VI. — Troubles psychiques
Il existe des troubles de la mentalité qui ne sont pas de la folie, mais témoignent d'un trouble dans les fonctions cérébrales. C'est
PARISET. — HYDROTHÉRAPIE
ainsi que nombre de sujets sont par instant d'une responsabilité atténuée, ce sont des demi-fous, des demi- responsables, dont le déséquilibre mental se manifeste généralement à telle occasion plutôt qu'à telle autre. Ils peuvent rester ainsi toute leur vie, ou bien, à la suite de maladies, de choc nerveux, de chagrin, tomber entièrement dans l'aliénation mentale. D'autres, au contraire, voient disparaître leurs aberrations de mentalité soit par une modification de l'état général, soit par une meilleure hygiène morale. On peut les améliorer par l'hydrothérapie. Ce sont très souvent des neuro-arthritiques ou des malades que leur hérédité nerveuse peut faire classer parmi les dégénérés. On les traite par Feau froide de préférence, ou par les applications chaudes, suivies d'eau froide.
Beaucoup de ces malades ont des symptômes très spéciaux, qu'on nomme phobies , et qui sont des formes d'angoisse déterminées par telles circonstances, toujours les mêmes pour chaque sujet. Le même traitement, à base d'eau froide, peut les améliorer le plus souvent en raffermissant les fonctions nerveuses. La suggestion ne sera pas non plus négligée chez ces malades.
Aliénation mentale. — Dans l'aliénation mentale, on peut faire jouer à l'hydrothérapie un très grand rôle ; mais par ces mots nous ne voulons pas dire que l'hydrothérapie doit devenir une sorte de punition sous forme d'eau froide infligée à de malheureux aliénés que leurs gardiens trouvent trop turbulents ; nous voulons à l'hydrothérapie chez les aliénés des indications plus rationnelles.
Les états s'accompagnant de dépression pourront être modifiés par l'eau froide ; mais la plupart des aliénés sont plutôt justiciables d'un traitement sédatif. Dans les états d'exaltation, on donnera des bains prolongés (deux à trois heures) à une température indifférente (34'^), un peu moins longs (une heure à deux heures) s'ils sont plus frais (32-33°j. A défaut de ces bains, et chez les malades moins résistants, les enveloppements tièdes sont préférables. Mais Ton ne se tiendra pas en pratique dans des limites aussi rigoureuses ; on donnera à ces malades ce qu'ils voudront accepter pendant le plus longtemps, et qui est en général à une température neutre.
Ces procédés neutres réussissent bien chez les maniaques, et l'on a même voulu faire de ce bon résultat un élément de diagnostic : quand un maniaque n'est pas soulagé par un bain tiède prolongé, c'est que ce n'est pas un maniaque, a-t-on dit. Dans la manie, dans la démence précoce, dans les états d'exaltation, on donne aussi des bains permanents.
Les états caractérisés par la mélancolie et par l'angoisse seront combattus par des bains tièdes, des enveloppements mouillés tièdes.