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COMPRESSIBILITÉ

Plus un corps contient de pores, plus il est compressible; Teffort seul de la main rédtdt une éponge à un sixième de son premier volume, tandis que de Teau comprimée dans une pièce de canon de 8 cent d'épaisseur fait éclater celle-ci avant d'être réduite aux 19/20 de son volume, c'est-à-dire avant d'être réduite de 1/20. Or, il faut une pression égale à 2,000 fois la pression de l'atmosphère pour faire éclater ce canon; qu'on juge par là de la résistance de Teau. En générai, les liquides sont tous très-peu compressibles, tandis que les gaz semblent réaliser cette fable arabe, d'un peu de fuméç, qui, enfermée dans une boîte, pouvait, lorsque la boite était ouverte, se répandre dans tout un pays et le couvrir, mais il y a cependant une limite à la compressibilité des gaz; sans cela on pourrait arriver à comprimer tout Tair qui entoure la terre, dans un très« petit espace.

L'eau pour chaque atmosphère se comprime d'environ 50 fois la millionième partie de son volume ; elle est donc compressible, mais combien peu, si on la compare aux gaz.

C'est que la combinaison de l'hydrogène et de l'oxygène qui forment l'eau est déjà le résultat d'une pression très-grande opérée par les molécules de l'un et de l'autre gaz les

unes sar les autres ; par suite, un rapprochement très-grand s'est opéré entre elles, et il est difficile d'en opérer un autre de nouveau. Aussi 1 million de litres d'eau soumis à une pression de 1, 2, 3 atmosphères diminuerait seulement de 50 ou 48 litres, ou deux fois 48, ou trois fois 48 litres, selon le iK>mbre d'atmosphères.

Les gaz, au contraire, se compriment suivant une proportion croissante; ainsi, un gaz qui, soumis à la pression de i kilog., au> rait im volume égal à 4 litre, n'aurait plus qu'un volume de 1/2 litre pour une pression de 2 kilog., de 1/3 de litre pour un^ pression de 3 kilog., autrement dit, le volume diminue lorsque la pressloa croît ; la <lensité, par suite, croît avec la pressi<ott, qui accumule plus de matière sous un même volume; par suite, la force élastique du gaz qui tend à réagir contre la pression croît également avec celle-ci et avec la densité.

Machines de compression. — Les eaux gazeuses artificielles de Seltz et beaueoup de vins mousseu]!, débités sous le nom de viBs de Champagne, reçoivent l'acide carbonique qui les rend gazeux et mousseux au moyen d'une pompe de compression qui force le gaz à se dissoudre dans le liquide avec lequel on le comprime.

Les soufâets d'appartement ne sont que de« machines à compression, qui compriment plus ou moins l'air.

Mais les machines qui servent à la compression des gaz dans l'industrie ou qui se servent de cette compression pour produire

un trarail moteur, reçoivent des dispositions particulières. Elles comprennent ordinairement un piston parcourant Tintérieur d'un cylindre de métal , et pressant sous son poids l'air introduit dans la capacité du cylindre. Il importe que les parois du cylindre soient très-résistantes, car elles doivent supporter des pressions considérables.

Pour exprimer la quantité dont un gaz est comprimé, on dit qu'il est comprimé à 40, 15, 30 atmosphères , c'est-à-dire qu'on a comprimé de ce gaz un volume 40, i5, 30 fois plus grand que celui que contient ordinairement le cylindre sous la pression habituelle de l'atmosphère.

Gazomètres. — Il est souvent nécessaire de faire écouler constamment le gaz d'un endroit qui le contient ; on y parvient par l'écoulement constant d'un liquide dans les vases où il chasse et remplace une même quantité de gaz dans un temps toujours égal.

Cependant dans l'emploi du gaz de Téclaîrage (hydrogène carboné, ou hydrogène combiné avec le charbon), afin que l'écoulement du gaz soit continu on a besoin d'une pression constante. Aussi les gazomètres, sortes de grandes cuves en tôle épaisse qu'on remplit de gaz hydrogène, plongent-ils dans des bassins 'remplis d'eau, de manière que le gaz soit en contact avec la surface de Teau.

Le gaz qui provient de la distillation de la houille est amené par des tuyaux de conduite dans la cloche; il la remplit et par sa légèreté la soulève, jusqu'à ce qu'elle ne plonge

plus que de quelques pouces dans Teau, alors on . arrête l'arrivée du gaz et on ouvre les conduits de distribution qui sont adaptés à la cuve d'hydrogène carboné.

Le gaz s'y précipite, parce que de toutes parts il est pressé par l'eau de la cloche qui l'entoure et il se répand dans les conduits souterrains et va porter la lumière dans les rues et les maisons." Des contre-poids règlent du reste la pression et par suite l'écoulement du gaz.

Fusil à vent. — Le fusil à vent est fondé sur la compression de l'air. La crosse du fusil est en métal et creuse ; elle porte à son extrémité une soupape iqui s'ouvre du dehors au dedans. On visse une pompe foulante sur cette extrémité et l'on comprime l'air dans la crosse avec une force de 15 atmosphères.

On remplace, ensuite, quand la crosse est chargée, la pompe par le canon du fusil, où Ton introduit la balle et les deux bourres.

Après avoir ajusté, on tire un ressort placé sur lé canon et qui ouvre la soupape; l'air sort alors avec une grande force et la balle est projetée au loin. On n'entend qu'un bruit faible et on ne voit qu'une lumière pâle produite par le frottement de l'air et des solides. On peut ainsi tirer plusieurs coups sans recharger la culasse, parce qu'à chaque coup, il ne sort qu'une petite quantité d'air.

Manomètres — Pour mesurer la pression des gaz comprimés on se sert des manomètres et des soupapes de sûreté. Les premiers sont des tubes deux fois recourbés, fermés d'un côté, ouverts de l'autre, et contenant du

côté fermé, de l'air d'abord, puis, au-dessous, du mercure qui peut monter dans les deux branches, et qui est au même niveau dans Tune et dans Tautre sous ]a pression atmosphérique. On fait communiquer la branche ouverte avec le gaz dont on veut connaître la force élastique, par exemple, avec la vapeur d'eau des chaudières des machines à vapeur.

Cette vapeur ayant une force supérieure à celle de l'air renfermé dans le côté bouché du tube, force le mercure à monter dans cette branche ; la différence qui existe entre le niveau qu'atteint alors le mercure et celui qu'il conserve sous la pression ordinaire indique le nombre d'atmosphères ou de i kil. 033 dont est composé l'excès de force élastique de la vapeur d'eau. Une échelle graduée placée à côté du manomètre donne ces indications.

On ferme quelquefois la deuxième branche du manomètre, mais les variations de température rendent souvent inexact ce genre d'instruments.

Les soupapes de sûreté sont des espèces de bouchons métalliques qui s'ouvrent lorsque les gaz des machines auxquelles on les adapte ont une force élastique qui dépasse le poids qu'on fait supporter aux soupapes.

11 suftit de diviser par l'étendue de leur surface-quiest pressée par le gaz, — par exemple 20 centimètres carrés, — la force ou le poids soulevé par le gaz, 560 kilogrammes par exemple, et Ton aura, par centimètre carré, le poids de la pression en kilogrammes :

= 28 kiiogrammes

OU à peu près 27 atmosphères.

Compression des solides. — Mais l'industrie tire un grand parti de la compressibilité des solides; c'est en comprimant fortement la bouillie décolorée et formée de vieux chiffons, de débris de papiers ramassés par les chiffonniers, qu'on obtient les feuilles de papier plus ou moins fines, selon la nature de la pâte. On fait également avec des pâtes de papier mâché, ou de carton-pâte, etc, des sculpture», des figures, des ornements, en comprimant fortement ces substances dans des moules de différentes formes, qui représentent divers objets. On se sert aussi de sciure de bois (et surtout de sciure dé bois de palissandre, parce qu'elle contient une résine que l'on fait fondre avec un peu de sang liquide) pour obtenir une pâte que Ton comprime très -fortement à 175 degrés de chaleur et qui donne un corps qu'on peut tailler et découper après l'avoir fait sécher.

Le caoutchouc peut être également moulé de la même manière.

Il importe, dans les édifices, de tenir grand compte de la piession que supportent les pierres placées à la base des constructions ; si on ne les choisit pas de manière qu'elles soient douées d'une assez grande résistance, on les voit faiblir sous l'énorme poids qui les presse.

La pression, le martelage ou l'écrouissage rendent également les métaux plus com-

pactes, et c'est ainsi qu'on peut, en frappant fortement et subitement les monnaies et les médailles de bronze, à l'aide d'un poids énorme appelé balancier, les façonner comme de la cîre, et imprimer sur leurs faces les dessins, lettres, figures, emblèmes qu'on veut y représenter. Par suite de la compression que subissent ainsi les pièces, elles ont toujours un moindre volume qu'avant d'avoir été frappées.

Ecoulement des solides. — Enfin dans ces derniers temps, en comprimant très-fortement de la glace, du plomb, des pâtes céramiques pour faire la porcelaine, on est parvenu à faire écouler ces sofides sans Tinter vention ordinaire des foyers calorifiques , sans les fondre et sans les faire changer d'état. On a pu obtenir des jets qui s'étiraient à la filière ; on a même trouvé que la glace s'étirait beaucoup plus facilement que le plomb; celui-ci avait besoin de supporter une pression de 50,000 kilogrammes, tandis que la pression sur la glace s'est bornée à 10,000 kilogrammes, soit 126 kilogrammes par centimètre carré,

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