PARALYSIES ORGANIQUES
par Texercice employé dans les cas de paralysies organiques. C'est ce qui nous décide à en dire quelques mots, bien qu'à vrai dire le rôle de la rééducation proprement dite soit alors assez restreint.
1° Paraiîlég-îes d'orig-ine médullaire. — En cas de paraplégies d'origine médullaire, les fonctions motrices ne sont plus seulement troublées dans leurs adaptations, elles sont perdues dans la mesure où les mouvemenls élémentaires qu'elles auraient à utiliser sont eux-mêmes abolis. La première partie du traitement, surtout en €as de paraplégie spasmodique, est donc du ressort de la mobilisation et de la mécanothérapie. Le rôle propre de la rééducation se borne ensuite à apprendre au malade comment il peut tirer parti de ceux de ses mouvements qu'il aura retrouvés.
2° Hémiplégie organique. — Les conditions dans lesquelles se présentent les troubles moteurs de l'hémiplégique sont certainement moins défavorables que celles du paraplégique. Ici, en effet, le neurone moteur périphérique et le muscle ne sont pas détruits ; la suppression de leurs fonctions n'est que la conséquence des lésions plus haut situées, et on peut espérer voir se rétablir les contractions volontaires si on réussit à améliorer les fonctions des neurones supérieurs qui les commandent. La médication par l'exercice est précisément un des meilleurs moyens qui puissent atteindre ce but.
Les éléments du pronostic et par conséquent les indications du traitement en cas d'hémiplégie seront fournis par une double appréciation : 1° quelle est l'intensité des lésions cérébrales, causes directes de la paralysie ; 2° y a-t-il intégrité des régions voisines. L'intérêt pratique de la première question se comprend de lui-même, et la seconde n'est pas d'une moindre importance, car, si on a affaire à un malade incapable d'attention et d'etforts, à un cerveau altéré de façon diffuse, on ne peut guère espérer voir se réaliser le travail nécessaire à la correction et à la suppléance de ces mouvements.
Après que le massage, la mobilisation, la mécanothérapie ont commencé d'améliorer un hémiplégique, la rééducation peut maintenant intervenir. Elle doit d'abord, étant donné tel mouvement imparfait, le décomposer au point de vue mécanique, de façon à reconnaître quelles sont à chaque temps du mouvement les actions musculaires insuffisantes. Il est alors possible d'exercer individuellement les muscles en question et ensuite de réhabituer le malade à les faire intervenir de façon opportune.
Ainsi l'hémiplégique fauche en marchant, et ce défaut, si on ne s'en occupe pas spécialement, ne se corrige guère de lui-même. Si, au contraire, on sait qu'il résulte de l'insuffisance des fléchisseurs latéraux du rachis, des fléchisseurs et des rotateurs internes de la hanche,
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des fléchisseurs du genou et des muscles antéro-externes de la jambe, on peut, par des exercices appropriés, soumettre spécialement ces divers groupes de muscles à un entraînement progressif, et, quand le malade est capable de leur demander des efforts volontaires, l'habituer à s'en servir à propos, et à associer leur action à celle des autres muscles dans les divers temps du pas, de façon à se rapprocher le plus possible du type normal de la marche.
Accessoirement la rééducation s'applique à favoriser les suppléances et à enseigner au malade les types de mouvements qu'il pourra le mieux réaliser.
3° Maladie de Lîttle. Pseudo-bulbaires. Idiots. Arriérés.
— Les conditions pratiques de la rééducation dans les autres paralysies d'origine cérébrale sont analogues à celles de l'hémiplégie. Les différences tiennent surtout à la conservation plus ou moins complète de l'intelligence.
Dans la maladie de Little et dans les diplégies cérébrales pures, on a affaire à des enfants, c'est-à-dire à des sujets essentiellement susceptibles d'éducation ; mais, malgré l'intégrité de l'intelligence, il faut en pratique compter avec le jeune âge du malade. D'autre part, c'est dans ces cas qu'on rencontre souvent des paralysies complètes et définitives, plus ou moins étendues, en raison desquelles on doit souvent renoncer au rétablissement des mouvements normaux et se contenter de tirer parti des ressources du sujet pour reconstituer des fonctions approchées.
Chez les pseudo-bulbaires, quoique bien souvent les troubles moteurs ne soient pas en eux-mêmes très accentués, l'état de diminution intellectuelle et la fatigue rapide de l'attention rendent de pareils malades peu susceptibles d'éducation.
Enfin, chez les idiots, il faut bien approprier les procédés d'éducation motrice aux conditions que crée l'état mental du malade. Certains médecins, notamment Bourneville, s'y sont appliqués avec patience et ont montré que l'on peut obtenir quelques résultats ; mais encore faut-il ne tenter que le possible et savoir limiter ses ambitions. On peut au contraire entreprendre et obtenir beaucoup plus chez les enfants qui ne sont qu'arriérés : c'est là une question d'un gros intérêt pratique et dont on ne doit pas méconnaître l'importance.
IV, — Maladie de Parkinson.
Le soulagement qu'éprouvent les Parkinsoniens du fait du mouvement avait fait autrefois imaginer à leur intention divers appareils tels que le casque et le fauteuil trépidants. Aujourd'hui on a, et avec
APHASIES,
raison, plutôt recours pour eux à la mobilisation active. Si on a soin d'analyser leurs mouvements, de déterminer quels sont les muscles en état de rigidité et leurs antagonistes, et si ces renseignements dictent le choix des mouvements volontaires qu'on prescrit à chaque sujet, on fait alors une thérapeutique assez voisine de la rééducation et dont les malades retirent un réel bénéfice si on la poursuit assez longtemps.