EN THÉRAPEUTIQUE
PAR
le Philippe TISSIÈ, de Pau,
Inspecteur des exercices physiques dans les lycées et collèges de l'Académie de Bordeaux, Lauréat de l'Institut (Académie des sciences), Lauréat de l'Académie de médecine.
Il convient tout d'abord d'établir d'une façon précise et définitive que les jeux et les sports servent de complément direct à la o^ymnastique éducative de développement, mais qu'ils ne la constituent pas. C'est ce que je me suis appliqué à démontrer dans mes travaux antérieurs (1), en prouvant que le développement de la cage thoracique doit être obtenu non par les jeux et les sports, mais par la gymnastique physiologique et orthomorphique. Les jeux et les sports ne développent pas rationnellement toutes les parties du corps, parce que chacun d'eux fait entrer en fonction spéciale telle ou telle partie, selon que le jeu ou le sport s'adresse plus particulièrement au train supérieur, avec les bras; ou au train inférieur, avec les jambes.
Le tronc n'entre en fonction que par les bras et par les jambes, parce que ce segment du corps n'est pas fait pour le transport, comme les jambes; ou pour la prise, comme les bras.
Le tronc, dans les sports, ne se développe qu'accessoirement et non directement par des mouvements lui appartenant en propre. Ces mouvements, la gymnastique éducative seule, aux mouvements ordonnés et non libres comme dans les sports, les lui impose.
Cette gymnastique a-précisément pour effet de développer le tronc afin que, grâce à ce développement complet, le point d'appui des deux grands segments articulaires : bras et jambes, soit plus solide, plus fixe, plus rigide et, par cela même, permette aux leviers constitués par les bras et les jambes de mieux fonctionner (fig. 37).
L'observation prouve que la gymnastique éducative suédoise est supérieure aux sports anglais.
(1) Dr Ph. TissiÉ, Précis de gymnastique rationnelle de développement, de plain-pied et à mains libres. Gymnastique scolaire éducative, gymnastique d'entraînement militaire, gymnastique hygiénique de chambre, Pau, 2" édit. — L'Éducation physique au point de vue historique, scientifique, technique, critique, pratique et esthétique, Paris, 2« édition. — La Fatigue et l'Entraînement physique, Paris, 3e édit. — L'Homme de demain (Rapport au Congrès de Mons, 1905). — Bévue des jeux scolaires et d'hygiène sociale, Pau.
PH. TISSIÉ. — JEUX ET SPORTS
En effet, l'attitude des Suédois est plus ferme et plus belle que
Fig. 37. — Gymnastique suédoise. — Suspension verticale du corps en appui manuel, à l'espalier suédois, avec flexion des cuisses {ci'ochet) suivie de l'extension des jambes (fléan).
Action directe sur le tronc.
Mouvement de gymnastique suédoise ayant pour effet d'étalonner le plan vertical articulé du tronc contre le plan vertical rigide d'un mur articulé par un système d'espalier empêchant toute attitude de compensation du corps. Forte extension des bras et de la colonne vertébrale par action intense sur les muscles extenseurs. Action sur les muscles dorso-lombaires et particulièrement sur le grand dorsal. Dans l'attitude des jambes pliées en crochet, le travail des muscles dorso-lombaires, du psoas iliaque et du grand droit de l'abdomen est moins grand que dans l'attitude à laquelle passent les jambes dans la direction de la flèche. Dans cette attitude, les jambes étant placées en angle droit {fléau) par rapport au tronc, la résistance constituée par le poids des jambes demande une puissance musculaire plus forte dans les muscles dorso-lombaires, le point d'appui principal étant pris sur les mains, et les points d'appui secondaires étant pris sur la colonne vertébrale, les omoplates et le bassin, et surtout sur les vertèbres lombaires pour le point d'appui du psoas iliaque, fléchisseur de la jambe.
celle des Anglais pratiquant le sport. Chez ceux-ci, — je puis