VII. — Bégaiement
Le bégaiement mérite d'être séparé des simples défauts de prononciation. Ici, en effet, les sons proférés sont normalement articulés, mais une véritable incoordination d'origine centrale et de nature habituellement émotive est venue : 1° détruire le rythme normal des mouvements respiratoires pendant l'élocution ; 2° troubler la succession régulière des mouvements correspondant à l'articulation de chaque syllabe ; 3° enfin rompre l'harmonie qui doit exister entre les mouvements de la respiration, d'une part, et ceux delà phonation, d'autre part. C'est Cher vin qui a eu le mérite de faire le premier une étude clinique complète du bégaiement et de montrer qu'il ne peut être utilement traité que par la rééducation.
Le traitement rééducateur vise les trois troubles que nous venons d'indiquer.
L'isolement est presque toujours indispensable, afin que, dans un calme complet, le sujet puisse se consacrer tout entier à la surveillance et à la correction de ses mouvements désordonnés. La cure commence par une période de silence destinée à faire oublier les habitudes mauvaises : ce silence n'est rompu, au bout de quelques jours, que pour commencer à heure fixe les exercices rééducateurs.
G. CONSTENSOUX. — RÉÉDUCATION MOTRICE.
Ce sont d'abord des exercices de gymnastique respiratoire destinés non pas seulement à régulariser le rythme automatique de l'inspiration et de l'expiration, mais aussi à permettre au sujet de soutenir, de retenir et de diriger à volonté sa respiration, de façon qu'il puisse en prévenir et en corriger les irrégularités si elles menacent de reparaître pendant la phonation. Ce n'est que quand ce premier résultat est obtenu qu'on commence les exercices d'élocution à proprement parler. Un indiquera au sujet à quel moment de l'expiration il doit proférer, des sons, et on lui apprendra à prononcer à propos, d'abord des monosyllabes en associant de façon opportune les mouvements respiratoires et de prononciation, puis des mots et des phrases, spontanément ou au commandement ; on l'habituera à la récitation, à la lecture et enfin à la conversation, et, si le traitement est bien dirigé et bien suivi, on arrivera ainsi presque toujours à la guérison du bégaiement.