CHAPITRE III
DE LA LIAISON PHYSIQUE DES CLARTÉS ET DES VITESSES DES ÉTOILES AVEC LES INCLINAISONS DE LEURS ORBITES.
§ 453. Depuis que Hallev a découvert qu’il y a des étoiles fixes qui changent de place, les astronomes cherchent à découvrir des étoiles semblables et à en déterminer la vitesse. J’ai prouvé (§ 332) que les étoiles mobiles circulent sur des orbites dont les plans sont éloignés du plan de l’orbite de notre Soleil; j’ai montré aussi (§§ 420 et 423) comment apparaissent les déplacements des étoiles qui circulent autour du Soleil central, avec une égale vitesse, sur des orbites ayant une inclinaison différente sur l’orbite de notre Soleil. Cette découverte a changé l’aspect des corps célestes; on les a distingués en étoiles exotiques et en étoiles indigènes.
Toutes les étoiles indigènes terminent leur révolution autour du Soleil central en une durée peu différente de celle de notre Soleil, durée qui est de 25 millions d'années environ ; si donc les orbites de quelques étoiles n’étaient pas très-éloignés de celui de notre Soleil, ces étoiles seraient aussi immobiles que toutes les étoiles télescopiques. Avant que l’on connût le mode de production des mouvements, les astronomes cherchaient une liaison physique entre ces mouvements et les clartés. Quand il fut prouvé que les inclinaisons sont la cause des mouvements apparents, on fut conduit à montrer la liaison physique entre les clartés des
étoiles et les éloignements de leurs orbites de celui du Soleil et du plan de la Voie lactée.
D’après l’Astrogonie, toutes les étoiles sont composées de la même matière empyrée que notre Soleil; ce sont donc autant de soleils circulant autour du Soleil central. Chacun de ces soleils est d’abord lipoplanète : en cet état ils restent une durée T de temps, et n’obtiennent des planètes lumineuses qu’après l’expulsion des neufs jets de masse empyrée, séparés de la grande masse qui reste renfermée dans l’enveloppe de glace solide du Soleil.
Pour que ces soleils en vieillissant soient entourées de planètes lumineuses, il faut que l’expulsion dite des jets se fasse ; mais les mouvements font voir que ce sont les écartements des orbites qui causent des mouvements apparents. Ainsi donc les écartements des orbites et la vieillesse des étoiles qui circulent sur ces orbites proviennent d’une seule et même cause. 11 y a deux états coexistants sans liaison entre eux de cause et d’effet.
Pour qu’un soleil soit plus vieux que les autres qui sont soumis à la même série de changements, il faut que ce soleil ait commencé sa vie stellaire avant ceux qui sont encore jeunes. De plus, puisqu’on voit parleur mouvement que les soleils déjà vieux circulent sur des orbites écartés de l’orbite du Soleil et du plan de la Voie lactée, on en peut induire que pendant la subdivision de la masse empyrée du jet B,v ce sont les portions a, d, e, h (fig. 67) qui sont restées séparées des autres portions plus grosses, lesquelles devaient éprouver des subdivisions ultérieures symétriques des deux côtés de la Voie lactée, sans pour cela en éprouver par rapport à notre Soleil, placé du côté boréal de la Galaxie, sur un orbite peu éloigné du plan de la Voie lactée, orbite passant par exemple par le point n.
Il n’y a donc pas apparence de symétrie entre les soleils qui se voient dans l’hémisphère boréal en CC'F' et les soleils qui se voient du même point n dans l’hémisphère
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aostral en DD'F'. Nous voyons de n la quantité Q des soleils dans l’hémisphère boréal, et la quantité 0 + 0' dans F hémisphère austral.
Fig. 67,
Place du soleil central.
De vieux soleils a, », s se voient dans l’hémisphère boréal, ceux d , d', x , e, c, x" et h, r, s\ se voient dans l’hémisphère austral à une distance inférieure à la Voie lactée. Ces soleils sont vieux parce qu’ils sont produits par des portions de masse empyrée circulant sur des orbites a, » et h, «' très-écartés, ou 6ur des orbites d, X et e, X", très-rapprochés de la Voie lactée.
Parmi ces vieux soleils se présentent: 1* en mouvement rapide, ceux qui circulent sur des orbites écartés a, s, A, s", et 2* en mouvement faible ou môme imperceptible, ceux qui circulent sur des orbites «, X" ou d, X, peu écartés de l’orbite du Soleil. Si donc il paraît y avoir manque de symétrie dans la distribution des étoiles, ce même manque de symétrie semble aussi exister dans les vitesses et les directions des mouvements de ces mêmes soleils.
Les soleils qui circulent sur des orbites C, L, M, D peu écartés de la Voie lactée, sont composés des portions de masse empyrée séparée plu3 tard; de sorte qu’en même temps qu'ils sont moins vieux, ils circulent sur des orbites peu écartés de la Voie lactée. Les soleils de ce genre, trèsnombreux, sont jeunes; c’est pourquoi ils ont une vitesse imperceptible. Ces soleils sont encore lipoplanètes; aussi ne jettent-ils qu’un faible éclat. Us sont de la 7* grandeur, à la distance D, la plus minime, ils apparaissent de la 8° grandeur à la distance de D 4- D'; de la 9' à la distance D + D' + D", et ainsi de suite.
Quand j’exposai d’une part les apparitions des étoiles nouvelles, les propriétés des étoiles variables, les détails des nébuleuses, et de l’autre les subdivisions de la masse empyrée du jet B1V, pour faire voir les portions de cette masse contenue dans chaque soleil, quand, dis-je, je fis tout cela, le lecteur put croire que j’avais trouvé ces expositions dans des déductions logiques de mon intelligence. Maintenant l’ensemble de tous ces faits, de nature différente en apparence, se présente dans un ordre tel qu’aucun fait ne reste sans explication, bien que précédemment on n’ait pas cherché un ordre pareil. Par la suite, chacun verra dans la constellation delà Licorne la place du Soleil central nommé Hélioagète, occupant le centre de 9 espaces annulaires. 1* Dans les 3 inférieures, circulent les étoiles exotiques. 2° Dans le 4* circule le Soleil avec 16 millions d’autres. 3° Dans le 5* espace annulaire circulent les nébuleuses sporades. 4° Dans les quatre autres espaces annulaires circulent des nébuleuses soiifères très-volumineuses et suffisantes pour occuper la plus grande partie de chacun de ces quatre espaces annulaires pour les faire apparaître comme quatre anneaux lumineux, en partie séparés et en plus grande partie, non pas coïncidant, mais les bords des uns touchant ceux des autres.
Dans les deux tables I et ü, on voit toute la voûte
exercer le choc tangentiel aux corps célestes au moment de leur apparition dans l’espace. La Physique céleste est une science tout à fait inconnue jusqu’à présent; elle contient l’ensemble des lois de la production des faits, découverts par les astronomes au moyen d’observations trèsexactes. Ces faits peuvent être donnés ici comme exemples, et servent à faire connaître les lois indiquant le mode de leur production.