SAINT PHILIPPE DE NJÉRI
Dès î'âge de cinq ans, il avait un surnom : on l'appelait Philippe le Bon. Sa bonté fut peut-être, en effet, le caractère- distinctif de sa vie. Il n'eut pas à se convertir. Toute sa vie fut une ascension, mais sans secousse et sans crise. Sa conversion fut seulement d'acquérir tous les jours une perfection plu* haute. Son père le confia à son oncle, lequel était un marchand fort riche, qui destinait au petit Philippe la succession de ses affaires et ^'héritage de sa fortune. Philippe refusa et partit pour Rome, où il alla étudier la théologie.
Au collège, il se distingua par une pureté qui demeura victorieuse des tentations qu'on lui suscita, par une assiduité qui rendit ses progrès singuliers et éclatants, par une austérité qui étonna et édifia.
La visite des hôpitaux était une habitude à peu près perdue. Philippe la remit en honneur et en vigueur. Il résista, par charité, même à l'attrait de la solitude, et se mêla à la société des hommes, toutes les fois que leur intérêt exigea de lui ce sacrifice.
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Plus il avança en âge, plus il grandît en charité. Il enlrelenait plusieurs familles. 11 secourait plusieurs maisons reliijieuses. Il dotait les jeunes filles pauvres. La bonté semblait le suivre comme un ange gardien. Il eut un second surnom : Père des âmes et des corps. C'est ainsi qu'on l'appelait dans la ville de Rome.
II avait trente-six ans, et n'aAait pas encore reçu les ordres. Son humilité résistait au sacerdoce, et il fallut un commandement formel pour le décider à l'acceptation de la prêtrise. Une vie nouvelle s'ouvrit alors pour lui, plus haute et plus embrasée. Quand il oiïrait le saint sacrifice, il sortait de lui-même. A l'élévation de l'hostie, son âme était ravie, ses bras demeuraient levés, et il lui fallait un grand elTort de volonté pour les rabaisser suivant l'usage et les nécessités de la terre. Philippe de Néri, pendant la messe, était obligé d'obéir exprès et par un effort de courage aux lois de la pesanteur, qui voulaient le dispenser d'elles. Il faisait tout ce qui dépendait de lui pour n'être pas élevé en l'air.
Au milieu de ces flammes intérieures, il demeurait l'homme de tous, se faisant tout à tous.
Sa chambre était ouverte à tous oeux qui avaient besoin de secours et de conseils.
Il assemi la des disciples ou plutôt des disciples ^'assemblèrent autour de lui. Il faut citer entre autres Henri Pétra, Jean Manzole, François-Marie ïaurure, Jeaii-Baptiste Modi, Antoine Fucius.