‹ Physique céleste contenant Le système du mondeChapitre 109 sur 259 · A — L = 10T; 2TA · texte numérisé non relu

A — L = 10T; 2TA

2»A-L=iA6T

Ces trois valeurs de T indiquent qu’il y a des nébuleuses annulaires imperceptibles à cause de l’obliquité du plan de la meule. En cherchant ces résultats non pas divergents, j’ai vonlu initier le lecteur à toutes les investigations auxquelles je me livre pour contrôler les faits obtenus par les observations avec les résultats obtenus par le calcul basé sur le mode de la production des faits au moyen de la loi physique, loi qui ne souffre pas l’emploi des hypothèses et qui préserve l’observateur de toute erreur.

2* Nébuleuses poseidoniennes à iras ou à noyaux périphériques.

§ 217. Grâce au grand télescope, il devint visible que le noyau périphérique t/ (fig. 27) se présente dans les télescopes habituels sous deux aspects différents : V dans quelques nébuleuses poseidoniennes on le voit comme un ou deux noyaux périphériques, et 2° dans les autres il est vu comme un arc; cependant cet arc était considéré comme deux bras qui se touchent ou comme un seul bras lorsqu’il ne touche l’anneau qu’en un seul point.

Ces deux aspects ne sont qu’un effet de la perspective : 1» les nébuleuses poseidoniennes O (fig. 26) paraissent avec un ou deux bras lorsque la meule est vue de face ; 2° mais lorsqu’elles sont vues obliquement, elles présentent un grand

COfi CHAT. IV. — DES NÉBULEUSES PLANÉTAIRES

nombre d’aspccls lesquels se distinguent en deux classes : 1° suivant l’obliquité de la meule, et 2* suivant la position de l'observateur qui peut être dans les prolongements des lignes eh', gf ou dans une position intermédiaire quelconque.

1° Supposons l’observateur dans la direction transversale gf, il verra séparément le noyau O' (ûg. 27) qui correspond à O (ûg. 26), et séparément le noyau c' (fig. 27) qui correspond à l’arc feg (fig. 26).

2° Si l’observateur étant dans le prolongement de la dimension longitudinale eh', se trouve du côté de e, il verra sc projeter l’arc feg sur le noyau O; si, au contraire, l’observateur est du côté de h', il verra se projeter le noyau O sur le milieu de l’arc en e. C’est en semblables positions qu’apparaissent dans les télescopes habituels en / et en g deux noyaux latéraux o et c (fig. 31).

3° Que l’observateur se trouve enfin dans une position par laquelle passent les prolongements des lignes entre celle eh longitudinale et celle fg transversale, les aspects de la meule éprouveront des changements correspondant à la perspective, en admettant en tous les cas une certaine obliquité médiocre de la meule.

Après avoir fait voir que l’apparence observée chez les nébuleuses est produite suivant la loi de la perspective des positions des meules poseidoniennes et de l’observateur, je rapporterai comme exemple un certain nombre de nébuleuses.

§218. I. Nébuleuses poseidoniennes à bras vues sous une faible obliquité. Je laisse au lecteur à déterminer, suivant la loi de la perspective, la position de la meule et de l’arc par la forme apparente des nébuleuses; car ces formes, obtenues dans les télescopes de John Herschel , dilTèrent de celles qui vont être vues dans le grand télescope. Toutefois, le lecteur n’y rencontrera aucune forme qui ne trouve son explication dans l’arc gef de la meule annulaire.

EN FORME DE MEULE

Nébuleuse (1920). La clarté est inégale; il y a du côté boréal une partie plus claire, mais qui n’est pas nettement séparée; Lamont n’y a pas aperçu de points lumineux.

Nébuleuse (2047). La clarté est inégale, mais ne peut être mesurée.

Nébuleuse (2241). La clarté est plus grande à la périphérie qu’au centre; cependant du côté boréal la clarté périphérique est inférieure (il y manque l’arc). Il pouvait y avoir eu un déplacement de la nébuleuse de 6" en 50 ans.

Nébuleuse (854). La forme est allongée; la nébuleuse possède un noyau et un arc ou deux bras de 12" de longueur chacun ; le diamètre de la meule est de 28"; elle est irrésoluble.

Nébuleuse (2037). Du côté du sud plus lumineuse; il y a au bord un noyau ; elle est résoluble.

Nébuleuse (2098). L’anneau périphérique est, du côté du nord, plus large et plus clair que du côté du sud; dans l’intérieur se montre un filet nébuleux qui passe par le milieu. Tout près du bord du sud passe un filet mince nébuleux parallèle à la périphérie; en s’étendant, il forme un arc de 45 degrés. Le grand axe, de 24", 5, va de l’est à l’ouest; le petit axe, de 18", 3, va du nord au sud. C’est donc ainsi que l’arc, étant au nord, se projette pour produire le filet nébuleux qui passe au delà du bord du sud, tandis que le filet qui se voit au milieu de la nébuleuse est la projection du bord boréal de l’anneau.

Nébuleuse (2060). La meule annulaire, vue obliquement, se présente sous forme d’ellipse, divisée par le petit axe en deux parties égales ; le grand axe passe par le *‘8' 3I' noyau et par l’anneau sans diviser l’ellipse en deux

/a moitiés égales.

Nébuleuse (2008). La forme de l’oméga (fig. 31) résulte de la courbure dudit arc ce; à l’une de ses extrémités o est le noyau central. En a au milieu de l’arc, et du côté opposé « paraissent deux noyaux; l’extrémité d

s’amincit et disparaît. Cette forme singulière résulte d’une nébuleuse dont l'arc poseidonien est vu obliquement. Toutefois, ces détails peuvent se présenter différemment dans le grand télescope.

§ 219. II. Nébuleuses poseidoniennes & deux

noyaux. On a fait voir, dans la nébuleuse (2098), l'apparition de tous les détails de la meule et de l’arc lorsque l’observateur est dans la direction longitudinale du côté de l’arc; ici, l’apparition du noyau central reste la môme lorsque l’observateur est dans la direction transversale de l’un ou de l’autre côté de l’arc ; mais c’est 1° un noyau périphérique c (fig. 29) qui apparaît aux deux nœuds gyf entre l’arc e (fig. 26) et 2° le noyau central c'. Il arrive rarement que ces nœuds se projettent assez loin l’un de l’autre pour qu’ils se montrent chacun séparément comme deux noyaux isolés des deux côtés du noyau central, comme figure 31.

Nébuleuse (1 202). La dimension de 3' do la meule est très-grande; elle indiqua une projection diagonale; au milieu parait un noyau, et un autre apparaît dans la périphérie : il en résulte ainsi la forme d’une poire, ayant le noyau faible du côté de la queue.

Nébuleuse (604). Comme la précédente, le faible noyau, à peine perceptible, est presque eu dehors de la périphérie.

Nébuleuse (1146). On y aperçoit deux noyaux faibles et égaux périphériques qui s'unissent avec l’anneau nébulaire. Ces deux rayons correspondent aux deux nœuds de l’arc. Le diamètre de la meule est de 50''.

Nébuleuse (444). Les deux noyaux sont égaux; de leur forme allongée, on peut juger que ces deux nœuds coïncident pour produire le noyau périphérique éloigné de 30" du noyau central. Cette distance correspond à celle qui, à l’avenir, séparera le soleil de son Poséidon.

Nébuleuse (2197). Les deux noyaux se voient séparés par un espace sombre ; le noyau de sud est un peu plus faible, mais d’égale grandeur que le noyau central.

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EN FORME DE MEULE

Nébuleuse (1 408). Ce sont deux nébuleuses de grandeurs et de clartés différentes, la plus faible, de forme ovale, sans apparence de noyau ; l'autre, plus claire, ronde, possède un noyau ; les deux sont en communication par un filet de nuée. Le diamètre de la plus grande nébuleuse est de 90". La distance de 3' 30'' entre les deux nébuleuses indique qu’elles ne font pas partie d’un môme système , et le filet de nuée est un bras de la nébuleuse la moins éloignée.

§ 220. III. Résumé. Les nébuleuses planétaires de la deuxième classe se distinguent de celles de la première par l’arc ou le bras poseidonien, dont la courbure et la longueur diminuent graduellement pendant un espace de temps trèslong; car cette longue durée est la cause du grand nombre de nébuleuses à bras et à deux ou à trois noyaux.

1® Les détails des nébuleuses; 2e le mode de la production du mouvement orbiculaire des corps périphériques par la rotation du corps central , et 3° l’impossibilité d’appliquer la loi de Bode à la distance entre Neptune et le Soleil, sont des faits en apparence de naturo très-différente, et cependant ils résultent d’une origine commune. A moins d’étre guidé par la loi physique, qui conduit tout naturellement aux faits , il est absolument impossible que l’on y parvienne au moyen des raisonnements logiques.

Nébuleuses colorées. W. Herschel a reconnu chez les étoiles nébuleuses l’existence de nuées non lumineuses, qui deviennent visibles à la lumière des étoiles, de même que les nuages deviennent visibles dans l’atmosphère par la lumière du Soleil, de la Lune ou des étoiles. Dunlop observa un groupe do points lumineux bleuâtres occupant 3 minutes 1 / 2 de diamètre ; il observa aussi un amas confus d’une matière rayonnante comme celle des nébuleuses irrésolubles, mais dont la teinte est bleuâtre. Ces faits prouvent, 1* que ces milliers de points bleuâtres ne sont pas autant d’étoiles à lumière propre et d’égale grandeur ; 2° de môme qu’il n’existe pas une matière bleue de

nébulosité, mais que les dimensions des météoros sont dans un cas plus grandes que dans l’autre, ou que les dimensions des météores étant égales, les gros apparents sont moins éloignés que les moins gros de la Terre.

C. Du MODE DE LA PRODUCTION DE LA FORME D'ELLIPSE ET DE LA FORME PERFORÉE DONT LES NÉBULEUSES OFFRENT PARFOIS L'APPARENCE.

§ 221. Entre les nébuleuses de cette classe et celles des deux classes précédentes, la différence est plutôt apparente que réelle; car cette différence correspond perspectivement aux distances angulaires T produites par l’éloignement de l’axe A de la meule du rayon visuel R dirigé an centre de cette meule. 1° L’angle T est de 0* dans le cas exceptionnel où l’axe A de la meule coïncide avec le rayon visuel R : en ce cas, la meule étant vue de face a la forme circulaire. La surface S est occupée par un nombre N de météores, séparés entre eux par l’intervalle X; 2° Cet angle T devient de 90° également dans le cas exceptionnel où le rayon visuel R est perpendiculaire à l’axe A de la meule ; ainsi la nébuleuse est vue de profil sous forme d’un filet de nuée de surface s occupée par un nombre n de météores de forme ovalaire, comme le sont ceux qui occupent la surface circulaire S. Entre ces deux positions extrêmes de la meule sont comprises celles observées dans les nébuleuses dont l’apparence se trouve dans les rapports S : s = X : X' avec les dimensions de la meule et avec la grandeur des intervalles qui séparent les météores les uns des autres.

Si la nébuleuse annulaire O (fig. 26) est vue obliquement, la dimension transversale qui est son diamètre reste invariable; elle est le grand axe 2<i de l’ellipse dont le petit axe 2ô est toujours 2cosI\ La surface S de la meule diminue dans la forme d’ellipse, tandis que persiste le nombre N de météores, lesquels deviennent séparés par des intervalles X' indiqués daus la proportiou S : s — }. : X'.

F..\ FORME DE MEULE

Il est bien établi dans le grand télescope que les nébuleuses elliptiques sont moins facilement résolubles que les nébuleuses circulaires; on n’a pas même manqué de reconnaître pour cause de ce fait une position particulière de l’objet, et cependant on s’est arrêté là, car, étant guidé ou plutôt égaré par l’hypothèse d’une attraction entre les molécules, il était impossible qu’on parvînt à reconnaître la forme de meule commune à toutes les nébuleuses planétaires, et la forme d’ellipse provenant de celle du cercle comme cause physique de la diminution des intervalles à entre les météores, pour devenir X', d’où résulte l’état irrésoluble des nébuleuses.

Les meules étant vues obliquement ont des angles r compris entre 0° et 90°, les intervalles X sont en raison inverse avec l’angle T; leur diminution X' rend irrésolubles les nébuleuses même dans le grand télescope.

Les nébuleuses circulaires d’un âge avancé sont résolubles et unies; de semblables meules en forme d’ellipse sont d'autant moins résolubles que l’ellipse est plus allongée. On ne distingue aucune trace d’anneaux ni sous leur forme circulaire ni sous leur forme ellipsoïdale.

1* De l’apparition des nébuleuses à un anneau vues obliquement.

228. Les nébuleuses annulaires sous la forme circulaire 1° sont irrésolubles lorsque le nombre des anneaux est de deux, trois ou quatre; 2° elles sont difficilement résolubles si elles n’ont qu’un seul anneau. Vues obliquement, on peut, suivant la loi de la Perspective, 1° connaissant l’angle r déterminer tous les degrés de rapprochement entre le bord de l’anneau et celui du noyau, ou 2® connaissant les degrés de rapprochement entre lesdits bords on peut déterminer l’angle F. Dans le grand nombre de nébuleuses se rencontrent des positions indiquant toutes les grandeurs de l’angle r. Un arrangement des nébuleuses

302 CtMP. IV. — DES NÉBULEUSES PLANÉTAIRES

elliptiques correspondant aux grandeurs des obliquités sert encore une fois à rendre évident, que leur forme réelle est celle d’une meule unie ou d’une meule composée d'un disque entouré d’un ou de plusieurs anneaux.

Considérons d’abord l’anneau BD (fîg. 32) autour du disque AC observé sous trois obliquités T, T -+- 7, T + 7 4- 7' ;

dont 1° l’angle r fait paraître le

H bord S (flg. 33) de l’anneau rapproché du bord du disque sans cependant le toucher; l’anneau et le disque prennent, sous cette obliquité, la forme d’une ellipse où le centre O du disque ne coïncide pas avec celui de l’ellipse bd (2); 2° l’angle r-Hy fait paraîtro le bord *' de l’anneau en contact avec le bord du disque a'c' (3), contact qui s’opère du côté de l’observateur ;

Fi(?. 33. (Ta*! Fi*. 34.

3* l’angle r+ 7 4- y' fait paraître l’autre bord rm (6, fig. 34) du disque en contact avec le bord (3'V", et' de l’anneau, de

EN FORME DE MEULE

sorte qu'on obtient une forme comparable à celle de Saturne.

Bond, astronome de Cambridge, est parvenu à distinguer dans plusieurs nébuleuses trois états produits par les obliquités r + y, r 4- y -4- a, T 4- y + 2«. 1 * Sous l’obliqaité

T-t-y se représente un trou noir ; 2* sous l’obliquité r+y-Ht, est visible un espace obscur en forme de courbe, et 3* sous l’obliquité r+y-4-2a, l’espace est sombre et en forme de ligne. Bond, jusqu’aujourd’hui, ignorait la portée de sa propre découverte, au moyen de laquelle chacun peut se convaincre que les nébuleuses planétaires observées sont des meules composées d’un anneau autour d’un grand disque comme l’est fgh (fig. 26) autour du disque bb ce disque est produit par l’ensemble de sept anneaux dans les sept orbites, et l’anneau fg se trouve dans l’orbite de Poséidon.

§ 229 I. Apparition d’un trou noir excentrique. Dans le cas où l’appareil est observé sous une obliquité r-t-y qui fait se projeter le bord s' (3, fig. 34) de l’anneau sur le bord du disque du côté de l’observateur, l’espace entre le disque O et le bord r' de l’anneau reste vide. Cet espace est donc ce qui apparaît comme un trou noir.

Lorsque pour la première fois Herschcl découvrit dans la chevelure de Bérénice la nébuleuse perforée (1480), il fut d’abord quelque peu étonné en rencontrant un fait en contradiction avec toutes les hypothèses qu’il avait admises en se basant sur l’existence d’une attraction centripète. La nébuleuse paraissait comme N (fig. 26); elle est allongée, avec un noyau dd (3, fig. 34) aussi allongé; ce noyau se voit d’un côté entouré d’un espace noir en forme d’hémiellipse b'r'd'. Lorsque Herschel montra cette nébuleuso singulière à Bagden, celui-ci y trouva une ressemblance avec un oeil noir (vu obliquement).

Herschel admettait la force attractive, cependant il voyait très-fréquemment un grand nombre de faits démentir cette hypothèse; aussi se montra-t-il très-réservé dans sa Cosmo -

gonie. Laplace ignorant la cause de ces réserves d’Herschel, se lança à son tour dans le champ d’hypothèses à la fois incompatibles avec les faits obtenus par les observations , tels que les nébuleuses perforées , et avec les lois connues de la Physique, telles que celle de la fusion des corps solides et de la solidification des liquides et des vapeurs.

Bond trouva également les nébuleuses (464), (2241), avec un trou excentrique, comme on le voit dans la nébuleuse (1486).

§ 230. II. Apparition d’an espace coarbe obscur dans les nébuleuses. Aucun des astronomes avant Bond n’a approfondi les détails des espaces vides, non plus que leur forme et leurs différents degrés d’obscurité. Pour que la courbure a"r"c" (4 , fig. 33) se manifeste , il faut que l’inclinaison ou l’obliquité augmente un peu et devienne r + y + a. A cause du rétrécissement de l’espace vide, sa forme se présente comme une courbe, et obscure, mais non pas noire comme les précédentes. Bond observa cet étal dans les nébuleuses (264), (451), (406), (731), (834), (873), (1225).

231. III. Apparition d’une ligue courbe dans les nébuleuses. Bond vit dans les nébuleuses (882), (1041), (1149), (1509) une ligne sombre, qu’on obtient dans l’appareil en faisant augmenter l’obliquité qui devient alors T 4- y 4- 2* ; le bord du disque a!"c"' s’approche du bord r'" de l’anneau sans le toucher; il y reste un espace de séparation a"'r"'e"' qui se présente comme une ligne sombre mais non tout à fait noire.

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