TA.BES : CORRECTION DES TROUBLES MUSCULAIRES
Pour cela, on placera le malade dans une attitude commode, de repos général et lui permettant de concentrer son attention et son efTort sur le groupe musculaire en travail.
Chaque exercice se réduira à Fexécution du mouvement simple correspondant à l'action du groupe musculaire don ton s'occupe, et le malade s'étudiera à commencer doucement la contraction, à l'augmenter lentement et régulièrement, à la soutenir plus ou moins complète, enfin, ce qui n'est pas moins important, à obtenir un relâchement souple et progressif.
Pour des exercices aussi simples, il ne peut être question d'appareils. En Allemagne, on a imaginé défaire des exercices de rééducation sous l'eau ; il n'est pas douteux en etïet que dans ces conditions les mouvements de l'ataxique perdent de leur brus({uerie; mais cette façon de procéder n'a, à notre avis, pour eflfet que de masquer les défauts du mouvement et nullement de les corriger : aussi la croyons-nous sans utilité.
Correction des troubles des associations motrices. — L'exécution d'un mouvement même simple, tel que le déplacement d'un segment d'un membre par rapport au segment voisin, suppose toujours l'intervention de plusieurs groupes musculaires, etDuchenne (de Boulogne) a montré qu'il y a lieu de distinguer pour les uns ou les autres trois sortes d'actions diflFérentes : les actions synergiques, l'action régulatrice des antagonistes, enfin les actions toniques des groupes voisins.
Ainsi, pour avoir une flexion correcte de la cuisse sur le bassin, il faut que les fléchisseurs de la hanche se contractent, pendant que les extenseurs jouent le rôle de modérateurs du mouvement et que les abducteurs, les adducteurs et les rotateurs de la hanche s'opposent aux déviations latérales. Chez l'ataxique, l'association de ces actions est détruite et doit autant que possible être rétablie, afin que l'on dispose d'un mouvement en lui-même correct et qui puisse être utilisé pour contribuer à un mouvement d'ensemble.
Pour procéder aux exercices de correction de ces troubles, on placera le malade sur un lit un peu large dont le plan uni et résistant ne sera pas glissant; la partie supérieure du lit sera relevée de façon que le malade puisse facilement voir ses mouvements.
Les exercices qu'on demandera passeront en revue successivement toutes les articulations et pour chacune d'elles chacun des mouvements physiologiques qu'elle peut avoir à exécuter : on remédiera alors facilement à chacun des défauts que l'on rencontrera. Il faudrait de trop longs développements pour indiquer ici la technique à employer à propos de chaque mouvement et suivant les défauts qu'on y observé.
G. CONSTENSOUX. — RÉÉDUCATION MOTRICE.
D'une façon générale, le défaut de synergie se traduit surtout par des erreurs dans la direction : ce sera donc surtout en s'appliquant à respecter la direction que le malade corrigera ce défaut.
L'étude du jeu des antagonistes et de ses perturbations demanderait à être faite en détails : le malade s'exercera bien à modérer la brusquerie de ses mouvements; mais, pour arriver à rétablir l'action des antagonistes, comme d'ailleurs les actions toniques, il faut le plus souvent user de techniques spéciales et en particulier forcer, par l'emploi de quelques mouvements d'opposition et de résistance, Fataxique à associer entre eux plusieurs efforts différents.
Pour nous faire mieux comprendre, prenons un exemple. Supposons le malade au repos sur son lit et demandons-lui une simple flexion de la hanche sur le bassin, sans même qu'il cherche à soulever le talon au-dessus du plan du lit : non seulement le mouvement qu'il exécute est un peu brusque et lancé, mais la direction de ce mouvement n'est pas toujours la même, et en outre la cuisse qui a été soulevée tombe aussitôt de côté, le plus souvent en dehors. Ces diverses anomalies peuvent se traduire en langage anatomique en disant que l'action synergique des fléchisseurs est irrégulière et que l'action tonique des extenseurs et des muscles latéraux a fait défaut.
En s'appliquant à répéter lentement cette flexion et à en surveiller la direction, l'action synergique des fléchisseurs arrive à se rétablir; mais, si la déviation du membre et sa chute en dehors persistent, on commencera par habituer le malade à résister d'abord à une pression douce exercée de dedans en dehors sur la cuisse; puis, lorsqu'il saura donner et soutenir cet efl'ort des adducteurs, on l'habituera à joindre à ce premier effort le second effort correspondant à la flexion. Par des manœuvres et des artifices analogues, le malade arrive à prendre conscience des autres efforts qu'il doit donner à ce môme moment et, par la répétition, à les associer à l'effort principal.
C'est évidemment là un travail de précision et de patience qu'il faut approprier aux besoins de chaque malade et de chaque mouvement de chaque articulation, sans excepter les mouvements du ra- (^his. 11 n'y a donc pas de série fixe d'exercices correspondant à cette partie de la rééducation des alaxiques. Leur utilité et leur efficacité dépendent de la compétence du médecin. 11 est clair, à plus forte raison, qu'il faut se garder des mouvements antiphysiologiques, et, pour éviter de pareilles fautes, on sera amené, d'une part, à varier les attitudes qu'on fera prendre au malade et, d'autre part, à associer dès ce moment les mouvements solidaires les uns des autres et qui ne doivent pas être exécutés isolément.