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RÉACTION NERVEUSE

assez long, provoque une anesthésie de la peau, la même que Ton réalise artificiellement dans certains procédés analgésiques (chlorure d'éthyle), et que nous retrouvons aux Applications locales.

Eau très chaude. — L'eau très chaude produit, comme l'eau froide, une excitation très vive de la sensibilité périphérique et détermine à peu près la même série de réflexes. Cependant les effets de Feau froide et ceux de l'eau très chaude ne sont pas exactement superposables; l'eau froide possède à un degré plus complet la propriété toni-sédative.

En application prolongée, l'eau très chaude est également anesthésiante, et la peau arrive à supporter, lorsqu'on l'y soumet progressivement, des températures excessivement élevées, dont elle ne sent plus l'impression douloureuse. C'est cette action anesthésiante sur les nerfs qui explique la diminution de l'excitabilité réflexe que l'on constate expérimentalement sur les nerfs soumis à l'action de la chaleur et, plus pratiquement, sur une grenouille que l'on tient emprisonnée dans la main et qui, au bout d'un certain temps, est beaucoup moins sensible aux excitations réflexes, alors même qu'on lui a rendu sa liberté.

Eau chaude. — L'eau chaude, éprouvant moins la sensibilité, produit sur le système nerveux un elTet beaucoup moins profond, qui se borne le plus souvent à une sensation agréable. Elle est donc peu tonique, mais sédative, à moins que la durée trop longue d'application ne la rende déprimante.

Eau tiède et eau tempérée. — Avec l'eau tiède et l'eau tempérée, il n'y a pas non plus d'excitation; les températures sont trop voisines de la zone neutre pour exciter la sensibilité périphérique. Elles produisent une sensation agréable le plus souvent, un efî'et sédatif général, déprimant si l'application est trop longue, ou bien un léger effet tonique quand la sensibilité extrême du malade fait qu'elles se rapprochent de l'eau froide.

RéactioQ circulatoire. — Les modifications de la circulation par l'hydrothérapie, quelle que soit la température de l'eau, aboutissent en dernier lieu à un même état : la vaso-dilatation, mais en passant, selon les variations de la température de l'eau, par divers états de vaso-constriction, qu'il importe de préciser. Ces modifications sont dues à des réflexes qui partent de la peau et se déterminent sur les nerfs vaso-moteurs.

Eau froide. — Quand l'eau froide atteint la peau, les vaisseaux périphériques se resserrent, la peau pâlit, le cœur ralentit momentanément ses battements, la pression artérielle s'élève; puis, au bout d'un temps relativement court, quelques secondes en général, la peau Physiothérapie. IV. 14

PARI SE T

devient plus colorée qu'avant l'application, grâce au relâchement des vaisseaux périphériques; la pression artérielle s'ahaisse, et le cœur accélère ses hattements.

Avec l'eau froide, il y a donc deux phases : 1° vaso-constriction, hypertension; 2° vàso-dilatation, hypotension; puis, chez les sujets normaux, retour plus ou moins rapide à l'état circulatoire habituel.

Si l'application froide est prolongée, la vaso-constriction dure plus longtemps, la vaso-dilatation est plus longue à se produire. Elle peut ne pas se produire si la durée de l'application dépasse les limites physiologiques, et détermine ainsi un état anormal capable de créer un état pathologique.

Eau très chaude. — Les mêmes phases de vaso-constriction avec hypertension et de vaso-dilatation avec hypotension se reproduisent, la seconde même plus accentuée, se traduisant par une rougeur plus vive de la peau, qui est un effet révulsif.

Eau chaude. — L'eau chaude produit avec une intensité beaucoup moindre les mêmes modifications vasculaires ; mais la première phase est très courte, peut même ne pas exister, et la seconde est moins intense.

Eau tiède et eau tempérée. — A ces températures, il n'y a pas, ou à peu près pas de modifications vasculaires, du moins chez les sujets normaux. Lorsque l'excitabilité des vaso-moteurs est très grande, il peut se produire avec l'eau tiède ou l'eau tempérée une certaine vaso-constriction, suivie de vaso-dilatation.

Réaction thermique. — Les modifications apportées à la régularisation de la chaleur animale par les applications d'eau sont conditionnées par les modifications que subit la circulation.

Eau froide. — La vaso-constriction produite par le contact de l'eau est un réflexe de défense destiné à diminuer la déperdition de chaleur, en modifiant la répartition de la masse sanguine qui en est chargée pour la concentrer vers les parties profondes. Puis il y a surproduction de chaleur interne, et, lorsque l'application froide n'est pas trop prolongée, rayonnement de cette chaleur du centre à la périphérie à faide de cette même masse sanguine, que la phase de vaso-dilatation répartit abondamment loin des centres. Quand l'application d'eau froide est prolongée, la vaso-constriction se maintient plus longtemps ; la vaso-dilatation est moins rapide et moins active ; le refroidissement est plus profond ; le réchauffement, plus lent. Sous des applications trop longues, le réchauffement peut ne pas avoir lieu. C'est un effet à éviter; nous Lavons déjà signalé.

Eau très chaude. — Avec l'eau très chaude, il y a d'abord surproduction de chaleur, bien que le fait puisse sembler paradoxal. Puis

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