ACIDE PHOSPHORIQUE CHAUX
Chez le. porc de 8 mois
Chez le porc de 11 mois 3 jours.
Assimilation en 93 jours, Assimilation par jour. .
Dans cette seconde période, le développement du système osseux a été beaucoup moins rapide que dans les premiers huit mois de l’existence de l’animal.
Or, les 544 kilogrammes de pommes de terre consommées dans ces quatre-vingt-treize jours contenaient :
Acide phosphorique 615?r
Chaux . . 98
Les matières solides ingérées ont pu fournir amplement tout l’acide phosphorique nécessaire au développement du système osseux ; mais l’animal a, fixé dans ses os, 42 grammes de chaux de plus que n’en contenaient les pommes de terre consommées. M. Boussingault a fait voir que ces 42 grammes de chaux, ainsi que toute la chaux contenue dans les excréments, ont été fournis à l’animal par l’eau hue pendant ces quatre-vingt-treize jours.
On voit par ces expériences que les substances salines dissoutes dans l’eau jouent un rôle important dans l’alimentation qui, sans leur concours, serait insuffisante pour fournir les matériaux nécessaires au développement normal et régulier du système osseux. A une époque où l’on s’occupe sérieusement
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du choix dos eaux destinées à l’alimentation des grandes villes, les hygiénistes doivent ne jamais perdre de vue les résultats si remarquables des recherches expérimentales de M. Boussingault.
Origine des matières grasses du corps des animaux. — Dans la séance du 13 février 18431, MM. Dumas, Boussingault et Payen communiquèrent à l’Académie des sciences les résultats de leurs recherches sur l’engraissement. «Les recherches dont nous allons exposer le précis, disaient-ils, tendent à établir que les matières grasses ne se forment cpie dans les plantes ; qu'elles passent toutes formées dans les animaux , et que, là, elles peuvent se brûler immédiatement pour développer la chaleur dont l’animal a besoin, et se fixer, plus ou moins modifiées , dans les tissus pour servir de réserve à la respiration. » Leur mémoire se terminait par les considérations suivantes : « Nous savons parfaitement que la chimie est parvenue à transformer des corps, tels que l’amygdaline , en huile d’amandes amères, acidecyanhydrique, etc. ; nous savons qu’elle a pu convertir la salicine en huile de reine des prés, acide carbonique, etc., et nous croyons que, par de tels dédoublements, dans des circonstances particulières, certaines matières végétales pourraient fournir des corps gras à la chimie; mais jusqu’ici aucun des phénomènes de
1 Comptes rendus de V Académie des sciences. 1845. Tomo XVI. pn£e 345.
CIRCULATION DE LA MATIÈRE
l'économie des animaux supérieurs ne nous a donné lieu de penser que de tels faits fussent de nature à jouer un rôle dans la digestion , dans la formation du chyle , dans la production de leur lait ou dans les phénomènes qui se passent pendant leur engraissement .»
Accueillie avec défiance par les physiologistes, cette théorie si exclusive de l’origine des graisses animales fut combattue avec beaucoup de force par M. Licbig qui déjà avait professé que, dans le corps des animaux, les hydrates de carbone peuvent se transformer en matières grasses.
Dans la séance du 18 septembre 1845, MM. Dumas et Milne Edwards1 communiquèrent à l’Académie des sciences leurs recherches sur la production de la cire des abeilles. — Nourries exclusivement avec du miel dans une ruche fermée, les abeilles avaient travaillé. L’analyse du miel consommé, des abeilles elles-mêmes au commencement et à la lin de l’expérience, et des gâteaux formés par elles, avait fourni les résultats suivants :
La matière grasse préexistante dans le corps
de chaque abeille était de 0sr,0018
La matière grasse, consommé par chaque abeille pendant l'expérience, était de. . 0 ,0038
Or la cire produite, pendant l’expérience,
par chaque abeille, s’élevait à 0sr,0064
Et la matière, contenue dans chaque abeille à la fin de l’expérience, était de. , . . 0 ,0042
Oci’,0056 0sr,0106
1 Comptes rendus de VAcüd . des sciences. 1845, t. XVII, p.55l.
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Dans le cours de Y expérience, chaque abeille avait donc produit 0gr,0106 — 0gr, 0056 =: 0«r,0050 de matière grasse.
De cette mémorable expérience MM. Dumas et Milne Edwards tirèrent la conclusion suivante :
« La production de la cire constitue donc une véritable sécrétion animale ; et, à cet égard, l'opinion des anciens naturalistes et des quelques chimistes modernes, au nombre desquels l’un de nous avait cru devoir se ranger, doit ctre rejetée. La belle observation de Huber, sur la conversion du sucre en cire, se trouve au contraire confirmée, et nous nous estimons heureux d’avoir été les premiers à faire disparaître les doutes qui nous empêchaient d’adopter les résultats de cet habile expérimentateur et les conséquences qui en découlent. »
La conversion des hydrates de carbone en matière grasse dans le corps des animaux était désormais démontrée. Bientôt M. Boussingault1 etM. Persoz2 apportèrent de nouveaux faits à l’appui de ce principe de physiologie. — M. Boussingault a étudié avec beaucoup de soin et de persévérance cette question de l’engraissement3 dans ses recherches sur l’alimentation des bêtes à cornes, des porcs et des oies;
1 Comptes rendus de V Académie dc$ sciences . 1845. Tome XX, page 1720.
- Même recueil. 1845. Tome XXI, page 20.
5 Economie rurale. 2e édition. Paris, 1851. Tome II, pages 528,
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il a montré qu’outre les matières saccharoïdes et amylacées, les éléments alimentaires albuminoïdes peuvent aussi être transformés en graisse ; il a formulé ainsi qu’il suit les conclusions de ses importants travaux1 :
« Cette expérience montre avec quelle facilité est assimilée la graisse d’une ration complète, et s’il est incontestable qu’un régime suffisant azoté, bien que dépourvu de matières grasses, engraisse néanmoins les animaux qui le consomment : on doit aussi convenir que la nourriture propre à l’engraissement le plus rapide et le plus prononcé est précisément celle dans laquelle une dose convenable de substances albuminoïdes est réunie à la plus forte proportion de principes gras. Quant à la graisse développée dans les animaux nourris avec des aliments qui n’en renferment qu’une quantité minime, il faut nécessairement rattribuer, soit aux matières azotées , soit à l'amidon ou au sucre. Cependant, quand on considère que ces aliments sont alors constamment riches en principes albuminoïdes, et que le carbone de ces principes est toujours supérieur au carbone de la graisse développée, on est porté à leur attribuer l’origine de cette graisse. 11 me serait facile de signaler plusieurs régimes engraissants, dans lesquels l’albumine, le caséum, la légumine semblent jouer le rôle
1 Loco citatü. Tome II, page 010.
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de corps gras, et je 11e connais pas une seule ration employée en pratique, dans laquelle l’amidon ou le sucre soient unis à une faible proportion de ces mêmes substances. Lorsque, dans un régime d’engraissement, les matières azotées ne surabondent pas , on peut être certain d'y trouver la graisse toute formée. Ces observations paraissent encore corroborées parla facilité avec laquelle les substances azotées des aliments se modifient en acides gras. Ainsi M. Wurtz a reconnu que. sous l’influence des alcalis et de la chaleur ou par suite d’une altération spontanée, l’albumine donne naissance à de l’acide butyrique. En répétant sur l’albumine extraite du maïs les expériences de M. Wurtz, j’ai obtenu en effet un acide volatil dont l’odeur a la plus grande analogie avec celle de l’acide butyrique. — Au reste, tous les faits recueillis sur l’engraissement des animaux paraissent s’accorder pour assigner aux substances alimentaires azotées la faculté de développer la graisse, en remplaçant en quelque sorte les matières grasses de la nutrition. »