APPAREILS A MOUVEMENTS PASSIFS
efficacité nous parait moindre. A notre avis, quelque ingénieux qu'ils soient, ils ne pourront jamais, pour ces manœuvres délicates où une sensation tactile est nécessaire , remplacer la main d'un masseur exercé. — 1° Dans la série F sont compris les appareils à vibrations. Le premier (F^) provoque des vibrations partielles (300 par minute). Si le malade , s'as seyant sur une chaise, place ses talons sur la banquette de Fappareil , des vibrations d'intensité graduée sont communiquées aux membres inférieurs.
En montant des branches terminales , de formes diverses (tampons, croissants, etc.) sur l'arbre vertical de l'instrument, on localise les
vibrations sur telle ou telle partie du corps. En faisant asseoir le
Fis.
Appareil E'>. Dilatation passive de la poitrine.
12 FRAIKIN ET GRENIER DE CARDENAL. — MÊCANOTHERAPIE.
sujet sur la banquette, on provoque la vibration totale du corps, comme dans le fauteuil trépidant dont se servait Charcot pour les nerveux. Le deuxième appareil (F^) fait vibrer le corps dans sa totalité, comme le ferait le trot d'un cheval ;
2° Dans la série G, sont compris les appareils à tapotement (fig. 18). Deux (G^ et G^j localisent le tapotement au dos, de la nUque au
Fig. 5. — Appareil P'' : vibrations des dillereatus parties du corps.
sacrum, suivant que Ton élève ou que Ton abaisse la branche verticale; un autre le localise aux membres supérieurs; un autre aux membres inférieurs ;
3° La série H comprend un seul appareil à pétrissage, où un assemblage de cinq roulettes en bois, se relevant et «'abaissant l'une après l'autre, pétrit la région abdominale, tandis que le patient, couché sur le cadre de l'instrument, subit un moment de A a-et-vient ;
4° La série J comprend les appareils à frictions graduées. Six appareils y sont classés. Le principe est le suivant : la région à frictionner est placée entre deux courroies ou deux lames dont la surface présente
APPAREILS ACTIVO-PASSIFS.
des aspérités régulières et qui se meuvent en sens inverse ; il y a des appareils pour les membres supérieurs, les doigts, les membres inférieurs ; pour la plante des pieds, les courroies et les lames sont remplacées par un cylindre dont la surface offre des saillies régulières. Pour la région lombo-dorsale, elles sont remplacées par des roues capitonnées; le sujet est couché sur un siège allongé qui est percé d'une ouverture au niveau du dos et qui, se déplaçant au-dessus des roues, amène successivement à leur contact et à leur frottement tous les points du dos et des lombes. Enfin le dernier appareil, pour la friction circulaire de Tabdomen, est composé de deux pelotes accouplées se déplaçant suivant un cercle dont elles occupent les extrémités diamétralement opposées (fig. 17).
La graduation dans l'intensité des frictions se fait par un contrepoids ou en éloignant et rapprochant de l'instrument le corps du malade.
Ces appareils de massage, utiles soit chez les nerveux, soit dans les affections des membres pour rétablir la circulation périphérique, soit pour le traitement des maladies abdominales, des affections cardiaques, etc., peuvent être, dans une certaine mesure (surtout l'appareil à vibrations locales), remplacés par un appareil électrique beaucoup plus simple et incomparablement moins coûteux. Pour notre part, nous nous servons couramment de V appareil à sismothérapie de Gaiffe. Il a aussi l'avantage de fournir un nombre de vibrations beaucoup plus considérable [jusqu'à 2 500 tours à la minute dans l'appareil de Gaifïe; jusqu'à 15 000 dans l'appareil de Bourcart (de Genève)]. Il est mis en mouvement par un moteur électrique ; les vibrations sont transmises à un manche flexible en acier; sur l'extrémité de celui-ci viennent se greffer les appareils concusseurs, qui varient suivant la région et l'organe à traiter: petites pelotes de caoutchouc pour la face ; doigt de caoutchouc pour les fosses nasales ; tiges pour le vagin ou le rectum ; lyres pour les régions laryngée et nasale ; tampons durs ou mous ; arcs métalliques, à cordes flexibles, en caoutchouc, pour le crâne et l'abdomen.
3° Appareils activo-passifs.
Bien qu'ils rentrent en réalité dans les séries des appareils actifs (Voy. plus haut), nous devons, étant donnés leur mode particulier de construction et leur double principe d'action, accorder une brève mention à certains appareils qui peuvent être, suivant la manière de les mettre en marche, alternativement actifs et passifs. Un simple
14 FRAIKTN ET GRENIER DE CARDENAL. - MÊCANOTHÉRAPIE.
regard jelé sur la figure 6 représentant l'appareil B*- en dira d'ailleurs plus qu'une longue description. Ces appareils utilisent comme résistance « un volant susceptible d'emmagasiner une partie de la force dépensée dans le premier effort du malade et de la restituer ensuite sous forme de mouvement circulaire ». Cet effort initial peut au besoin être communiqué par un aide; le malade n'a plus qu'à entretenir avec une force très faible le mouvement donné. Enfin
Fig. 6. — Appareil B''^ : roulement des pieds.
même, si l'aide meut le volant du début à la fin de l'exercice, celui-ci devient purement passif. Ces appareils provoquent donc des mouvements actifs, ou semi-actifs, semi-passifs ou purement passifs.
L'appareil B'-, que nous figurons, a pour but la circumduction activo-passive du pied (mobilisation de l'articulation libio-tarsienne); un autre provoque la flexion et l'extension activo-passives des pieds;un autre la mobilisation activo-passive du poignet; un autre, qui est des plus utiles, et que nous figurons plus loin (fig. 21), la" circumduction activo-passive du bras (mobilisation de l'épaule); un autre, la mobilisation activo-passive du coude; Zander ne
APPAREILS D'ORTHOPÉDIE
la
l'avait pas fait figurer dans son catalogue ; il a été construit par Krukenberg, et nous devons à la vérité de dire qu'il n'est pas parfait. Le D'" Colombo (de Komej en a établi un modèle bien supérieur.
4° Appareils d'orthopédie.
Nous serons très brefs, dans cette première partie, sur cette classe d'appareils. Pour obéir à notre plan, nous allons en donner la classification générale; mais il nous semble préférable de renvoyer la description détaillée et le mécanisme tVacdon de chacun des appareils statiques ou actifs à la deuxième partie, afin de ne pas scinder cette étude si intéressante du traitement mécanique des déviations rachidiennes.
Classification et principe. — On en distingue trois variétés : appareils à redressement statique; à redressement actif; de mensuration.
I. Appareils à redressement statique. — Basés sur la correction que produisent chez les déviés du rachis certaines attitudes spéciales (théories de Julius Wolff), ils utilisent le poids de la totalité ou d'une partie du corps pour provoquer temporairement des déformations inverses des déviations existantes.
Zander a construit cinq appareils de correction statique, compris dans la série K (Voy. page 65).
II. Appareils à redressement actif. — Ils provoquent des efforts dans les groupes musculaires qui peuvent, par leur contraction, corriger les déviations; en même temps ils servent à mobiliser les articulations dans le sens du redressement cherché. Ils sont au nombre de six, compris dans la série L (Voy. pages 66 et 67).
Disons d'ailleurs que nombre d'appareils actifs pour les exercices généraux servent en orthopédie : ce sont tous ceux qui exercent les muscles du tronc et l'appareil respiratoire.
m. Appareils de mensuration. — Us sont au nombre de deux : l'un mesure les sections verticales du tronc ; l'autre, les sections transversales.
Le mensurateur des sections verticales comprend : une plate-forme circulaire graduée; un mécanisme de centrage, pour maintenir le sujet au centre de l'appareil, composé de deux fourches mobiles verticalement et pouvant horizontalement s'écarter ou se rapprocher à l'aide d'une vis ; un appui-tête, glissant à frottement dans le haut de l'appareil; il porte deux disques destinés à être appliqués l'un au front, l'autre au vertex, et deux règles latérales graduées donnant
la déviation de la tête (scolioses cervicales) ; des échelles excentriques, horizontales, mobiles de haut en bas et d'arrière en avant ; sur leur extrémité, s'adapte une pointe ou une traverse; une règle
postérieure, qui peut se déplacer d'arrière en avant et verticalement et est munie d'un curseur en pointe qui se déplace dans le sens horizontal sur une traverse (fig. 7).
Toutes ces règles sont graduées au millimètre. Pour la mensuration, le sujet est placé debout, les pieds posés sur la planchette, où ils sont maintenus dans une position déterminée ; les fourches sont amenées au contact des hanches, fixant le bassin ; le disque supérieur de Tappuitête est abaissé sur le vertex; on lit la hauteur du sujet. Les deux règles latérales,
poussées au contact des temporaux, déterminent la position de la tête relativement à l'axe vertical.
Si l'on veut le contour du corps vu de dos, on prend avec les échelles excentriques latérales quelques mesures, depuis l'acromion jusqu'à la crête iliaque; on les prend en général sur des lignes horizontales et parallèles, espacées de 5 en 5 centimètres et notées à
Fig. 7. — Appareil enregistreur des sections verticales du tronc (Zander).
APPAREILS D'ORTHOPÉDIE
mesure (L. Régnier). Pour obtenir le tracé de la colonne vertébrale, on se sert de la règle postérieure, qui donne la hauteur verticale des apophyses épineuses, leur distance au centre du plan de section correspondant, leur degré de déviation adroite ou à gauche.