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I. — Poids

Une fausse conception de l'éducation physique fait accorder aux poids une valeur éducative qu'ils ne possèdent pas. En cela on commet des erreurs souvent nuisibles à la santé.

Le sport des poids lourds est le triomphe de Fégoïsme. On soulève des poids lourds par orgueil et non pour sa santé. On bat le record de la contre-attraction terrestre, au moyen des muscles de la partie supérieure du tronc et des bras soulevant la masse la plus lourde possible.

Je ne saurais trop le répéter, l'homme est soumis à la loi de l'attraction terrestre; chacune de ses articulations est attirée vers le centre de la terre ; la puissance musculaire et les ligaments articulaires empêchent cette chute pendant quelques heures de la journée; mais cette chute se produit fatalement ; elle est provoquée par la fatigue. L'homme s'asseoit ou se couche pour se reposer et pour dormir.

La nuit est réservée à la réparation de la fatigue des muscles et du système nerveux provoquée dans la journée parla force antagoniste de l'attraction terrestre, d'où le sommeil.

La gymnastique rationnelle doit, avant toute chose, partir de ce principe dans l'application du mouvement qui permet aux muscles et aux articulations de lutter avec avantage et plus longuement contre la force antagoniste exercée par la terre ; c'est pourquoi toute gymnastique éducative doit s'appliquer à fortifier les muscles extenseurs qui attirent les segments du corps de bas en haut, faisant ainsi opposition à la force terrestre qui attire de haut en bas.

Que produisent les poids lourds? Loin d'établir l'antagonisme en faveur de la défense musculaire contre l'attraction terrestre, ils ne font que le combattre (fig. 64). Les bras tendus en croix représentent un poids variable,, dépendant de la longueur et de la grosseur des os et de l'épaisseur des muscles. Le deltoïde soulève ce poids dans le système de levier du troisième genre qu'est le bras, système interpuissant, la puissance étant placée entre le point d'appui articulaire de l'épaule et la résistance segmentaire du bras lui-même. Si on applique un poids au bout du levier, à la main, le deltoïde travaille en raison de la lourdeur du poids appliqué et surtout en raison de la longueur du bras du levier, c'est-à-dire des os, de l'humérus, du cubitus et du radius. Mais le deltoïde, pour bien s'équilibrer,

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demande un point d'appui à l'épaule; celle-ci le demande au thorax, celui-ci au bassin, celui-ci aux pieds, point d'appui initial du corps sur le sol. Ainsi, successivement, toutes les articulations et tous les muscles entrent en fonction. Cependant, sous la loi du moindre effort, le corps prend des attitudes de compensation pour que son poids, localisé à son centre de gravité, fasse équilibre, autant que possible, au poids à soulever ou à. maintenir. Ce poids est d'autant plus violemment attiré vers le centre de la terre qu'il est plus lourd et que les muscles sont moins"résistants.

La résistance musculaire ne peut être assurée qu'à la condition de prendre un point d'appui lixe et rigide sur un os. Or le point d'appui du deltoïde dans le soulèvement du bras est pris sur la clavicule, sur l'acromion, sur l'épine de l'omoplate dans toute son étendue, c'est-à-dire sur des os dont la fonction articulaire est l'élasticité même, élasticité indispensable au jeu élastique de la cage thoracique et à l'élasticité des organes essentiellement élastiques les poumons et le cœur. Le deltoïde appelle à son aide des muscles d'appui, tels que le trapèze, avec ses faisceaux supérieurs et moyens, qui, prenant un point d'appui sur la ligne courbe occipitale supérieure, sur le ligament cervical postérieur, sur les apophyses épineuses de la septième cervicale et des dix premières dorsales, soutiennent la partie externe de la clavicule, l'acromion et l'épine de l'omoplate, le tout formant un bloc rigide sur lequel le deltoïde s'appuie plus fortement. 11 trouve dans le sus-épineux un précieux auxiliaire comme élévateur de bras et, dans le sous-épineux, comme fixateur du bras. Le peaucier du cou, par sa contraction, concourt à l'acte violent du soulèvement des poids lourds. Chez certains athlètes de force, le peaucier du cou est très développé.

Mais la contraction de tous ces muscles impose la transformation de la cage thoracique en manchon à air comprimé, après une forte inspiration suivie de la fermeture de la glotte. Ainsi le système de pince formé par les clavicules en avant et les omoplates en arrière serre avec ses deux mors la cage thoracique rendue rigide; le deltoïde et ses muscles auxiliaires peuvent alors contribuer à l'élévation du poids.

La lutte par la contraction musculaire est d'autant plus violente que le poids à soulever est plus lourd. Pendant l'acte du soulèvement, la respiration est arrêtée, la congestion survient. L'exercice force le cœur et les poumons par une modification profonde apportée à leur élasticité par compression même delà cage thoracique. Aussi n'est-il pas rare de voir les athlètes aux poids lourds être atteints d'hémorragies et d'hémoptysies. J'en ai connu qui avaient contracta , de

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