TROUBLES MOTEURS DANS L'HYSTÉRIE
Tout ceci est vrai en particulier pour les troubles moteurs dans la grande névrose, qu'il s'agisse de paralysies flasques ou avec contractures, de perte des adaptations motrices fonctionnelles (astasie-abasie, aphasie), ou de mouvements déréglés ou surajoutés^ tels que chorée, tremblement, bégaiement, toux, etc.
Sans oublier que les troubles moteurs peuvent, comme toutes les manifestations, céder plus ou moins brusquement aux moyens les plus variés, à condition que ceux-ci frappent le moral du malade, supposant aussi que le traitement psychothérapique n'est pas négligé, nous pouvons maintenant dire quelques mots rapides de la part qui revient à la rééducation motrice.
Paralysies. — Le réveil de .la sensibilité consciente est une des premières conditions de la cure des paralysies. On l'obtient par des moyens divers, notamment par l'électricité. Sollier a montré tout le parti qu'on peut tirer de la mobilisation passive, surtout si celle-ci est énergique jusqu'à provoquer même de la douleur. Si la paralysie s'accompagne de contracture, c'est alors à l'hyperesthésie qu'on a le plus souvent affaire ; la mobilisation n'est pas pour cela moins indiquée, mais elle ne devra pas négliger les muscles antagonistes.
A la mobilisation passive qui commence à réveiller les sensibilités articulaire et musculaire, on joindra le plus tôt possible la mobilisation active qui permettra au malade de reprendre possession des fonctions des organes moteurs : on procédera à un entraînement méthodique de chaque groupe . musculaire, et pour cela on s'aidera des exercices de résistance jusqu'à ce que tous les mouvements partiels soient retrouvés. Mais il peut arriver que le malade n'ait pas encore à ce moment recouvré la coordination fonctionnelle de ses mouvements.
Perte des mouveTnents fonctionnels. — C'est dans ces cas, dont l'astasie-abasie est le type, que la rééducation motrice doit surtout largement intervenir pour permettre la guérison. Après qu'on a procédé comme nous venons de le dire au réveil des sensibilités et des mouvements partiels, il faut alors, tenant compte des erreurs que commet le malade dans l'association de ses mouvements et dans leur adaptation fonctionnelle, les lui indiquer et choisir les exercices à propos desquels il devra s'exercer à corriger consciemment chacune de ses erreurs jusqu'au moment où il aura par l'habitude retrouvé l'automatisme normal.
Mouvements surajoutés. — Dans ces cas, qui comprennent les troubles tels que chorée, tremblement, toux hystérique, les mouvements méthodiques, si utiles qu'ils puissent être, viendront
G. CONSTENSOUX. — RÉÉDUCATION MOTRICE.
seulement aider aux effets de Tisolement et du traitement psychothérapique.
Associations hystéro-organîques. — Il va sans dire enlln qu'un traitement mixte s'imposera dans les cas si fréquents d'associations hystéro-organiques.
X. — Troubles moteurs dans la psychasthénie. Stase basophobie.
A côté de l'hystérie, les états psychasthéniques peuvent, eux aussi, être causes de divers troubles des mouvements. On a en particulier décrit sous le nom de Stasobasophobie cette phobie spéciale de la station et de la locomotion que Ton peut observer soit isolée, soit associée aux troubles moteurs de cause organique.
Dans l'un comme dans l'autre cas, on soumettra le malade à des exercices d'entraînement progressif en même temps que par la psychothérapie on lui montrera quelle part revient dans ses troubles à la simple appréhension.