TECHNIQUE : IRRIGATIONS
moins froids que les vessies de glace et peuvent même servir d'oreillers pour la tête.
- Tubes réfrigérants. — Les tubes réfrigérants sont en caoutchouc ou en métal ; on les enroule autour des parties du corps que l'on veut soumettre à Faction de l'eau qu'ils font circuler. Les tubes de métal sont un peu lourds, mais ils ont l'avantage de ne pas s'écraser sous le poids delà tête, par exemple. On fait des tubes réfrigérants enroulés en forme de bonnet. Winternitz est l'auteur d'un bonnet réfrigérant formé d'une paroi double en étoffe imperméable.
Ces appareils, employés plus communément pour refroidir le corps, peuvent également être des véhicules d'eau chaude.
Leur installation est facile à réaliser à l'aide de deux seaux, l'un placé à une faible hauteur au-dessus du malade, et dans lequel plonge le bout supérieur du tuyau de caoutchouc ; l'autre placé à terre, près du lit, où vient aboutir le bout inférieur. Le seau supérieur étant plein d'eau à la température voulue, on amorce le siphon en aspirant parle tuyau inférieur, et l'écoulement se fait régulièrement, si l'on a soin de faire plonger le bout supérieur du tuyau constamment au fond du seau = 8 à 10 litres d'eau mettent une demiheure à trois quarts d'heure à s'écouler.
Irrigations. — Certains procédés hydrothérapiques sont caractérisés par la pénétration qu'ils réalisent de l'eau dans les cavités naturelles : telles sont les irrigations nasale, auriculaire, stomacale, intestinale, vésicale, urétrale, vaginale.
Irrigation nasale. — Quelle que soit l'indication qui en détermine la prescription, elle doit être faite à basse pression. Le récipient qui contient l'eau de lavage est placé à 50 centimètres environ audessus de la tête du malade, qui s'assied, légèrement penché en avant, un tablier de toile cirée fixé autour du cou le protégeant. La canule en forme d'olive, plate d'un côté pour s'adapter à la forme de la narine, est introduite de basen hautd'abord, puis horizontalement d'avant en arrière, de façon à faire prendre au liquide une direction convenable. Le liquide doit entrer par une narine et ressortir par l'autre; le malade respire la bouche ouverte. Après l'injection, le malade ne se mouche pas, du moins pas immédiatement.
L'eau employée sera bouillie d'abord, puis ramenée à une température de34'' environ, ou tout au moins sera tiède. On l'additionnera de sel de cuisine, pour éviter la brûlure de la muqueuse que produirait l'eau ordinaire. Les eaux alcalines sont employées avec avantage. Ces lavages combattent les inflammations chroniques des fosses nasales, la tendance au coryza. On peut les faire tousles jours. L'eau très chaude est propre à arrêter l'épistaxis.
PARISET. — HYDROTHÉRAPIE
Une méthode plus efficace de lavage du nez est Virrigation rétronasale, qui se pratique avec une canule en métal de dimensions convenables, légèrement recourbée au bout, que le malade introduit dans sabouche jusqu'à la paroi postérieure du pharynx, puis ramène légèrement en avant et en haut, de façon à placer le bord postérieur du voile du palais dans la courbure de la canule, mais sans y appuyer, ce qui produirait une sensation désagréable. Le liquide provenant d'un réservoir placé à 80 centimètres de hauteur environ, par rapport à la tète du malade, entre par l'orifice postérieur des fosses nasales et sort par les narines, le malade tenant la tête légèrement penchée en avant. Ce procédé produit un lavage très réel et qui peut être évacuateur, si la pression de l'eau est suffisante.
Irrigation auriculaire. — On peut pratiquer l'irrigation auriculaire selon la même technique que le lavage nasal, du moins lorsqu'il ne sera pas nécessaire de recourir à la pression de l'eau. On se sert plus souvent de seringues à hydrocèle, ou de ballons de caoutchouc munis d'un embout. Quel que soit l'instrument employé, il faut attirer légèrement le pavillon de l'oreille en haut et en arrière, pour redresser le conduit, et diriger l'embout de bas en haut, pour éviter de projeter l'eau directement sur le tympan. Ces irrigations se font principalement avec de l'eau chaude ou de l'eau tiède pour combattre certaines douleurs d'oreille, pour enlever les bouchons de cérumen qui peuvent être le point de départ de maladies de l'oreille et pour combattre les sécrétions anormales du conduit auditif.
Irrigation stomacale. — Le lavage de l'estomac se pratique avec des sondes en caoutchouc, dont une extrémité est percée d'un ou deux yeux latéraux, et d'un orifice terminal, tandis que l'autre se raccorde avec un entonnoir en verre. Pour introduire le tube dans l'estomac, le malade s'assied, et on enfonce le tube en suivant la langue jusqu'au fond du pharynx ; à ce moment, le malade doit faire des mouvements de déglutition qui amènent le tube dans l'œsophage et de là dans l'estomac. Les malades acquièrent assez vite l'habitude de cette opération; certains se la font eux-mêmes. Quand le tube est dans l'estomac, on verse dans l'entonnoir de l'eau tiède (les eaux minérales alcalines sont tout indiquées), qui arrive dans l'estomac ; puis on abaisse l'entonnoir, qui fait siphon, elle liquide qui ressort ramène des débris d'aliments et des sécrétions gastriques. Le lavage de l'estomac, employé le plus souvent comme moyen d'investigation clinique, et comme moyen de traitement dans les dilatations de l'estomac, a peu à peu perdu de sa valeur. 11 semble pourtant que l'eau chaude ou
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TECHNIQUE : IRRIG'ÀTiO N IN TE SWnAL'^^' 1 E E:,®6.
l'eau froide introduites dans l'estomac par ce procédé pourraient agir sur un organe qui est très sensible à ces excitants physiques, et que n'encombrerait pas l'eau qu'on y ferait passer. Chez les enfants, on se servira de sondes urétrales.
Irrigation intestinale. — Appelée également douche ascendante, l'irrigation intestinale est un procédé fort répandu et qui répond à de nombreuses indications, depuis la simple évacuation intestinale, jusqu'au traitement des troubles intestinaux les plus graves. Elle se donne froide ou chaude.
Les organes que l'irrigation intestinale intéresse peuvent être le point de départ de réflexes nerveux sympathiques capables de produire des syncopes, lorsque l'excitation produite est trop forte ou disproportionnée à l'état de sensibilité des malades. Ce qu'il faut éviter avant tout dans l'application des irrigations intestinales, c'est l'excès de pression de l'eau et sa trop basse température.
La pression de l'eau doit être peu élevée, le réservoir d'où elle provient atteignant une hauteur qui varie de 50 centimètres à 2"i,50. Quand on procède à une installation destinée à l'irrigation intestinale, il ne faut pas juger delà pression que l'on obtiendra par la hauteur et la force du jet qui s'échappe de la canule, car, une fois la canule introduite dans le rectum, la pression du jet, qui était faible à l'air libre, ne tarde pas à s'exercer en vase clos et devient égale à la hauteur du réservoir.
Le réservoir sera mobile le long d'une tige graduée ; ses parois elles-mêmes seront munies d'une graduation en litres, et un flotteur visible dans un tube communiquant permettra de voir à chaque instant le niveau du liquide et par suite d'en apprécier la quantité.
Le malade est couché sur un lit spécial, au centre duquel est pratiqué un large orifice logeant une cuvette de water-closets pour les évacuations du malade. Les canules peuvent être courtes : 5 à 10 centimètres; demi-longues : 10 à 20 centimètres; longues: jusqu'à 40 centimètres ; elles sont en gomme ou en caoutchouc rouge.
La pression qu'on donne à l'eau destinée à l'irrigation dépend du but que l'on veut obtenir ; elle sera d'autant plus forte qu'il sera plus nécessaire de produire une désobstruction mécanique de l'intestin, dans les constipations atoniques avec stase persistante des matières fécales. Mais, dans la plupart des cas, c'est l'action de la température de l'eau et celle de sa composition qu'il faut rechercher.
PARISET. — HYDROTHÉRAPIE
Veau froide (15°) agit comme excitant sur la fibre musculaire intestinale, contribue ainsi à Févacuation de l'intestin et combat son atonie. La quantité d'eau varie de 400 à 500 grammes, que l'on peut renouveler plusieurs fois de suite, en évacuant chaque fois l'eau qui a pénétré. Contre les hémorroïdes torpides internes, l'eau froide agit par vaso-constriction ; elle sert d'excitant dans les états atoniques de la vessie. Enfin on a employé les lavements froids dans la fièvre typhoïde, dans les états intestinaux inflammatoires des enfants : dans ces cas, avec faible pression. Chez les enfants, on emploiera des sondes urétrales en caoutchouc rouge. Les grands lavements froids à faible pression ont l'avantage de pénétrer beaucoup plus loin dans l'intestin, parce qu'ils ne provoquent pas de contraction de défense de la tunique intestinale. Dans ces conditions, on peut fairepasser plusieurs litres chez les adultes.
Veau chaude (36-38°) a un effet sédatif sur la tunique intestinale et s'emploie pour combattre la constipation spasmodique. Très chaude (40-45^ et plus), on l'utilise dans les hémorroïdes douloureuses et saignantes, contreles douleurs de la cystite et de la prostatite, •contre les douleurs utéro-ovariennes. Dans la colique saturnine, la colique hépatique, la colique néphrétique, les irrigations intestinales chaudes rendent des services comme dérivatifs, antispasmodiques.
On ajoute fréquemment à l'eau de l'irrigation des substances médicamenteuses : astringents dans les diarrhées, désinfectants divers. Quand le but du lavement est purement médicamenteux, il est de petit volume : 100 à 200 grammes; de même s'il est alimentaire. Ces sortes de lavements ne sontpas de l'hydrothérapie. Tout autre est le lavement à l'eau minérale naturelle ou artificielle, destiné à modifier la sécrétion de la muqueuse.
Irrigation vésicale. — Le lavage de la vessie est pratiqué avec une sonde urétrale et une seringue, ou simplement avec un bock irrigateur suspendu au mur. C'est une opération que l'on décrit plutôt en chirurgie. S'il faut agir sur la muqueuse vésicale par des solutions médicamenteuses concentrées, on ne réalise pas un Téritable lavage. Mais on peut faire passer dans la vessie de l'eau dont la température puisse agir sur la muqueuse et la tunique musculaire. L'eau froide (15°) conviendra dans l'atonie vésicale, en ■dehors de tout état douloureux, inflammatoire ou non.
Très chaude (45 à 50°), elle peut combattre les hématuries vésicales. Pour traiter les états vésicaux atoniques, Winternitz emploie un instrument spécial, le psicrofore, qui est une sorte de cathéter où l'eau passe en formant un double courant. Avec cet appareil, les séances durent huit à dix minutes.
TECHNIQUE : PULVÉRISATIONS.
Irrigation vaginale. — Elle peut être soit une véritable douche, soit une irrigation simple. LEidouche vaginale peut se donner dans le bain de siège à eau courante, par une canule que l'on adapte au jet périnéal et qui est introduite dans le vagin. Le jet obtenu arrive avec une certaine force jusque sur le col de Tutérus et excite cet organe par sa percussion en même temps que par la température de l'eau, qui est généralement froide ; le procédé ne convient qu'aux états torpides de l'utérus, aux métrites chroniques non douloureuses, dans l'aménorrhée, la dysménorrhée.
Virrigation vaginale peut se faire avec les mêmes appareils décrite pour l'irrigation intestinale, et de préférence dans la position couchée, afin que l'eau vienne baigner largement les culs-de-sac. La pression de l'eau doit être faible : réservoir placé à une hauteur de 50 centimètres à 1 mètre. Froide, elle convient dans la métrite chronique et les exsudats inflammatoires para-utérins, quand tous les symptômes aigus ont disparu.
Chaude et surtout très chaude (45 à 50°), l'irrigation vaginale est hémostatique et s'emploie avec succès dans les hémorragies utérines.
Elle sera faite avec toutes les précautions aseptiques désirables ;. surtout dans les cas où l'infection est possible (avortements, suites de couches). Le bock irrigateur, le tuyau de caoutchouc, la canule auront bouilli, comme l'eau employée à l'injection, pendant vingt minutes (1).
Les irrigations vaginales alcalines combattent l'état d'acidité du vagin, fréquent dans la stérilité.
Pulvérisations. — La pulvérisation est la projection d'eau divisée à l'infini, comme en une fine poussière. Onl'applique rarement pour faire agir l'eau seule~sous cette forme, mais généralement pour faire pénétrer des médicaments. Diverses eaux minérales sulfureuses sont employées sous cette forme dans les infections des voies respiratoires. L'eau chaude ordinaire, ou additionnée d'acide borique, peut être employée en pulvérisation dans les maladies des yeux.
11 existe de nombreux moyens de pulvériser l'eau chargée d'un médicament. L'appareil Richardson est le plus répandu ; il est constitué essentiellement par la juxtaposition à angle droit de deux tubes, terminés chacun par une ouverture étroite. La vapeur d'eau projetée par le tube horizontal attire le liquide dans lequel plonge le tube vertical et le projette à l'état de fine buée sur la région où l'on veut faire agir le médicament.
(1) Pour permettre aux malades de supporter la haute température de l'eau (50°) nécessaire, on ne saurait trop recommander l'emploi de canules vaginales à double courant.
CHAIMTRE 111