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JEUX DE BOULES

généralement lente comme une promenade. A la fin de la partie, les joueurs se trouvent avoir couvert plusieurs kilomètres sans fatigue, parce que des repos relatifs coupent le jeu.

Le jeu du crciket, dans lequel les joueurs lancent une boule très dure au moyen d'un battoir, est plus violent que le jeu du golf; il est plus respiratoire, parce qu'il est plus actif; la marche est plus vive; ce jeu se pratique également en plein air, ainsi que le jeu delà crosse canadienne, où Ton pousse des boules au moyen d'une crosse.

Le jeu du polo se joue à cheval, généralement sur des poneys, afin que les cavaliers puissent mieux atteindre la boule avec leur maillet, sans trop se coucher en dehors de la selle. Dans ce jeu, les torsions de la ceinture musculaire abdominale sont fréquentes : à ce titre, il constitue un massage gastro-intestinal excellent. 11 se pratique également en plein air. lia une action respiratoire et psychique par la direction à imposer au cheval, qu'il faut savoir faire évoluer.

Le jeu du billard est le jeu de mail modifié. Il se joue sur le tapis vert d'une table spécialement agencée dans un local fermé. Les billes sont poussées à l'aide d'une queue munie, à l'une de ses extrémités, d'un petit tampon élastique qui adoucit le choc sur l'ivoire des billes.

L'exercice du billard est excellent, à la condition d'être pratiqué dans un local bien aéré. Le billard impose des mouvements de marche, de flexion et d'extension du tronc et des bras ; il délasse des travaux de l'esprit; il provoque l'attention, il établit la coordination des mouvements. Ce jeu n'est pas violent; il peut être pratiqué à tout âge et par les deux sexes.

En résumé, les jeux de boule sont les moins violents de tous les jeux. Us se pratiquent en plein air, ils sont respiratoires, ils forcent à la marche; leur actiDn sur le cœur n'est pas intensive ; on peut les permettre à to.us les âges et aux deux sexes, sauf cependant pour le polo et le cricket, qui sont plus violents et pour lesquels on doit établir une sélection d'après l'état physiologique des joueurs qui désirent s'y livrer.

Le costume pour ce jeu est ample et fait de lainage, telle la blouse anglaise pour le golf, avec la culotte courte, les bandes-molletières et les souliers à forte semelle. Pour le cricket, le maillot est nécessaire ; les jambes sont protégées par des jambières en bois léger contre le choc de la boule.

PII. TISSIÉ. — JEUX ET SPORTS

IV. — SPORTS PRATIQUÉS SOIT INDIVIDUELLEMENT, SOIT COLLECTIVEMENT DANS UN LOCAL FERMÉ AVEC OU SANS ENGIN.

Boxe et chausson.

La boxe française est toujours accompagnée de la lutte avec les jambes et les pieds, c'est-à-dire du « chausson » ou de la « savate ». C'est de cette boxe qu'il convient de parler au point de vue thérapeutique, et non de la boxe anglaise. Celle-ci peut avoir une valeur éducative, au point de vue de la maîtrise de soi-même, devant la douleur des chocs reçus; mais la thérapeutique n'a rien à voir avec les coups de poing donnés spécialement sur telles ou telles parties sensibles du corps, creux épigastrique, jugulaires, carotides, région du cœur, région occipitale, etc., dans le but de mettre l'adversaire hors de combat en provoquant l'inhibition ou la syncope.

La boxe française est faite d'élégance, de souplesse, de brio et de force. C'est surtout un exercice d'équilibre. La synergie des mouvements doit y être promptement établie; cet exercice est un des meilleurs au point de vue de l'entraînement des centres nerveux, correspondant à chaque muscle et à chaque segment articulaire.

Par la multitude et la variété des mouvements et des attitudes imposés aux bras, aux jambes et au tronc, la boxe et le chausson constituent l'exercice de souplesse par excellence. 11 réclame une attention soutenue, un sens tout particulier d'observation, car le partenaire doit pouvoir deviner rapidement la pensée de son adversaire pour parer ou pour porter le coup.

Cet exercice provoque une respiration profonde et une circulation active. Il n'essouffle qu'autant qu'on le veut, du moins dans la leçon ; l'assaut peut être fatigant, mais les feintes, les arrêts, les diverses attitudes prises au fur et à mesure des besoins du combat, font que le cœur et les poumons ne sont pas obligés de fournir un effort constant et prolongé.

La sudation est abondante, parce que, dans la boxe, tous les muscles du corps travaillent, surtout les muscles les plus épais avec le chausson, par le jeu des jambes. Celui-ci agit spécialement sur la masse gastro-intestinale par les muscles de la ceinture abdominale et particulièrement par le droit antérieur de l'abdomen et les psoas ihaques dans le soulèvement, la flexion et l'extension de la jambe, avec projection violente du pied en avant ou latéralement.

La mise en garde développe la poitrine par la fixation des omoplates. Les coups lancés des bras en avant et ramenés aussitôt en

LUTTE ; JIU-JITSU-

garde provoquent le travail des muscles du massif dorso-lombaire et particulièrement du trapèze, des rhomboïdes et du gaand dorsal, fixateurs des omoplates. La mise en garde provoque surtout le travail des muscles du massif lombaire, pour la fixation de la colonne vertébrale sur le bassin immobilisé, sur lequel le tronc prend un point d'appui solide pour permettre aux bras de porter le coup violent en avant.

La boxe française est un des meilleurs exercices qui existent, à la condition de le pratiquer dans un milieu aéré, de préférence en plein air. Il est complet, au point de vue de l'équilibre et de l'association du mouvement et de la pensée; il n'a pas cependant la valeur éducative morphologique de l'aviron et de la natation, qui s'adressent surtout aux extenseurs.

La boxe peut être commencée dès le jeune âge à partir de six à sept ans; il va sans dire que je parle des leçons et non des assauts. Elle peut être continuée jusqu'à un âge avancé; elle est moins violente que l'escrime. On peut en ordonner les mouvements dans les maladies de la nutrition, dans la constipation, dans les états d'atonie gastro-intestinale. Elle doit être défendue, comme d'ailleurs tous les sports, dans les états pathologiques de la circulation, affections cardiaques ou vasculaires.

Les bras travaillent dans la position de la garde, à gauche et à droite.

Le tronc et les bras entrent surtout en fonction dans la parade du coup de poing de figure direct et dans le coup de poing lui-même; dans l'esquive à gauche et à droite avec mouvements de jambe en avant et coup d'arrêt du bras en arrière.

Les jambes travaillent dans le coup de pied bas, avec sa parade ; surtout dans la riposte du coup de pied bas avec parade du coup de pied de figure ou de flanc.

Le costume est fait^e lainage, chemise de flanelle ou maillot; le pantalon peut être de flanelle ou de drap. Les sandales sont la meilleure chaussure. Dans les assauts, les mains sont recouvertes de gants très gros et très rembourrés, afin d'amoindrir l'intensité des chocs dans les coups de poing donnés ou reçus.

Lutte ; jiu-jitsu.

« Jeu de main, jeu de vilain, » dit un proverbe. La lutte est ainsi considérée comme un exercice violent, auquel les « vilains » seuls peuvent se livrer. De fait, jusqu'à ce jour, ce sport n'a été pratiqué que par un monde spécial d'athlètes aux formes généralement énormes, surtout chez les lutteurs, classés dans les poids lourds.

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La lutte est pourtant un des exercices les meilleurs, quand il est pratiqué avec méthode; il joint le massage, par le pétrissage, la pression ou l'écrasement, au travail musculaire. La lutte demande beaucoup de souplesse unie à beaucoup de force. Toutes les parties du corps travaillent, surtout les muscles do la région postérieure du tronc. Les lutteurs, parleur entraînement, développent énormément les muscles du cou, le faisceau supérieur du trapèze, le splénius, etc., et les muscles dorso-lombaires. Les muscles du massif prévertébral, depuis le sacrum jusqu'aux premières vertèbres dorsales, font saillie des deux côtés de la colonne. Les pectoraux et les muscles de la ceinture abdominale sont également très développés. 11 en est de même de ceux des cuisses et des jambes. Si la lutte porte les bras en avant et en dedans pour la prise du corps de l'adversaire et, par ce fait, rétrécit l'amplitude de la cage thoracique, elle l'élargit beaucoup dans certaines prises du corps, où l'extension forcée de la colonne vertébrale avec le poids de l'opposant du partenaire antagoniste est portée au maximum comme dans le pont, où les deux points d'appui sont pris sur l'occiput et sur les pieds.

Les nombreuses attitudes du corps prises dans l'attaque ou dans la défense, tour à tour en extension, en flexion, en torsion, en circumduction du tronc ou des membres, font de la lutte l'exercice idéal au point de vue du sport hardi, violent et fort.

Le bon lutteur n'est pas celui qui combat avec ses muscles et ses poumons, c'est celui qui lutte avec son cerveau. Plus que tous les sports, la lutte fait appel au jugement, à l'observation, à la décision prompte et hardie, à la ruse. Cet exercice réclame à la fois de grandes forces somatiques et psychiques.

11 ne faut pas juger la lutte par la brutalité qu'y mettent trop souvent les lutteurs de profession.

Ici, comme dans tous les sports, le caractère se révèle par l'excitation même du combat. Le masque de l'éducation tombe, l'homme reste avec son tempérament et son caractère. La lutte serait un excellent critérium pour le pédagogue dans la classification des caractères des élèves en vue du rendement intellectuel à faire produire. Ce moyen de classification n'est pas encore entré dans nos mœurs pédagogiques ; il n'y rentrera pas d'ailleurs de sitôt. Et pourtant le jeu n'est qu'une transformation de la lutte ; le corps-à-corps y existe quelquefois ; le pédagogue qui sait voir s'aperçoit aussitôt que la compétition est le principe même de la vie. Ainsi se confirme ma formule d'éducation physique : « On marche avec ses muscles, on court avec ses poumons, on galope avec son cœur, on résiste avec son estomac, on arrive avec son cerveau. »

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LUTTE ;^:ijiB-JITSTJ.

Dans la lutte, on établit la division des hommes de poids lourd pesant plus de 100 kilos et des hommes de poids léger pesant moins de 100 kilos. Gependant'ce n'est pas toujours la masse du poids lourd qui l'emporte sur le poids léger servi par une inteUigence bien éveillée.

La lutte peut être appHquée dès la seconde enfance, à partir de dix ans. Il va sans dire que l'intégrité de tous les [organes de vie :

Prise du corps par le tronc, sur le massif dorso-lombaire creusant les reins, mais laissant dans une liberté relative l'ensemble de la cagfe thoracique en vue de la respiration. Dans la ligure ci-dessus, les mains de l'antagonisle ainsi que les bras fixent le grand dorsal, d'où fixation de l'angle inférieur de l'omoplate et, comme conséquence mécano-physiologique, point d'appui plus rigide donné au grand dentelé pour le soulèvement des côtes et pour une amplitude thoracique plus grande.

Les figures tracées au trait fin, debout, les bras en croix, représentent l'attitude initiale du départ, avant la prise de l'adversaire.

poumons et cœur, est nécessaire. Si les muscles de la cage thoracique sont développés par la lutte, il faut avant tout développer rationnellement et parallèlement la cage thoracique elle-même par la gymnastique respiratoire.

Les Suédois font entrer la lutte dans la partie de la leçon type s'adressant aux poumons et au cœur, par les jeux (fig. 63),

La lutte peut être pratiquée jusqu'à un âge assez avancé, quarante à quarante-cinq ans, à la condition expresse de s'y être entraîné Physiothérapie. IV. 11

Fig. 63. — La lutte suédoise. Première prise dans l'engagement.

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régulièrement depuis la jeunesse. On ne peut la conseiller à un malade comme sport thérapeutique.

11 va sans dire qu'elle doit être interdite à toute personne dont l'appareil circulatoire est défectueux. Les congestions y sont fréquentes, soit du côté du cerveau, soit du côté des poumons, d'après les attitudes prises ou durement imposées. La lutte est un sport violent.

Le costume est composé d'une culotte courte arrivant à mi-jambes; le torse est nu ; les pieds sont chaussés de souliers découverts ou de bottines à tige montante. Quelques lutteurs luttent pieds nus.

Jiu-jitsu. — Les Japonais possèdent un genre de lutte appelée jiu-jitsu, dont le succès a été grand en ces derniers temps comme répercussion psychologique de la victoire des Nippons sur les Slaves.

Envisagé comme exercice de défense personnelle, le jiu-jitsu peut se définir : « Tart de dominer un adversaire, en lui infligeant une douleur d'intensité excessive, au moyen d'un déploiement de force minime ».

Cette définition, donnée par le D'" Lagrange, indique que ce sport n'entre pas dans le cadre thérapeutique comme moyen direct. Cependant l'entraînement des champions japonais utilise les exercices d'assouplissement et les exercices respiratoires nécessaires à l'exécution du jiu-jitsu.

Cet entraînement porte sur les muscles, sur le cœur, sur les poumons, sur l'appareil digestif, sur le système nerveux et sur les facultés morales.

Il n'a rien de particulier à l'entraînement rationnel donné par la méthode de gymnastique éducative suédoise. 11 ne fait que souligner davantage la nécessité de ne jamais aborder un sport quelconque, sans avoir mis au préalable le corps en puissance physiologique de le pratiquer sans danger pour le cœur et les poumons.

Par engoûment, on a voulu appliquer le jiu-jitsu à la femme pour sa protection personnelle, autant et plus que pour sa santé. Je ne vois pas la femme, suivie dans la rue par un importun, lui répliquant par une passe de jiu-jitsu.

Il y a mieux à faire pour la santé de la femme que de lui appliquer ce sport violent. L'homme doit s'y entraîner au point de vue de sa défense, puisqu'il lui permet de provoquer la douleur inhibitrice dans l'attaque. Le jiu-jitsu, du moins tel qu'il est apphqué en France et d'après ce que nous en savons par les traités, n'entre donc pas dans le cadre thérapeutique.

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