IX. — DES HYPOTHÈSES DES ASTRONOMES SUR LES ÉCLATS PÉRIODIQUES
DES ÉTOILES
§ 597. Pour initier les lecteurs à l’état primitif de la physique céleste, j’expose en abrégé les hypothèses logiques inventées pour expliquer en gros détails les faits obtenus par les observations d’étoiles à éclats périodiques.
I. Dans une monographie publiée en 1667, Boulliaud fait de o de la Baleine un globe doué d'un mouvement de ro-
tation régulier et continuel autour do l’un des diamètres; le globe est obscur sur la plus grande partie de sa surface et lumineux dans le reste. Le môme astronome croyait qu’il suQisait de satisfaire à toutes les conditions des phases connues alors sans faire ancune mention dn mode de la production de la couleur rouge. Les faits qui résultent de la forme ovalaire ont donc été attribués à des parties de surface obscure à d’autres de surface. lumineuse; la durée de la révolution de la planète autour de son soleil a été attribuée à celle d’un tour qu’il ferait autour de sou axe. Pour faire résulter dans chaque période des successions différentes des éclats, Bouillaud devait admettre des changements continuels de successions des diamètres qui servent d’axe ; et cela parce qu’il ignorait que o de la Baleine est composée d’Aphrodite et d’Hermès.
II. Pour éviter la longue durée des jours et les changements des axes, d’autres astronomes ont supposé immobile l’étoile douée des corps périphériques obscurs comme cela a lieu daus notre système. L’interposition de corps obscurs entre la Terre et le corps lumineux produit donc tous les changements irréguliers des éclats observés.
Pour rendre compte de tous les faits observés, il faut admettre qu’il n’y a autour de l’étoile lumineuse que deux planètes obscures, dont l’extérieure termine 88 révolutions en un temps T et dont l’intérieur en termine 224. Ainsi on est conduit à reconnaître par les durées des périodes des éclats, celles des révolutions des planètes, comme cela est établi ici sur une échelle plus étendue, en comprenant en môme temps le mode de la production de la couleur rouge.
III. Maupertius croyait qu’il y a des étoiles très-aplaties ou semblables à des meules, et qui, circulant autour de leur corps central, se présentent à nous tantôt par leur tranche et tantôt par leur large surface.
Cette hypothèse rend compte des passages presque subits, d’un éclat extrême à l’autre; il faut cependant admet-
hih CBAP. T. — DE LA FORME OVALAIRE DES ÉTOILES
tre la rotalion non pas autour de Taxe de la meule mais autour de l’un de ses diamètres qui est presque perpendiculaire au rayon visuel. Au lieu d’un mouvement de rotation durant de très-longs jours, on peut admettre que le corps lumineux circule autour d’un corps invisible. Dans cette hypothèse il faut admettre comme dans la précédente, deux planètes lumineuses, pour se rendre compte de toutes les anomalies des éclats observés dans o de la Baleine.
IV. Hind voulut donner à la fois l’explication du mode de la production d’une périodicité des éclats et de la couleur rouge ; cet astronome admet des brouillards circulant en densités différentes autour des corps lumineux.
L’existence des corps obscurs dans l'espace est incontestable; cependant il n’en résulte pas que ces corps soient un brouillard, et même, en concédant ce point, les couleurs ne résultent pas dans l’atmosphère des brouillards, mais toujours des réfractions des rayons dans leur passage oblique par la couche de l’atmosphère. Plusieurs étoiles doubles ont des couleurs tout à fait différentes. Les amas de brouillard qui circulent autour de o de la Baleine doivent être au nombre de deux, dont l’un doit terminer 88 circulations dans le même espace de temps que l’autre en termine 224.
V. Maedler ignorait que le mouvement des étoiles fixes résultât de l’angle i de l’inclinaison du plan de leur orbite sur celui de l’orbite du Soleil (§ 101); pour cette raison, il admettait l’existence d’étoiles avançant vers le Soleil. En partant d’une telle hypothèse, il trouve que l’étoile du maximum de vitesse mettra 14000 ans pour s’approcher autant qu’il est nécessaire pour obtenir un éclat double de celui qu’elle possède actuellement. Au contraire, l’éclat serait réduit à la moitié si l’étoile s'éloignait du Soleil.
Chacune de ces hypothèses a ôté déduite dans l’intelligence des auteurs par les combinaisons du nombre des faite qui leur étaient connus ; aucune d’elles n’exclut les au-
très, car aucune n’est le résultat de la loi physique, laquelle régit le mode de la production des faits.
I. 11 y a des périodes de durées invariables et d’autres de durées variables : 1° les durées invariables des périodes résultent de la révolution de trois jours environ du premier doryphore d’un système de satellites, ou de la révolution de quatre à dix mois d’une planète Hermàs; 2* Les durées variables des périodes résultent de la révolution des deux ou trois satellites de Zeus qui se termine en une ou deux semaines, ou elles résultent de la révolution de dix à vingt mois d’une Aphrodite qui est toujours accompagnée d’un Hermès ; 3“ si l’étoile est un polydoryphore ou une polypla nèto, les durées des périodes ne 6ont pas bien déterminées •’ on n’y observe que des changements d’éclats en apparence irréguliers.
II. Dans les périodes des durées invariables, les amplitudes sont médiocres chez les monodoryphores, et grandes chez les didoryphores de Zeus les monoplanètes et les diplanètes; elles diminuent avec la multiplication du nombre des satellites ou des planètes dont l’étoile est composée. En cas pareil , la durée des périodes des polydoryphores croit et s’élève presqu’à sept mois ; de même la durée des périodes des polyplanètes croît et s’élève à cinq siècles environ.
III. Il y a périodicité des durées' des périodes des monodoryphores, périodicité qui correspond à la révolution de la planète invisible. Il y a périodicité des successions des degrés des éclats des hermaphrodites, périodicité qui correspond aux positions d’Hermès et d’Aprhodite; sa durée T est le produit de la durée t de la période d’Aphrodite 88 fois ou T = 88 t.
§ 598. Question. Comment se fait-il que les nombreux faits nouveaux contenus dans cet ouvrage soient restés inconnus aux astronomes?
Réponse. Cela vient de ce que, pour être vraiment un astronome, on devrait s'occuper uniquement à faire des
observations et chercher à découvrir des faits nouveaux qui restent acquis à la science , tandis que ceux qui voulaient découvrir à toute force quelques liaisons entre ces faits, n’employaient que des combinaisons différentes des faits connus. Les résultats ainsi obtenus étaient bientôt démentis par des découvertes nouvelles. On savait que les faits cosmiques suivent une loi indépendante de l’intelligence de l’homme et de ses raisonnements logiques; cependant on ignorait la voie qui conduit à la découverte de celle loi, voie qui est également conforme aux raisonnements logiques; mais pour parvenir à des raisonnements pareils, il eût fallu préalablement connaître la loi physique.
Si les astronomes, les physiciens, les chimistes, les naturalistes étaient bien imbus de celle vérité, que la seule loi physique régit la production de tous les faits cosmiques, rien ne serait plus raisonnable que de s’occuper à connaître toutes les séries de faits et de chercher à en déduire le mode commun de leur production. Si l’on n’a pas procédé ainsi jusqu’à présent, la cause doit en être attribuée aux règlements prescrits pour l’instruction de la jeunesse, dont l’intelligence ne pouvait que se mouler sur celle de leurs maîtres.
Depuis l’invention des télescopes, les objets célestes se multiplièrent tellement qu’il devint impossible d’embrasser l’observation de toutes les espèces. Parmi les astronomes, les uns croyaient le nombre des faits découverts insuffisants pour en déduire la loi de leur production; les autres croyaient qu’en ramenant les faits observés à des formules mathématiques et connaissant les résultats obtenus par l’observation , il suffit de soumettre ces formules à des combinaisons qui conduisent à des résultats de calculs conformes à ceux obtenus par les observations. Telle est la voie qu’a suivie Laplace; sa Mécanique céleste n’est composée que de faits déjà connus : ce mathématicien présente ces faits en formules algébriques, et les combine de manière à donner
par le calcul un résultat déjà connu par l’observation, et alors le lecteur croit de bonne foi avoir découvert le mode physique de la production des faits.
C’est dans la Physique céleslç qu’est indiquée la seule loi physique, et le lecteur comme l’auteur arrive à son insu à des résultats dont ni lui ni personne n’avaient la moindre idéç : tout est devenu facile à concevoir; l'homme est maintenant en état d’apprendre l’ensemble des sciences qui constitue une seule science , la Pauépistème. Au moyen de la Mécanique céleste , les astronomes n’ajoutent rien au fait de connaissances réelles à celles qu’ils possédaient, tandis qu’ici rien ne reste inexplicable, et chacun , en peu de temps , est initié aux dernières limites physiques de la science.
De même qu’il a fallu qu’on connût les parties du langage et qu’on en tirât la loi loyique qui régit les liaisons des huit parties ou espèces de mots qui forment la grammaire; de même, il a fallu que l’on connût un grand nombre des faits de chaque science pour en pouvoir découvrir la loi physique qui régit les liaisons de toutes les espèces de faits cosmiques et d’où résulte la Panépislème.
De nos jours, l’astronome s’étonne en voyant que le physicien, conduit par une loi inconnue jusqu’à présent, donne aux faits enregistrés un arrangement tel, que les premiers sont les causes et les suivants les effets. Cesl ainsi que Copernic a pu, au moyen d’une loi fort simple, disposer et classer le grand nombre de faits restants enregistrés depuis les premiers astronomes.
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Cf I AP. Vf. — ÉTOILES DOUBLES
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