‹ Physionomie et caractère, essai de physiognomonie scientifiqueChapitre 22 sur 37 · T. III, p · texte numérisé non relu

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no PHYSIONOMIE ET CARACTÈRE

Mantegazza confirme, d'après son expérience personnelle, les divinations de Lavater1.

Je crois, pour ma part, que ces auteurs sont victimes de la confusion entre la forme de l'organe et son attitude mimique. Ce sont les positions du sourcil et non sa forme qui lui confèrent son expression. Nous avons vu, en effet, que le sourcil très relevé indique l'indécision, le sourcil abaissé la méditation et l'énergie. Nous tombons ainsi d'accord, au moyen d'une autre explication, avec Lavater.

2° Paupières. — Écartées. — Les paupières écartées, à l'état normal, ouvrant au large le sens de la vue aux impressions du monde extérieur et découvrant en môme temps le globe oculaire, indiquent de la curiosité et de l'attention extérieure, en même temps qu'une franchise qui ne se dissimule point.

Paupières rapprochées. — Elles donnent à l'œil une impression de finesse, de moquerie, d'ironie, surtout si les rides de l'angle externe, formant la patte d'oie, sont marquées.

Le rapprochement des paupières est habituel chez les myopes, avec projection de la tète en avant. C'est pourquoi ceux-ci produisent une impression de malice atteignant parfois l'impertinence, qui risque d'être mal interprétée par des personnes non averties. Les yeux clos, avec froncement du sourcil,

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indiquent la contention d'esprit, la méditation profonde.

Paupière supérieure relevée. — L'élévation forte de la paupière supérieure s'associe généralement à l'élévation du sourcil et aux rides horizontales du front. Cette combinaison donne au visage l'expression del'étonnement, de la surprise, delà crainte, de la terreur, ou encore de l'attention extérieure très soutenue. Elle est rarement chronique et ne survient qu'occasionnellement pour traduire des émotions passagères.

Paupière supérieure abaissée. — L'abaissement de la paupière supérieure prend une signification variable, selon qu'elle est isolée ou s'associe à d'autres indices.

Isolée, elle révèle d'une façon nette un individu nonchalant, indolent, apathique, paresseux, qui ne veut se donner la peine d'aucun effort d'attention» ou encore d'un individu malade, déprimé, fatigué, qui lutte contre l'épuisement et le sommeil.

Associée à l'élévation du sourcil et aux rides horizontales du front, la chute de la paupière supérieure exagère encore cette impression d'indolence on d'accablement, mais avec une tentative de lutte. On l'observe chez les sujets paresseux d'esprit qui font effort pour fixer leur attention et comprendre, ou chez des sujets qui combattent une tendance invincible au sommeil. Ils cherchent vainement par la

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contraction du frontal à entraîner vers le haut leur paupière alourdie et. tombante.

Fig. io. — OEil indolent.

Quand l'abaissement de la paupière supérieure se joint à l'inclinaison de la tête en avant et à l'abaissement du regard, c'est le signe de l'humilité, de la timidité, de la honte.

Au contraire, si la tète est relevée et rejetée en arrière, c'est le signe de l'impertinence, de l'assurance dédaigneuse. Il est aussi complémentaire de l'expression du mépris dont, nous le verrons plus loin, les signes principaux siègent à la bouche. « Mais à lui seul, il suffît déjà pour faire comprendre à la personne que l'on regarde de cette façon, qu'elle déplaît, qu'elle n'est pas estimable, qu'on la méprise. En effet, en abaissant au-devant de l'œil le voile de la paupière supérieure, de façon à ne plus lais-

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ser à l'ouverture palpébrale qu'une minime étendue, c'est absolument comme si l'on disait à cette personne, que, à cause du peu de considération ou d'estime qu'elle inspire, elle mérite d'être négligée. Gela peut se traduire par : « Je vous méprise à tel « point que je ne veux même pas vous voir : vous ne « valez pas la peine que je vous regarde. » Dans le cas de la timidité, de la honte, on n'ose pas regarder ; dans le cas du mépris, on ne veut pas regarder !. »

Paupière inférieure relevée. — Ce mouvement qui existe dans le rire, donne à l'œil une certaine finesse aimable et bienveillante surtout si la patte d'oie se plisse : c'est pourquoi Duchenne nommait la portion inférieure de l'orbiculaire palpébral qui élève la paupière inférieure, le muscle de la bienveillance. C'est cette élévation de la paupière inférieure qui produit le rire de l'œil, quand les yeux sourient, chez les personnes de bonne humeur et aimables. C'est son absence au contraire, dans le rire de la bouche, qui donne l'impression du rire faux.

3° Globes oculaires. — Les globes oculaires proprement dits ont beaucoup moins d'importance dans les expressions de la physionomie qu'on ne se l'imagine généralement. En vérité, ils bénéficient des at-

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