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TABES : CORRECTION DES TROUBLES DE LA COORDINATION

Lorsque l'ataxique commence à être à peu près maître de ses mouvements partiels, on Fexerce à les répéter sans le contrôle de la vue. A vrai dire, c'est là pour lui une assez grosse difficulté ; mais, dans un grand nombre de cas, elle n'est pas invincible, etil y a intérêt à obtenir l'exécution des principaux mouvements les yeux fermés. Il ne faut pas oublier en effet qu'au moment où il aura à utiliser simultanément plusieurs mouvements il ne pourra pas à la fois tenir les yeux fixés sur tous les segments de ses membres, qu'il n'aura pas trop de toute son attention pour surveiller la coordination de ses mouvements partiels et qu'il faudra que chacun d'eux ait recouvré dans la mesure du possible quelque automatisme. Habituer un ataxique à exécuter des mouvements les yeuxfermés, c'est en somme procéder à la rééducation des sensibilités ; mais encore faut-il s'entendre sur la signification de ce mot; elle est, en effet, très différente dans le cas qui nous occupe de ce qu'elle serait chez les hystériques par exemple. Chez l'hystérique, on peut et on doit ramener réellement la sensibilité consciente ; chez le tabétique, au contraire, il ne faut ni promettre, ni escompter un pareil résultat; jamais en effet on ne voit disparaître les anesthésies ; mais le plus souvent il s'en faut que toutes les sensibilités soient complètement abolies, et alors il devient possible d'apprendre au malade à tirer utilement parti de ce qu'il en a pu conserver. Il fait alors l'éducation de ses sensations même confuses, à la façon d'un aveugle faisant une éducation spéciale de sa sensibilité tactile.

Loin d'avoir recours aux procédés violents qui pourraient être de mise chez un hystérique, il faut ici une fois de plus user de douceur et d'attention. Quelques exercices prudents de mobilisation passive avec résistance, puis de mobilisation active, répétés successivement les yeux ouverts, puis les yeux fermés, font prendre conscience au malade de^l'effort musculaire correspondant pour lui à chaque mouvement et aussi des erreurs qu'il commet habituellement. Lorsque les principales d'entre elles sont atténuées, le sujet s'essaie à faire un mouvement les yeux fermés, après quoi il les ouvre et s'assure que le résultat est bien celui qu'il croyait ; il corrige ainsi peu à peu ses défauts, et si, encouragé par ses progrès, il renouvelle patiemment ses tentatives; il arrive d'ordinaire à se rendre suffisamment compte de la position de ses membres, sinon au repos, du moins pendant l'effort.

Pour ces exercices, il n'est pas encore question d'appareils.

Correction des troubles de la coordination. — Tout ce travail préalable, en général assez négligé par les auteurs qui se sont occupés de rééducation, était pourtant indispensable si on ne veut pas

G. CONSTENSOUX. —

RÉÉDUCATION MOTRICE

ensuite s'obstiner à demander à un ataxique ce qui lui est impossible. Après seulement qu'on lui aura consacré tout le temps et les efïorts nécessaires, on commencera la rééducation des mouvements de coordination, c'est-à-dire le groupement des mouvements partiels entre eux, leur adaptation à un but déterminé et en particulier aux fonctions de station et de locomotion. Tandis que précédemment on tenait surtout compte de la physiologie des mouvements pris en eux-mêmes, c'est pour les exercices dont il nous reste à parler la connaissance de la physiologie de la marche qui doit servir de guide.

C'est dire qu'on éliminera sans hésiter tous les mouvements irrationnels, paradoxaux ou inutiles, pour préparer la succession des efforts normaux nécessaires à l'équilibre et à la marche. Alors même qu'on commencera seulement ce travail, on aura sans cesse en vue les aplombs normaux du corps et les conditions de l'équilibre dans les divers temps du pas.

Le seul intérêt de l'énumération des principaux exercices auxquels on peut avoir recours serait dans les explications qu'on y adjoindrait pour montrer comment le mouvement correspondant à chacun d'eux remédie à une faute que commet le malade et trouve son application dans la marche. Ne pouvant entreprendre ici une description aussi longue et qui serait forcément incomplète, nous nous contenterons de quelques indications très- brèves.

Exercices au lit. — Exercices intéressant une seule jambe.

Flexion de la hanche et du genou pour déplacer le talon parallèlement à la ligne médiane. Immobilisation du membre en flexion ou en demi-flexion. Extension régulière. Flexion simultanée des trois grandesarticulations du menjbre inférieur. Les mouvements d'adduction et d'abduction. Flexion des trois articulations, en soulevant puis en reposant le talon sur le plan du lit en un point déterminé. Extension. Les mouvements de l'articulation tibio-tarsienne et du pied, etc. Association de ces mouvementsdivers pour les mouvements de la marche.

Exercices intéressant les deux ja>hhes.

Exécuter un mouvement déterminé d'une jambe pendant que l'autre est immobilisée dans une attitude normale et en particulier dans l'extension de la hanche et du genou avec flexion du pied sur la jambe à angle droit.

Mouvements du tronc. Immobilisation du rachis et en particulier de la colonne lombaire.

Association des mouvements du tronc et de ceux des membres inférieurs. Immobilisation d'un des côtés du corps pendant les mouvements de l'autre côté.

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