‹ Physionomie et caractère, essai de physiognomonie scientifiqueChapitre 29 sur 37 · FONDAMENTALES SECONDAIRES · texte numérisé non relu

FONDAMENTALES SECONDAIRES

Grand zygomatique Rire volontaire incomplet, faux.

— Orbiculairc palpébral inf.

— complètement. Rire spontané, bien-

veillant, vrai.

— légèrement. Sourire.

— unilatéralement. Sourire moqueur.

— Buccinateur. Rire ironique.

— Buccinateur et fibres pro-

fondes de l'orbiculaire

des lèvres. Rire renforcé.

— Palpébraux sup. et inf.

et canin. Rire méprisant.

— Dilatateur de l'aile du nez. Rire voluptueux.

— Transverse du nez. Rire lascif.

— Frontal. Rire étonné, surpris.

— Abaisseur de la lèvre inf. Rire renforcé.

— Elévateur de la lèvre sup. Sourire triste.

Risorius Sourire au rie tus léger.

Orbiculaire palpé -

bral inférieur Sourire des yeux.

A la mimique faciale du rire se joignent des phénomènes mécaniques — inspirations spasmodiques

— et des phénomènes phonétiques — éclat de rire

— dont il est superflu de donner la description.

i. Le Rire et les Exhilaranls, i vol. Paris, 1900.

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II est essentiel pour la connaissance du caractère d'observer dans quelles occasions un sujet rit.

Les êlres jeunes, insouciants, légers, rient fortement à propos des moindres causes. On en conclura un caractère superficiel et puéril. Au contraire, d'autres sujets ne rient jamais : ce sont des graves, des mélancoliques, des amers.

Il est aussi des races qui ont le rire facile : nègres, méridionaux ; d'autres où il est rare : Indous, races du Nord.

Le rire peut avoir des causes purement physiologiques : tempérament sanguin, bon repas, gaîté alcoolique, chatouillement, ou des causes psychologiques, satisfaction intérieure, spectacle amusant, ridicule d'autrui, etc.. L'observateur cherchera à préciser l'origine du rire ; il y parviendra par l'étude de la personne même. Pour un tempérament sanguin, le rire est habituel, et peut être dû à la simple prospérité physiologique : on le vérifiera en constatant l'existence de la patte d'oie due au plissement fréquent des tempes. Pour un tempérament lymphatique ou neuro-hyposthénique', le rire est accidentel et sera dû surtout à des motifs psychologiques, satisfaction ou ironie.

Il existe enfin des rires pathologiques : celui des maladies bulbaires et médullaires, celui des maladies cérébrales, paralysie générale, manie, démences, idiotie, celui enfin des névroses. Le rire saccadé est

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le plus souvent de nature hystérique : il suffit à lui seul à poser le diagnostic de l'affection. Et si vous entendez une personne — une femme le plus souvent — secouée par un rire bruyant, spasmodique, semblable à un hoquet, vous pourrez presque sûrement affirmer que vous êtes en présence d'une hystérique.

En résumé, au point de vue physiognomonique, le rire nous servira d'indice pour la connaissance du caractère par sa fréquence, ses qualités, ses causes provocatrices.

Pleurer. — Après le rire, comme principal geste facial, vient le pleurer.

Le pleurer n'est que l'exagération temporaire du masque du chagrin, avec écoulement de larmes. On y constate l'élévation de la lèvre supérieure dans ses parties médianes, l'abaissement des commissures, l'élévation du sillon naso-labial et des ailes du nez, l'occlusion des paupières avec rides à l'angle externe de l'œil. Il s'y joint parfois de l'élévation et du renversement de la lèvre inférieure, et de la corru gation de la peau du menton avec spasme des lèvres qui produit du tremblement du menton et du bégaiement. Ces signes du menton sont très caractéristiques dans l'envie de pleurer, et ce sont eux surtout que nous devrons retenir. En effet, les pleurs en public sont rares, tandis que l'envie de pleurer maîtrisée se rencontre plus fréquemment.

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Ajoutons que le pleurer s'accompagne de troubles respiratoires et phonétiques bien connus : sanglots et hoquets.

Comme le rire, le pleurer prend sa valeur physiognomonique dans ses conditions provocatrices. S'il survient pour un motif léger ou illogique, on en conclura un caractère très sensible, très émotionnable, même hystérique. Il traduit aussi les états pathologiques, déjà nommés plus haut.

Les mouvements faciaux peuvent intéresser également les yeux, le nez, la bouche.

Les mouvements des yeux comprennent les déplacements des globes oculaires et le clignement des paupières. Nous avons déjà vu que les déplacements rapides des yeux donnaient au regard l'intelligence et la vivacité, tandis que l'immobilité vague indiquait l'indifférence et la distraction. Des yeux tournant sans but dans toutes les directions donnent l'œil hagard.

Le clignement des paupières est habituel chez les myopes. Un clignement unilatéral donne au visage un air malin et rusé.

Les mouvements du nez consistent surtout en battements des narines, qui nous l'avons vu, indiquent un tempérament passionné et enthousiaste.

Les mouvements de la bouche sont multiples.

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Le Mordillement des lèvres indique un état d'embarras, d'hésitation, de décision difficile à prendre. On Ta attribué sans motifs à des méchants qui méditent un mauvais coup. C'est souvent un signe de timidité.

Le Sifflement, parfois signe de contentement, est aussi une attitude empruntée pour prendre une contenance, surtout chez les timides.

Le Bâillement ne traduit pas nécessairement l'ennui. Outre qu'il peut se produire par contagion, il est fréquent dans les affections d'estomac, dans la fatigue, la faim. On reconnaîtra ces causes par l'examen du sujet. L'ennui se dépistera pa? l'immobilité du visage, le vague des yeux, l'affaissement de la bouche.

Commentons enfin la rougeur et la pâleur qui peuvent être considérées comme des mouvements vasculaires de la face. Le degré habituel de la coloration fait partie du tempérament : nous avons vu que les sanguins ont le teint rouge, les lymphatiques le teint rose, les bilieux le teint jaune, les nerveux le teint blanc, et nous connaissons déjà la valeur physiognomonique de ces nuances.

La Rougeur passagère, qui envahit le visage est un phénomène mimique de haute importance, d'abord à

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cause de safacilité d'observation, ensuite à cause de sa signification claire, enfin pour l'importance pathologique qu'il peut prendre dans l'obsession de la rougeur. Il traduit soit la honte, soit la pudeur, soit la timidité, et s'associe à un état général d'embarras. Observé fréquemment chez un sujet, il nous indique un timide, et nous autorise à conclure à l'existence du caractère particulier à ce genre de sensitifs : honte de soi-même, manque de confiance en soi, peur du ridicule, hyperesthésie affective, pudeur des sentiments, mélancolie, misanthropie, dédoublement du « moi », volonté factice, etc.

Dans la plupart des cas de timidité, le sujet rougit soit au début, soit à la fin de son accès. Il sent à l'avance le sang lui monter à la tête, son visage se congestionner et s'empourprer. La surface occupée par la rougeur varie avec le degré de l'émotion et aussi avec les sujets. Les parties les plus susceptibles de rougir sont les pommettes et le front. Mais souvent la rougeur ne s'en tient pas là : elle envahit toute la face, jusque derrière les oreilles, qui sont elles-mêmes congestionnées ; parfois la rougeur gagne le cou et même la poitrine.

On trouvera ces nuances psychologiques étudiées en détail dans mon livre1 ainsi que la description de l'obsession de la rougeur.

i. Les Timides et la Timidité, i vol. Paris, F. Alcan, 2e édition i(jo5.

IIaktenberg. — Physionomie. 10

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La Pâleur passagère est signe de souffrance, d'angoisse, de peur. Elle n'a de valeur physiognomonique que par les circonstances dans lesquelles elle se produit.

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