‹ Physique céleste contenant Le système du mondeChapitre 181 sur 259 · AT · texte numérisé non relu

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C'est un ensemble brillant de points lumineux composé d’un nombre incalculable de petits points lumineux; ceux qui se laissent distinguer sont de 9‘ à 1 2* grandeur, le diamètre est do 15' sans être bien limité; il y a des appendices qui s’étendent en directions divergentes. Le nombre des points lumineux les plus clairs est d’environ 100; il y a un couple d’étoiles au milieu des points lumineux les plus denses.

Ce corps très-long fait presque un angle droit avec l’angle visuel. De ces allongements transversaux deux seulement sont visibles; à leurs extrémités sont les deux étoiles qui se voient parmi les points lumineux. C’est dans cette seule nébuleuse que parmi les points lumineux, il s’en trouve quelques-uns, qui à cause de leur position paraissent comme ayant la 9' grandeur.

602 ClIAP. 111. — CLASSIFICATION DES NÉBULEUSES.

Ce corps, placé dans le Centaure, est de 2' de diamètre et en forme d’ellipse, près du centre de laquelle John Herschel observa deux étoiles légèrement inégales de 9* à 10* grandeur et distantes l’une de l’autre de 2". Soit C (fig. 54) la nébuleuse, a et b sont les deux étoiles symétriquement placées par rapport au centre de l’ellipse.

Les deux étoiles a b indiquent, par leur position symétrique en rapport avec le centre de la nébuleuse, qu’elles font avec la nébuleuse partie intégrante d’un corps. Ses petites dimensions de 2' et de 2" prouvent qu’il est vu de profil. Les deux étoiles résultèrent des allongements transversaux visibles de la Terre; l’état des deux autres allongemenls ne doit pas différer beaucoup de celui des allongements visibles, la légère différence entre les deux étoiles indique qu’il y a peu de différence entre les deux portions transversales provenant de l’allongement latéral de la portion longitudinale.

C’est au Nord qu’on voit l’étoile la plus faible, et au Sud l’étoile la plus claire ; il y a un filet de nuée de 2' | de longueur et de 20" de largeur qui unit les deux étoiles. Ainsi on voit que toute la masse du filet ne s’accumule pas dans deux portions produites par l’allongement, mais que la pesanteur entraîne une quantité des molécules vers le milieu du filet.

(1499) 12h KO" 57‘, +35* 47'.

Ce corps ne diffère pas du précédent.

3* Astroncphêlics jumelles à deux couples.

§ 394. Des deux portions longitudinales allongées transversalement résultent deux syndesmes p.u! (fig. 53), et quatre portions a, b, c, d. Do la masse brillante, dont les molécules sont réduites en équilibre dans les portions a, b,

c, d, résultèrent quatre étoiles, mais les molécules se trouvant encore en équilibre détruit dans la masse des syndesmes du milieu, elles se déplacent et donnent naissance aux météores qui restent autour de cette masse et font apparaître j’espace comme occupé par une nuée ou de multitude de points lumineux.

Nous voyons fréquemment au ciel des corps composés d’une nébuleuse au milieu, et de quatre corps symétriquement disposés autour d’elle observée en chaque position. Ce genre de faits resta problématique, car par aucun moyen les corps ainsi disposés ne peuvent être arrangés pour être le résultat d’une attraction, et les astronomes ignoraient entièrement l’existence d’une poussée Répulsive avant son origine dans la densité de la masse brûlante1 pâteuse et visqueuse, nommée pour cela Empyrée (ey, en dedans, mip, feu). Les corps suivants servent comme exemples.

Dans le Sagittaire se voit une nébuleuse elliptique dont le grand axe est d’environ 50" . Sur ce grand axe, entre les foyers et les sommets de l’ellipse, se trouvent symétriquement placés deux couples d’étoiles composés chacun de deux étoiles de 1 0' grandeur.

Il a été prouvé qu’il faut une position assez oblique du grand axe, pour faire apparaître les étoiles dans l’intérieur de la nébuleuse, 9ans cependant qu’elles soient trop éloignées des sommets de l’ellipse; car en cas pareil un seul des deux couples devient invisible. Dans tous les cas les étoiles réelles indigènes n’apparaissent pas assez faibles pour être considérées de 10* grandeur; ici cette grandeur exceptionnelle doit être attribuée, au moins pour l’un des couples, à une couche de météores qui se trouve nécessairement lui faire écran ou à un petit reste de météores qui ne seront pas encore éloignés.

60i CHAP. III. — CLASSIFICATION DES NÉBULEUSES.

Struve trouva cette nébuleuse au-dessus de $ de la Petite-Ourse; elle a la forme d’une ellipse, à chaque sommet de laquelle existe un couple composé de deux étoiles d’inégale grandeur.

Il est évident que ce corps ne diffère réellement du précédent que par l’obliquité inférieure du grand axe de l’ellipse qui fait apparaître les deux couples d'étoiles aux deux sommets de l’ellipse, de môme que cela devient plus évident dans les apparitions des corps suivants :

La nébuleuse se présente sous la forme d’une ellipse, et ses axes sont dans le rapport de 3 : 1 ; en prolongeant des deux côtés le grand axe d’une longueur de 1 , on atteint deux couples d’étoiles /, t' (fig. 54); de sorte que ceux-ci sont séparés par une distance de 5.

V Asléronèphélies longitudinales doubles.

Un tel corps se trouve dans la région suivante :

Une étoile claire se voit à l’extrémité Sud d’un filet mince de nuée et une autre étoile moins claire est tout près de l’autre extrémité dù filet ; c’est vers le milieu de ce filet que se voient deux autres étoiles faibles. Lorsque dans l’avenir disparaîtra le filet en produisant deux couples ou quatre autres étoiles, disparaîtra aussi toute trace de connexion, de même que disparurent les traces pareilles de toutes les étoiles.

La position rectiligne des quatre étoiles et du filet sert comme preuve directe d’un allongement de la masse qui compose le filet et les quatre étoiles, masse qui, à une époque précédente, composa un seul corps. Dans l’exposition de l’Astrogonie j’ai considéré les séparations de la masse des

filets opérées dans leur milieu pour en résulter deux appendices. Dans les cas particuliers se présentent des séparations aux extrémités des filets, et les masses des filets deviennent subdivisées par la pesanteur, de sorte, que comme dans ce corps, il résulte d’une même bande deux couples et deux filets.

m. DISCUSSION DES OPINIONS DES ASTRONOMES SUR L'ÉTAT PHYSIQUE DES NÉBULEUSES.

§ 395. Avant Herscbel on ne connaissait qu’une centaine de nébuleuses; les astronomes se bornaient à les décrire sans qu’il vînt à l’idée de personne d’y chercher quelques indices des changements cosmogéniques des corps célestes. Après être parvenu, au moyen de son puissant télescope, à découvrir 2500 nébuleuses ayant toutes quelque différence entre elles, Herschel conçut l’idée de ne pas attribuer ces différences aux différentes distances comme il le croyait d’abord, mais, admettant une continuité et une succession de changements, il considéra l’ensemble des nébuleuses comme les apparences extérieures des arbres d’une forêt, apparences correspondant à l’âge différent de chaque individu.

Cette heureuse idée d’Herschel est comparable à celle de Newton ; elle lui est môme supérieure, parce que, sans les lois de Képler, la réalisation des lois de la pesanteur serait impossible, tandis qn’Herschel lui-même découvrit les 2500 nébuleuses auxquelles il reconnut des âges différents, des individus d’une seule et même famille, de même que les individus composant une forêt représentent les membres d’une famille de chaque âge. Newton parvint à appliquer les lois de la pesanteur aux mouvements existants des corps du système planétaire. Herschel ne réussit pas à arranger les nébuleuses en un ordre correspondant à leur âge.

«06 Cil AP. 111. — CLASSIFICATION DES NEBL’LECSES.

Parmi les astronomes postérieurs, Arago, Slruve, Maedler et d’autres, suivant l’idée d’Herscliel sans changer rien à ses connaissances de la physique céleste, ne réalisèrent aucun progrès; au contraire, en voulant pénétrer dans Implication de quelques détails, ils ont dû introduire des hypothèses qui donnèrent naissance à un système diamétralement opposé. John Herschel, Lamont et d’autres, loin de reconnaître aux nébuleuses des âges différents qui aboutissent à l’état d’étoiles réellfes, conçurent l’idée que l’état actuel du monde doit être considéré comme un état permanent qui est résulté de changements précédents, lesquels ayant été réduits en un certain équilibre, produisirent un état des périodicités des durées trop longues pour être observées.

Cotte hypothèse, conforme à celle des physiciens et des chimistes, interrompit toute espérance de progrès physiques dans les faits ayant rapport aux corps célestes ; une Physique céleste serait pour eux une chimère, les astronomes sont devenus de simples calculateurs ; cherchant à exposer en formules mathématiques très-compliquées les faits obtenus par l’observation; on n’avait qu’à imiter Laplace, sans penser à remplacer la Mécanique céleste par une Physique céleste.

Le fardeau qu’Herschel avait assumé sur lui était trop lourd et dépassait assurément la durée de la vie et l'intelligence humaines. Le même individu qui s’occupe de la découverte d’une série de faits doit nécessairement rester

ignorant par rapport à un grand nombre de faits découverts par les autres observateurs, faits qui paraissent d’abord ne pas être de sa compétence. D’une autre part un auteur postérieur a l’avantage de connaître l’origine des divergences des opinions différentes.

Avant d'exposer les détails j’indique l’ordre chronologique de la succession des âges pour arriver au dernier échelon conduisant aux étoiles proprement dites. Herschel

admettait la matière primitive commo formant la surface d’un vaste globe dans l’intérieur duquel se trouve le Soleil avec le système planétaire. Une telle distribution de matière gazeuse est même indispensable suivant la loi de la gravitation. Sans la Terre la partie de l’atmosphère la plus dense serait dans sa surface, il en résulterait un corps creux pareil à ceux qui composent les queues des comètes.

On doit reconnaître une très-haute importance à l’idée d’Herschel que les actions dont résultèrent les nébuleuses commencèrent à la même époque, de sorte que les différences entre les états actuels des nébuleuses résultent des intensités différentes des actions et non pas des durées différentes; ainsi par le mot d'âge il ne faut pas entendre différentes durées écoulées depuis la naissance des corps à des époques différentes, mais cette naissance étant de la même époque, les avancements auront lieu avec des activités différentes. Voici comment Arago expose celle idée.

« L’inégale rapidité de transformations conduit a une « conséquence importante. En partant de cette base, il est « évident que les nébuleuses, fussent-elles toutes du même « âge, doivent, dans leur ensemble, offrir diverses formes : « 1° vers telle région, les siècles auront à peine amené une « accumulation visible de la matière phosphorescente au- « tour de quelques centres d’attraction ; 2° vers telle autre « région, grâce à uu mouvement de concentration plus pré- « cipité, nous trouverons déjà des groupes de nébuleuses « à noyaux; 3° des étoiles nébuleuses s’offrirent enfin çà et « là; 4’ ce sont elles qui, comme dernier échelon, con- « duisent aux étoiles proprement dites. »

Avant d’indiquer les détails exposés par Ilerschel dans la production des nébuleuses, je profiterai de l’occasion pour faire le parallélisme entre les faits décrits et le mode de leur production suivant la loi physique.

§ 396. I. La rapidité des transformations commencées en même époque est inégale. L’époque E du

commencement commun des transformations, est celle de l’expulsion des neuf jets de masse brûlante de l’intérieur du corps central, qui se voit dans l’astérisme de la Licorne uni par les deux extrémités perspectivement avec la Voie lactée. Les neuf jets s’arrêtèrent à des distances telles qu’il y a entre elles des longueurs exprimées dans la progression géométrique de même que la loi de Bode :

h 2a : 25a : 2sa : 2‘a : 2" a : 2‘a : 21 a : 2* a : 2#a.

Les transformations dépendantes de la pesanteur s’opérèrent et s’opèrent avec rapidité en raison directede la pesanteur centrale, pesanteur qui est en raison inverse des carrés des distances. Connaissant la région qu’occupe le corps central, oti'détermine 1° où se trouveront les corps qui éprouvèrent une transformation lente et encore à peine perceptible ; 2° où sont les corps à l’état d’étoiles parfaites et 3* où doivent se trouver les corps à l'état intermédiaire.

J’ai montré que les neuf jets de masse brûlante expulsés de l’Hélioagète H (fig. 41), s’arrêtèrent pour circuler dans neuf espaces annulaires, 1” De la masse brûlante du jet B" subdivisée en millions de portions résultèrent les étoiles et les nébuleuses indigènes de l’espace annulaire A". La rapidité des transformations opérée dans les corps circulants avec le Soleil est inférieure à celle opérée dans les corps qui circulent entre le Soleil et le corps central, et elle est supérieure à celle opérée dans les corps qui circulent autour du même corps à des distances plus grandes que le Soleil. Tous les faits de ce genre s’opérèrent par la pesanteur, de même qu’Herscbel les avait exposés en y reconnaissant l’existence d’inégales rapidités de transformation, sans en connaître l’origine physique.

Herochel, Arago et leurs partisans s’abstinrent d’aborder l’explication des étoiles cométaires, des étoiles d’un ou de deux couples symétriquement disposés autour d’une nébuleuse, de même l’état des nébuleuses communiquant par

un filet est resté par eux inexplicable. Celle série de faits a pour cause la poussée centrifuge répulsive exercée de la part des molécules compriméesde la masse empyrée laquelle étant dans l’Hélioagèle éprouvait une poussée de la part de la pesanteur de9 millions de fois supérieure à celle qu’elle commença à éprouver depuis son éloignement de ce corps central. Sa densité était égale à celle de la masse de l’Hélioagète, mais sa rupture d’équilibre a été produite par la diminution de la poussée de la pesanteur locale qui se trouva diminuée et devint des millions de fois inférieure à celle dans la surface de l’Hélioagète.

Herschel pouvait coordonner les faits observés pour en faire ressortir cette cause motriee sur laquelle se tr.ouve basée l’Astrogonie ; n’ayant pas réussi à faire cette* découverte, il s’abstint d’inventer des hypothèses, sachant qu’elles ne conduisent à aucun progrès. 11 a déjà rendu un grand service en faisant connaître, 1° l’identité do la matière primitive, 2° l’inégalité des âges, provenant non pas des inégales époques du commencement de leur existence, mais de l’inégale rapidité des transformations; Ilerschel prouva que l’état actuel de chaque nébuleuse a été précédé d’un état qui existe chez les nébuleuses où la rapidité des transformations est inférieure, état qui doit être suivi d’un autre existant déjà chez les nébuleuses où la rapidité des transformations est supérieure. L’élude de l’état physique des corps célestes a ainsi été réduit au degré de l’étude des sciences naturelles. Pour ceux qui ignorent celte vérité, l’astronomie n’est qu’un registre de descriptions de faits observés et ensuite exprimés en formules mathématiques pour obtenir la forme de faits périodiques. Ilerschel était un naturaliste; ses adversaires ne sont que des calculateurs.

§ 397. IL Les vraies nébuleuses sont grandes et composées de parties faibles et de parties brillantes. Herschel ne manqua pas de reconnaître dans ces nébuleuses la plus faible rapidité des transformations, et par suite l’état

CflAP. III. *- CLASSIFICATION DES NÉBULEUSES.

précédent des autres nébuleuses. Il est établi ici que la rapidité des transformations telle que l’admettait Herschel n’est que la pesanteur, qui agit en raison inverse des carrés des distances du corps central; il en résulte que les vraies nébuleuses sont à de plus grandes distances de ce corps et que les autres sont à des distances inférieures; celles-ci sont nommées ici indigènes et les autres exotiques.

Ces nébuleuses exotiques de nombre inconnu composent la 5* classe des nébuleuses qui ne se distinguent des autres que, 1* par leur grande étendue, 2’ par leur contour tout irrégulier, et 3“ par leurs détails qui ne présentent aucun arrangement indiquant la moindre trace de connexion et de formation d’un ensemble. La nébuleuse abcd (fig. 55) d’Orion sert à donner une idée de l’état des vraies nébuleuses qui sont exotiques parce qu’elles sont plus éloignées du corps central que les nébuleuses indigènes.

Fig. 55.

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L’êloignement supérieur étant ainsi établi on reconnut 1.1 grande ëtcudue des nébuleuses exotiques qui sont toutes irEésolobles; mais' ignorant l’origine véritable de la masse

CHAP. m. — CLASSIFICATION DBS NÉBULEUSES. «1

empyréeet lapoussée répulsive, Herschel attribua àuuc condensation supérieure de la matière primitive les plus lumineuses, et à une plus faible condensation les parties les moins claires, de même qu’on considère les plus sombres parties des nuages de l’atmosphère comme composées de vapeur plus dense, tandis que leurs parties moins sombres sont attribuées à une densité inférieure de vapeur.

Arngo, suivant le principeadmis par Herschel, coordonna les faits connus pour en faire ressortir une succession de faits dont la série commence par l’état observé des nébuleuses exotiques et se termine à l’état des étoiles. Ne connaissant pas l’existence de la poussée répulsive provenant de la densité de la masse ompyrôe, Arago de même qn’Herschel laissa à part les étoiles cométaires, les astronéphélies à un on deux couples, et exposa une espèce de cosmogonie en termes très-peu limités, que je rapporte, pour mieux 6xer les idées sur l’état dans lequel se trouvait jusqu’à présent la physique céleste : Arago, observateur céleste médiocre, étudia la physique céleste mieux que les autres qui s’occupent exclusive ment des observations des corps célestes.

Les phénomènes que doit amener l’existence des divers centres d’attraction répandus sur toute l’étendue d’une seule et vaste nébuleuse résultent, suivant Arago, de faits observés dont l’existence est incontestable. Mais ces mêmes faits résultent également d’une masse d’une très-grande densitéexpulsée du corps central, de manière à s’en trouver à une grande distance et à obtenir de la pesanteur locale une poussée centripète des millions de fois inférieure. Arago chercha l’explication des faits dans leur existence même, parce qu’il ignorait l’origine des divers centres d’attraction qu’il admettait. Il devient facile de prouver ce qu’ignoraient les astronomes, lorsqu’on est arrivé à savoir que la division cl la subdivision d’une seule portion de masse empyrée en des millions d’autres est produite par la double rupture d’équilibre exposée dans l’Astrogonie.

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Les faits attribués aux divers centres d’attraction résultent de la très-grande densité de la masse empyrée et ce sont ces résultats de la poussée répulsive qui deviennent la cause de la rupture de l’équilibre barostatique, et c’est ainsi que celle-ci produit les déplacements des molécules des filets ou des syndesmes vers chacune des deux portions auxquelles ils se trouvent attachés. Si la séparation de la matière primitive s’opérait d’après l’existence des divers centres d’attraction, la séparation de cette matière aurait dû apparaître au dehors et non pas au milieu de deux ou plusieurs centres. Arago rapporte l’existence des filets entre deux nébuleuses arrondies comme preuve que la masse ne se subdivise pas comme nous le pensons, mais de manière à faire résulter un filet. En nous imposant l’existence du fait, il ne prétendait pas prouver le mode de sa production, mais seulement la conséquence de ces faits. Ce sont les phénomènes suivants, qui, d’après Arago, doivent se développer des divers centres d’attraction.

« I. Çà et là la disparition de la hieur phosphorescente; « la naissance de la solution de continuité, de déchirures « dans le rideau lumineux primitif, résultat nécessaire « du mouvement de la matière vers les centres attractifs.

« II. L’agrandissement des déchirures, c’est-à-dire la « transformation d’une nébuleuse unique en plusieurs néx buleuses distinctes, peu distinctes, peu distantes les unes « des autres et liées quelquefois par des filets de nébuloo sité très-déliés.

« III. L’arrondissement du contour extérieur des nébua leuses séparées; une augmentation plus ou moins ra- « pide de leur intensité en allant de la circonférence au « centre.

« IV. La formation à ce centre d’un noyau très-appa- « rent, soit par les dimensions, soit par l’éclat.

« V. Le passage de chaque noyau à l’état stellaire avec « la persistance d’une légère nébulosité environnante.

« VI. Enûn la précipitation de celte dernière nébulosité, « et, pour résultat définitif, d’autant d’étoiles qu’il y « avait, dans la nébuleuse originaire, de centres d’attrac- « tion distincts. »

Les faits coordonnés par Arago ne comprennent pas tous ceux qui existent : il y en a qui restèrent inexplicables ; tels sont les étoiles cométaires, les couples simples ou doubles d’étoiles symétriquement disposés par rapport à la nébuleuse. Ce sont précisément ces astronéphélies qui montreut le contraire de ce qu’Herschel cherchait dans l’attraction. La succession indiquée des états de nébuleuse avant l’apparition des étoiles admet des faits inconséquents.

I. On admet comme état primitif un rideau composé de la matière primitive et apparente comme lueur phosphorescente. L’ensemble de ce rideau est l’enveloppe d’un grand globe creux vidé par la condensation de la matière dans la production des étoiles, du Soleil et de la Terre. Les déchirures du rideau conduisent à faire connaître le manque de matière phosphorescente au delà de ces espaces vidés par l’éloignement de la matière vers les centres attractifs.

Les mêmes faits trouvèrent dans l’Astrogonie leur explication dans les allongements de la masse empyrée de grosses portions pour en résulter d’autres moins grosses et plus nombreuses. Il est ici prouvé que la masse primitive n’est pas un rideau lumineux, dont les limites se présentent dans les espaces vides et noirs ; elle est amenée en forme de neuf gros jets expulsés du corps central; la poussée répulsive provenant de la grande densité de cette masse, fait par une expansion augmenter son volume, des allongements opérés dans les directions dont la résistance est inférieure; donc sont restés vides les espaces qui n’ont pas été occupés par les portions de la masse contenue dans le jet local.

II. La transformation d’une nébuleuse unique en plusieurs autres, est une conséquence desdits allongements; il

614 CHAP. IIL — CLASSIFICATION DSS NÉBULEUSES.

est inconcevable et même contradictoire d'admettre une multiplication de centres attractifs au milieu d’une masse homogène. Jusqu’à présent la poussée répulsive était inconnue; aussi les astronomes n’ont-ils pas ouvertement combattu le principe des centres attractifs. Il suflit que John Herschel et d’autres aient désapprouvé celte hypothèse incompatible, sans nier les faits ; il suffit d’être exempt de préjugés pour reconnaître qu'une masse gazeuse n’est jamais sollicitée vers deux et encore moins vers plusieurs centres pour s’y accumuler. Ces hypothèses fausses ne servent qu’à en contrebalancer une autre également fausse. La subdivision d’une masse s’opère par poussées répulsives, et si Herschel vivait il aurait avoué sou erreur déjà reconnue du reste par son fils.

III. La forme dominante des nébuleuses est celle provenant des allongements d’une masse empyrée pâteuse et visqueuse; les nébuleuses n’ont pas une forme sphérique qui n’apparaît qu’aux dernières portions dont résultent les soleils. Une matière gazeuse étant soumise à la pesauteur ne peut obtenir que la forme d’un globe creux ; il est physiquement impossible qu’il se produise une accumulation centrale telle que Laplace l’admettait, et si Arago le suivit, ce fut pour parvenir, par cette deuxième erreur, à corriger la première consistant dans l’hypothèse que la masse des corps était dispersée dan6 l’espace.

IV. En admettant un passage de chaque noyau à l’état stellaire et une persistance d’une légère uébulosilé environnante, Herschel et ses successeurs arrêtèrent toute explication des étoiles comélaires et des couples simples ou doubles d’étoiles. Telles sont les preuves directes qui se préseutent chaque fois à ceux qui, s’étant une fois égarés, trouvent des obstacles à leur avancement ultérieur.

V. Au centre de la nébuleuse apparaît un noyau composé de la masse empyrée centrale à l’état de ne plus pouvoir vaincre la résistance extérieure, pour s’allonger; elle

eu AP. HL — CLASSIFICATION DES NÉBULEUSES. 016

prend la forme ovalaire pour mettre toutes ses molécules en équilibre par rapport à la pesanteur locale et à la pesanteur du système solaire.

VI. Herscbel nomma étoiles des centaines et des milliers de points lumineux : ces étoiles ont dû résulter de nébuleuses vraies considérées comme irrésolubles, car des 2500 nébuleuses, 108 seulement étaient résolubles dans le télescope d’IIerschel ; c’est dans le grand télescope que l’on a vu que, sauf le petit nombre de nébuleuses exotiques, toutes les autres sont résolubles; les points lumineux ont été nommés non plus étoiles, mais individus cosmiques, parce qu’il devint évident qu’ils ne sont pas de la même nature que les étoiles. Herscbel admettait que les nébuleuses se sont quelquefois formées par le travail iüccs.'ant d’un grand nombre de siècles aux dépens des étoiles dispersées qui primitivement occupaient les régions environnantes restées vides.

De même que les autres auteurs des sciences physiques et naturelles, de même, apr s avoir représenté de la manière indiquée comme véritable le mode de la transformation de la matière primitive t u étoiles, Arago avoue que ce qu’il ignorait se borne aux durées qui ont dû s’écouler pour que la production des faits eût lieu. Les lecteurs jeunes et peu expérimentés | ui lisent de pareils ouvrages croient sincèrement à ce quir k te encore inconnu sans rien soupçonner do la réalité de ce qui ost exposé comme un fait établi, et ce qu’ils ne comprennent pas, ils l’attribuent à leur défaut de connaissances, sans soupçonner que les auteurs n’en possèdent souvent pas plus qu’eux,

§ 308. Différence entre les soleils et les systèmes planétaires. Il est établi ici que les étoiles cométaires, les couples simples ou doubles d’étoiles des aslrooéphélies sont des soleils de même que les étoiles nébuleuses. Aprèa l’éloignement des individus cosmiques qui sont les météores, les soleils restent comme étoiles simples, sans éprouver de

616 en Al’. III. — CLASSIFICATION DES NÉBULEUSES.

changement de graudeur ou de clarté; elles sont toutes de 7*, 8* et 9* grandeur. On trouva se vérifier la remarque contenue dans le catalogue de Lacaille : après avoir vu que le nombre des nébuleuses se fut multiplié, Herschel se persuada de l’absence de nébulosité dans toute étoile visible à l’œil nu. Ne pouvant trouver la cause de ce fait, Arago hésita d’abord à y croire, puis enfin, l’admettant comme réel, il'commit une erreur dans son explication en disant que la nébulosité disparaît par l’éclat des étoiles visibles à l’œil nu. Cette erreur d’ Arago est prouvée par un résultat numérique entre les étoiles visibles à l’œil nu et les étoiles de 7* grandeur, résultat obtenu par Struve dans le dénombrement des étoiles de différentes grandeurs.

Struve trouva que jusqu’à la 6* grandeur inclusivement le nombre d’étoilesde chaque classe est environ le triple des étoiles appartenant à la classe précédente. Cet accroissemont des nombres se soutient seulement pour les étoiles jusqu’à la 6° grandeur; car il y a plus de 300,000 étoiles de 7* grandeur, tandis que la progression géométrique suivante ne donne pas même la moitié :

Faisant la comparaison de l’accroissement subit du nombre des étoiles de 7* grandeur avec l’absence de nébulosité chez les étoiles visibles à l’œil nu, Arago eût dû y voir un indice de différence physique entre les étoiles visibles à l’œil nu et celles qui se voient dans les nébulosités de 7% 8* et 9* grandeur. C’est dans la section précédente (§ 330) que j’ai exposé la cause physique de l’accroissement indiqué des nombres des étoiles visibles à l’œil nu; ici je profite de l’occasion pour prouver la cause de la multiplication subite des étoiles de 7* grandeur par rapport à celle de la 6*.

J’ai prouvé que c’est le mouvement des corps lumineux

ou éclairés qui fait croître l’éclat proportionnellement avec sa vitesse; 1* les soleils se présentent comme étoiles télescopiques; 2° les systèmes des planètes lumineuses comme étoiles de 3*, 4*, 5* et 6* grandeur, et 3* les'systèmes de satellites lumineux comme étoiles de 1" et 2e grandeurs. Dans les nébuleuses est contenue la même quantité de masse empyrée que dans les étoiles qui en résultent et cependant la disparition de millions de points lumineux ne produit qu’une étoile de 8* ou 9* grandeur, sans que, dans ce cas, la vitesse du mouvement change. Ce genre de faits fut resté inexplicable, si la découverte de la naturordë la lumière eût manqué. à

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