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ÉLASTICITÉ

Lorsque nous comprimons les corps, que nous changeons leur forme ou leur volume, nous les voyons revenir à leur état primitif, lorsque la compression cesse. L'arc tendu se détend lorsque la main laisse échapper la corde; le fil tordu, laissé à lui-même, se détend, et la lanière de caoutchouc reprend

après la tension sa forme première. Cependant cette élasticité a des limites, pour les solides surtout.

Mais lorsque les molécules ont été ainsi dérangées de leur place et de leur position d^équilibre, elles y reviennent avec des vitesses qui produisent des efTets souvent considérables. Ainsi, c'est la vitesse avec laquelle les extrémités de Tare reviennent à leur première position qui donne une grande rapidité à la flèche. Des billes d'ivoire lancées avec force contre du marbre rejaillissent à une grande hauteur, et les gouttes, liquides, surtout de mercure, tombant sur une table, rebondissent comme de petites balles.

Cette propriété de la matière est appelée élasticité.

Martelage, — Trempe. — Etirage. — Mais les solides ne sont élastiques que jusqu'à une certaine limite, au delà de laquelle leurs molécules ne reprennent pas la force primitive. Cette limite varie beaucoup selon les corps, selon leur état et selon leur forme. Une lame de plomb est moins élastique qu'une lame de verre et celle-ci l'est moins, si elle est épaisse, que des filets déliés de verre.

On augmente cette élasticité des métaux en les passant à la filière, au laminoir, ou en les frappant au marteau pour les écrouir, c'est-à-dire en rapprochant leurs molécules les unes des autres. La trempe, c'est-à-dire l'immersion et le- refroidissement subit dans l'eau froide, dans l'huile, le suif ou d'autres liquides, d'un corps porté à une haute température, accroît aussi l'élasticité. L'acier,

par exemple, si peu élastique qa*il plie et conserve la forme, qu'on veut lui donner, devient par la trempe non-seulement plus dur, plus cassant, mais encore Tun des corps des plus élastiques.

On peut détruire cette élasticité par le recuit, en réchauffant Tacier et le laissant refroidir lentement

D'autres métaux et quelques alliages sont, au contraire, rendus ductiles et malléables par la trempe, et il faut un refroidissement lent pour leur donner dureté et élasticité. C'est en particulier le cas de Talliage des cymbales et des tam-tams (4 parties de cuivre et une d'étain).

Ihictilité. — Malléabilité. — Un corps est donc dtictile lorsqu'il peut sans se rompre être étiré en fils déliés. On se sert pour cela de la filière, qui est une plaque d'acier percée de trous de plus en plus grands ; on fait passer les métaux successivement dans tous ces trous, et on obtient ainsi des fils- de fer, de laiton, et même d'argent doré, avec lesquels on fait les galons et les étofites de soie.

Un corps est malléable lorsqu'il peut facilement être réduit en lames minces, soit par l'écrouissage, soit par la compression entre deux cylindres de matières dures, entre lesquels il passe et d'où il sort en feuilles minces. Le laminoir est fréquemment employé dans l'industrie.

Les métaux les plus employés sont les uns plus, les autres moins aptes à être étirés ou laminés. Voici l'ordre de leur plus grande aptitude à être

PilYSIQUI. — I. - 2.

Etirés,

I Plalinc (s-5'

« Fer (0-6

3 Cuivre (2-4)

4 Or (1-3) % Ëtain (3-2) 6 Plomb (4-1)

Laminés.

Martelés.

1 Or 3 Cuivre

3 Eiain

4 Plomb

5 Platine

6 Fer

i Plomb s Etain

3 Or

4 Cuivre

5 Platine

6 Fer

Du reste, la température surtout fait beaucoup varier la ductilité et la malléabilité. Le verre, très-fragile à la température ordinaire, se laisse étirer en fils très-déliés à une température élevée, et s'il est convenablement chauffé dans toutes ses parties, il devient malléable au point de se courber, de se souffler en bouteilles et de prendre toutes les formes. 11 en est de môme des cires et des résines, du zinc, du fer et d'autres métaux que la chaleur ramollit et rend malléables.

Choc des corps élastiques, — Lorsqu'une bille élastique tombe sur le marbre, elle se comprime, ainsi qu'on peut s'en convaincre, si* Ton a humecté le marbre d'eau ou d'huile; on aperçoit alors une place assez large où le liquide a été enlevé par la balle qui s'est aplatie, puis a rejailli à une certaine hauteur. Si son élasticité et celle du marbre étaient parfaites, elle remonterait à la hauteur d'où elle est tombée ; c'est ce qui arrive pour les balles en caoutchouc fortement lancées, c'est-à-dire ayant une grande vitesse.

La bille ou la balle reprend donc, après le choc, par son élasticité, une vitesse égale, mais en sens contraire de celle qu'elle avait auparavant; car la réaction est égale à

Taction, mais contraire à la direction de celle-ci.

Lorsque le choc est oblique, les billes élastiques ne reprennent plus leurs directions primitives, mais, elles se meuvent par une direction oblique ; et l'obliquité de ce mouvement de retour est égale ou forme un angle égal à celui de leur premier mouvement On appelle angle d'' incidence^ l'angle fait par la direction oblique de la bille avec la sur* face qu'elle frappe et la verticale à cette surface; et angle de réflexion, l'angle fait par le mouvement oblique que suit la bille qui rebondit, et Toq dit que l'angle d'incidence est égal à l'angle de réflection, c'est-àidire que l'obliquité des deux mouvements avant et après le choc , est égale quoi^iae en sens contraire, comme les deux jambages d'un V.

Mais lorsque je lance une balle peu élastique avec une certaine force, et qu'elle rencontre une autre balle également peu élastique^ les deux balles se compriment xnutuellemeivt.

Leurs vitesses, si elles sont égales, et si les masses des balles le sont aussi, s'annulent,. et celles-ci restent en repos, ou tombent sur la teirre jfans continuer leur mouvement ; mais si la rltesse de l'une est fUm grande^ die commctnique à l'autre une partie de son mouvement et l'entraîne dans son sens. Si an boulet de 48 en rencontre un de 34 laneé en sens opposé avec une vitesse égale, le boulet de 48 entraînera avec lui le boiilet de 24, parce que sa masse est double ; mais si le boulet de 24 avait une vitesse double de

celle du boulet de 48, les deux boulets s'arrêteraient Tun Tautre, sans s'entraîner réciproquement

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