FACE
Les jeux de physionomie peuvent intéresser l'ensemble du visage, ou bien au contraire n'avoir pour siège qu'un organe, l'œil ou la bouche.
11 y a des faces extrêmement mobiles et continuellement agitées : tous les muscles s'y contractent tour à tour, tous les sentiments s'y reflètent, tous les plis s'y creusent, toutes les expressions s'y impriment. Ce sont des visages de nerveux agités, hypersthéniques, dont la mimique traduit l'agilation générale.
Il est d'autres visages au contraire, immobiles, impassibles, sans mouvements et sans plis. Cette absence de mimique peut appartenir à des sujets bien divers : aussi bien à l'imbécile qui ne ressent rien dans son cerveau vide, qu'à l'homme qui se maîtrise et se contraint. Mais, tandis que les traits du premier sont inertes et relâchés, sans rides frontales, sans contractions des lèvres, ceux du second sont tendus, parfois crispés, avec les sourcils froncés et la bouche serrée. On établira aisément la différence.
Parmi les mimiques totales de la face, les mieux caractérisés sont le rire et le pleurer.
Rire. — Je n'ai pas à étudier ici la physiologie ni
LES MOUVEMENTS EXPRESSIFS i39
la psychologie du rire. Ces questions appartiennent à la mimique et on les trouvera discutées amplement dans Heçker, Darwin, Piderit, Mantegazza, Raulin, etc.
Rappelons seulement que le rire est produit surtout par la contraction du grand zygomatique, qui élève les commissures labiales, élargit la fente buccale, gonfle la pommette et produit les rides tempoporales connues sous le nom de pattes d'oie. Le sillon naso-labial devient concave en dehors dans sa partie supérieure et en dedans dans sa partie inférieure. Mais ces mouvements ne suffisent pas à donner le rire normal. En effet, si Ton observe un sujet riant franchement, on constate qu'en outre la lèvre supérieure est relevée par l'action des élévateurs de la lèvre et de l'aile du nez, découvrant ainsi les dents supérieures, et de plus que l'œil intervient également dans le masque du rire, par l'élévation de la paupière inférieure, déjà indiquée comme signe de la bienveillance. Enfin, chez certains sujets, la contraction des fibres du risorius s'insérant à la face profonde des joues détermine les fossettes qui confèrent au rire une qualité d'enjouement et de malice. C'est la présence de la mimique oculaire qui produit le rire franc, vrai. Au contraire, lorsque la bouche seule se contracte tandis que l'œil demeure inerte, on obtient le rire forcé, le rire faux, simple grimace volontaire et trompeuse, que n'inspire aucun sentiment réel.
rAo PHYSIONOMIE ET CARACTÈRE
Il est donc très important, pour se renseigner sur la sincérité de la gaieté exprimée, d'étudier toujours la partie oculaire chez une personne riante.
Raulin1 a résumé dans le tableau que je reproduis les conditions anatomiques des diverses qualités du
rire.