QUATRIÈME SECTION
DES PROPRIÉTÉS DE U LUMIÈRE ET DE LEUR APPLICATION Ali OBSERVATIONS ASTRONOMIQUES.
§ 475. Il y a trois moyens de trouver dans la lumière trois propriétés différentes : 1° Par les sentiments nous distinguons les intensités de la lumière homogène venant de corps différents ou de parties differentes du même corps; cette faculté se nomme la pholométrie physiologique ; 2° par les durées x, t', x" de l’exposition des plaques photographiques pour obtenir d’égales images de la lumière de corps différents, nous trouvons les rapports entre les intensités de l’éclat de blancheur de corps différents, éclats que nous ne pouvons pas évaluer directement au même degré par les sentiments que ces corps produisent en nous : telle est la pholométrie chimique ; 3* à l’aide des détails des spectres obtenus par la lumière des corps lumineux, nous parvenons à distinguer ces corps en corps ayant de la ressemblance avec le Soleil et en corps n’en ayant pas : telle est la pholométrie physique.
Sauf les intensités, nous sentons trois espèces de lumière: la lumière incolore, la lumière blanche et la lumière d’une des sept couleurs du spectre solaire. On a souvent confondu la lumière incolore du soleil qui se voit dans l’eau, dans la glace, dans le verre avec la couleur blanche des nuées, de l’écume, de l’ensemble des sept couleurs du spectre. Cela arrivait quand on ne connaissait pas le mode de production
du blanc dans les corps incolores. Par exemple : 1* Le verre incolore transparent et les grains fins de sulfate de chaux également transparents produisent un corps blanc ; 2° l’albumine transparent transformé en vésicule offre un corps blanc; 3» des vésicules transparentes gelées engendrent la neige; 4° par de semblables vésicules à des densités différentes. Pair transparent prend un aspect blanc dont le maximum d’éclat correspond à une certaine densité des vésicules de vapeur, densité qui rend presque imperceptible le bleu du ciel. Ce maximum d’éclat diminue autant par l’accroissement de densité des vésicules de vapeur, que par le décroissement de cette densité.
On a plusieurs fois employé les ballons en verre blanc pour remplacer les carreaux transparents des lanternes d’éclairage des villes, et plusieurs fois aussi onles a abandonnés, sans qu’on pût s’expliquer la cause de ces changements,
§ 476, Comparaison du blanc avec le bruit. De
môme que l’ensemble des sept couleurs du spectre produit le sentiment du blanc, de môme l’ensemble des sept sons produit le bruit. Une octave commençant d’un son quelconque est comparable à une couleur lavée provenant de son mélange avec le blanc, lequel peut augmenter jusqu’au point de rendre la couleur insensible. Cependant si l’on décompose la lumière semblable avec les prismes, on en obtient des spectres indiquant les espèces de couleurs mêlées avec la lumière incolore ou avec la lumière blanche. De môme un grand bruit rend imperceptible le son d’une octave; pour le sentir, il faut en séparer une partie des gammes qui donnent le bruit.
Mode d’accroissement de l’éclat et du bruit de 1« source constante. Le ciel arrive à des éclats différents par les densités différentes des vésicules, mais il en est une qui produit un maximum pour la lumière du Soleil, car pour celle de la Lune il faut des vésicules d’une densité in-
férieure. Un corps médiocre sonore est à peine entendu en plein air, mais dans une enceinte les sons se multiplient. Artificiellement, on peut obtenir la réflexion des sons pour se concentrer en un point comme la lumière.
I, En pareil cas on n’obtient pas une quantité de lumière ou de sons supérieure à celle qui est produite; c’est au moyen des échos que la quantité des ondes sonores se multiplie réellement. Le pavillon de l’oreille n’a une Structure propre à concentrer les sons dans un foyer, mais cette structure sert à produire un grand nombre d’échos arrangés d’une façon telle qu’ils arrivent au tympan tous à la fois, de sorte qu’au lieu d’une fois, les mêmes ondes sonores arrivent simultanément n fois au tympan.
U. L’accroissement de l’éclat s’opère 1* physiologiquement par le mouvement rapide des corps lumineux par rapport à l’observateur; 2° par la dispersion des atomes de lumière. Dans ces deux cas, la source de lumière n’éprouve aucun changement; seulement un grand nombre d’atomes de lumière nous en arrivent à la fois.