IV. DISTRIBUTION DES ÉTOILES D’APRÈS LEURS DÉCLINAISONS
§ i33. N’étant orienté sur aucune loi , Argelander tâtonnait en cherchant cette distribution dans des arrangements basés sur la position du prolongement de l’équateur terrestre qui n’est en aucun rapport réel avec la distribution réelle des étoiles. Je répète ces arrangements empiriques pour indiquer que la distribution réelle ne manque pas de se manifester dans les densités supérieures des quadratures et des régions dans lesquelles se voient les étoiles exotiques. Au lieu d’isoler les densités de chaque partie de la voûte I. 55
céleste pour en chercher la loi, Argelander croyait la trouver dans des moyennes qui résultent des arrangements basés sur le plan équatorial terrestre.
§ 434. Discussion des densités des étoiles du tableau F. Les étoiles exotiques se voient jusqu’à la déclinaison des Pléiades, déclinaison peu inférieure à celle de la quadrature supérieure. En ce cas se présente l'influence des étendues occupées par les étoiles exotiques par rapport à celles occupées par les étoiles indigènes.
I. Densités des étoiles indigènes mêlées avec les exotiques. Les étoiles exotiques ne s’étendent que jusqu’à la déclinaison de 24* : c’est à 20° que se voit une densité de 16, laquelle résulte de la supériorité des étoiles exotiques; telle est aussi la densité de 1 3,6 en 23°, car elle est suivie d’autres inérieures.
II. Densités des étoiles acs quadratures. Le maximum de densité de 1 9, 1 se présente dans la déclinaison de y du Cygne où est la quadrature Q; elle diminue un peu dans l’intervalle qui sépare les deux quadratures Q et q et s’élève jusqu’à 18,6 dans la quadrature inférieure g de déclinaison 50° dans Cassiopée.
III. Densités des étoiles des orbites de déclinaison boréale y + y'. La projection des étoiles sur la voûte céleste n’est verticale que pour les étoiles des orbites de même inclinaison y que celle de l'orbite du Soleil; ainsi donc sont projetées dans l’hémisphère boréal les étoiles des orbites d’inclinaison y ■+ y' supérieure à celle y de l’orbite du Soleil. Le minimum de 10,1 de la déclinaison 75° indique donc la région dans laquelle circulent les étoiles sur des orbites d’inclinaison y. Au delà de ce minimum la densité croît pour atteindre un maximum de 16,6 provenant des étoiles circulant sur des orbites d’inclinaison y 4-/.
Au delà de cette région se voient les étoiles qui circulent «nr des orbites d’inclinaisons supérieures y -1- y -4- y" dont le nombre réel est inférieur. C’est ce décroissement qui s'étend
jusqu’au delà du pôle boréal de la Voie lactée où la densité atteint un minimum de 6,71 et un autre de 6,92 aux régions 1 1 h 42™ ; -+-37°, 5 et 11h58m; -4- 21°, 5 éloignées du pôle I 2b33“; +30" où la densité .est de 8,55 plus grande.
F. — Tableau de la distribution des étoiles d'après les tjléclinaisons.
ikt
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V. COMPARAISON ENTRE LA DISTRIBUTION DES ÉTOILES JpSQP'4 LA T ET JUSQU’A LA 9* GRANDEUR.
§ 435. Sous le nombre rond de 1/tOOO, fstruve a exposé les étoiles jusqu’à la 7° grandeur; Swinck «’en trouva que 1 21 48; la différence ne doit pas être attribuée à des erreurs mais aux limites de 7" à 8" grandeur.
La distribution de6 étoiles jusqu’à la 9" grandeur et ceUe des étoiles jusqu’à la 7* servent à la découverte des faits qui ont rapport avec la elarlé des étoiles, clarté qui est elle-même eu rapport avec les étoiles mobile*. Dans la ta-
bleau H sont contenus les nombres obtenus par les observations de Schwinck et d’Argelander.
H. — Tableau de la distribution des étoiles jusqu'à la V et à la 9' grandeur.
ASCENSIONS
ÉTOILES jusqu'à 7* grandeur.
ÉTOILES jusqu’à 9e graudeui.
de Oh à 5k
1554 (il
Total
Distinction des faits de l’Astrogonie et des faits de la Perspective. La distribution réelle des étoiles est symétrique des deux côtés de la Voie lactée, et cela a lieu pour les étoiles de toute grandeur, de sorte qu’un observateur placé sur le plan de la Voie lactée verrait les deux hémisphères de la voûte céleste dans une symétrie parfaite.
Nous savons que le Soleil circule sur un orbite incliné au plan de la Voie lactée; il se trouvera sur ce plan lorsqu’il arrivera à son nœud; l’inclinaison réelle de l’orbite du Soleil est la distance r entre le point O et le bord boréal delà branche voisine; tandis que la distance y = 3* { entre le Soleil et le plan de la Voie lactée a été déterminée par l’étendue de l’hémisphère boréal de la voûte céleste qui est 9, tandis que l’étendue de l’hémisphère austral est 8. Si la vitesse du Soleil sur son orbite était plus grande, nous verrions changer ce rapport entre les étendues des deux hémisphères de la voûte céleste. Si ce rapport devenait de \ 0:9, il en résulterait la preuve d’un avancement du Soleil vers le nœud; au contraire, si le rapport augmentait pour devenir
de 8:7, on connaîtrait l’éloignement du Soleil de son nœud.
En réalité, parmi les étoiles n — 121 48 jusqu’à la 7* grandeur, 6024 sont d’un côté du plan de la Galaxie, et 6024 de son autre côté. De même, parmi les N = 324198 étoiles jusqu’à la 9* grandeur, 162099 sont d’un côté du plan de la Voie lactée et 162099 de son autre côté. On a le rapport de N :n = 26,6.
§ 436. Différences entre les distributions des étoiles d’après les grandeurs. Dans le tableau sont contenues les étoiles : I. des deux hémisphères, 1° le supérieur de 121' à 23b, et 2° l’inférieur de 0k à 11h; et II. des deux hémisphères, 1° le boréal de 6h à I7h et 2" l’austral de 18k à 5k.
Le rapport A : a entre les étoiles 155461 et les étoiles 5869 de l’hémisphère inférieur ne diffère pas sensiblement du rapport N — A : n— a entre les étoiles 1 68737 et les étoiles 6279 de l’hémisphère supérieur.
6869X26,6 = 156115 au lieu de 155461, 6279X26,6=167021 au lieu de 168737.
C’est une preuve ou mieux c’est un exemple de l’égalité des déplacement des étoiles dans l’hémisphère supérieur et dans l’hémisphère inférieur de la voûte céleste.
Le rapport B ’.b entre les étoiles 194462 et les étoiles 6449 de l’hémisphère austral est supérieur à celui de N — B:n — b entre les étoiles 129736 et les étoiles 5699 de l’hémisphère boréal. Ces rapports sont :
B:6 = i-^i|i = 30 et N — B:n — 6=i||^=21.
C’est une preuve ou uu exemple 1“ qu’il y a un excédant d’étoiles télescopiques de 8' et 9* grandeur dans l’hémisphère austral, et 2° qu’il y a un excédant d’étoiles claires dans l’hémisphère boréal.
On sait que le Soleil est de 3“ ‘ du côté boréal du plan de
correspondant aux degrés des clartés des étoiles en même temps qu’aux inclinaisons des plans de leurs orbites sur celui de la Voie lactée.
Les orbites des étoiles de toute grandeur forment des couples par rapport à la Galaxie, mais nous voyons pins claires les étoiles de ces couples, lesquelles étant à une petite distance du côté boréal de la Galaxie, se projettent vers son côté austral, de sorte que Sirius aurait son couple en Rigel, et c’est ainsi que résulte une diminution d’étoiles claires observées dans les régions du pôle austral de la Voie lactée. Ce fait, fourni par les observations, paraissait jusqu’à présent de nature inexplicable.
Au bord boréal de la Voie lactée no peuvent apparaître les étoiles qui se trouvent sur le plan qui passe par le Soleil parallèlement au plan de la Voie lactée; car une très-petite distance contient les étoiles qui se projettent au bord boréal de la Voie lactée, ce nombre croit pour les distances suivantes inférieures à 3*{, et c’est ainsi que résulte la distribution apparente des étoiles dont le nombre ou la densité est supérieure sur la zone de la Voie lactée et autour de son bord austral ; au contraire cette densité est inférieure autour de son bord boréal. De même sont visibles des espaces noits autour de ce bord, espaces comparables à ceux entourés par les Anses et nommés Sacs de charbon; de pareils espaces noirs manquent du côté du bord austral de la Voie lactée.
Lorsqu’on ignorait cette cause de la distribution des espaces noirs et de la distribution perspective des étoiles et des nébuleuses, Herschel crut y avoir découvert une preuve que les étoiles et les nébuleuses obéissent à une certaine puissance de condensation ; de sorte que les nébuleuses se sont formées par le travail incessant d’un grand nombre desiècles aux dépens des étoiles dispersées qui primitivement occupaient les régions environnantes. Il y a eu donc en premier lieu attraction partielle pour produire les étoiles, et puis attraction plus étendue pour produire les nébuleuses globu-
laires. Les étoiles nébuleuses résultèrent de la condensation centrale de la matière de l'espace; la matière la plus éloignée doit s’y précipiter pour en résulter des étoiles parfaites.
Les adversaires d’Herschel ne surent comment réfuter ces hypothèses incompatibles avec l'attraction des molécules d’une matière de forme gazeuse, car ces molécules ne peuvent s’arranger que de manière à produire un globe creux. Laplace et Kant connaissaient peu la physique; John Herschel montre sur ce point des connaissances supérieures en admettant des globes creux; on savait déjà que les comètes sont des cônes creux; l’origine de ces corps était jusqu’à présent tout à fait inconnue aux astronomes; plus inconnue encore était l’Astrogonie; celle-ci a été exposée. Dans le volume suivant il sera traité des comètes.