EFFETS ÉLECTRIQUES DE CES APPAREILS
Commotions électriques^ lumière^ éiin^ celles» — Les grandes bouteilles de Leyde donnent des coihmotions qui peuvent tuer des chats, des rats, etc., et qui se font vivement sentir dans les bras et dans la poitrine lorsqu'on touche leurs deux garnitures extérieure et intérieure. On forme ainsi un arc dé communication qui favorise la recomposi-
tion des électricités et qui produit le choc que Ton ressent
Lor^qu^ou veut produire, sans la ressentir, cette recomposition, on se sert d'un excitateur ou arc métallique terminé par deux boules, et qu'on tient à la main par des poignées Isolantes en verre, comme des branches de ciseaux. L'électricité de la bouteille passe sur les boules, et eh mettant celles-ci en contact Tune avec Tautre, on obtient sans danger la neutralisation électrique.
Œuf électrique, — La recomposition des deux électricités qui s'opère entre des corps conducteurs donne toujours une vive lumière, d'autant plus vive que les conducteurs condensent mieux ; la couleur de Tétincplle varie avec les substances entre lesquelles elle se produit, qu'elle volatilise et dont elle transporte de très-petites parties; elle est jaune entre deux cônes de charbon, verte avec du cuivre argenté, rouge avec des boules d'ivoire, rouge aussi dans un vide imparfait où Pair n'est que raréfié, violette dans le vide, blanche dans l'air. On observe tons ces effets dans l'œuf électrique, globe de verre ovoïde, où pénètrent deux boules de laiton qui servent à recomposer l'électricité.
On fait le vide dans cet œuf électrique, qui est construit en verre et où aboutissent les deux boules d'un conducteur métallique, dont chiK^one communique avec un des pôles, positif ou négatif, de la pile; puis onyintrodoit différents gaz pour remplacer l'air ; l'aspect de la lumière électrique est alors fortement modifié. De la vapeur d'essence de téré-
benthine ou d'esprit de bois, de Palcool, du sulfure de carbone, donnent des séries de zones alternativement brillantes ou obscures et colorées.
La lumière n'est, du reste, pas continue lorsque le courant d'induction est discontinu x mais plus ce courant est rapide, plus les décharges qui se succèdent sont rapprochées ; on dirait alors qu'elles procèdent de deux mouvements qui rappellent les deux mouve* ments des cordes sonores, l'un giratoire, l'autre ondulatoire, c'est-à-dire l'un produisant des vibrations transversales en fuseau, Tautre produisant des ondulations longîtu*dinales et sphériques.
Ordinairement, la lumière du pôle positif paraît rouge, tandis que celle du pôle négatif est violette ; mais ces colorations varient avec la nature du gaz ou de la vapeur con* tenue dans Tœuf électrique.
La chaleur produite par l'étincelle électrique à l'aide des bouteilles de Leyde n'est pas moins intense que la lumière; elle enflamme l'alcool et l'éther instantanément; rougit jusqu'au blanc un fil d'acier et le fait brûler avec une vive lumière; et fond et volatilise des fils d'or, d'argent, de platine, les plus réfractaires de tous les corps.
Les décharges électriques produisent en outre de puissants effets mécaniques; elles percent le verre ; brisent le "bois et les pierres, ébranlent les liquides, et nous pouvons ainsi reproduire les déchirements, les ruptures, les expansions brusques qu'on remarque dans les effets de la foudre.
Mais les piles produisent des effets encore plus puissants, car on a pu fondre le platine, qui résiste aux plus grands feux de forge et même ramollir du charbon très-pur, qu'on n'avait {amais encore pu fondre.
Tous les autres métaux se volatilisent aisément, et brûlent, le fer et le platine en blanc ; le plomb en rose ; Tétain et l'or en blanc bleuâtre; le zinc en rouge blanc ; le cuivre et l'argent en vert.
Du reste, la quantité de chaleur dégagée ainsi est plus grande lorsque la quantité d'électricité croît et que les fils résistent plus au passage du mouvement électrique.
Deux fils métalliques mis en communication avec les deux pôles d'une pile électrique ne donnent qu'une étincelle faible lorsqu'on les réunit l'un à l'autre de manière à établir un <;ourant électrique. ,
Mais si l'on prend des fils très-longs, de plusieurs centaines de mètres par exemple, et qu'on les enroule sur un rond de carton, en les rapprochant beaucoup les uns des autres, et surtout si on place dans l'intérieur du cylindre de carton un morceau de fer doux, on obtient, en réunissant les deux extrémités des fils, des étincelles très-vives et par suite des commotions très-fortes si on vient à les toucher avec la main.
Si l'on adapte aux extrémités de ces fils deux poignées, de manière à les bien tenir, une douleur insupportable se fait sentir dans les bras lorsque le courant électrique est établi, par l'intermédiaire du corps qui sert de conducteur entre les deux fils positif et
négatif ; les bras se tordent, les muscles se contractent et serrent inyolontairement les poignées ; on peut en quelques instants tuer un chat à l'aide de cet appareil,
Le mouvement calorifique ainsi produit est d'autant plus considérable dans un fil, que le courant est plus intense, que le fil est plus petit et qu'il est peu conducteur du mouvement électrique; les métaux qui réunissent ces conditions fondent très^vite et dégagent beaucoup de chaleur.
Avec des piles de vingt et un couples, et surtout, ce qui influe le plus sur la quantité du mouvement produit, avec des piles d'une grande étendue, on obtient des ^ets calorifiques et lumineux incomparables.
Eclairage électrique. — Quand on fait passer un courant électrique entre deux fils partant de deux pôles opposés de la pile, et qu'on n'établit pas le contact entre ces deux fils, on voit se produire une étincelle qui résulte de la recomposition des deux mouvements électriques contraires, recomposition d'équilibre qui développe un très-fort mouvement calorifique qui va jusqu'au mouvement lumineux.
C'est d'après ce fait qu'on construit des lampes électriques où l'on fait jaillir l'arc lumineux de neutralisation entre deux tiges de cuivre, qui communiquent chacune 'avec un des deux pôles de la pile et qui supportent chacune un morceau de charbon assez peu combustible & l'air, charbons qu'une tige placée derrière eux fait avancer l'un contre l'autre à mesure que la ccunbustion les use et
les fait disparaître. Lorsque Tundeces deux chaînons entre lesquels Tare lumineux se produit est complètement usé, on est parvenu à le remplacer presque instantanément par un autre, mais cependant non pas tou*
I jours sans int^ruption dans la lumière.
Cette lumièipe est du reste trop vive et trop intense pour avoir pu jusqu'ici être em-
I ployée à autre chose qu'à des illuminations
I de rues, de places, de théâtres et d'espaces
1 considérables.
Il faudrait trouver le moyen de^diviser lalu-
I mière électrique, de diffuser son éclat comme
cduî du soleil, de manière que les ombres
i ne soient pas trop noires et trop heurtées,
I mais permissent encore la vision nette et
distincte. Or, la lumière électrique actuelle n*est encore qu'aveuglante et de plus elle coûte cher. On a cependant construit des lampes de mineur^ qui n'emploient pas de cônes de charbon, mais une sorte d'œuf électrique où l'aîr raréfié donne une lumière douce; ce vide partiel est d'un cinquième d^atmosphère; le foyer lumineux est assez large et l'on peut lire assez facilement à la lueur de cette lampe. En imitant et en perfectionnant cette invention, on parviendra peut-être à faire entrer la lumière électrique dans l'usage journalier.
La lumière électrique si intense, qu'on produit parla combustion de deuK charbons, peut remplacer la lumière solaire en photographie; mais elle est trop intense pour ne pas fatiguer les yeux lorsqu'on veut la faire servir K tirer des portraits. Elle a donc la
même action chimique que le soleil, et peut développer la matière verte des plantes, comme celui-ci. Toutefois, son intensité chimique ne paraît être que d*un cinquième de celle du soleil (235 par rapport à lOOO). Mais en triplant les surfaces des piles qui produisent cette lumière, on peut arriver à une intensité qui soit le tiers de celle du soleil.
Vitesse. — La lumière électrique a une haute tension dure moins d'un millionième de seconde.
Dans un fil de fer de 4 mil., Télectricité se propage avec une vitesse de 101,710 kil.
par seconde.
Dans un fil de cuivre de2'"™5, cette vitesse est de 180,000 kil. par seconde.
Les deux électricités se propagent avec la même vitesse.
La tension de l'électricité, l'intensité du courant, le nombre et la nature des éléments de la pile n'influent pas sur cette vitesse.
La vitesse augmente bien avec la conductibilité des métaux, mais sans rapport proportionnel, et sans que la section ou le diamètre des fils ait de Tinfluence.
Wheatstone donnait à l'électricité une vitesse de 460,000 kilom. par seconde; c'est peut-être un peu exagéré si on compare ce nombre à ceux qui sont cités plus haut.
Etincelle d'induction. — L'étincelle d'induction, au lieu de présenter un simple trait de feu, comme l'étincelle des machines électriques, présente autour de ce trait instantané une espèce d'auréole ou d'atmosphère
lumineuse. Un courant d'air, un souffle, un corps en mouvement comme le doigt, un aimant, entraînent et déplacent cette auréole, qui peut même être séparée sans que le jet de feu de Tétincelle en soit affecté. Cette atmosphère paraît avoir une action calorifique supâ*leure à celle du Jet lumineux qu'elle enveloppe, car lorsque les effets calorifiques disparaissent, Tatmosphère elle-même disparaît Ce n'est probablement que de l'air échauffé, où l'électricité produite par une dérivation du courant est en grande quantité, tandis que le jet de feu contient l'électricité à une haute tension.
Cette atmosphère présente du reste deux effluves lumineuses, l'une rouge au pôle positif, l'autre bleue au pôle négatifé
Lorsque cette lumière éclate dans des gaz différents, non-seulement elle se colore, mais encore ses couches parallèles, séparées par des espaces obscurs, donnent des colonnes lumineuses colorées qui, en obéissant à Faction des aimants, prennent des mouvements de translation et de rotation, au moyen desquels on a pu reproduire les apparences des aurores boréales.
Lorsque le pôle négatif de l'appareil Rhumkorff est terminé par un fil très-fin et que le courant est établi, ce fil est brûlé, tandis que l'autre pôle ne rougit même pas.
L'étincelle est du reste influencée par un courant ou un mouvement de l'air, et prend alors l'apparence de filets lumineux contournés en zigzag. Lorsqu'on interpose la flamme d'une bougie ou d'une lampe, dans le circuit
électrique, cette flamme est allongée et déviée de la ligne droite.
Cette étincelle combine l'oxygène et Thy.
drogène et produit de Peau; elle apparaît même dans les liquides et dans le vide, où eUe produit aussi une belle lumière en fuseau au pôle positif, tandis qu'elle donne une lumière très-limitée et bleue au pôle négatif.
On se sert de Tétincelle d'induction pour poitter à une grande distance des décharges qui. produisent des inflammations instanta^ nées. On peut ainsi allumer de très-loin les amorces qui doivent déterminer Texplosioa des mines, soit sous terre, soit sous Teau, et dans les guerres d'Amérique et de Chine, on a fort bien réussi à faire ainsi sauter des ouvrages éloignés et solides.
Elle peut par conséquent être également . employée pour l'exploitation dès carrières, le percement des tunnels, et toutes les opérations où il faut enflammer la poudre à distance.
APPLIGATIOMS INDUSTRIELLES DE L'ÉLëCTRCH