‹ Physique céleste contenant Le système du mondeChapitre 128 sur 259 · I. Étoiles à éclat décroissant. L’an 276 avant · texte numérisé non relu

I. Étoiles à éclat décroissant. L’an 276 avant

notre ère, Eratosthène disait en parlant des étoiles du Scorpion : • t

« Elles sont précédées par la plus belle de toutes, l’étoile de la Serre Boréale. » Or maintenant la Serre Boréale est moins brillante que la Serre Australe et surtout qu’Antarés; mais celte différence a pu être produite par l’accroissement des autres étoiles.

a de la Grande Ourse. Du temps de Flamsteed l’étoile était de première à deuxième grandeur : elle est actuellement plus faible.

Flamsteed marquait les deux premières de l’Hydre femelle comme de quatrième grandeur ; Herschel ne les trouvait plus que de huitième à neuvième grandeur.

P du Lion. Du temps de Bayer, elle était marquée comme de deuxième grandeur, maintenant on la marquerait de troisième au plus.

« du Dragon est marquée par Bayer comme de deuxième grandeur; maintenant on la marquerait de troisième au plus.

Hipparque en critiquant Aratus disait ; « L’étoile du pied de devant du Bélier est belle et remarquable. «Actuellement celle étoile est de quatrième grandeur.

II. .Étoiles devenues invisibles. On disait que la septième des Pléiades disparût à l’époque de la prise de Troie. Hevelius parle de cinq étoiles qui disparurent de son temps. Herschel trouvait le nombre des étoiles devenues invisibles fort considérable; mais cette opinion était

basée sur l’Atlas de Flamsteed ; lorsqu’ensuite il compara cet Atlas avec le Catalogue britannique il reconnut ses erreurs. Le 10 octobre 1781, cet astronome trouva comme étoile rouge la 55 du col d’Hercule, qui était dans le Catalogue de Flamsteed comme une étoile de cinquième grandeur; le 11 avril 1782, six mois après, il l’aperçut de nouveau; le 24 mars 1791 , il n’en restait plus aucune trace. ' ' '

Étoile d’Orion (ih 52m 47* et — 10° 2' 9"). Schmidt vit à Bonne, en janvier 1850, une étoile rouge de 6* grandeur visible à l’œil nu au point indiqué; peu après Hind vit cette étoile. Un an après, en décembre 1850 et en janvier 1851 , l’étoile n’était plus visible pas même dans les plus puissants instruments.

Explication. De même qu’il y a deux causes d’accroissement de l’éclat, de même il y en a deux aussi dont l’une produit le décroissement de l’éclat et même l’invisibilité temporaire et dont l’autre produit une invisibilité qui dure des centaines de siècles. Je laisserai ici de côté les changements périodiques des éclats réguliers ou irréguliers et je ne m’attacherai qu’à rendre évident le mode de la production de l’accroissement permanent des étoiles ou de la disparition de quelques étoiles.

I. Accroissement de l’éclat. Parmi les étoiles à éclat périodique; 1° Les étoiles monoplanètes Hermès sont toutes télescopiques; 2° tandis que parmi les étoiles diplanètes ou hermaphrodites, plusieurs sont visibles pour quelque temps à l’œil nu; enfin 3° un grand nombre des étoiles polyplanètes restent toujours visibles à l’œil nu.

L’accroissement des étoiles monoplanètes ne pouvait pas être observé dans les Hermès et même dans les hermaphrodites qui restent peu de temps visibles à l’œil nu. Un accroissement réel incontestable qui a eu lien est celui de l’étoile voisine de la Grande Ourse. L’étoile était antérieurement composée de 3 ou de 4 planètes et actuellement

«10 CHAP. y. — DE LA FORME OVALAIRE DES ÉTOILES

elle est composée d’une planète de plus. C’est cette addition de rayons nouveaux, qui a fait augmenter l’éclat de l’étoile. Si l’éclat d’Antarès était plus faible au temps d’Eratoslhène, son éclat actuel résulte de l’addition d’une planète qui se dégagea des mét$>res qui l’entouraient il y a vingt siècles.

Ce n’est que très-lentement qu’a lieu ce dégagement des planètes de leurs météores, après qu’elles ont reçu une enveloppe solide de glace transparente. En vingt siècles il y a eu 15 étoiles nouvelles; dans le même espace de temps il y a eu addition de rayons de 120 planètes nouvelles aux rayons des planètes dégagées préalablement de leurs météores. Herscbel mentionne, le 26 février 1796, que l’éclat augmentant graduellement aux étoiles (3 des Gémeaux, (3 de la Baleine, ç du Sagittaire; il n’en est plus fait mention depuis lors. Cependant cela n’empêche pas qu’il n’y ait eu accroissement réel, qui ne s’est interrompu que par suite d’un amas de météores qui disparurent d’autour de quelqu’une de ces planètes, et les rayons de celles-ci restèrent constamment ajoutés aux rayons des planètes précédentes pour rendre Iesdites étoiles plus lumineuses ainsi que l’est devenu celle observée chez les Arabes.

S’il n’existait pas de pareils accroissements d’éclat, on manquerait d’exemples du mode de la disparition des né.7 buleuses planétaires, qui ne s’anéantissent pas, mais il s’opère un établissement d’équilibre parmi les molécules de masse brûlante de chaque jet. D’après celte cause physique la masse de chaque jet prend une enveloppe solide, se sépare des météores; ceux-ci deviennent invisibles, car les rayons de la masse brûlante ne les éclairent plus; ces rayons arrivent directement à l’œil après avoir traversé l’enveloppe solide de glace transparente.

II. Mode de la disparition totale des étoiles. Comme exemple de disparition incontestable des étoiles

je cite : 1* celle qu’observa [Ierschel le 10 octobre 4781 et le 1 4 avril 1 782, et 2“ celle observée par Schmidt et par Hind en janvier 1850. Herschel admetlait l’étoile rouge de cinquième grandeur comme déjà connue de Flamsteed, tandis que Schmidt, Uind et9les autres astronomes savaient bien qu’il n’existait antérieurement aucune étoile visible au point où apparut l’étoile rouge qui devint invisible en quelques mois. En admettant que Schmidt ne vit pas l’étoile le même jour qu’elle se manifesta, sa durée totale ne pouvait être que d’un an environ. La disparition rapide de l’étoile rouge observée par Herschel prouve suffisamment qu’elle ne différait pas de celle de 1850, laquelle était également rouge et visible à l’œil nu.

Lorsque était encore inconnue l’oxistence d’étoiles périodiques et l’existence d’étoiles nouvelles de sixième et même de cinquième grandeur différentes des étoiles nouvelles de grandeur de Vénus, il était impossible de se rendre compte de l’espèce des étoiles disparues. Ce n’est qu’au moyen de l’étoile de 1850 qu’est prouvée l’identité de l’espèce de celte étoile et de celle de 1 781 observée par Herschel.

Ce qui est moins incontestable c’est qu’Herschel ait vu disparaître l’étoile 55 d’Qercule placée sur le col de la figure ayant cinquième grandeur, cas qui n’exclut pas celui de l’étoile de 1850, car au point indiqué il pouvait avoir existé une étoile invisible et faible.

De même que les deux étoiles de 1572 et de 1604, les deux étoiles de 1781 et de 1850 sont des étoiles nouvelles; 4° les deux précédentes sont des jets de masse brûlante pâteuse expulsés des soleils. 2° Les deux postérieures sont des jets de masse brûlante expulsés des planètes. La vapeur opaque produite en un an des molécules superficielles de la masse brûlante intercepte la propagation rectiligne des rayons, de même que les nuages épais interoepteulles rayons du Soleil, et c’est ainsi que disparaissent non -seulement

les jets de masse brûlante mais en môme temps le soleil ou la planète dont les jets sont expulsés.

En admettant l’existence réelle de l’étoile 55 d’Hercule et un manque d’observation le 10 octobre 1781 et le 11 avril 1782 Herschel faisant l’observation du 24 mars

1781 aurait dû déclarer la disparition de l’étoile indiquée dans le Catalogue de Flamsteed, de môme que lui et plusieurs autres astronomes se convainquirent suffisaihment que plusieurs étoiles bien connues sont devenues invisibles. Ce sont les observations du 10 octobre 1791 et du 11 avril

1782 qui prouvent le mode de la disparition, ou mieux ces faits d’observation s’arrangent ici avec ceux dont est composée la longue série de la Cosmogonie, où tous les faits sont liés entre eux par la loi physique de sorte que les précédents sont les causes et les postérieurs les effets.

Résumé. I. Les soleils lipoplanètes expulsent neuf jets de masse brûlante, sur lesquels huit deviennent huit planètes, et un rebrousse chemin et rend invisible le soleil.

II. Les planètes lipodoryphores expulsent un nombre de jets de masse brûlante dont l’un rebrousse chemin pour tomber sur l’enveloppe de la planète et la rendre invisible ; les autres deviennent des doryphores lumineux.

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