‹ Physique céleste contenant Le système du mondeChapitre 38 sur 259 · IDENTITÉ DE LA LOI PHYSIQUE ET DE LA LOI DIVINE · texte numérisé non relu

IDENTITÉ DE LA LOI PHYSIQUE ET DE LA LOI DIVINE

§ 81. En coordonnant les directions apparentes des mouvements des planètes, Copernic prouva que laTerre et lespianètes circulent autour du Soleil; Newton, coordonnant lesjfaits découverts par Képler, prouva que les corps

célestes sefont mutuellementécran etéprouventune poussée qui les sollicite à se rapprocher l’un de l’autre. En coordonnant la totalité des faits, chacifn trouvera comme moi qu’il ne faut aucun effort pour mettre en mouvement les fluides impondérables qui se manifestent comme les gaz infiniment comprimés, ayant une expansion et une augmentation infinie de volume opérée par l’expansion de chacune des molécules. Le mouvement de translation se manifeste comme celui des déplacements des solides et des liquides. Le mouvement emmagasiné se manifeste comme l’expansion d’un gaz comprimé qui occupe toujours un espace plus grand sans abandonner totalement l’espace qu’il occupait d’abord. Aristote avait déjà reconnu ces deux espèces de mouvements, sans cependant découvrir en quoi consiste leur différence, et cela parce qu’à cette époque les propriétés des gaz étaient inconnues, et plus inconnues encore les propriétés des fluides impondérables dans lesquels personne ne peut méconnaître aujourd’hui l’existence d’un mouvement infini emmagasiné. En disant que la quantité de mouvement a dû être emmagasinée par une action suprême, je ne fais que dire ce que tout le monde doit dire pour exprimer un fait aussi évident.

Dans la production des faits cosmiques, il faut au moins deux éléments qui doivent venir en contact et se trouver en équilibre rompu : celui-ci se manifeste comme une tendance des molécules d’un élément à pénétrer dans l'espace occupé par les molécules homoïdes de l’autre élément. Cette rupture d’équilibre, lorsque son origine était inconnue, reçut le* nom à' affinité, et la pénétration des molécules denses dans l’espace occupé par les molécules homoides moins denses était indiquée par le mot action; celle-ci et l’affinité étaient nommées forces. Ainsi chacun voit comme moi que l’action suprême a produit, à l’aide de molécules primitives de même es-

pèce, deux globes qui, étant égaux, contiennent d'inégales masses M -+- M' et M de ces molécules, dont résultèrent les densités inégales d -t- & et d.

11 y a au monde une vie éternelle : i° elle consiste en manifestation du mouvement que l’action suprême emmagasina dans les molécules primitives; a° cette vie consiste en production des faits qui résultent delà pénétration des molécules denses dans l’espace occupé par les molécules moins denses. i° Cette inégalité entre les densités des molécules, et a° ce mouvement, ont pour cause l’action suprême; tout au monde s’opère suivant cette cause considérée comme loi physique, qui est aussi loi divine.

Cette prédestination de tous les faits cosmiques par l’action suprême se propage même à la production des corps organisés des animaux et de l’homme et à la formation de leur sentiment au moyen des organes communs des sens. La différence entre l’homme et l’animal commence aux sentiments , qui , chez les animaux, restent à l’état naturel ou o/oyues, tandis que l’homme les accouple avec les sentiments correspondants à l’organe de l’ouïe ou de la vision, pour les rendre logiques. Chaque sentiment naturel ou alogue obtient chez l’homme, au moyen de la langue, un représentant qui est indépendant de la présence de l’objet par lequel le sentiment alogue est produit.

C’est donc la combinaison des représentants des sentiments qui devient indépendante de la prédestination provenant directement de l’action suprême. Les mêmes objets cosmiques ont les mêmes représentants logiques chez les individus de chaque nation ; ce sont donc les différences des arrangements des représentants logiques qui deviennent la source des actions qui ne sont pas en liaison directe avec la prédestination permanente ayant pour cause l’action suprême. Il sera traité en détail de cet objet dans la Métaphysique.

U. DE LA CAUSE INTERCEPTANT LA DÉCOUVERTE DE L'ORIGINE DE LA LOI PHYSIQUE.

§ 82. Après avoir indiqué la voie qui conduit infailliblement à l’action suprême qui déposa le mouvement infini dans deux masses inégales des molécules homoïdes contenues sous deux volumes égaux, le lecteur s'étonnera que des faits si évidents soient restés si longtemps inconnus. La réponse à cette question se trouve dans l’exposition historique du mode de l’instruction à notre époque. Il est devenu facile de se procurer les ouvrages d’un grand nombre d’auteurs. La jeunesse croit qu’il faut, avant tout, apprendre ce que les plus âgés savent ; ceux-ci, de leur côté, croyant suivre la seule voie infaillible qui conduit à la vérité, imposent à la jeunesse une instruction destinée à la conduire dans la même voie. C’est ainsi que les jeunes gens sont entraînés dans les erreurs des professeurs et que leur intelligence s’obscurcit lorsqu’ils croient qu’elle s’éclaircit.

Newton trouva dans le mouvement orbiculaire des corps célestes deux éléments dont l’un, la pesanteur, persiste, et l’autre, le choc tanyentiel, a été exercé par une cause qui au même instant disparut. Ce qui persiste est considéré comme une suite des faits de la prédestination indiquée; c’est pour celte raison que Newton ne s’occupa que de la cause instantanée du choc tangentiel. Au lieu donc de chercher l’action suprême dans l’origine de tous les faits cosmiques, ce grand mathématicien l’invoqua pour exercer un choc sur la matière qui apparut dans l’espace. Toutefois ici sont exposés les détails qui font reconnaître qu’un choc simple ne suffit pas, comme Nqwton le croyait, pour placer les planètes éloignées du Soleil à des distances qui forment une progression géométrique, et leur imprimer des vitesses

8o VIE ASTRONOMIQUE.

dont les carrés sont en raison inverse des cubes des

distances.

Au moyen des expériences, les faits physiques et les faits chimiques se multiplièrent et un grand nombre furent appliqués avec grand avantage à l’industrie; cette récompense matérielle fil qu’on subdivisa les branches desdites sciences, pour pouvoir mieux multiplier les découvertes de faits nouveaux. L’industrie fut élevée au niveau de la chimie et de la physique. Les physiologistes se donnèrent toutes les peines possibles pour relever l’agriculture au degré de la physiologie; les astronomes seuls restèrent limités aux observations des faits des corps célestes, sans y mêler de vues industrielles.

Trop occupés descalculs très-compliqués dans lesquels ils croyaient trouver les progrès de la science, les astronomes se limitaient à l'étude de la lumière; pour eux la connaissance des détails de la physique, de la chimie et de la physiologie était considérée comme nulle. Ainsi, c’est le principe de l’instruction adopté dans les Universités qui interdit à la jeunesse la coordination des faits pour arriver à connaître : i° l’infinité de mouvement emmagasiné dans les molécules homoïdes ; et les densités inégales de ces fluides.

Un jour viendra où la jeunesse abolira ces institutions qui ont leur origine dans le moyen âge, alors qu’on ne cherchait à instruire qu’au moyen des débris des ouvrages des anciens. Les expériences et les observations, au lieu de se faire comme jusqu’à présent aveuglément, seront réglées par la loi physique qui régit tout ce qui se produit au monde, excepté l’intelligence de l’homme, car elle seule n’est soumise à aucune prédestination. Ce qu’on appelle fatalité, harmonie préétablie, prédestination , providence , trouve son application dans les faits cosmiques ; les faits logiqueà de l’homme en sont indépendants, ils sont propres à chaque individu, ils

forment des séries particulières dont il sera traité dans la Métaphysique.

ni. DE L’UNIQUE FAMILLE DE CORPS CÉLESTES COMPOSÉE DE

Page 1