ET L’ÉTAT PHYSIQUE DES CORPS CÉLESTES PAR LEUR LUMIÈRE
centre et le bord. Nous trouvons ainsi un fait qui nous indique, 4° qu’il y a une plus grande quantité de masse empyrée dans la direction centrale du disque, et 2' qu’il y en a une quantité inférieure dans les parties éloignées du centre.
Ceux qui adoptèrent l’hypothèse d’Herschel admirent une photosphère; ainsi ils s’attendirent à trouver au bord du disque plus de lumière qu’au centre. J’ai démontré dans la Physique que c’est par un oubli qu’Arago approuva cette hypothèse en se basant sur le manque de lumière polarisée dans la lumière solaire, car il n’ignorait pas que ce manque de polarisation existe toujours lorsque la lumière pro vient verticalement des corps solides.
Le Soleil est composé d’une quantité de masse empyrée pâteuse renfermée dans une enveloppe de glace transparente. La plus grande épaisseur de cette masse est dans la direction centrale; c’est pourquoi nous en recevons la lumière 48 rsj, laquelle diminue et devient 35<?à une distance «le 3/4 du centre. La lumière émerge verticalement de l’enveloppe glaciale, aussi est-elle incolore et non polarisée.
B. Forme ovalaire de la Lure.
§ 515. La Lune répand de chaque partie de sa surface une quantité de lumière qui correspond à cos* y. Il nous arrive de son milieu une quantité y inférieure à celle de son bord, d’où arrive la lumière y 4- y : 9 étant 1, c’est +</= 1 ,63. Ce rapport indique que la pente Te' qui doune cos* (7 -+-a)=<j> (fig. 73) est plus rapide, et c’est la pente Fe' moins rapide qui donne cos* y — cp •+•
Malgré ces résultats incontestables, les astronomes ne voulurent pas abandonner l’hypothèse de la forme sphérique de la Lune qu’ils admirent pareille à celle du Soleil ; ainsi au lieu de reconnaître à la Lune une forme ovalaire DT, on admit la forme sphérique DA' ayant pour diamètre celui de son disque. Pour rectifier cette erreur il fallut eu commettre I. 53
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une seconde, à laquelle on arrive par des hypdthèses, qu’il y a des sommets élevés de montagnes au milieu
du disque, et 2* qu’il y a des chaînes autour du disque. D’autres vont plus loin, ils déclarent inapplicable la loi photometrique stirl'h lutaièrede la Lnne.
Los faits produits par
la forme ovalaire étant de *
nature à former plusieurs sériés, je lfes exposerai dans le volume suivant de façon à rendre tout doute absolument impossible sur la fbrrtlë réelle de ce corps si voisin de la Terre. Je citerai seulement ici succinctement quelques faits servant à montrer la forme véritable de la Lune.
§ 51 G. Accroissement et décroissement de l’éclat de la Lune. Les degrés de clarté depuis la nouvelle jusqu’à la pleine Lune sont indiqués dans les deux courbes AB ("g- 74) obtenues, la ponctuée par Zoellner et la pleine la plus exagérée par John Herschel. Cette ligne ne diffère pas de l’autre BC indiquant le décroissement de l’éclat. Il est évident que depuis la veille de la pleine Lune jusqu’au jour de son arrivée l’accroissement de l’éclat est dans son maximum, de même que son décroissement du jour de la pleine Lnne jusqu’au lendemain. Le minimum d’accroissement ou de décroissement a lieu au commencement et à là fin de chaque lunaison.
Si l’on lire une tangente BD do sommet B à la pleine ligne BA, on obtient un triangle BDM qui donne un éffnc ayant une hauteur 2 ou 3 fois plus graude à sa base. Ce rapport
ET L’ÉTAT PMYSIQÜR flfcS COltPS CÉLESTES PAR LEUR Lfc.ttIÈRE. Itfo
sert à indigner qtiè telle esl la forme de l’ovalaire dont tek courbes indiquent les éclats des pentes différentes ; de sorte qu’il esl facile, à l’aide des courbes, de déterminer la surface réelle de la Lune.
F ‘ 1 Fi*. 74.
Montagnes de la Lune. Béer et Macdler ont trouvé pour les inontagues de la Lune des hauteurs une dizaine de fois supérieures à celles trouvées par \V. Herschet. La différence n’indique pas que parmi les résultats obtenus les uns soient justes et les autres faux, mais que les uns et les autres sont également faux, car les mesures étaient basées sur l’existence d’une forme sphérique de la Lune.
Soit R (fig. 73) le sommet d’une montagne de la Lune éclairé par le Soleil S. Pour que le pied réel H ou g de celte montagne soit éclairé, le Soleil doit arriver à S' après avoir décrit l’arc de l’angle SLS' = y. Connaissant cet angle y du triangle rectangle RHL et la distance KF, on trouve la hauteur réelle h =■ RH.
Lorsqu’on commettait une première erreur en attribuant à la Lune une forme sphérique, la seconde était le résultat fauxqu’on obtenait en attendant tjue le Soleil s’avançât jusqu’à S" pour que le rayon S"A devint tangent en F de la surface sphérique DeCe'. La trop longue durée T écoulée pour que le Soleil s’avançât de S à S" servait donc à déterminer
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l’angle r =■ S"LS qui donnait pour la montagne observée une hauteur II une dizaine de fois supérieure à la hauteur réelle h = qK.
Après avoir découvert la source des erreurs’de la sélénométrie, je ferai voir dans le volume suivant que de telles erreurs ne peuvent avoir lieu que dans certaines parties de l’ovalaire ; c’est pourquoi il n’y a pas de trop hautes montagnes aux parties de la Lune qui ne permettent pas de pareilles erreurs.
§ 517. Couleur de la Lune. C’est à la blancheur do la Lune que l’on reconnaît l’existence d’une couche de vésicules qui ne manquent jamais dans le vide qui se fait autour de la glace même dans les plus grands froids. La blancheur de la Lune est la plus faible par rapport à celle de cinq planètes (§ 511); on la trouve encore plus faible par la voie chimique, car pour la lumière totale de la Lune, les durées d’exposition des plaques sont 9 fois plus longues que pour la lumière de Jupiter.
Si l’on opère avec la lumière du milieu du disque de la Lune, on y trouve une durée 27 fois plus longue que celle de la lumière des parties claires de Jupiter.
Issuë de la forme ovalaire de la Lune c’est celle de la couche de vésicules que doivent traverser les rayons venant de la surface de la Lune. Ces rayons éprouvent une réfraction convergente vers le grand diamètre DT (fig. 73) de la Lune; ainsi ils produisent un spectre ayant les couleurs sombres du côté de l’axe et les couleurs claires du côté extérieur. 1" Si la distance était inférieure, la Lune paraîtrait verdâtre. 2° Si la distance augmentait, la Lune paraîtrait orangée ou rouge, comme elle l’est (par le spectre de l’atmosphère terrestre) dans quelques-unes de ses éclipses.
La couleur jaune de la Lune sert à déterminer sa forme ovalaire, 1“ par la distance de la Terre, et 2* par la position du spectre produit par la courbure de sa surface pour que la terre soit dans le jaune.