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MAGNÉTISME

EleotW'-magnéUsme. — Les mouvements magnétiques qui se produisent .dans les corps sont tout à fait identiques à ceux que l'électricité manifesta. Ils suivent les mêmes lois, opèrent également à distance, et s'exercent à travers toutes les substances même peu magnétiques, comme le verre, le papier, le bois. On peut, sous l'influence de l'électricité, faire cUi fer uu: aimant, lorsqu'il est pur et à

rétat de fer doux. G -est grâce à cette découverte de Paimantation du fer par l'électricité qu'on a pu construire les électro-aimants, et par suite les télégraphes électrique?. fV. plus loin Magnétisme).

Télégraphe éiectrique. — La vitesse avec laquelle l'électricité communique le mouvement d'un point à un autre est, comme on le sait, excessivement rapide. Si donc on pouvait faire de ce mouvement un moyen de transmission pour les dépèches, car on ne peut encore songer à lui faire transporter autre chose, ce s^ait déjà un immense progrès. On y parvient au moyen du télégraphe électrique.

On se sert pour cela d^une pile établie au lieu de départ (Paris par exemple), qui communique réiectricité. Le courant électrique passe par un fil métallique, qui part du pôle positif et qui va, jusqu'à la station d'arrivée (Orléans par exemple), s'enrouler un trèsgrand . nombre de fois autour d'un fer disposé en fér à cheval, dont il fait ainsi un électro-aimant Puis, le fil revient ensuite s'attacher au pôle négatif de la pile. Il est facile de faire passer le courant de la pile dans ce fil, d'interrompre ce courant à volonté^ en faisant cesser la communication du fil et du pôle positif de la pile ; par là on aimante le fer à cheval d'Orléans lorsque le courant passe dans le fil enroulé autour de lui, puis on supprime cette aimantation en arrêtant la communication. A Orléans, on dispose près des pôles du fer à cheval aimanté un morceau de fer doux,.

moDfle, qui peut être attiré par Taîniant lorsque le courant, en passant, établit Taimantation du fer à chevaL Si donc on fait

gasser le courant, Taimant attire le fer moîle; si le courant cesse de passer, le fer se détache de l'aimant et en reste séparé.

Supposons maintenant qu'à Paris on mette le fil en communication avec la pile au moyen d'un bouton qui porte une aiguille à son centre, et qui fait en môme temps tourner une roue qui, par ses dents, touche et quitte alternativement un montant métallique par où passe le fil pour quitter l'appareil de départ.

Lorsque le bouton fait mouvoir la roue, une dent vient frapper le montant, et la communication entre le fil et la roue s^établit, le courant passe; lorsque le montant se trouve entre deux dents sans en être touché^ le courant électrique ne passe pas le long du fil.

Or la roue et ses dents sont disposées de manière que le courant cçsse lorsque^ Taiguille est arrêtée sur une lettre d'un cadran circulaire sur lequel elle peut tourner. De sorte que lorsque Ton fait tourner Taiguille pour la placer sur une autre lettre, une des dents de la roue frappe le montant, le courant s'établit mais s'interrompt de nouveau légèrement lorsque l'aiguille traverse la barre de séparation de chaque lettre, et s'interrompt tout à fait lorsqu'elle s'arrête sur une lettre nouvelle.

Pendant ce temps, à la station d'arrivée, la barre de fer qu'attire l'aimant lorsque lecou*

rant passe supporte également une aiguille qui parcourt un cadran semblable à celui de Paris ; cette aiguille est gouvernée par une roue dentée qui vient frapper sur deux chevilles adaptées à deux branches de la pièce de fer.

Lorsque le courant s'établit, la pièce de fer est attirée, une des chevilles est poussée et fait marcher la roue de manière à amener l'aiguille sur les mêmes lettres qu'à Paris.

Télégraphe de Morse, — L'appareil le plus employé aujourd'hui est le télégraphe de Morse, beaucoup plus simple que le télégraphe à cadran, et qui de plus écrit luimême ses dépêches.

A la station de départ un petit bouton métallique pèse à l'extrémité d'une tige élas- . tique, laquelle tend toujours par suite de son élasticité à former levier. En pressant le bouton on le fait toucher à une virole métallique disposée sous lui, et qui communique avec deux autres boutons auxquels sont attachés les fils positifs et négatifs. Le courant s'établit alors, et il suffit de laisser le ressort abandonné à lui-même pour que le courant s'interrpmpe.

A la station d'arrivée deux électro-aimants verticaux, autour desquels s'enroulent les fils métalliques, attirent une plaque placée horizontalement près de leur extrémité supérieure. Cette plaque est liée à un levier qui porte un poinçon. Lorsque le courant s'établit, la plaque s'abaisse, l'extrémité qui porte le poinçon s'élève et rencontre une bande de papier qui, enroulée en grande masse

sar un disque tournant, avance continuellement Lorsque le courant est établi, le poinçon marque une trace sur le papier qui s'avance toujours. Si le courant est brusquement interrompu, le poinçon ne marque qu'un point ; si le courant dure un peu plus longtemps, le poinçon reste phis longtemps levé, et trace une ligne sur le papier, de sorte qu'à volonté, on peut lui faire écrire sur ce papier ce que Ton veut, en convenant que les points et les lignes, disposés d'une ceitaine manière, représenteront les lettres, et qu'on mettra entre chaque lettre un certain intervalle, et efitre chaque mot un temps plus grand. Les intervalles sont marqués sur le papier par des espaces blancs.

Ainsi un point et une ligne représentent Va; deux points 1'/, etc.

Voici du reste Talphabet aujourd'hui usité:

^■•■•^^«C • • • • n '— •• Il • • «s "mm» a^i— X

Ce système est actuellement le plus généralement employé, car il imprime suffisamment nettement lui-même les dépêches.

Cependant en Angleterre on fait encore usage d'un télégraphe à aiguilles aimantées, mises en mouvement par deux poignées qui font circuler ou interrompent le courant au-

tour d^elle. La déviation de Taigaille sous Faction du couraat sert à marquer lies lettres. Une déviation, de Taiguille gauche, deux de la droite signifient Ve;' une déviation de la gauche, une de la droite, a, etc.

La terre, comme les liquides, est un exeel:lent conducteur de l'électricité, et Ton. peut s'ea servir pour remplacer le fil de retour d'un télégraphe électrique, pourvu que le fil conducteur d'aller et retour se termine par une plaque enterrée dans le sol, et que la pilé du départ communique avec la terre de la même manière. Plus ces plaques sont grandes et la terre humide, plus la faculté de transmission de la terre est grande, et lorsque le fil est petit, la pile agit à une. bien plus grande distance; plus le mouvement est long, plus la terre offre d^avantagesL

On a même réussi à faire traverser le cou* rant à une rivière sans aucun fil conducteur, à Taide de plaques de cuivre placées sur les deux rives.

Télégraphe à clamer. —Le piano enregîsftreur ou l'imprimerie électrique de l'américain Hugues est une autre application de la puissante. vitesse de l'électricité. On^ dispose, à Paris et à Marseille par exemple, deux cadrans identiques, offrant les 24 divisions ou 24 lettres de l'alphabet. Chaque eadran porte une aiguille mue par un poids qui lui fait faire cent vingt tours à la minute. La précision des machines est telle, que si les deux aiguilles partent en même temps d'un point du cadran quelconque, mais identique pour ' tous les deux, elles passent toijgours au mo-

— sèment précis sur les mêmes lettres des deux cadrans. Chacun des appareils possède une roue d^imprimerie correspondant à son aiguille, roue qui porte sur 24 divisions les 24 lettres de Talphabet Ces lettres sont amenées par la roue vis-à-vis une bande de papier qui se déroule sans cesse.

Alors, quand la lettre A est marquée par Faiguille à Paris sur le cadran, elle Test aussi à Marseille; la lettre A de la roue est amenée vis-à-vis du papier, et celui-ci par un petit mouvement se rapproche de la roue et reçoit l'empreinte de la lettre A. C'est l'électricité qui détermine ces mouvements ; il suffit pour cela, à la station de départ, d'abaisser la touche A sur le clavier de piano que possède l'instrument. Ce clavier contient les 24 lettres de l'alphabet, et l'on peut jouer dessus comme sur un piano, composer des mots avec les lettres que marque chaque touche, et faire imprimer ces mots, par conséquent, à Marseille.

La rapidité des transmissions est réellement inouïe; quelle que soit la rapidité du mouvement des doigts sur le clavier du départ, la dépêche est imprimée à Tappareil d'arrivée.

Si l'on mettait, dit M. Dumas, à profit dans cet instrument les prodiges de doigté dont les femmes font preuve dans l'étude du piano, on verrait des sténographes d'un nouveau genre imprimer un discours simultanément dans plusieurs villes, à Strasbourg, Marseille, Bordeaux, pendant qu'on le prononcerait à Paris. Il suffirait d'établir dans

ces villes des appareils en communlcatloa avec celui de Paris.

Dans le télégraphe à clavier, le courant électrique ne sert qu'à embrayer ou à désembrayer la roue qui soulève la bande de papier, car tout le reste marche par le poids de oO kllogr. qui fait mouvoir Taiguille.

Dans le télégraphe enregistreur électrochimique de Bain, l'électricité joue un rôle plus actif, car elle sert à imprimer en signes colorés. Un papier imprégné de cyanure jaune de fer et de potassium est décoloré par le courant d'une pile locale établie au poste qui reçoit la dépêche; toutes les fois quece courant passe au travers du papier, un trait bleu est marqué sur le papier à chaque fois, par suite de Taction chimique de Télectricité.

Pantographe Caselli, — Avec le pantographe Caselli, le destinataire reçoit les dépêches réellement écrites de la main de Texpéditeur, et non-seulement récriture, mais les marques de fabrique, les dessins, la signature, etc.

Cet instrument, aujourd'hui adopté par l'administration télégraphique française, consiste en une pointe qui circule sur une feuille de papier recouverte d'une matière métallique, et sur laquelle on a tracé les lettres, les lignes, etc., avec une encre non conductrice de l'électricité : chaque fois que la pointe passe sur le métal, le courant circule du bureau expéditeur au bureau d'arrivée; mais il s'interrompt lorsqu'il rencontre les traits tracée à l'encre qui interceptent le mouvement électrique. Au bureau de réception,

une x>oiate en commanication avec le fil télégraphique circule sur une feuille de papier préparée de même, et métallisée, et ies traits inscrits se reproduisent par les interruptions de courant 11 y a là bien moins de chances d'erreur, moins de responsabilité pour les employés, plus grande authenticité des correspondances, et économie de maind'œuvre.

Aujourd'hui, pour tous ces télégraphes, on se contente d'un seul .fil allant dMne station à l'autre; on se borne à mettre le fil oégatîf à l'arrivée et au départ en communication avec la terre, et le courant revient du télégraphe d'arrivée au télégraphe de départ conduit uniquement par la terre.

Le fil positif, est au contraire isolé de la terre, pour que le courant ne s'égare pas, et on le suspend à des poteaux placés le long des lignes de chemin de fer à l'aide d'attaches peu conductrices telles que des godets de porcelaine renversés pour éviter l'humidité.

On n'emploie qu'un fil pour correspondre dans un sens ou dans un autre ; on se borne à mettre le fil conducteur en rapport avec l'appareil d'envoi ou d'arrivée, selon qu'on expédie ou qu'on reçoit une dépêche.

En effet, deux courants inverses peuvent coexister dans un même fil télégraphique sans se troubler, car c'est le résultat de la cûnnexité des petits mouvements qui marchent en sens contraire sans se détruire.

Télégraphes sous-marins, — On établit aussi des.télégraphes sous^marins où les fils

condact^iFS sont isolést de la mer, très*con* ductile elle -même, par des couches de gatta-percha^ matîève isolante de rélectricité qui Tempôche de se perdre dans le liquide qui l^envii^nne. Beaucoup de ces télégraphes fonctionnent aujourd'hui, malgré d^assez fréquentes ruptures des câbles électriques posés au fond de la mer, et qui pè* sent souvent de 100 à 200 mille kilogrammes.

Ces câbles, qui ont souvent plus de 400 kilomètres de longueur, sont formés de fils de cuiyre pour conducteurs, entourés de fils de fer et de guttar-percha, qui lui forment une sorte de gaine imperméable.

Horloges électriques^ — Le système de transmission du télégraphe électrique de Morse a été appliqué à la transmissimi^ de Theure exacte aux diverses horloges, soit d^un établissement, soit d'une ville, de ma-« nière k faire donner à toutes en même temps les mêmes in^cations concordantes.

11 suffit pour cela de mettre lebalander ou pendule d^une horloge régulatrice en. contact facile avec un courant électrique;, on dispose pour cela, de chaque côté de ce pendule, deux lames métalliques à chacune desquelles est attaché Tua des deux fils positif ou négatif de la pile. Le balancier, en touchant alternativement chacune de ces lamesy établit le courant entre elles, courant qui s'inter^ rompt pendant le trajet de Tosciliation du balancier. Or^ le fil positif communique avec un: cadran sans mouvement d'horlogerie,, et où une aiguille est seule disposée pour marquer les. secondes» minutes et heures; le fil

va s'enrouler sar un électro-aimant posé derrière le cadran. Cet aimant attire à lui, lorsque le courant passe, une lame de fer qui, comme dans le télégraphe à cadran, fait marcher une roue, et par elle Taiguille du cadran* Si le courant cesse, Taiguille reste immobile, et, comme par suite du mouvement du balancier qui établit le courant toutes les secondes, l'aimant attire la pièce de fer aussi toutes les secondes, il se trouve que celle-ci fait marquer à Taiguille toutes les secondes avec une régularité parfaite.

Ce cadran peut se placer en un endroit très-éloigné de Thorioge régulatrice, qui peut, du reste, transmettre également le mouvement à un certain nombre d'autres cadrans. Dans quelques villes de Belgique, on a placé des cadrans de ce genre dans les lanternes à gaz, et plusieurs de nos gares de chemin de fer emploient ce moyen économique pour régler leurs horloges.

Métier électrique à tisser de Bonelli. — Lorsqu'il s'agit de fabriquer la toile, le tisserand soulève alternativement les fils pairs et impairs de la chaî e , dans le sens de la longueur; puis il fait passer à chaque fois^ par un coup de la navette, petit bateau qui sert d'aiguille et qui porte le fil, il fait passer, disons-nous, le fil de trame entre eux^ c'està-dire dans le sens de la largeur. Voilà pour la toile ordinaire. Mais lorsqu'on veut produire un dessin avec les fils mêhies de l'étoffe, soit avec des fils de difl'érentes couleurs, soit avec des fils semblables, il faut soulever les fils de chaîne dans un ordre déterminé, qui

n*est pas le môme à chaque coup de navette, qui varie suivant le dessin à produire, afin que chaque ligne ou chaque point ou portion correspondante du dessin, se produise sur toute la trame. C'est ce que les tireurs de lacs exécutaient jadis à la main avec beaucoup de peine et aux dépens de leur santé ; c'est ce que produisent très-facilement les cartons percés de trous, inventés par Jacquart, correspondant aux numéros des fils de chaîne qui, à chaque coup de navette, doivent être soulevés. L'électricité obtient un résultat bien plus prompt encore ; on se sert d'un carton métallique, couvert d'un dessin non conducteur de l'électricité, et fait avec une substance qui ne permet pas à un courant électrique de se produire, et sur lequel passent des pointes métalliques qui correspondent à chaque fil de chaîne. Lorsque ces pointes touchent le métal ou la feuille d'étain plaquée sur le carton, le courant s'établit et les fils de chaîne s'élèvent et laissent passer les fils de trame; lorsque les pointes touchent le dessin, le courant ne peut avoir lieu; il s'interrompt, les fils restent immobiles, et la navette continue sa course en passant son fil de trame sous les fils de chaîne qui le recouvrent.

La délicatesse des organes de ce métier a jusqu'ici empêché de l'employer très-généralement; mais le principe sur lequel 11 est fondé est ingénieux et pourrait recevoir, dans d'autres industries, des applications utiles ; c'est pourquoi nous en avons parlé.

Moteurs électriaues* — Quant aux moteurs

électriques^ ils n'ont pas encore pris dans rindustrie. une place bien considérable. Le principe, qui a dirigé leur constnictioa.

esttoujourscedui qœ nous avons; vu fonc*tionner dans le télégraphe électrique. Un courant rend un fer doux aimanté», et lui fait attirer une: pièces quelconque qui trama-met elle-même le mouvement utile à divers organes mécaniques. Parfois, lorsque le cqut rant est interrompu» cette pièce attirée continue son mouvement, puis, réa^née de nouveau en sens inverse, reprend son premier cheminv et acquiert ainsi un> mouvement, de varot^vient^ ou bi^i ce fer doux communique son mouvemait à> un balancier qui fkit tourner un volant; ou bien, encore une s^ie d'électnMiimants mettent en rotation le fer doux lui^m^ne qui, attiré par le: premier.

Test ensuite par le second, ainsâ de.suite^ de manière à exécuter un mowtrement circulaire.

Tous ces appardls sont encore aujourd'hui plus coûteux que productifs, et. ne pavent entrer en- lutte avec les plus minimes maclrînes à vapeur au point de vue du. travail et de réconomie produite. Ilà^servent.s^iement pour certaines^ opérations; sciâotifiques de précision; toutefois,, il est juste de. men-^ tionner les sonueriest électriques^ tnès-res^ sémillantes aux. télégra^ei^. qui paraissent prendre dans la vie ordlnsdueruna, certaine extensioo»

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