, un vin cuit étranger, un alcool pur. Le prix et le goût du bon achèvent de détruire cette étonnante inversion de nos sens. Nous connaissions plusieurs jeunes gens qui avaient dressé des bars chez eux. Il y a de l’eau dans les bouteilles maintenant qui restent comme ornement de rayons vraiment trop « cafetiers ».

Les derniers fidèles du cocktail sont les toutes jeunes filles qui profitent à une soirée dansante d’une invitation pour explorer ce dont elles ont tant entendu parler. De même que le sportif sobre est l’exception, de même l’amateur convaincu de ce breuvage devient une rareté.

Nous ne dirons rien de l'alcoolisme intellectuel. Les intellectuels sont peu nombreux à Tours. Quant aux étudiants de l'Ecole de Médecine, ils sont ni plus ni moins que les successeurs de leurs aînés. La salle de garde reste la salle de garde et les banquets d'étudiants n'ont pas changé d’allure.

A table, l’homme aisé boit beaucoup de vin quand il reçoit ou quand il est traité. Mais il est surtout porté sur les liqueurs dont chaque intérieur possède un choix rituel et très complet. Le vin ordinaire est en général fort, et d’origine recherchée, bien que souvent extra-régionale.

En résumé le buveur tourangeau est un fort buveur. À Ja campagne il boit son vin, gardant cette habitude quand il vient en ville.

En ville, l’homme de condition modeste est un buveur mixte, alcool-vin, sauf dans certaines professions où les spiritueux trop chers pour lui, sont payés par ses employeurs. L'homme de condition aisée est un grand buveur d’apéritif, boit du vin assez alcoolisé à table et consomme de l’alcool.

Le coefficient d’immodération semble bien être plus élevé pour le chiffre d’alcool pur (absorbé sous forme d'alcool dilué ou non) en ville qu’à la campagne.

La consommation de vin demeure stationnaire ces dernières années. Certains snobismes, tels que celui des cocktails, sont en voie de régression.

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