DE LA VIE ASTRONOMIQUE DU SYSTÈME SOLAIRE ET DES SYSTÈMES PLANÉTAIRES
§ 78. La vie astronomique commence par l’expulsion d’une bande de masse dense et brûlante par un corps central; de telles bandes, expulsées des soleils par intervalles séculaires, se présentent avec un maximum d’éclat à un • point où précédemment rien n’était visible. La couche superficielle des molécules matérielles devient, en un espace de trois semaines, une couche de vapeur opaque qui disperse une quantité d’atomes de lumière, et au lieu de la lumière précédente une quantité inférieure $ — i p commence à arriver à la Terre.
L’accroissement d’épaisseur de la vapeur opaque fait croître la quantité <p des atomes de lumière dispersée et diminuer celle f' qui arrive à la Terre. L’éclat de la masse diminue graduellement jusqu’au point de ne plus être que des fdets d’atomes de lumière insuffisants pour produire un sentiment, car c’est en cela que consiste la disparition de la bande brûlante. Lorsque ce mode de production du fait observé était inconnu, les astronomes se bornaient à une simple description des faits; car toutes les hypothèses émises pour donner une explication de cesfaits ont été très-facilement réfutées par Arago, qui a rendu évidente la profonde ignorance des astronomes au sujet des étoiles temporaires.
Nous allons exposer que, sans que rien se perde de la masse M expulsée, c’est la quantité de sa chaleur lumineuse 6$ qui diminue en se répandant dans l’espace,
précisément comme cela a lien pour une masse trèsgrande de métal en fusion exposée au froid. U y a au commencement une couche de vapeur qui disperse une quantité d’atomes de lumière; il se forme ensuite une couche solide qui laisse pénétrer les atomes de chaleur lumineuse sans les disperser. La dispersion de la chaleur lumineuse a une durée proportionnelle à la masse en fusion.
§ 79. La vie astronomique des corps célestes consiste en dispersion de la chaleur lumineuse, et les faits produits pendant cette vie sont des déplacements des molécules matérielles qui ont pour cause motrice la pénétration centrifuge des atomes de chaleur par le milieu des molécules matérielles. Telle est aussi l’origine de la répulsion expansive de la part du Soleil qui produit l’expulsion des bandes de masse brûlante; mais en passant par le cratère elle subit un choc taugentiel de la part du bord postérieur du cratère qui tourne avec le corps central. Ce choc est donc croissant, et il fait que la bande expulsée se subdivise pour en produire neuf autres dont l’une rebrousse chemin, tandis que les huit autres restent dans l’espace.
Des bandes de masse brûlante résultent les séries de faits des systèmes planétaires : d’abord la couche de vapeur opaque disperse les atomes de lumière, et la masse devient invisible; plus tard, parla congélation, l’épaisseur de la vapeur opaque diminue, et les huit portions de masse brûlante commencent à paraître comme des anneaux de nuées. Ce n'est qu’au moyen du télescope gigantesque de lord Rosse qu’il est possible de distinguer dans quelques-unes des nébuleuses les huit portions de la bande primitive dont chacune devient une grosse planète. Chacune de celles-ci expulse une bande de masse brûlante qui produit les satellites; ces bandes sont trop courtes pour être visibles séparément. En pareil cas o«
ne voit que certaines étoiles télescopiques nouvelles qui diminuent et disparaissent, ou bien l’éclat de quelquesunes augmente pour diminuer ensuite.
lia vie astronomique d’un système planétaire, qui, dans le principe, n’apparaît tout entier que comme étoile nouvelle, se termine par l’extinction totale de la chaleur lumineuse, sans que les molécules pondérables éprouvent en même temps ni diminution ni aucun changement chimique, car de pareils changements s’opèrent pendant la vie géologique des planètes; ils résultent des deux éléments hydrogène et oxygène des molécules matérielles et des deux espèces d’équivalents électriques, positifs E et négatifs Ë, amenés aux planètes éteintes par les rayons solaires. C’est pendant la vie géologique que chacune des planètes produit, pendant ses vingt à vingtcinq périodes cométogéniques, autant de paires de comètes dont le périhélie reste constamment voisin de la planète, comme un monument archéologique éternel.
§ 80. Si les faits de ce genre avaient été obtenus par une coordination des faits observés et des mouvements des étoiles fixes ou des comètes, on aurait dit que je crois avoir découvert une loi analogue à celle de Copernic, ou, pour être plus juste, on aurait attribué cette découverte à Herschel, et surtout à Lambert, qui ont déjà reconnu l’existence des quatre ordres ou des quatre espèces de systèmes des corps célestes, et qui ont considéré le système planétaire comme modèle du système solaire.
Toutefois Mædler, ne voulant pas suivre aveuglément l’idée de ses prédécesseurs, coordonna les faits observés afin de s’assurer s’il en résulte une correspondance entre les mouvements des étoiles fixes et des planètes; tous les mouvements des étoiles fixes coordonnés ont paru à cet astronome conduire à y reconnaître uue correspondance avee les mouvements des comètes et non pas avec
ceux des planètes, et cela parce que parmi les étoiles les unes ont un mouvement direct et les autres ont un mouvement rétrograde, en circulant dans un espace en forme de meule, de même que les planètes, mais non pas les comètes.
Lambert ne chercha pas dans l’espace un corps lumineux comme l’est le Soleil dans le système planétaire; il admit le corps central en forme de nébuleuse, et considéra la nébuleuse remarquable de l’Orion comme corps central du système solaire. Après avoir coordonné les directions du mouvement des i5 étoiles des Pléiades, Mædler et les astronomes allemands, ses prédécesseurs, trouvèrent qu’elles formaient ensemble une déviation angulaire entre 142 degrés et 1 56 degrés en même sens; on trouva que ai autres étoiles mobiles des Hyades avaient également de petites déviations dans la direction de leur mouvement. De ces directions Mædler a conclu que le corps central se trouve dans la direction des Pléiades, et au lieu de faire comme Albert et de considérer la masse excessive dans un seul corps, Mædler crut qu’il est indifférent pour la loi newtonienne que le centre de gravité résulte de la masse d’un seul corps, comme est le Soleil pour les planètes, ou qu’il résulte comme centre virtuel de l’ensemble d’un certain nombre de corps. Si cet astronome eût connu le mode de production du choc tangentiei, il n’aurait pas changé d’idée sur le Soleil central, surtout après s’être convaincu qu’il y a des corps lumineux qui circulent autour d'autres corps invisibles.