BAINS DE LUMIÈRE
Technique des bains de lumière Dowsing. — Les lampes de ces bains sont traversées par un courant dont on règle à volonté l'intensité par des rhéostats. On se guide, dans Fapplication, sur les sensations du malade et sur la température accusée par le thermomètre. La lumière s'emploie de deux façons différentes avec les appareils ainsi décrits : 1*^ par radiation directe sans échauffer l'air ambiant; 2° par chauffage de l'air renfermé dans l'espace clos où le malade est lui-même placé.
Radiation directe. — La radiation directe est réalisée lorsqu'on donne le bain de lumière au malade, sans recourir à l'enveloppement avec la couverture, de sorte que l'air peut circuler autour du malade, librement, et que seule l'action lumineuse, dont l'action calorifique est inséparable, est en cause.
Chauffage de l'air en espace clos. — On le réalise simplement en enveloppant l'appareil entier dans la couverture amiantée. Ce dernier procédé permet d'obtenir des températures très élevées.
On peut, d'ailleurs, combiner les deux procédés de la façon suivante : on commence par chauffer en espace clos, en ayant soin de protéger la peau du malade par un enveloppement dans un tissu de flanelle légère ; puis, quand la peau du malade est en moiteur, on peut enlever le tissu, après avoir eu soin de diminuer l'intensité lumineuse pour éviter une sensation désagréable sur la peau. Pour déterminer un chauffage rapide en espace clos, on commence par donner au courant une assez forte intensité; puis on la diminue peu à peu, lorsque le thermomètre accuse une température élevée ou que le malade ressent des picotements désagréables. On a recommandé de recouvrir le malade d'un tissu de flanelle, trempé au préalable dans une solution de tungstate de soude à 10 p. 100. Le tungstate de soude est un ?el qui est doué de propriétés analogues à celles des sels de radium ; c'est ce qui explique que l'on a pu observer de légères phlyctènes ayant apparu plusieurs heures après le bain de lumière. On peut se dispenser de l'emploi du tungstate de soude.
Avec les bains de lumière Dowsing, on atteint des températures très élevées, jusqu'à 150° dans les bains complets et jusqu'à 180° et 200° C. dans le bain local. 11 n'est pas nécessaire d'atteindre des températures aussi élevées ; une moyenne de 80 à 120° est très suffisante pour obtenir de bons résultats.
Il importe de bien préciser le rôle du tissu destiné à protéger la peau contre des irritations lumineuses trop vives. La pratique qui consiste à en envelopper entièrement la région du corps placée dans les appareils doit être abandonnée. Nous avons recherché, en effet, quelle était la température obtenue sous le tissu par rapport à celle
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que Ton obtenait vraiment à l'exposition directe aux rayons lumineux, et nous avons constaté une assez grande différence. Pour éviter cette erreur de technique, nous avons adopté le procédé suivant : devant chaque réflecteur, nous disposons un tissu de flanelle de dimensions telles qu'il masque la projection lumineuse des lampes, comme le ferait un rideau, tout en laissant la chaleur produite passer librement au-dessus et au-dessous. Dans ces conditions, la température indiquée par le thermomètre placé au centre de l'appareil est bien celle à laquelle est vraiment soumise la région malade. Quand on juge bon de faire subir à cette région la projection directe des rayons lumineux, on écarte simplement les deux rideaux, qui glissent sur deux tringles. Ce procédé nous a donné de meilleurs résultats que l'ancien. Il a l'avantage d'éviter les contacts immédiats de la peau avec le tissu souvent brûlant, et qui peuvent déterminer des érythèmes sans importance, mais pénibles.
Bains de lumière avec lampes à incandescence ordinaires. — Ces bains de lumière se donnent dans des boîtes en bois, où le malade se tient assis, la tète en dehors, et dont les parois sont couvertes de glaces qui servent de réflecteurs aux séries de lampes à éclairage disposées dans les angles que forment les parois de la boîte (fig. 100). Des commutateurs permettent d'allumer les lampes par groupes, isolément. Il existe, chez les constructeurs d'appareils électromédicaux, des appareils pour le corps entier et des appareils pour les membres. Ces appareils donnent une chaleur sensiblement moins intense que les bains de lumière Dowsing.
Certains constructeurs annexent aux appareils précédents des lampes à arc qui peuvent être employées à volonté, avec des verres colorés.
Pour régler l'intensité du bain de lumière, on a recours habituellement aux commutateurs, qui permettent d'allumer un plus ou moins grand nombre de lampes, mais ne modifient pas, comme le rhéostat, l'intensité lumineuse des lampes.
Pour obtenir des effets spéciaux, on peut placer devant la source lumineuse des verres colorés, bleus ou rouges, le rouge arrêtant les rayons chimiques et le bleu les laissant passer.
Les effets des bains de lumière sont ceux de l'air chaud, comme nous les avons décrits au début de ce chapitre, avec, en plus, une action excitante de la peau, qui y détermine une rougeur plus vive. C'est peut-être à cet effet révulsif que l'on doit la propriété anesthésique des bains de lumière, que l'on constate dans leur emploi dans les affections douloureuses diverses : goutte, rhumatisme névralgie.