‹ Physionomies de saintsChapitre 31 sur 72 · SAIMT PHILIPPE DE NÉRI · texte numérisé non relu

SAIMT PHILIPPE DE NÉRI

Cependant, comme il arrive à tous les fondateurs, sa route tarda beaucoup à s'ouvrir devant lui, je veux dire sa roule définitive ; on pourrait croire que les hommes appelés. de Dieu pour une certaine oeuvre sont conduits par la main vers cette œuvre-là, et que la route la plus courte leur est immédiatement désignée par la volonté divine. Il n'en est pas ainsi. Ils hésitent, ils tâtonnent; quelquefois ils font un moment fausse route ; quelquefois ils se découragent ; quelquefois la nuit se fait autour de leurs résolutions et de leurs désirs. L'étoile qui guidait les Mages s'éclipsait de temps en temps. Saint Philippe eut le désir d'aller aux Indes. Tenté par le martyre, il enviait la place de ceux qui partent et ne reviennent plus. Mais c'était là une tentation à laquelle il fallait résister. Ce ne fut pas trop d'une voix du Ciel pour le décider à la résistance. Cette voix se fit entendre. Une âme bienheureuse lui apparut et lui dit :

« Philippe, la volonté de Dieu est que tu vives dans cette ville, comme si tu étais dans un désert ».

Philippe obéit, et la ville de Rome devint pour lui le désert.

Dans ce désert plein de pécheurs, les multitudes l'entouraient sans troubler sa sol.lude. Il parlait, il enseignait, il exhortait, il suppliait et surtout il priait. Voici un fait qui contient bien des enseignements :

Parmi les pécheurs qui résistaient à toutes ses

paroles et à tous ses efforts, se trouvaient trois juifs ; l'un d'eux se nommait Alexandre ; le second, Augustin; le troisième. Clément.

Philippe avait tout essayé, et tout essayé en vain. Tout se brisait contre eux, et rien ne les brisait. Enfin l'apôtre (ce nom lui convient, car on l'appela l'apôtre de Rome) enfin l'apôtre abandonna la parole et remit tout à Dieu. Il dit la messe pour les trois rebelles. La messe étant finie, il vit venir à lui Alexandre, Augustin et Clément, qui demandaient le baptême.

Leurs objections étaient vaincues.

Philippe était né à Florence. Ses confrères de la nation florentine lui olTrirent la conduite de leur église de Saint-Jean. Il accepta et donna à ses disciples des conseils qui devinrent des règles. Ce fut de cette manière, insensiblement, par des conférences spirituelles, qu'il jeta, sans s'en douter lui-même, les premiers fondements de la congrégation de l'Oratoire.

Autour de lui se groupèrent Jean-François Bourdin, qui fut depuis archevêque d'Avignon ; Alexandre Fidelle et le cardinal Baronius, auquel il rendit deux fois miraculeusement la santé, et qui écrivit sur le conseil de son maître les célèbres Annales ecclésiastiques. Baronius attribue à saint Philippe non-seulement le piojet d« son ouvraqe, mais les dons nécessaires pour l'exécuter, sa réalisation et son succès.

La congrégation de l'Oratoire se trouva fondée en l'an 1575. Elle fut confirmée par le pape Gré-

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