nerveux hypersthénique
Teint pâle, joues minces, œil brillant, mimique animée, gestes brusques, voix aiguë, main chaude et frémissante.
Humeur fondamentale gaie.
Sensibilité vive, s superficielle.
Volonté active, ma.s plus impulsive
que réfléchie.
Sensualité, gourmandise, vanité,
fatuité, bienveillance.
Humeur fondamentale indifférente.
Sensibilité obtuse.
Activité médiocre.
Apathie, résignation, affectivité calme.
Humeur fondamentale irritable.
Sensibilité très vive.
Activité explosive.
Orgueil, ambition, colère, autoritarisme, jalousie, passions.
Humeur fondamentale triste.
Sensibilité fine, mais intérieure et concentrée.
Volonté parfois énergique, mais surtout inhibitoire et persévérante.
Timidité, orgueil, fidélité, jalousie, défiance, doute.
Humeur variable.
Sensibilité vive, mais expansive cl
superficielle.
Volonté capricieuse.
Vanité, inconstance.
Si le tempérament est mixte on précisera sescom-
APPLICATION PRATIQUE i9b
posantes et les correspondances de caractères qui s'ensuivent.
Ces premières indications fournies par le tempérament vont nous servir de guide pour le reste de notre examen. Demandons aux autres éléments de la physionomie de les venir confirmer ou corriger aubesoin.
2° Attitudes expressives. — Nous passerons successivement en revue le front, les sourcils, les paupières, les yeux, les narines, les lèvres, le cou, le buste, les membres.
Regardons :
Comment est le front ?
Ridé transversalement = Attention extérieure, surprise.
Plissé au milieu avec sourcils froncés = inquiétude, anxiété.
Comment sont les sources ?
Elevés avec rides transversales du front = attention extérieure, surprise.
Élevés de la tête et froncés = anxiété, douleur. Elevés de la pointe = lubricité.
Froncés à la racine du nez — réflexion, colère. Abaissés^ défiance.
Comment sont les paupières ?
Écartées — attention extérieure, franchise.
iGG PHYSIONOMIE ET CARACTÈRE
Rapprochées = finesse, moquerie.
Sup. relevée = étonnement.
Sup. abaissée = nonchalance, fatigue, humilité, timidité, mépris (selon la position de la tête). Inf. relevée = bienveillance, rire de l'œil.
Comment sont les globes oculaires ?
Humides = sensibilité.
Secs = sécheresse, dureté.
Brillants = passion.
Ternes = maladie, fatigue, chagrin.
Comment est le regard?
Droit en avant = franchise, attention extérieure.
Parallèle = rêverie, distraction.
En dessous = défiance.
De côté = sournoiserie.
En haut= extase, mysticisme.
En bas — humilité, timidité, mépris (selon la position de la tête).
Immobile dans visage relâché = insignifiance. Immobile dans visage tendu = attention , méditation . Mobile lent == calme, douceur.
Mobile rapide^ vivacité, agitation, inquiétude. Mobile vague = distraction.
Comment sont les narines ?
Dilatées =gaité, expansion, sensualité.
APPLICATION PRATIQUE i97
Pincées = tristesse, chagrin, mauvaise humeur. Frémissantes ^enthousiasme, passion.
Comment est la bouche?
Fortement serrée avec masséter et temporal saillants = énergie.
Fortement serrée avec sourcils froncés, et lèvre inférieure avancée = colère.
Ouverte = naïveté, imbécillité.
Lèvres rouges et gonflées = gourmandise.
Lèvres pincées en dedans = dureté, méchanceté, mauvaise humeur.
Lèvres projetées en avant = bouderie, trait scrutateur.
Lèvres arrondies = minauderie.
Lèvres aplaties contre les dents — trait doux. Lèvre sup. élevée et renversée en dehors = trait amer Lèvre inf. élevée = envie de pleurer.
Lèvre inf. abaissée et renversée = mécontentement. Commissures élevées = sourire.
Commissures élevées avec lèvres aplaties = sourire doux.
Commissures élevées avec lèvre sup. renversée = sourire amer.
Sourire unilatéral = ironie, duplicité.
Commissures abaissées = tristesse, mépris.
Commissures abaissées, lèvre supérieure relevée •et renversée = dédain.
Comment est le cou?
Tète droite — loyauté, franchise, courage.
Tète fléchie = fatigue, méditation, timidité, sournoiserie (selon l'attitude de l'œil).
Tète tendue en avant = curiosité.
Tête penchée sur l'épaule = abandon, bienveillance, minauderie.
Tête tournée de côté = surdité.
Tête renversée en arrière = prétention, vanité.
Comment est le corps ?
Droit et ferme = santé, force.
Fléchi == fatigue, mollesse.
Rt dressé en arrière = vanité, arrogance.
Comment est la main ?
Fermée et serrée = énergie, colère.
Ouverte et molle == faiblesse, nonchalance.
On reconstituera naturellement les expressions mimiques composées comme je l'ai indiqué plus haut.
3° Mouvements expressifs. — Tandis que le sujet remue, parle, marche sous nos yeux, regardons maintenant :
Comment est la face?
Mobile, agitée = nervosisme.
Immobile relâchée = apathie, imbécillité. Immobile tendue = contrainte, maîtrise de soi. Rire fréquent = gaité.
Rire de la bouche seule — rire forcé.
Rire aigu = nervosisme, hystérie.
Sifflement = contentement, timidité.
Bâillement = ennui, fatigue, dyspepsie.
Rougeur fréquente = timidité.
Comment est la voix?
Sonore et pleine — santé, énergie.
Grêle et mal timbrée = dépression.
Hésitante = timidité.
Saccadée et brève = nervosisme.
Lente = phlegme.
Musicale = douceur.
Comment est la gesticulation?
Énergique — volonté.
Molle = faiblesse.
Mesurée — équilibre.
Désordonnée — nervosisme.
Arrondie = douceur.
Anguleuse = dureté.
Vulgaire.
Distinguée.
Comment est la démarche ?
Assurée = santé, énergie.
Hésitante === irrésolution, faiblesse.
Sautillante = légèreté d'esprit.
Traînante — fatigue.
Lente et prétentieuse === vanité.
Courante == agitation.
Comment est le salut?
Solennel, respectueux, amical, affable, bienveillant, indifférent, protecteur, sec, hautain, etc.
Comment est la poignée de main?
Énergique, brutale, molle, froide, loyale, franche, réticente, etc.
Comment est l'écriture ?
Cette étude n'étant pas faite sur-le-champ, on aura tout le loisir de s'y appliquer en utilisant les grandes règles de graphologie indiquées plus haut ou mieux en faisant appel aux traités complets sur la question.
k° Signes complémentaires. — Enfin, on complétera ces renseignements par les indices fournis par le sexe, l'âge, la race, la profession, le costume, l'ameublement, ainsi que je l'ai dit plus haut.
Chacun des signes que nous venons de passer en revue, quoique d'importance inégale, possède sa valeur. Dans une analyse méthodique de la physio-
Tiomie, il convient de n'en négliger aucun. Pourtant il est bien rare que l'un d'entre eux ne vienne pas, par ses reliefs ou sa répétition, se placer au premier plan, et imposer ainsi, de lui-même, sa prépondérance. Quelquefois même, tous les autres symptômes s'effacent devant lui, et l'image simplifiée de l'individu nous apparaît définie par un seul indice dominant: tel sera, par exemple, un timide qui balbutie et rougit à tout propos, un joyeux qui rit toujours, un vaniteux dont toute la personne exprime la fatuité et la suffisance.
Pratiquement on fera bien de noter méthodiquement au fur et à mesure les signes fournis par les divers éléments de la physionomie et d'inscrire en regard leur signification pour le diagnostic humain. Afin de préciser leur valeur respective, on soulignera de un, deux ou trois traits ceux qui se placent au premier plan.
Je conseille également de procéder par progression dans ce travail d'analyse. On s'entraînera par exemple tout d'abord à bien dépister le tempérament et à bien déchiffrer les attitudes expressives avant de passer à l'étude de l'homme en mouvement. Dans ce but, l'observation des peintures et des photographies offrira un excellent exercice. Les photographies, non retouchées, à condition que la pose soit naturelle, saisissent sur le vif les attitudes expressives habituelles du sujet. Les rides du front,
et des joues, les plis de l'œil et de la bouche, la forme des traits s'y marquent nettement. Et, déjà, par la seule vue d'une photographie, peut-on diagnostiquer quelques éléments importants du caractère. Il y manque malheureusement le coloris de la peau et à cet égard les portraits peints seraient supérieurs. Mais tant de peintres ignorent les lois de l'harmonie mimique, que nombre de portraits présentent à cet égard des fautes capitales qui déroutent l'analyse physiologique. En revanche, un beau portrait doit dévoiler sur le visage le caractère tout entier du personnage.
Afin d'éviter les erreurs provenant des expressions associées, on examinera séparément la partie supérieure du visage en couvrant la bouche d'un papier, puis la partie inférieure en recouvrant les yeux; ensuite seulement on étudiera l'expression totale.
De même, sur un portrait de face, on couvrira successivement l'une et l'autre moitié, pour les comparer entre elles et dépister les expressions unilatérales.
B. — Reconstitution du caractère.
Après l'analyse de la physionomie, la reconstitution du caractère. A l'aide des traits physiques notés plus haut, il s'agir d'établir le portrait moral. Là encore, nous suivons pas à pas la marche adoptée dans mon exposition, c'est-à-dire que nous définissons successivement l'humeur fondamentale, les modalités sensitives, les modalités volontaires, enfin les dominantes. Nous préciserons si l'humeur fondamentale est gaie ou triste, inquiète, irritable, boudeuse, instable, indifférente. Nous qualifierons la sensibilité, forte ou faible, fine ou grossière, concentrée ou expansive. Nous qualifierons de même l« volonté, forte ou faible, persévérante ou capricieuse, impulsive ou inhibitoire. Enfin, nous dégagerons les dominantes, sensualité, gourmandise, timidité, orgueil, vanité, mépris, dédain, naïveté, moquerie, défiance, hypocrisie, mysticisme avarice, générosité, égoïsme, méchanceté, bonté, etc.
Bien que ne faisant pas partie du caractère, tel que je le conçois, on ajoutera les indices intellectuels qui s'observent sur la physionomie et qui peuvent être d'une haute utilité pratique à l'occasion. Nous avons vu que le degré d'intelligence est relativement proportionnel à l'ouverture de l'angle facial, aux dimensions du crâne. Le regard vif dénote un esprit
ion PHYSIONOMIE ET CARACTÈRE
vif, comme le regard endormi un esprit paresseux; des traits immobiles dénotent l'insignifiance, comme un œil ouvert la curiosité. Par l'écriture, nous reconnaissons aux lettres séparées un esprit inductif, aux lettres réunies un esprit déductif, aux fioritures l'imagination, à l'absence d'accents et de ponctuation la distraction et la négligence.
Enfin, nous n'oublierons pas les anomalies et les névroses.
J'ai beaucoup insisté au chapitre y sur les stigmates physiques de la dégénérescence et leurs correspondances mentales. C'est qu'en effet il est de la plus haute importance pratique de bien savoir reconnaître un dégénéré. Certes, la dégénérescence mentale ne constitue pas une forme déterminée de caractère : mais elle provoque des irrégularités de la sensibilité et entraîne des écarts de conduite qu'il est toujours bon de prévoir. On ne manquera donc pas de rechercher chez un inconnu les stigmates que j'ai attribués à la dégénérescence et d'en tirer les avertissements qu'ils contiennent.
De môme pour les névroses. Un hystérique est un sujet inconstant, mobile, capricieux, vaniteux, comédien, menteur. Il doit toujours inspirer la défiance; -aussi devra-t-on diagnostiquer la névrose par tous les signes apparents : gesticulation, rire aigu, besoin de se faire remarquer, attitudes théâtrales, etc.
Le neurasthénique est un malade déprimé et abou-
lique. Incapable d'agir pour lui-même, il Test moins encore de prêter son aide à un étranger. Compter sur un neurasthénique est donc un leurre le plus souvent. Visage pâle, traits tombants, œil morne, gestes las, voix blanche ne peuvent que susciter notre pitié, mais rien de notre confiance.
L'anxieux, le phobique, l'obsédé, est en général trop occupé de ses états intérieurs qui l'épuisent» pour accorder beaucoup d'énergie supplémentaire aux efforts de complaisance. Aussi le front anxieux, le regard fixe, la bouche crispée n'indiquent-ils jamais qu'un figurant personnel et inutile.
Tout ce travail ayant été condensé dans le tableau du chapitre précédent, il est superflu de le reproduire ici et je me borne à y renvoyer.
Gomme pour l'analyse de la physionomie, je conseille d'écrire le résultat des observations. On formulera donc successivement l'humeur, la sensibilité, l'activité, les dominantes : et le diagnostic s'énoncera, par exemple, comme suit :
On dira par exemple :
X... Humeur fondamentale, triste. Sensibilité fine et concentrée. Orgueilleux, défiant, timide. Volonté faible, mais persévérante. Esprit curieux et déductiL Légère neurasthénie. Pas de dégénérescence.
On pourrait môme, par un schéma dessiner le trajet du réflexe qui traverse l'individu, en entrant par les sens dans l'humeur fondamentale
aoC PHYSIONOMIE ET CARACTÈRE
et en ressortant sous forme d'activité volontaire.