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IÏ6 PHYSIONOMIE ET CARACTÈRE

sions sont que chez les sujets jeunes, bien portants et intelligents, les yeux ont plus d'éclat que chez les sujets âgés, malades ou imbéciles.

Le diamètre de l'orifice pupiilaire varie selon la distance, l'éclairage, les émotions. Mais ces états sont passagers et ces variations n'ont guère de valeur physiognomonique. Un œil à la pupille dilatée paraît se foncer, puisque la zone claire périphérique diminue.

Les attitudes du globe de l'œil et du regard nous offrent une étude plus instructive. La façon de regarder d'un individu peut nous fournir d'utiles indices sur sa mentalité et son caractère.

Le regard dirigé droit en avant avec des yeux bien ouverts, convergents sur l'objet regardé, est celui d'un homme franc, raisonnable, attentif aux choses extérieures, qui ne craint ni d'observer, ni d'être observé. Le même regard, parallèle, perdu dans le vide avec des pupilles dilatées et des traits détendus, indique la rêverie, la distraction, l'absence de pensée précise.

Si la tête est penchée en avant et sî le regard jaillit sous l'abri des sourcils froncés, c'est le regard observateur, méditatif et défiant, le regard napoléonien.

Le regard dirigé en bas prend une signification différente selon les attitudes simultanées de la paupière supérieure et de la tête. Si la paupière supé-

rie lire est abaissée et le cou fléchi, le regard tourné vers le sol est un regard de timidité, d'humilité, de honte. Au contraire, si la tête est relevée, c'est le regard prétentieux, dédaigneux, orgueilleux.

Le regard dirigé vers le haut est le regard du ravissement et de l'extase. S'il se reproduit fréquemment chez un sujet, il signifie une tendance à l'exaltation et au mysticisme.

Enfin le regard de côté est le regard furtif, sournois, qui observe en se dissimulant. S'il s'associe à la flexion de la tête en avant, il indique un sujet perfide et fourbe, exempt de franchise, qui ne doit inspirer que la défiance.

La mobilité du globe oculaire est le dernier élément intervenant dans l'expression de l'œil. A l'état habituel, on peut dire qu'elle est proportionnelle au degré de vivacité de l'esprit, tandis que le regard immobile, dans un visage détendu, révèle l'insignifiance de l'esprit, l'indifférence, l'absence de curiosité et d'effort mental.

Le regard immobile dans un visage tendu, sous des sourcils froncés, est le regard volontairement fixe de l'homme observateur et énergique, qui facilement, par un peu d'insistance, devient un regard dur. A distinguer du regard fixe de la distraction, de l'extase et de l'effroi, dont nous avons indiqué les caractéristiques.

Le regard mobile sans brusquerie et sans secousses,

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qui se pose sur les objets et s'en éloigne avec aisance, donne une impression de calme et de douceur. C'est le regard des femmes et des enfants.

Si le regard se déplace sans se fixer, c'est le regard errant disirait, qui révèle l'absence de pensée nette et d'attention précise.

Le regard très mobile, qui se tourne rapidement en tous sens, dans une face agitée, indique l'inquiétude ou l'embarras. Au contraire, si la bouche est fine et souriante, c'est le regard vif d'un homme intelligent et spirituel, dont l'esprit est ouvert à toutes les curiosités.

Enfin, la mobilité de l'œil dans les passions vives augmente son éclat. L'œil brille dans la colère, la haine, l'enthousiasme; et la cornée, humectée de larmes, jette des reflets qui donnent l'œil flamboyant.

Attitudes du Nez.

Les narines peuvent être dilatées ou resserrées^ élevées ou abaissées.

La dilatation des narines est révélatrice de la bonne santé, de la gaîté, de l'énergie, d'une nature expansive. Quand les narines sont habituellement battantes et frémissantes, elles indiquent un tempérament ardent et enthousiaste.

Le resserrement des narines donne au visage l'expression pincée de la froideur, de la mauvaise humeur, de la tristesse, du chagrin.

Uélévation et Y abaissement des narines s'associent le plus fréquemment aux attitudes de la bouche et ne me paraissent avoir qu'une valeur expressive supplémentaire de ces dernières. Nous les retrouverons plus loin. Notons cependant que l'élévation des narines, par le transverse du nez, associée au rire que produit le zygomatique, à l'élévation du sourcil et au rapprochement des paupières, donne au visage une expression très nette de lubricité et de cynisme.

Attitudes de la Bouche.

La bouche, nous l'avons dit, possède une grande éloquence émotionnelle, et sa mobilité lui permet de multiples attitudes mimiques.

En dehors de toute expression mimique, la bouche, offrant à l'observateur les seules muqueuses visibles de l'organisme, renseigne par l'aspect des lèvres sur la nutrition générale de l'économie. Une bouche aux lèvres pâles et minces indiquera un tempérament anémique, fatigué, fragile ; au contraire, une bouche aux lèvres rouges et gonflées indiquera une économie prospère, une nature riche et gourmande de toutes les sensualités.

lao PHYSIONOMIE ET CARACTÈRE

Dans les attitudes buccales, il faut distinguer les altitudes d'ensemble et les attitudes partielles des lèvres.

U occlusion totale et habituelle de la bouche par le resserrement des lèvres et la contraction des muscles masticateurs indique la volonté et la décision. Lorsque sur un visage on aperçoit à travers la peau

Fig. 12. — La colère (D'après Darwin).

les temporaux et les masséters qui se gonflent, on peut affirmer qu'on se trouve en présence d'un caractère résolu. S'il s'y joint le froncement des sourcils et l'avancement de la lèvre inférieure, on a l'expression de la colère.

L 'ouverture totale et habituelle de la bouche par abaissement de la mâchoire inférieure est un signe

de faiblesse et d'imbécillité. Elle se rencontre chez les sujets très bornés, les naïfs ouvrant toujours la bouche détonnement. et chez les enfants atteints de végétations adénoïdes, ne pouvant respirer parle nez. Toutefois l'ouverture de la bouche se présente aussi dans l'attention auditive, et chez certains

Fis. i3. — Lèrres pincées (D'après Piderit).

-sourds faisant effort pour entendre. Il s'v joint alors des rides horizontales du front.

Elle est aussi l'expression caractéristique de Tâtonnement, de la surprise, de l'effroi.

Le pincement de> teere- en dedans, de sorte que la muqueuse rouge est repliée et a peine visible, indique un caractère froid, dur. insensible, méchant. Quand les lèvres pincées s'associent aux narines pincées, elles donnent au visage une expression très désagréable de dureté et de méchanceté.

Lu projection des lèvres en avant est la mono de la mauvaise humeur et de la bouderie. Elle existe aussi dans le doute et l'appréciation de la valeur d'un objet ou d'un homme. C'est pourquoi Piderit l'appelle trait scrutateur.

Cette expression habituelle trahit un certain sen-

i'ia. ik. — Bouderie. Trait scrutateui . (D'aprè6 Piderit).

timent de supériorité et l'esprit de critique chez celui qui le porte.

h' arrondissement des lèvres dans l'expression dite « faire la petite bouche » est chez les femmes un signe de minauderie et de coquetterie.

"L'aplatissement des lèvres contre les dents donne le « trait doux », comme le nomme Piderit. Dans cette attitude, le profil de la lèvre supérieure forme une ligne droite qui se continue presque directement

LES ATTITUDES EXPRESSIVES iaâ

avec le profil de la lèvre inférieure et du menton. Ce trait, bien caractéristique, appartient aux personnes douces, affectueuses, aimantes.

V élévation de la lèvre supérieure qui se renverse en dehors, tandis que le sillon naso-labial se creuse, que les pommettes et les ailes du nez se relèvent, donne le « trait amer ». Piderit fait remarquer que

Fig. i5. — Trait doux (D'après Piderit)!

le profil de la lèvre supérieure est fait de deux lignes formant un angle. Ce trait appartient aux caractères tristes, mélancoliques, mécontents, aigris.

Si l'élévation de la lèvre supérieure est unilatérale et découvre les dents, c'est le ricanement de la cruauté, de la haine, de l'agression. Se reproduisant fréquemment chez une personne, il révélerait la cruauté, la sauvagerie.

Abaissement de la lèvre inférieure avec renversement

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en avant. Ce trait, qui très marqué clans le dégoût, indique à un degré plus léger et normal, le mécontentement.

L'élévation de la lèvre inférieure avec corrugation de la peau du menton se produit chez les personnes très sensibles et les enfants, qui sous l'influence d'un chagrin sont prêts à fondre en larmes.

L'élévation des commissures labiales donne l'expres-

Fig. iG — Trait amer (D'après Piderit).

sion du sourire. En même temps les narines s'élèvent et se dilatent, le pli naso-génien se marque, la pommette et la paupière inférieure remontent et se gonflent. Ce gonflement de la paupière inférieure, signe de la bienveillance, permet de distinguer le sourire sincère et spontané du sourire faux et forcé.

Le sourire n'étant pas, selon la théorie de Dumas1, une expression mimique transitoire, mais une atti-

i. Le Sourire. F. Alcan, 1906.

LES ATTITUDES EXPRESSIVES i25

tude faciale due à la tonicité musculaire, on comprend qu'il existe des degrés progressifs entre l'expression sérieuse de la bouche et le rire éclatant.

Je n'ai guère besoin d'insister sur l'expression du sourire. Il traduit la bonne humeur, le contentement, l'aménité du caractère.

Il est différentes qualités de sourire. Le sourire est fin, malicieux, quand il s'y joint une forte élévation de la paupière inférieure et une patte d'oie très marquée.

Le sourire est doux quand les lèvres au lieu d'être gonflées et proéminentes, sont pressées contre les dents et aplaties.

Le sourire est amer quand la lèvre supérieure est relevée et renversée en dehors, comme dans le trait amer.

Quand l'élévation des commissures est unilatérale, on a le sourire équivoque de la Joconde de Léonard de Vinci.

L 'abaissement des commissures labiales donne l'expression de la tristesse et, au degré plus marqué, celle du mépris. Elle est accompagnée de l'allongement en bas du sillon naso-labial qui vient former une courbe embrassant la commissure.

Ce signe du mépris existe chez les hommes hautains, orgueilleux, pleins du sentiment de leur propre valeur et de leur supériorité sur les autres.

Quand le mépris s'exprime activement sur un vi-

sage, à l'abaissement des commissures se joint la chute des paupières et le redressement de la tête en arrière.

Fig. 17. — Mépris (D'après Piderit).

L'abaissement des commissures avec élévation de la lèvre et des narines et accentuation du pli nasolabial donne l'expression du dédain. Une personne portant habituellement cette attitude faciale paraît prétentieuse et antipathique.

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