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MALADIES DE L'INTESTIN : CONSTIPATION

humide et chaud, aux compresses chaudes s'il y a congestion passive. Cette distinction n'est peut-être pas toujours facile à faire, et il vaut mieux s'inspirer de l'effet produit au malade par telle application pour l'employer.

Constipation. — La constipation, en dehors des causes étrangères à l'intestin (compression, étranglement), tient habituellement à deux états fonctionnels inverses de la tunique musculaire intestinale : l'atonie et le spasme.

Constipation atonique. — Pour combattre l'atonie de l'intestin, il faut recourir à des applications excitantes. Quand l'atonie est simple, sans complications douloureuses, on peut employer d'emblée la douche froide locale, avec un jet aussi fort que le malade peut le supporter, et même assez longue (quarante-cinq secondes), suivie d'une douche générale également froide, si l'état général du malade le comporte.

Quand l'atonie domine, mais coexiste avec des spasmes localisés à certains points de l'intestin, il est bon de commencer par une douche abdominale chaude, destinée à faire céder ces spasmes, avant de combattre l'atonie -par une application froide.

Les bains de siège froids à eau courante sont également un bon procédé. A domicile, on les donne à eau dormante en renouvelant l'eau pour la maintenir froide. On appliquera des compresses froides fréquemment renouvelées.

Ces procédés réussissent surtout chez les enfants et chez les malades jeunes; lorsque la constipation atonique est ancienne, elle est très rebelle; mais ce traitement est bon au moins comme adjuvant.

On ne doit pas oublier .que l'atonie intestinale peut être arrivée à un degré où la tunique musculaire de l'intestin est incapable de réagir aux excitations de l'eau froide; il faut alors employer l'eau chaude, qui augmente le débit sanguin dans l'intestin et améliore la nutrition de cet orgajie.

Puis, quand cette action est suffisamment obtenue, on passe aux applications excitantes. On réahsera ce programme avec la douche sous-marine très chaude, exerçant en même temps quelque pression sur l'intestin et promenée dans le sens du péristaltisme, c'est-à-dire du cœcum à l'S iliaque, en suivant la courbure du côlon.

La compresse humide locale, avec enveloppement imperméable, réalisera également ce réveil des fonctions intestinales par amélioration de la circulation et de la nutrition locales.

Enfin la douche plantaire froide suffisamment prolongée semble influencer l'atonie de l'intestin et réveiller les contractions de sa tunique musciilaire.

PARISET. — HYDROTHÉRAPIE

Constipation spasmodique. — Tout autre est la constipation spasmodique, et plus délicate également à traiter. Les malades qui en sont porteurs présentent en même temps quelques douleurs : il leur faut donc des applications chaudes, soit avec la douche locale précédemment décrite, soit avec des compresses ; on ne craindra pas de prolonger longtemps cette action afin de calmer complètement l'hyperexcitabilité réflexe. La douche sous-marine convient ici encore, mais comme simple véhicule de chaleur.

On ne négligera pas de rechercher les causes du spasme : afîections rénales, utérines, ovariennes, et de les traiter par les moyens hydrothérapiques convenables : bains de siège chauds en général, qui conviennent alors doublement et contre le spasme intestinal et contre ses causes.

Diarrhée. — La diarrhée est un trouble de sécrétion, douloureux ou non. Dans les deux cas, on emploiera l'eau chaude, comme il a été dit pour les douleurs intestinales.

On ne craindra pas de répéter les applications chaudes très souvent et de les prolonger. Dans ces conditions, on arrive généralement à espacer les selles, à les rendre moins douloureuses. On combattra le ténesme fréquent par des bains de siège chauds, des lotions et des applications chaudes au rectum ; les bains de siège à eau courante pourront être alors garnis de substances émollientes. Quand la diarrhée s accompagne de phénomènes généraux graves : intoxication, algidité du choléra, on soumet le malade aux enveloppements chauds et humides, aux enveloppements irritants d'eau froide avec frictions suivis d'enveloppements chauds et secs.

Les grands bains chauds, pas trop prolongés, peuvent aussi rendre des services.

Entéro-colite . — L'entéro-colite muco-membraneuse réunit les deux symptômes précédents : constipation et diarrhée, en même temps que les deux troubles de statique de la fibre musculaire lisse : atonie et spasme, selon les périodes de la maladie, selon les segmenis de l'intestin. L'indication dominante est l'eau chaude en applications locales, faites avec ménagement. On s'inspirera de l'état momentané des malades pour leur donner soit la douche locale chaude, soit les compresses chaudes. Quant à l'application générale, elle varie selon les individus ; mais on peut dire, d'une façon très générale, qu'elle doit être sédative, ces malades ayant à peu près tous un terrain nerveux à la faveur duquel l'entéro-colite a pris naissance : douche chaude une à deux minutes, piscine chaude à eau courante avec douche sous-marine légère.

L'entéro-colite peut fréquemment être favorisée dans son déve-

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