ARTICLE PREMIER
Dans les conditions normales de leur développement et de leur existence, tous les animaux ont et conservent une température supérieure à celle du milieu, air ou eau, dans lequel ils vivent; quelle que soit leur place dans l’échelle des êtres, ils jouissent tous, mais à des degrés divers, de la faculté de produire incessamment de la chaleur.
Les animaux supérieurs, mammifères et oiseaux, ceux que, de tout temps, les naturalistes ont désignés par la dénomination d’animaux à sang chaud , résistent avec une telle énergie aux influences extérieures, qu’ils maintiennent leur température sensiblement constante sous toutes les latitudes et dans tous les climats. Dans leur voyage d’exploration aux régions polaires, le capitaine Parry et le capitaine Back ont constaté que des mammifères et des oiseaux peuvent maintenir leur température propre à 60 et même 79 degrés au-dessus de celle de l’atmosphère.
L’homme peut aussi braver les froids les plus excessifs sans que sa température propre soit notablement modifiée; il résulte des observations de J. Davy que la température des matelots ne s’élève
pas de plus de un degré, lorsque des climats froids de l’Europe septentrionale ils passent aux régions les plus chaudes de la zone intertropicale. — Ajoutons que la puissance de calorification des oiseaux est notablement supérieure à celle des mammifères; tandis que, suivant les familles et les espèces, la température propre des premiers varie entre 39°, 44 et 43°, 90, celle des seconds est comprise entre 35°, 50 et 40°, 50. — La résistance aux causes extérieures de refroidissement est un des caractères les plus remarquables des animaux des deux premières classes et leur donne la faculté de jouir de la plénitude de leur activité dans toutes les saisons de l’année et sous tous les climats. En mettant de côté les hibernants qui, au point de vue de la calorification, se rapprochent beaucoup des animaux inférieurs, les mammifères et les oiseaux méritent la désignation d’animaux à température constante. Les tableaux suivants, dont les éléments sont empruntés aux principaux observateurs qui se sont occupés de recherches de cette nature, en même temps qu’ils servent de justification à nos propositions générales, donnent une juste idée de l’étendue et de l’importance des variations individuelles de la température des animaux.
CIRCULATION DE LA FORCE