OBSCURS
§ 76. Après avoir déterminé la distance d entre l’objectif et l’oculaire d’un télescope qui conduit au nerf optique le foyer d’une étoile e de la distance D exactement, si en cet état on dirige le télescope vers une autre étoile e' de distance supérieure D -f- D', dont le foyer tombe au delà du nerf, cette étoile e' n’est pas visible. Cependant, en tenant continuellement l’œil fixé à l’oculaire, on voit à des intervalles différents passer des éclats d’une durée imperceptible. Ce fait mille fois répété se manifeste mieux lorsque l’étoile e' présente une scintillation très-vive.
Tl est évident que les éclats ainsi aperçus sont des rayons qui partent des corps passant devant le télescope
dans la distance D; et comme il y manque des corps lumineux, ce sont des corps obscurs que réfléchissent les rayons des étoiles lumineuses arrivant sur leur surface. Lors donc que quelqu’un de ces rayons tombe sur l’objectif, nous apercevons pour un instant une clarté.
Après «avoir arrangé le télescope pour la distance D -+- D' de l’étoile éloignée e', les même corps obscurs, en passant entre l’étoile et l’œil, interceptent une partie y de sa lumière normale $ et laissent arriver à l’œil la différence — 9. La partie <p de lumière interceptée ne varie pas seulement en quantité pour produire différents degrés d’affaiblissement de la clarté normale 0; mais encore il arrive que la lumière incolore n’est pas interceptée, mais seulement quelques-uns de ses éléments, ou quelques couleurs, et les couleurs qui sont leurs complémentaires arrivent à l’œil.
La scintillation se réduit à l’interceptation de quelques rayons venant d’une étoile lumineuse; la clarté de l’étoile peut diminuer jusqu’au degré d’une disparition totale. A cause de la forme ovalaire des étoiles obscures, les rayons éprouvent des réfractions prismatiques et arrivent à l’œil en couleurs du spectre, d’une durée imperceptible, à cause du mouvement rapide de ces corps obscurs dont l’existence est incontestable. Ces corps ainsi déterminés diffèrent par leur poids insignifiant de ceux qu’011 peut découvrir par les effets de la pesanteur observés dans les corps lumineux.