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MASSAGE

xMais l'exercice ne doit jamais être assez violent pour provoquer de Tessoufflement, des pulsations trop précipitées du cœur, ou, s'il les détermine, on attendra que ces symptômes aient disparu pour procéder à l'application hydrothérapique.

Chez les nerveux, on évitera également un exercice trop violent, qui serait la cause d'une réaction trop vive et déprimante.

C'est pour déterminer cette préaction que l'on a recours à certains procédés passifs, chez les malades dont l'état contre-indique l'exercice actif: enveloppement sec, étuve, bains d'air chaud, en un mot les divers procédés de thermothérapie. De môme, l'emploi de la douche chaude avant la douche froide est destiné à obtenir la préaction chez des malades dont les ressources organiques sont trop faibles pour fournir une réaction suffisante à l'eau froide.

Ainsi envisagé, l'exercice est un excellent moyen de préparation à l'eau froide, mais àla condition que lesmalades ne se refroidissent pas avant de preadre la douche.

Après les séances d'hydrothérapie, convient-il de conseiller un exercice aux malades? Il est certainement préférable que les malades, sans procéder à un véritable exercice, ne restent pas immobiles et gardent, par une promenade de quelques minutes à une demi-heure, les effets qui constituent la réaction. On n'oubliera pas non plus de les faire couvrir de vêtements suffisamment chauds. Tel malade qui arrive à la douche sans pardessus, après une marche plus ou moins longue, devra revêtir son pardessus dès l'opération faite, sous peine de se refroidir, même en marchant.

L'exercice qui suit la douche ne devra pas être trop violent ni trop prolongé, afin de ne pas provoquer cette accélération du cœur et cette vaso-dilatajion périphérique exagérée qui caractérisent les réactions excessives et déprimantes. Mais un exercice modéré, capable seulement de maintenir la vaso-dilatation convenablement réalisée par la douche, sera du meilleur effet.

En résumé, avant la douche, exercice pouvant aller jusqu'à la transpiration; après la douche, exercice évitant le refroidissement.

Massage. — Le massage, dans ses diverses formes, général ou abdominal, prépare également le malade àl'hydrothérapie. On le fera toujours avant, parce que l'action du massage sur la circulation est complétée heureusement par celle de l'hydrothérapie, parce que les phénomènes douloureux combattus par le massage seront, à l'aide de cette préparation, très souvent totalement enlevés par l'hydrothérapie, l'effet inverse n'ayant habituellement pas lieu, et enfin parce que, après une application hydrothérapique, le malade nu et immobile est exposé à se refroidir pendant le massage.

PARISET. — HYDROTHÉRAPIE

Massage sous l'eau. — On peut même combiner dans une même opération le massage avec l'hydrothérapie. On a proposé, en effet, de masser certains malades dans le bain, grâce à la diminution de la pression intra-abdominale (Voy. Douche sous-marine) réalisée par le bain et rendant ainsi les organes de Fabdomen plus faciles à atteindre. Ce massage dans Veau serait ainsi réservé au massage abdominal. Nous croyons que, pour l'exploration clinique, ce pro-

Fig. 97. — Massage sous l'eau dans la position couchée (Établissement thermal de Vichy).

cédé a beaucoup d'avantages, mais que, pour le massage abdominal lui-même, le relâchement de la paroi obtenu par des lits spéciaux est suffisant.

Le massage sous l'eau est une pratique de beaucoup plus d'intérêt. Il se réalise sur le malade assis ou couché.

Le massage sous l'eau, dans la position assise, tel qu'on le pratique à Aix, se fait sur un escabeau, par deux masseurs, placés l'un en avant, l'autre en arrière du malade, ayant chacun sur Favantbras un jet de douche dont la percussion n'est pas forte, et sous lequel ils massent successivement chaque région du corps. Ce

THERMOTHÉRAPIE.

massage est terminé par une douche générale en jet donnée à la distance et dans les conditions habituelles.

Le massage sous l'eau, dans la position couchée, tel qu'on le pratique à Vichy, sous le nom de douche-massage de Vichy, s'applique au malade étendu sur un lit de sangle et sur lequel coule, d'une rampe horizontale, de l'eau, à une température de 35 à 36°, pendant que deux masseurs le massent chacun d'un côté, successivement sur le dos et sur le ventre. Nous donnons la préférence au massage couché, qui réalise la résolution musculaire complète et laisse aux masseurs entière liberté d'action. Lorsque le malade présente une région particulièrement douloureuse, un jet local, à température plus élevée que le reste de l'application, est dirigé automatiquement et sans percussion sur le point indiqué. L'installation de l'établissement thermal de Vichy est un modèle du genre (fig. 97).

Ainsi pratiqué, le massage sous l'eau est efficace chez les obèses,^ les arthritiques, les diabétiques gras, les rhumatisants, dans les arthrites chroniques.

Mécanothérapie. — La mécanothérapie et l'hydrothérapie combinées donnent les meilleurs résultats, de la même façon que le massage. Les séances de mécanothérapie se feront avant celles d'hydrothérapie. On obtiendra ainsi un efîet dans le traitement des troubles circulatoires, des diathèses, dans celui des suites de traumatisme, de la scoliose.

THERMOTHÉRAPIE.

La thermothérapie est la science des moyens de traitement des maladies par la chaleur. Par cette délinition, nous éliminons de ce chapitre toutes les applications de lumière où ce n'est pas la chaleur qui agit. Il est vrai que, dans cette délinition, rentrent les procédés d'hydrothérapie qui emploient l'eau chaude; mais nous ne saurions remonter le courant d'idées qui les classe dans l'hydrothérapie. Quel que soit le véhicule de chaleur employé, les effets physiologiques produits sont les suivants, lorsque l'application est faite au corps entier:

1" Dans une première phase, qui peut être très courte, il y a un excès de production de chaleur par l'organisme, et, si l'application s'arrête là, l'efTet général est tonique;

2° Puis, l'action de la chaleur continuant, la température du corps tend à s'élever, et l'organisme se défend en mettant en rapport avec

PARISET. — HYDROTHÉRAPIE

l'extérieur par la peau une quantité de sang aussi grande que possible en peu de temps, ce qui se traduit par l'amélioration du travail du cœur et une vaso-dilatation périphérique. En même temps, l'exhalation pulmonaire de vapeur d'eau augmente.

3° Enfin apparaît la transpiration, dernier moyen naturel de défense par la création de froid sur la peau, chaque gramme de sueur absorbant 580 petites calories. 11 faudrait ainsi 125 grammes de sueur pour abaisser de 1° la température du corps d'un adulte de taille moyenne.

Les conditions dans lesquelles on soumet les sujets à ces applications en font varier les effets. Les expériences de Claude Bernard ont montré que la mort des animaux soumis à des températures élevées dans des étuves est d'autant plus rapide que la surlace de l'animal est plus grande et que l'étuve est humide : un lapin meurt au bout de dix minutes dans une étuve sèche à 100°, et au bout de deux minutes dans une étuve humide à 80°. La survie est plus longue lorsque l'animal à la tête hors de l'étuve.

La conclusion pratique immédiate qui se dégage de ces observations est qu'il faut employer de préférence de l'air sec, dans lequel la sueur puisse s'évaporer facilement et laisser en dehors de l'étuve la tête des malades, de façon à permettre l'exhalation pulmonaire de vapeur d'eau.

En outre, si la ventilation peut être faite dans l'atmosphère confinée où le malade est plongé, on aura amélioré encore l'application. La ventilation permet, en effet, une évaporation plus complète et plus rapide de la sueur. Mais elle n'est possible qu'avec une source de chaleur intense et douée de propriétés particulièi-es.

La chaleur sèche, obscure, se propage en effet par convection, c'est-à-dire, de proche en proche, en chauffant l'air de couche en couche, et, si l'on pratique une ventilation même minime, l'air froid qui s'interpose alors entre la source de chaleur et le malade détruit l'action que l'on recherchait. 11 faut donc une source de chaleur d'une nature physique spéciale, se propageant de telle sorte qu'elle ne soit pas influencée dans son rayonnement par les mouvements de l'air qu'elle traverse. La chaleur lumineuse remplit exactement ces conditions : elle traverse les couches d'air sans les échauffer nécessairement, sans perdre de sa chaleur, et vient en pénétrer les corps qu'elle rencontre.

Ces corps l'absorbent dans des proportions variables suivant leur naturelles métaux polis en réfléchissent une grande partie et ne s'échauffent que médiocrement à la chaleur lumineuse (ce qui justifie l'emploi de réflecteurs et nécessite, comme nous le verrons plus

BAINS jm. jivm^nm.ryY Qp [ EE©^

loin, une thermométrie spéciale) ; le corps humain l'absorbe en grande partie.

Grâce à ces propriétés physiques, la chaleur radiante lumineuse soumet le corps humain à des températures très élevées, qu'il supporte très bien. Dans les prescriptions que le médecin fera de l'air chaud, il devra donc recourir autant que possible aux bains de

Fig. 98. — Bain de lumière Dowsing. Appareil local pour les membres inférieurs.

lumière, de préférence, puis, à leur défaut, aux bains d'air chaud et sec; en troisième lieu, aux bains de vapeur. Voici la technique de ces bains.

Bains de lumière. — il existe plusieurs modèles de bains de lumière, qu'on peut distinguer d'après le genre de lampes qu'ils emploient: la lampe Dowsing, la lampe à incandescence, la lampe à arc. Nous décrirons seulement les deux premiers.

Bains de lumière Dowsing. — Les bains de lumière Dowsing

PAR TSE T. — HYDROTHÉRAPIE

se composent de lampes de forme allongée, mesurant 40 centimètres de long, disposées devant des réflecteurs métalliques, assemblés euxmêmes en plus ou moins grand nombre, selon que les appareils sont destinés aux bains généraux ou aux bains locaux.

Bain général. — Le bain de lumière Dowsing général se donne, le malade étant étendu sur un matelas amianté, placé sur un lit, ■dont les quatre montants supportent quatre réflecteurs munis de

Fig. 99. — Bain de lumière Dowsing. Appareil local pour les membres supérieurs.

lampes, disposés par couples de deux de chaque côté du matelas ; un cinquième réflecteur est placé aux pieds. Une couverture rouge permet d'envelopper le lit entier et les réflecteurs, dans un même espace clos, dont la tête du malade émerge.

Bain local. — Le bain local comporte, pour les bras, deux réflecteurs, et, pour les jambes, quatre réflecteurs, réunis parallèlement, de telle sorte qu'ils ménagent entre eux un espace destiné à placer les membres du malade, qui reposent sur des coussins d'amiante (fig. 98 et 99). Une couverture amiantée peut ici encore réaliser l'espace clos. 11 existe également des appareils locaux projecteurs, mobiles dans tous les sens, que l'on peut employer pour les parties du corps difficilement accessibles : cou, épaule.

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