‹ PhysiothérapieChapitre 95 sur 211 · ACTION SUR LA RESPIRATION · texte numérisé non relu

ACTION SUR LA RESPIRATION

2tl

la défense de l'organisme contre l'élévation de la température interne s'effectue par une vaso-dilatation périphérique énergique, et par la transpiration, si l'application est suffisamment longue.

Eau chaude. — L'eau chaude modifie beaucoup moins la chaleur animale, qu'elle peut cependant élever par des applications prolongées.

Eau tiède et eau tempérée. — Elles modifient légèrement la température du corps, en provoquant un rayonnement de chaleur périphérique plus ou moins considérable selon leur durée d'application ; mais elles sont loin de rompre l'équilibre "thermique, comme l'eau froide et l'eau chaude.

Remarquons que les applications hydrothérapiques, en dehors d'une action qui leur est propre sur la chaleur animale, peuvent, lorsqu'on laisse l'eau s'évaporer sur la surface du corps, abaisser d'une façon notable la température; cet effet, qu'on évite le plus souvent, est cependant utilisé dans certains cas.

La réaction nerveuse, la réaction circulatoire, la réaction thermique constituent, par leur ensemble en hydrothérapie, la réaction. Nous l'étudierons après avoir énuméré certains effets secondaires qu'on ne doit pas oublier.

Action sur la peau. — Les apphcations hydrothérapiques ont la peau pour intermédiaire dans leurs effets sur le corps humain. C'est delà surface cutanée que partent l'impression sensitive qui constitue la réaction de sensibilité, le' réflexe vaso-moteur qui provoque la réaction circulatoire, et le réflexe thermique qui règle, à l'aide des vaso-moteurs, le débit de chaleur périphérique.

La peau est en outre modifiée en elle-même. Les deux phases de vaso-constriction et de vaso-dilatation l'affectentspécialement, puisque les capillaires cutanés sont les plus directement intéressés ; la peau est successivement pâle, puis rose plus ou moins foncé. Ces mouvements vasculaires facilitent ses fonctions. La transpiration, qui est souvent provoquée, contribue à l'élimination générale. Ces effets sont provoqués au maximum par l'eau froide et l'eau très chaude, à un degré bien moindre par l'eau chaude et l'eau tiède.

Action sur la respiration. — Les fonctions respiratoires sont mises en jeu par réflexe, lorsque l'eau très chaude ou l'eau froide et parfois l'eau simplement chaude sont appliquées dans les régions qui avoisinent la zone thoracique. Le point de départ du réflex:e est plus ou moins éloigné de cette zone, suivant les sujets ; chez certains d'entre eux, le réflexe n'existe pas, même avec des excitations très froides ou très chaudes.

Quand il a lieu, il détermine un arrêt respiratoire, qui échappe à

PARI SE T

beaucoup d'observateurs, parce qu'il est trèscourt (généralement au moment où se produisent le ralentissement du cœur et l'hypertension artérielle passagère), auquel succèdent des mouvements respiratoires rapides, puis de plus en plus lents et profonds (au moment oii le cœur accélère peu à peu ses battements, où l'hypertension artérielle fait place à l'hypotension). Le réflexe respiratoire, dans sa totalité, provoque une augmentation de la ventilation pulmonaire et de la quantité d'oxygène absorbée (environ la moitié ou un tiers en plus). Puis tout rentre peu à peu dans l'état respiratoire habituel chez les sujets normaux.

Action sur l'appareil neuro-musculaire. — Nous n'envisageons pas séparément l'un de l'autre l'appareil musculaire et l'appareil nerveux moteur, car ils sont associés dans une même fonction, bien que constituant des tissus différents, et c'est sur cette fonction que l'hydrothérapie agit. Sur les muscles, d'ailleurs, l'hydrothérapie n'est un excitant que par réflexe, bien qu'elle puisse encore agir autrement par modiflcation des vaisseaux qui irriguent les muscles.

Mais cette action est encore d'ordre neuro-moteur, puisqu'elle a lieu par les vaso-moteurs.

L'action de l'eau sur l'appareil neuro-musculaire strié ne dépasse pas cette action vasculaire indirecte et passive. Sur l'appareil neuromusculaire lisse, il en est autrement : l'eau froide augmente l'excitabilité réflexe et produit des contractions ; l'application prolongée est anesthésique ; on utilise cette action sur les organes abdominaux. L'eau très chaude produit le même effet, du moins en applications courtes; quand l'application est prolongée, l'excitabilité réflexe diminue, et le relâchement des flbres lisses se produit. L'eau chaude et l'eau tiède n'ont pas cette action excitati'ice ; elles possèdent, à un degré d'autant plus élevé que l'eau est plus chaude et que l'application est plus longue, un effet sédatif.

Action générale sur la nutrition. — On conçoit qu'un traitement capable de modifier aussi profondément l'organisme puisse agir sur lanutrition. Outre l'augmentation des échanges respiratoires, déjà signalée, on a constaté en effet dans le sang l'augmentation du nombre des globules rouges et des globules blancs, de la teneur en hémoglobine, du poids spécifique et de la substance sèche. On a constaté des modifications de l'excrétion urinaire : augmentation des urines, diminution de leur poids spécifique, augmentation de l'élimination des matières azotées et de l'acide urique, augmentation du coefficient urotoxique.

Nous retrouverons ces données à l'étude de l'hydrothérapie dans les maladies de lanutrition. L'ensemble des etfets observés

Page 1