‹ Physionomie Actuelle de l'Alcoolisme en TouraineChapitre 27 sur 29 · FA" ER · texte numérisé non relu

FA" ER

l’amoindrissement des enfants. Cependant à la campagne il n’est pas courant de trouver des lignées d’anormaux dues à l’alcoolisme. Il semble bien que ce soit dans les petites localités surtout que l’on rencontre des enfants arriérés. Presque toujours c’est le père alcoolique qui en, supporte la responsabilité. Nous avons vu plus haut que l'ivresse aiguë, fut-elle passagère, pouvait suffire à expliquer la naissance d’un enfant taré. Il faut ranger dans cette catégorie les avortons campagnards. Il ne s’agit pas en général dans la gamme des arriérations de l’idiotie complète, mais bien plus de faiblesse d’esprit avec pour les adolescents un important penchant à la perversité. Enfin, n’oublions pas que plus tard l’hérédo-alcoolique peut devenir plus facilement qu’un autre un buveur.

L’œnolisme, dans ce chapitre, ne semble pas tenir une grande place. L'usage de liqueurs industrielles d’apéritifs est plus répandu. Mais n'’existe-t-il pas dans cette relation de cause à effet l'influence d’une hoïsson concentrée plus novice puisque intoxiquant massivement, plutôt que celle d’un alcool dilué ?

En ville le mal est bien plus répandu. A la Crêche de l'hôpital de Tours, sur une moyenne de trois cents enfants (admis jusqu’à l’âge de quatre ans) on rencontre en moyenne 35 à 45 enfants nés de parents alcooliques. Ils présentent principalement des états de dénutrition chronique accompagnés de retard dans l'accroissement général. Ce sont des enfants présentant. suite d’une hypotrophie rebelle. de fréquentes affections cutanées où le pemphigus tient une place importante. Et, chose extrêmement intéressante, la plupart sont hérédosyphilitiques. À la Crêche de Tours, sur 42 enfants d’origine alcoolique reconnus en 1933, 37 étaient svphilitiques présentant tous des atteintes viscérales importantes accompagnées de micro-polvadénie. Par contre les ostéopathies svphilitiques sont extrêmement rares. Les troubles intellectuels sont rarement de sévérité extrême. Il s’agit bien plus souvent d'enfants arriérés, plutôt que d’idiotie absolue.

A la Maternité de l'Hôpital de Tours, il est rare de

Le

pouvoir établir l’hérédité alcoolique, la mère n'étant qu'’exceptionnellement atteinte et ne dénonçant jamais les abus de son mari. Les cas de mortinatalité y sont relativement fréquents (9 %) et la syphilis peut en être accusée nettement, il est extrêmement difficile d'y trouver la trace certaine de l'alcoolisme.

Nous indiquerons aussi que l’hérédité alcoolique se trouve avant tout chez l’ouvrier, dans la classe besogneuse bien plus que dans la classe aisée.

La mortinatalité et la mortalité infantile varient à la campagne suivant les régions. Dans une enquête faite en Touraine, le Docteur Debré constate par exemple une différence appréciable entre les contrées de Chinon et de Loches d’une part et celles de Richelieu d’autre part ! Voici les chiffres qu'il donne :

Cantons d

Lochois Chinonais Richelieu Ile

Natalité (pour 1.000 habitants,

de Bouchard

TOO EEE sir cute 18,7 18 17,9 20,4 Mortinatalité (pour 100 accou-

chements, 1920-27)........ 2,50 3,16 3,69 2,64 Mortalité infantile (décès de

0 à 1 an pour 100 enfants,

OR meules 5,47 7,49 6,12 TTT Mortalité générale (pour 1.000

habitants, 1920-27)........ 14,8 IS 15,2 15,1

Le plus grand nombre de mortalité infantile se trouvant dans les classes pauvres et demi-aisées.

Les états de prématuration et de débilité sont la cause de beaucoun de décès, dont un nombre important dû aux maladies infectieuses spécifiques.

Il semble aussi que la mortalité précoce ait diminué plus que la mortinatalité et, dans les conclusions de cette enquête il est écrit que les districts de Touraine sont ceux où la mortalité pour causes inconnues est la plus basse (0,4 pour 100 naïssances vivantes), alors que les maladies infectieuses v constituent une importante étiologie.

Le rôle que joue la syphilis surajoutée à l’hérédité

Page 1