TECHNIQUE : COMPRESSES
A l'école de Gràfenberg, on employait de la toile de différentes épaisseurs. Maintenant on emploie de préférence pour les compresses un tissu de bourrelte (soie brute qui entoure les cocons de vers à soie). En revanche, la toile convient mieux dans l'application du drap mouillé et des compresses excitantes.
Pour éviter la mauvaise odeur que ne tardent pas à développer les compresses fréquemment employées, Quincke conseille de les tremper non plus dans l'eau ordinaire, mais dans une solution d'acide borique à 2 p. 100.
Quel que soit le tissu employé pour faire les compresses, il y a plusieurs procédés produisant chacun des effets différents.
Compresse froide réfrigérante. — La compresse froide réfrigérante, en toile, trempée dans l'eau à 8, 10, 12*^ et appliquée sur la peau, l'irrite, la fait devenir rouge ; et la peau, en se réchauffant, réchauffe la compresse, qu'il faut changer. On renouvelle ainsi la compresse froide toutes les quatre ou cinq minutes, et l'on obtient de cette façon une soustraction de chaleur. Ce procédé est, en petit, le même que le drap mouillé réfrigérant. On l'emploie comme antiphlogistique, vaso-constricteur, dans les inflammations localisées et pour combattre l'hyperémie : accès de goutte, congestion cérébrale, méningite, péritonite aiguë, appendicite, arthrite aiguë.
Compresse froide thermogène. — Recouverte d'un tissu imperméable, elle commence par refroidir la peau, l'irriter ; puis la peau se réchauffe peu à peu, et enfin la chaleur développée sous la compresse finit par la sécher. Mais on a développé ainsi une vive excitation de la peau, qui est chaude, rouge, comme sous Faction d'un révulsif. Pour obtenir ce résultat, il faut avoir fait un enveloppement hermétique de la compresse froide avec le tissu imperméable. Cette compresse est thermogène, comme le drap mouillé thermogène. On l'emploie dans la bi'onchite, l'emphysème, dans la dyspepsie, les spasmes du pylore, la constipation, la congestion du foie, les troubles moteurs gastriques et intestinaux, dans l'angine, dans la pharyngite, dans les spasmes du larynx, en en modelant les dimensions suivant la région .
La compresse thermogène doit être enlevée dès qu'elle se refroidit, sous peine d'obtenir un résultat inverse de celui que l'on désire.
Compresse chaude. — La compresse chaude s'applique directement avec le linge que l'on vient de plonger dans de l'eau à une température élevée : 40 à 45° et plus. Elle produit de la révulsion, en même temps qu'une action anesthésique, et, par l'activité qu'elle donne à la circulation, hâle la réparation des plaies et les processus post-inflammatoires. On l'emploie contre les douleurs de tout ordre :
PARI SE T
dans les affections oculaires, dans les ulcères, dans la congestion de divers organes, dans les laryngites, les angines, contre les hémorroïdes douloureuses.
Les compresses s'appliquent à toutes sortes de régions.
Compresse du tro>c. — La compresse du tronc doit entourer cette partie du corps au moins une fois et demie, des épaules à la symphyse pubienne, le linge sec dépassant le linge mouillé d'à peu près 10 centimètres. Les indications sont les mêmes que celles du drap mouillé sans frictions.
Compresse de la poitrine. — Cette compresse glisse facilement si on ne l'applique pas d'une certaine façon, sous forme, par exemple, d'un croisé antérieur de la poitrine. On peut aussi utiliser deuxserviettes, cousues l'une à l'autre par leur largeur et appliquées de sorte que la couture corresponde à la ligne médiane antérieure de la poitrine, les deux chefs passant d'avant en arrière, chacun sous une aisselle, pour se croiser en arrière, remonter ensuite par-dessus les épaules et revenir se fixer en avant sur la poitrine. 11 existe aussi des camisoles spéciales sur un modèle créé par Chelmonski et les gilets de Silberstein, l'un en soie brute, l'autre en flanelle.
Bandage de corps. — D'après la tradition de Gràfenberg, on l'applique avec une bande de toile, large de 40 à 50 centimètres et longue de 3 mètres. A l'un des bouts, l'intérieur quand la bande est roulée, sont cousus deux rubans destinés à fixer la bande autour du corps. On trempe 1 mètre de la bande dans l'eau froide, et les 2 autres mètres, qui restent secs, sont roulés sur la portion mouillée.
Baxdage hémorroïdaire. — C'est un bandage en T, la branche verticale s'appliquant au périnée, la branche horizontale formant ceinture.
Appareils spéciaux servant de véhicules au froid et à la chaleur. — V^essie de glace. — Les vessies de glace sont en caoutchouc et contiennent de la glace pilée en petits morceaux. On les fait de diverses dimensions. Leur forme varie également : elle peut être ronde, ovale, annulaire pour entourer le cou. Une forme très répandue est le sac de Chapman, d'une longueur de 50 centimètres sur 15 centimètres de largeur, qui est constitué par une seule cavité, ou mieux par plusieurs cavités réalisées à volonté à l'aide d'agrafes, ou séparées en fabriquant l'objet. On peut le porter à l'aide de bretelles. Les appareils à glace ne doivent pas être trop pesants ; on les isolera de la peau par une compresse, et on les changera assez souvent de place pour éviter les escarres.
Cataplasmes de glace. — On prépare les cataplasmes de glace avec plusieurs couches de glace et de farine de lin superposées. Us sont