‹ Physique céleste contenant Le système du mondeChapitre 179 sur 259 · VI. . 52 amas d’étoiles très-denses · texte numérisé non relu

VI. . 52 amas d’étoiles très-denses

Vil 67 amas d’étoiles denses,

VIll 88 amas d’étoiles dispersées.

Les faits ainsi exposés sont incontestables, leur nombre augmenta ; plusieurs détails ont été découverte surtout au moyen du grand télescope et cependant la science n’a pas fait de progrès. Tout changea depuis la découverte de la loi physique et de l’état réel de ces corps mystérieux jusqu’à présent. Avant d’entrer dans les détails, je veux indiquer la cause qui produit les aspects qui servirent de base à la classification indiquée.

Première classe. Les 288 nébuleuses brillantes ne sont pas toutes indigènes; quelques-unes font partie de la Galaxoïde et sont exotiques et irrésolubles; elles se renconlreot exclusivement dans l’hémisphère du Sud, jusqu’à une certaine distance limitée du bord austral de la Diogalaxie.

Deuxième et troisième classe. Les 1 885 nébuleuses faibles et plus faibles irrésolubles sont, de même que le plus grand nombre de la première classe, solifères et planétaires ; elles ne se présentent pas de forme circulaire parce que, I* le plus grand nombre des planétaires conserve encore comme bras ou gros arc l’appendice posséidonienne, et que 2“ le plus grand nombre des solifères se voient allongées. Leur faiblesse provient de ce que les portions de masse brillante sont entourées de météores formant des couches d’épaisseur différente.

Quatrième classe. Le nombre de ces nébuleuses circulaires n’est que de 78. Ce nombre est environ 25 fois inférieur à la somme de i 885 des nombres des deux classe^ précédentes; ce rapport montre clairement qu’il est rare que la position des meules leur permettra d’avoir le prolonge-

ment de leur axe à une très-petite distance de la Terre.

Quant à la forme réelle des autres nébuleuses,. les astronomes s’abstinrent de se prononcer en prenant leur aspect pour base; tandis qu’ils reconnurent avec pleine certitude dans les nébuleuses planétaires la forme sphérique sans que personne y soupçonnât la moindre erreur; toutefois l’éclat se présente dans les unes avec intensité égale dans toute la surface au centre et au bord, et dans les autres il y a un accroissement rapide d’éclat autour du centre et non pas autour du bord.

Celte égale clarté sur une superficie du diamètre de 10" jusqu’à 160" donne une étendue sept fois plus grande au moins que le diamètre de l’orbite de Neptune. Au lieu de reconnaître en ces faits un corps en forme de meule comparable à un système planétaire et non pas à une planète et de renoncer à la forme sphérique, les astronomes cherchèrent à conserver cette forme à tout prix. Longtemps Herschel hésita à reconnaître l’existence de corps de dimensions tellement prodigieuses; il avait nommé étoiles les points lumineux : après avoir commis cette erreur, il fut amené, en voulant la corriger, à en commettre une seconde.

Pour unir la forme sphérique avec l’égalité de clarté observée sur toute la surface, il a fallu admettre que la lumière ne provient pas de toute la profondeur de la sphère, que le rayonnement est purement superficiel, que la matière arrivée à une certaine densité cesse d’être diaphane, car sans cela l’intensité de l’éclat augmenterait avec le nombre des particules matérielles et rayonnantes contenues dans la direction de chaque rayon visuel. Ainsi il devint évident qu’il faut une série d’hypothèses peu admissibles, et l’on ne s’aperçut point qu'une erreur ne peut être rectifiée que par une ou plusieurs autres.

John Herschel, en observant la plus remarquable nébuleuse N (fig. 26), tout près de (3 de la Grande-Ourse, vit la lumière de ce globe parfaitement la même dans toute son

574 CH AP. lit. — CLASSIFICATION DES NEBULEUSES.

étendue de 160" de diamètre; sur les bords on remarquait toutefois un très-iéger affaiblissement. Cette apparence diffère de celle qu’on observerait dans un globe résultant d'une agglomération uniforme d'étoiles, ou dans un pareil globe formé d’une matière lumineuse. Il est évident que dans ces deux cas l'éclat irait en augmentant du bord jusqu’au centre. Donc, pour relier l'égalité d’éclat de toute la superficie, qui est un fait incontestable, avec la forme du corps, Herschel devait considérer le corps sons la forme de meule, et il ne fût pas tombé dans l’erreur; mais en négligeant ce soin, il commit une erreur en admettant la forme sphérique, et pour cette erreur il a fallu en commettre une deuxième : il a dit que la nébuleuse en question est un globe creux, cependant il ne manqua pas de dire que le corps pouvait être uu disque plat circulaire, perpendiculaire au rayon visuel partant de la Terre. En ce dernier cas il suffisait de donner au disque une certaine épaisseur pour arriver à la forme véritable de meule.

Arago tomba dans la première erreur en admettant la forme sphérique pour les nébuleuses planétaires; et dans la seconde, à propos des étoiles nébuleuses a et ade (fig. 50 . en admettant, de même qu’Herschel, l’étoile au centre d'une atmosphère de rayon plusieurs fois plus grand que la distance entre le Soleil et Neptune. Iierschei hésita à admettre que la lumière qui traverse directement l’atmosphère fait apparaître l'étoile et que c’est la lumière réfléchie qui fait , apparaître l’atmosphère. 11 est prouvé ici que l’étoile est vue par sa lumière sans pénétrer par aucune atmosphère; c'est la clarté de la nébuleuse qui s’affaiblit graduellement en s’éloignant du centre, tandis que dans les nébuleuses planétaires la clarté est égale. C’est ainsi qu’Arago chercha à prouver la deuxième erreur, pour en faire ressortir une forme sphérique et une diminution gradaelle de l’éclatdu centre vers le bord.

Nous exposerons ici, suivant Arago, un fait d’optique

CHAI’, lü. — CLASSIFICATION DES NÉBULEUSES. 575

qui a une certaine importance dans les observations astronomiques. Un photocône ayant le sommet au nerf optique et la base toujours en dedans des bords d’un corps lumineux produit un sentiment d’éclat qui ne dépend pas de la distance. Lorsque Arago exposa ce résultat en termes généraux, il ne souleva aucune objection; à cette époque on ignorait que la nébuleuse d’Orion est à une distance presque de moitié moins grande que la Diogalaxie et que celle-ci est à une distance presque de moitié moins grande que la Chroncgalaxie, et cependant il n’y a pas une très-grande différence entre leur clarté : c’est pourquoi on manquait d’exemples pour vérifier sa théorie, cependant très-véritable.

De l’autre part Arago D’ignorait pas que l’effet des télescopes est comparable à celui de rapprochement des corps et de l’augmentation de la quantité de lumière ; celle-ci ne contribue pas à la distinction des détails, au contraire elle lui est nuisible. A une distance comparable à colle de la Chronogalaxie, Sirius même disparaîtrait, et en même temps les plus denses amas d’étoiles comparables à celui des Pléiades.

Je dis qu’Arago, de même qu’Herschel père et fils, ayant admis dans les nébuleuses planétaires la forme sphérique, commit la première erreur, et, par suite, tous les trois devaient nécessairement en commettre une deuxième. Arago préféra voir dans les étoiles nébuleuses une égale clarté partout; mais pour y faire disparaître l’étoile et en faire une nébuleuse sans étoile, il s’engagea dans une série de faits qui ont été exposés ci-dessus séparément pour les nébuleuses et séparément pour les étoiles. Au lieu de rester dans les nébuleuses éclairées de leur propre masse brûlante, Arago attribua le même effet à une lumière réfléchie, car il ignorait que la lumière des nébuleuses n’arrive à nous qu’après avoir subi un accroissement aux foyers des météores.

Pour éviter les discussions, il faut éviter les erreurs :

1* les nébuleuses planétaires sont en forme de meule et quelques-unes sont composées de traînées de masse brûlante l, l' (fig. 27 et 28); 2° Arago a raison en disant que les photocônes conduisent une quantité égale de lumière, mais il eût dû rester conséquent en comparant les corps entre eux et non pas avec des atmosphères éclairées; 3“ John Herschel se trompe en considérant les nébuleuses planétaires comme des globes creux : la forme de disque est leur forme véritable en donnant au disque une certaine épaisseur, et en certains cas il y faut distinguer l'accroissement de l’éclat provenant des intervalles différents des orbites.

Cinquième classe. Les 52 nébuleuses sont très grandes comparativement aux nébuleuses planétaires des quatre classes précédentes d’étendue limitée à 1' ou 2'; quelquesunes de ces nébuleuses ont un diamètre médiocre, et il y en a d’autres dè très-grande étendue; leur caractère commun est d’ôtre toutes irrésolubles et de n’avoir aucune régularité. Certaines taches se terminent nettement, brusquement, vivement d’un côté, tandis que sur le côté opposé elles se fondent dans la lumière du ciel par une dégradation insensible. Il y en a qui projettent au loin de très-longs bras; il en existe dans l’intérieur desquelles s’observeut de grands espaces obscurs. Toutes les figures fantastiques qu’aflèctent les nuages emportés, tourmentés par des vents violents et souvent contraires se trouvent dans certaines régions du firmament.

Les nébuleuses irrésolubles à formes arrondies diffèrent par leur dimension médiocre, et sont toujours des couples qui communiquent au moyen d’un filet mince de nébulosité.

Sixième classe. Le nombre de 42 amas d’étoiles trèsdenses est le plus faible parmi ceux des sept antres classes; cependant ce nombre a été multiplié dans le grand télescope dans lequel ont été décomposées plusieurs des nébuleuses faibles et de6 nébuleuses planétaires. -

Septième et huitième classes. Quantités d’étoiles

réelles plus ou moins voisines ont été comptées parmi les nébuleuses.

§ 383. Résumé. Les nébuleuses de médiocres dimensions de 1", 2* et 3' classe ne sont pas de nature différente de celles des trois classes suivantes de i’’, 5* et 6*.

1° Les nébuleuses de la 4" classe étant de dimensions inférieures ne diffèrent pas de celles de la 5* classe également lumineuses et distribuées de manière à former une Galaxie propre du côté austral par rapport à la Diogalaxie possédant des anses comme en possède celle-ci.

2” Parmi les nébuleuses de la 2e et 3e classe plusieurs sont solifères, de même que celles de -la 6* classe; parmi elles doivent être comprises les étoiles nébuleuses, les étoiles comélaires et les couples d’étoiles symétriquement disposées.

3° Parmi les nébuleuses planétaires plusieurs sont résolubles dans le grand télescope, comme l’est celle située près de eu du Centaure (fig. 30) ; car les anneaux devenus visibles dans son intérieur ne permettent pas de douter qu’il y a un système planétaire. Cette nébuleuse n’étant pas résoluble dans le télescope d’Herschel, cet astronome crut devoir la considérer comme une Galaxie composant un autre système solaire comparable au système de l’Hélioagète, et cela parce qu’une telle nébuleuse serait tout à fait irrésoluble.

Les nébuleuses sont toutes, sans aucune exception, composées d’individus cosmiques; ces individus sont des météores volumineux sans pesanteur sensible, de forme ovalaire avec le sommet du côté de la masse brûlante. Lès ballons servent comme de grosses lentilles, non pas massives, mais non pourtant entièrement vides, lesquelles font se croiser les rayons dans leurs foyers; ce sont donc ces foyers qui sont les points lumineux, les individus cosmiques : car les météores ne sont pas lumineux, comme Herschel même l’a reconnu dans les étoiles d’Orion, lesquelles se présentaient autrefois comme des étoiles nébuleuses et qui, depuis 18t4, se présentent sans trace de nébulosité.

Dans le chapitre suivant est exposé le mode de la multiplication apparente de la lumière, laquelle provenant directement d’une masse brûlante renfermée dans une enveloppe solide la fait apparaître comme une étoile de 9* ou de 8' grandeur ; et dans les cas où la même quantité de lumière n’arrive à l’œil qu’après avoir traversé uue couche de météores, elle fait apparaître des centaines et des milliers d’étoiles de 11* et de 13* grandeur.

il. CLASSIFICATION NATURELLE DES NÉBULEUSES SOLIFÈRES.

§ 384. Après avoir établi que les individus cosmiques composant les nébuleuses sont des corps volumineux sans poids sensible et non pas des étoiles massives, on cessa de considérer comme nébuleuses réelles les étoiles voisines qui se rencontrent 1* dans l’angle gSrj (fig. 41) autour de l’Hélioagète, et 2* dans les régions polaires T, T" de la Galaxie. La masse brûlante composant les nébuleuses solifères ne diffère de celle des nébuleuses planétaires que par la quantité et par le mode de la disposition. Ainsi donc l’état de résolubilité ou d’irrésolubilitc dépend pour les nébuleuses de la quantité de la masse brûlante et de la disposition des météores répandus autour d’elles pour faire passer par la Terre une quantité de rayons venant du foyer des météores.

Dans PAstrogonie il a été indiqué que la masse B,T expulsée de l’intérieur de l’Hélioagète avait une densité correspondante à la pesanteur sur la surface de ce corps central. Sur le jet Bw expulsé la pesauteur locale était des millions de fois inférieure; les molécules matérielles éprouvaient le même degré de poussée répulsive lorsque la masse était dans l’intérieur de l’Hélioagète que lorsqu’elle a été transférée dans l’espace annulaire AIT, il n’y eut de changement que dans la pesanteur locale agissant comme poussée centripète, poussée beaucoup inférieure à celle exercée en

CHAI’, lit. ■*. CLASSIFICATION DES NÉBULEUSES. 579

direction centrifuge produisant l’accroissement du volume des molécules comprimées de l’électre.

Allongement vertical. La masse brûlante pâteuse et visqueuse commença à obéir à In poussée répulsive; son allongement primitif s’opéra vers l’Hélioagète, car de co côté la résistance était moindre. Cet allongement ne cessa que lorsque l’état visqueux de la longue bande croissante parvint à exercer une résistance supérieure à la poussée expansive; ainsi se termina l’allongement vertical.

Allongement longitudinal. La masse du filet de communication ou du syndesme se trouva transférée de la pesanteur vers la masse de ses deux extrémités, dans laquelle augmenta la poussée expansive et commença. un allongement suivant le sens du mouvement orbiculaire.

Allongement transversal. Après que fut terminé l’allongement longitudinal de môme que le vertical, la poussée répulsive augmentait dans les deux masses des extrémités du filet; en ce cas il se présentait une égalité de faible résistance en direction verticale au plan orbiculaire sur lequel ont été opérés les deux allongements précédents.

§ 385. Effets de ces trois espèces d’allongements. 1“ Une portion P de masse brûlante se sépare en denx p, p' par rallongement vertical ; p est la portion supérieure et p' la portion inférieure inégale à la supérieure. Les portions p, p'(fig. 51) et le filet a sont composés de molécules eu équilibre détruit, lesquelles sont soutenues par la pesanteur en déplacement, et il en résulte une production continuelle de météores autour de la masse brûlante. Étant vu perpendiculairement au (ilet, le corps se présente comme deux nébuleuses unies par une mince nébulosité; les corps de forme semblablé sont nommes ici nébuleuses jumelles m,q

2" Chacuue des portions p, p', après avoir obtenu une quantité de masse du cùté du filet, commence à s’allonger longitudinalement pour former deux portions p, p' (fig. 51)

de sorte que chacune des portions p, p' isolée se présente comme nue nébuleuse jumelle.

3“ Les allongements transversaux des deux portions p, p', scindées pour en former quatre a, h, c , d, font apparaître deux filets perpendiculaires sur le filet précédent longitudinal. A cause de la rupture universelle d’équilibre, il y a partout déplacement des molécules, d’où résulte production de météores . Étant vue de face, ce corps se présente sous forme d’une nébuleuse elliptique.

Production des astronéphélies. Ces nébuleuses sont composées de mêmes portions de masse empyrée que les nébuleuses jumelles et les nébuleuses elliptiques.

I. Tant que les molécules de ces masses sont partout en équilibre détruit, , il y a production de météores qui recouvrent la masse brûlante.

II. Après l’établissement de l’équilibre dans toute l’étendue de la masse brûlante, la couche superficielle gèle autour de chacune des deux ou des quatre portions et il se présente quatre étoiles voisines circulant ensemble autour de l’Hélioagète sans avoir conservé la moindre trace de leur liaison : 1* de l’époque e précédente lorsque les deux nébuleuses de portions p, p' se présentaient comme jumelles ou les quatre portions a, b , c, d se présentaient comme une nébuleuse elliptique, et 2" de l’époque e' postérieure lorsque l’équilibre était établi dans l’une des portions de la masse des nébuleuses jumelles et qu’il ne l’était pas dans l’autre portion ; ou lorsque l’équilibre était établi dans les quatre portions transversales des nébuleuses elliptiques et qu’il manquait encore dans la masse du filet longitudinal.

III. C’est donc à cette époque e! postérieure que les corps se trouvent composés d’une portion de masse équilibrée qui se présente en forme d’une étode, et d’une portion de masse non encore réduite à l’etat d’équilibre; c’est pour cela qu’elle se présente sous forme d’une nébuleuse. A une

époque précédente e ce même corps était une nébuleuse jumelle, et il est devenu à une autre époque e' une astroné phélie simple.

Dans les nébuleuses elliptiques à quatre portions transversales l’équilibre s’établit d’abord dans chacune des portions qui deviennent quatre étoiles symétriquement placées à gauche et à droite du Blet longitudinal dont la masse n’a pas eu le temps d’être transférée dans ses deux extrémités des portions p, p' avant leur allongement pour produire les quatre portions transversales a, b , c, d. Ces corps composés de quatre étoiles et d’une nébuleuse sont nommés asironéphélies jumelles.

Grandeur des étoiles des astronéphélies. Les étoiles cométaires, les étoiles nébuleuses et les' couples d’étoiles symétriquement disposées par rapport aux nébuleuses sont de 7", 8e ou 9* grandeur : aucune d’elles n’est variable; ces étoiles diffèrent des points lumineux composant les nébuleuses résolubles, car ceux-ci paraissent être à fort peu près de la même grandeur. James Dunlop observa de Paramatta en Australie, par 11 h 29m 20‘, et par 29" 16' de distance polaire australe, une nébuleuse résoluble de 10' de diamètre dans laquelle trois étoiles rouges et une jaune brillaient avec ce genre particulier de lumière au milieu d’une multitude de points lumineux tous de couleur blanche. Le même astronome vit, par 18b 49” 5* et par 53" 10' de distance polaire, une nébuleuse de 3' \ de diamètre composée tout entière de points lumineux de couleur bleuâtre. J’ai prouvé que la couleur des étoiles est produite par la forme ovalaire de leur enveloppe; habituellement les points lumineux sont incolores; ils ne se présentent colorés que dans le seul cas où la masse brûlante étant réduite en équilibre, a pris la forme ovalaire. Ainsi, il est devenu évident que, dans les cas pareils, les rayons doivent passer d’abord par l’enveloppe solide et puis par la couche des météores. L’éloignement de ceux-ci s’opère postérieurement par leur

mouvement orbiculaire, et c’est alors que disparaît toute trace de leur existence primitive.

§ 386. Multiplication des rayons par les météores. La quantité de rayons des étoiles des nébuleuses les fait apparaître de T à 9' grandeur, dans le cas où l’étoile est encore entourée de météores; c’est la même quantité de rayons qui fait paraître des centaines et des milliers de points occupant un espace plusieurs fois plus grand que celui du système planétaire. En cas pareils il s’opère une subdivision de chaque Blet d’atomes de lumièro en des millions d’autres, devenus non pas des millions de fois moins épais, mais en conservant lu même épaisseur, ce sont les volumes des Blets qui deviennent des millions de fois pins grands par l’accroissement du volume des molécules d’électre comprimées.

En recevant au nerf optique la même quantité d’atomes de lumière dans l’état oii leur électre obtint uu volume des millions de fois pins grand, il y est produit une sensation correspondante à une quantité de lumière supérieure à celle composée du même nombre d’atomes dont le volume des molécules d’éleelre n’éprouva pas une expansion ; ces notions sont nécessaires pour l’explication des faits suivants.

Les nébuleuses solifères so distinguent d’après l’étal d’équilibre ou de non-équilibre d’nne partie des molécules de la masse empyrée, pour apparaître comme nébuleuses uu comme astronéphélies.

A. Nébuleuses rqmféees simples ou jumelles.

§ 387. Lorsque l’ensemble des météores d’une musse présente une continuité do forme quelconque nous «lisons que la nébuleuse est simple , sans entendre par là que le corps ne peut pas être une nébuleuse jumelle vue de profil ou une astronéphélie simple vue du côté de sa base l’étoile

restant invisible. Ainsi dans le nombre N de nébuleuses simples sont compris : 1° les corps composés des masses eucoreen allongements verticaux, longitudinaux ou transversaux, 2' les corps composés de masse dans laquelle n’existent plus d’allongements et dont l’une des portions se trouve déjà composée de molécules où est établi l’équilibre, tandis que dans l’autre portion les molécules se trouvent encore en rupture d’équilibre.

1“ Nébuleuses soit [ères simples.

§ 388. Les nébuleuses solifères habituellement résolubles se présentent sous une grande variété de formes. 11 en existe qui, à la fois très-allongées et très-étroites, pourraient presque être prises pour de simples lignes lumineuses, droites ou serpentantes; d’autres ouvertes en forme d’éventail. Ici les contours n’ont aucune régularité. Dans les nébuleuses la forme plane n’est qu’apparente; les circulaires entre elles sont des sphères et non pas des disques ni des meules, comme le sont les nébuleuses planétaires* Nous avons exposé § 149, la preuve géométrique d’Herschel, qui déduisit cette forme de l'accroissement de l’éclat du bord vers le centre. (Jet accroissement d’éclat s’opère dans les sphères rapidement au bord et lentement au centre; an contraire il s’opère dans les meules lentement au bord et rapidement au centre, à cause de la diminution des intervalles qui séparent les traînées des jets de masse brûlante circulant dans les orbites planétaires ; dans le grand télescope, les points lumineux se présentent égaux en grandeur et en clarté, mais d’une densité supérieure vers le centre, correspondant aux intervalles inférieurs des orbites planétaires, Tels sont les faits qui devaient servir comme preuve de l’existence d’une attraction innée chez les molécules matérielles : les nébuleuses pareilles sont planétaires, et il n’y a nulle part trace de quelque fait provenant d’une attraction.

Les détails des nébuleuses solifères observés dans le grand télescope correspondent, 1” à une ou plusieurs portions de masse brûlante, et 2° à leurs appendices; là où on n’apercevait dans les puissants télescopes qu’un ou plusieurs noyaux de forme d’étoiles plus claires, on distingue dans le grand télescope un amas de points plus lumineux entourés d’autres moins denses et moins lumineux. Les appendices se voient comme des bras ou veines de directions divergentes. Si Herscbel eût eu à sa disposition l’instrument de lord Ross il aurait différemment coordonné les faits indiqués; il aurait renoncé à attribuer les faits ainsi distingués à une force d’attraction; sous ce rapport Arago désapprouvait à tort la conduite de John Herschel, qui sut éviter les erreurs où son père était tombé.

2* Nébuleuses sotiféies jumelles.

§389. J’ai indiqué que la portion de masse brûlante en obéissant à la poussée expansive s’allonge, se divise en deux, puis chacune de celles-ci se divise en deux autres unies d’abord par un filet, lequel se rompt et donne naissance aux deux appendices ; l’existence de ces détails est incontestable; fine reste donc qu’à arranger et à rapporter, comme exemples, quelques-uns des faits de ce genre.

Le diamètre de l’espace qu’occupe la nébuleuse est de 7' à 8'; le nombre de points lumineux visibles surpasse 6,000 : ces points peuvent être bien distingués jusqu’au milieu. Les appendices divergents de masse brûlante apparaissent comme des filets à peine perceptibles; on les distingue mieux vers le sud-est. En coordonnant les points lumineux on en déduit la forme de globe, d’où il résulte que la portion de masse brûlante, après avoir éprouvé un allongement triple ver'ical, longitudinal et transversal, se trouve à l’étal

CHAP. m. — CLASSIFICATION DES NÉBULEUSES. 555

isolé et possédant encoredes restes des trois appendices dont le dernier produit, qui pour cela est le moins rétréci, est dirigé vers le sud-est, les deux autres sont courts. Les 6,000 points lumineux, sont de 10' à 12* grandeur; tous les autres sont plus faibles. Si la poussée répulsive est devenue déjà assez faible, pour ne plus vaincre la résistance même après l’accumulation de la masse des trois appendices, l’équilibre va bientôt s’établir parmi ses molécules et il y aura production d’une euveloppe solide qui fera apparaître la masse brûlante comme une étoile de 8*ou 9 grandeur d’un diamètre angulaire imperceptible et pour cela inférieur à 0',1. Si au contraire la poussée, augmentée par la translation de la masse, dompte la résistance, il y aura un allongement en un sens perpendiculaire à l’appendice dirigé vers le sud-est, et de la même masse résulteront 2, 4 ou 8 étoiles à uue époque assez éloignée, lorsque disparaîtra la nébuleuse actuelle.

L’espace occupé par la nébuleuse est irrégulièrement rond; son diamètre est de </; les points lumineux sont denses au milieu et dans la direction des deux appendices de la masse centrale. L’appendice du côté du Nord prolongé passe par le milieu de la masse; dans cet appendice se présentent 3 à 4 points lumineux de 10* grandeur et un grand nombre de points faibles; cet appendice est le postérieur, le moins rétréci. L’appendice précédent déjà raccourci est perpendiculaire et dirigé à l’est ou au nord-est; son prolongement passe au nord du centre de la masse; cet appendice doit être le reste du filet verlical , le précédent étant ou reste du filet ou du syndesme longitudinal.

Dans l’avenir, les deux appendices actuels se raccourciront; leur masse sera accumulée dans la masse centrale, la poussée répulsive augmentera et elle produira un allongement transversal en directions divergentes perpendicu-

(aires sur le pion qui passe par les deux appendices actuels. Si la poussée répulsive est déjà affaiblie, il s’y établira l’équilibre et une étoile apparaîtra.

L’ensemble des points lumineux se présente comme un amas de grains brillants de sable de plusieurs milles, dont quelques-uns se voient dispersés au bord. L’ensemble (te points lumineux fait connaître qu’ils sont parties intégrantes d’un seul corps sphérique, faisant augmenter la densité des points d’une manière qui indique simplement cette forme, car l’accroissement de la densité est rapide au bord et insensible au milieu. De sorte qu’il est facile de connaître que la nébuleuse est solifère et non pas planétaire.

Des points lumineux il résulte que la masse centrale a un appendice vers le sud-ouest, de sorte que les points lumineux les plus denses sont du côté du nord-est; il y est possible d’y distinguer les points lumineux. Des points moins gros et plus faibles composent la couche inférieure ; des points plus gros se voient dans la surface de cette couche. L’appendice unique indique la tin d’un allongement vertical dans la direction du sud-ouest au nord-est. Si la poussée répulsive est encore considérable, il y aura allongement longitudinal, puis allongement transversal; l’unique portion actuelle en produira quatre qui donneront naissance à quatre étoiles de 8' et 9' grandeur.

La forme de la nébuleuse est allongée; la densité supérieure des points lumineux n’est pas au milieu mais vers le nord-est et l’appendiee vient du sud-ouest; les points lumineux peuvent être aisément distingués. Le seul appendice indique la direction de l’allongement vertical terminé, sans

qu'il y ait quelque indice qui fasse connaître s’il y aura quelqu’un des changements qui doivent avoir lieu dans l’avenir. La région de la densité supérieure des points indique la partie du corps la plus élevée

(1929) ]5h 29“ 9% -f fi» 33’.

La dimension de la nébuleuse n’est que de 2\ d’où il résulte un éloignement considérable ou une masse allongée qui se présente de profil. De l’une ou de l’autre de ces deux causes il résulte que les points lumineux se présentent avec ■une extrême densité. Le manque de détails provenant des appendices fait connaître que la masse brûlante éprouve un allongement qui, prolongé, passe par le voisinage de la Terre. La petitesse des points n’est pas réelle, elle ne résulte pas d’une très-grande distance de la nébuleuse ou d’une petite portion de masse brûlante, mais simplement de la position indiquée de la masse brûlante allongée et présentant à l’observateur terrestre une sorte de précipice allant du sommet vers les borda.

Le diamètre de la nébuleuse n’est que de 80": les points lumineux sont très-denses comme dans la nébuleuse précédente; cependant plusieurs points sont séparables. Aucun détail n’est visible; à une distance de 90" se voit une étoile de 7® grandeur, laquelle ee présente comme étoile nébulense. La masse de la nébuleuse composée encore des molécules en équilibre détruit, formait autrefois un tout avec la masse de ladite étoile et faisait partie intégrante d’une portion supérieure.

Celte nébuleuse est très-brillante, il y a dan» son voisinage peu d’étoiles ; sa forme est arroudie sans étro circu- 4 laire ; son diamètre c.-4 de 12'. La forme sphéroïde de la

masse brûlante fait, par son soulèvement, apparaître l’ensemble des points lumineux du milieu comme une boule de neige. C’est dans les parties extérieures de la nébuleuse éloignées de la région centrale, qu’on distingue environ 300 points lumineux de grandeurs différentes, dispersés, et sans aucune symétrie.

La dimension de 12' et l’absence de forme circulaire résultent d’une position oblique de la bande produite par l’allongement de la masse; c’est le grand soulèvement de cette masse qui donne aux points lumineux du milieu l’apparence d’une boule de neige. De la subdivision de cette masse résulteront dans l’avenir 4 ou 8 portions qui deviendront autant d’étoiles ou de soleils de 7*, 8* ou 9* grandeur.

Cette nébuleuse est brillante, de T à 8' de diamètre; les points lumineux les plus clairs sont de 10* grandeur; les autres plus faibles et de tout degré. Il y a une légère densité vers le milieu sans qu’on y remarque de noyau. L’absence de noyau et d’un arrondissement prouvent que la masse brûlante est allongée et qu’elle est vue obliquement.

Dans un espace du diamètre de 2' à 2' j peuvent être distingués plus de 1000 points lumineux; vers le milieu se trouvent des points tellement denses qu’il n’est plus possible de les voir séparés ; il y a des bras divergents composés de points lumineux denses ; ils s’étendent au delà des limites de 2' ou de 2' *. Les points lumineux sont de 10e à 12” grandeur. L’éclat de l’ensemble des points est d’une telle intensité que John Herschel l’apercevait même lorsque le ciel était assez couvert pour rendre invisible à l’œil nu Arcturus, qui se trouve dans le voisinage de la nébuleuse. Un ciel un peu couvert favorise la distinction des points lumineux.

Explication. Il résulte de la petite longueur du diamètre que la bande de masse brûlante est vue presque de profil. Cette masse s’élève comme une protubérance au milieu, et la grande densité des points lumineux résulte de ce que toute la quantité qui occupe réellement la surface sphéroconique se projette sur la surface de la base de ce cône qui est d’une étendue environ cinq ou six fois moindre.

Ce qu’on nomme bras excédants au delà des limites de la nébuleuse sont des appendices produites par les syndesmes amincis et coupés dans leur milieu ou vers les extrémités. Les molécules de ces appendices étant toujours en équilibre rompu produisent des météores et par suite des points lumineux distribués sur leur surface cylindriqne ou conique pour être de là projetés perspectivement sur une surface plane et paraître ainsi d’une densité supérieure.

La grande clarté des points lumineux résulte toujours d’une distance moins grande; il se produit ainsi un manque de points lumineux plus faibles que ceux de 12’ grandeur, sans cependant pour cela qu’il s’en présente de 9* grandeur qui soient comparables aux étoiles réelles, dont la grandeur s’affaiblit habituellement jusqu’à disparition complète.

Cette nébuleuse est composée au milieu d’une masse d’une clarté presque uniforme; la multitude des faibles points lumineux est innombrable, les plus grands d’entre eux sont de 10* ou 11* degré. Le diamètre de la masse est d’environ 5'; il y a aussi des appendices de longueur médiocre; la forme du corps est irrégulièrement arrondie, il y a en dehors de la nébuleuse des étoiles réelles dispersées. t

590 CHAI*. 1(1. — CLASSIFICATION DKS \KBULEU5ES.

Cette nébuleuse n’est séparée de la précédente que par 1°, elle aussi est plus faible, et cependant également composée d’un très-grand nombre de points lumineux; elle est irrégulièrement arrondie, et la densité des points lumineux n’est pas très -prononcée, de sorte qu’il est possible d'y distinguer les points lumineux dont l’éclat est faible; il n’y en a que 4 à 5 de If* ou 1£* grandeur.

Le manque de grande condensation au milieu de la nébuleuse prouve que la partie de la masse brûlante tournée vers la Terre n’est pas très-soulevée ; cet état correspond également au grand diamètre de la nébuleuse qui est de 10'. La distance de l' qui les sépare de la nébuleuse précédente résulte d’une illusion d’optique, comme cela devient évident même par le faibleéclat de ses points I umineux. La nébnleuse (1558) est de 5' de diamètre, malgré la distance inférieure qui la sépare de la Terre, parce qu’elle est vue obliquement; son prolongement passe dans le voisinage de la Terre, tandis que celui de la nébuleuse (1569) passe à une distance considérable.

Ainsi je suis parvenu à prouver que les allongements des portions de masse brûlante s'opèrent verticalement ce qui e6t le seus du rayon recteur venant de l’Hélioagète ; 2“ longitudinalement suivant les plans parallèles à celui de la Galaxie, et 3° transversalement, ou en directions perpendiculaires sur le plan de la Galaxie.

La forme est presque celle d’une ellipse ; son grand axe, dirigé du nord-est au sud-ouest, est de 4', et le petit de 3'; on peut à peine percevoir la densité des points lumineux vers le milieu, ces points ne sont pas séparables, cependant John Herschel était persuadé que la nébuleuse est résoluble.

De la longueur médiocre, on conclut que le corps est vn tres-obliquement, parce que l’épaisseur réelle de la bande

étant égale au petit axe de 3', sa longueur est plusieurs fois plus grande.

Page 1