‹ Physique mécaniqueChapitre 107 sur 124 · DES MÉTÉORES · texte numérisé non relu

DES MÉTÉORES

De la rosée .

Voyons d’abord quelles sont les circonstances favorables et quelles sont les circonstances contraires à la production de la rosée. La rosée ne se dépose en grande quantité que pendant les nuits câlines et sereines ; il paraît bien constaté qu’il ne s’en produit jamais sous l’influence du vent et d’un ciel couvert, même dans les nuits également calmes et sereines : tout ce qui augmente l’humidité de l’air, paraît aussi favoriser la production de la rosée. La réunion des circonstances les plus favorables, se trouve plus souvent au printempset surtout en automne qu’en été. La rosee sous un ciel pur, se forme pendant toute la durée delà nuit : elle est moins abondante entre le coucher du soleil et minuit, qu’entre minuit et le lever de cet astre. Les métaux polis ne se couvrent pas en général de rosée ; cette inaptitude se communique aux corps qui reposent sur leur surface. Ainsi un morceau de papiei exposé à un ciel serein, posé sur une lame métallique , se chargera de moins d’humidité que s’il était placé sur une lame de verre. Tous les métaux ne résistent pas également à la formation de la rosée : par exemple, on voit quelquefois le platine, le fer, l’acier , le zinc et le plomb couverts de rosée, tandis que l’or, l'argent, le cuivre etl etam placés dans les memes circonstances, se conservent parfaitement secs. L’état mécanique des corps influe sur la quantité de îosée dont ils se mouillent : en général , la division des substances est propre à l’attirer. Dix grains de laine placés sous une planche , augmentent en une nuit de 9 grains en poids , tandis qu’un egal poids de la meme laine, placé sur l’herbe, et à découvert, se charge de i5 grains de rosée: on pourrait croire d’après cela que la rosée tombe comme la pluie; mais le docleui TVels a piouvc le contraire par des expériences. La formation de la rosée est toujours accompagnée de froid; la température de l’herbe et de tous les corps qui se couvrent de rosée , est plus basse que celle de i air environnant. C’est ce que le docteur mis a reconnu au moyen de thermomètres placés près du sol et à différentes hauteurs : cette u,.crcucc se remarque près du coucher du soleil et elle a lieu jusqu apres sou

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lever : elle n’a plus lieu dans les nuits sombres. Si, pendant une nuit sereine, un nuage passe au zénith ,1a température de l’herbe monte aussitôt , tandis que celle de l’air ne change pas sensiblement. La température des métaux descend rarement de i° à 20 au-dessous de celle de l’air ambiant. Il résulte des expériences précises et variées du docteur Wels, que le refroidissement des corps précède toujours l’apparition de la rosée, qu’on doit regarder comme conséquence et non comme cause du refroidissement des corps sur lesquels elle se dépose : s’il n’en était pas ainsi , tous les corps devraient s’en couvrir et se refroidir également : or, l’observation prouve le contraire, puisque, comme nous l’avons dit, la températuie des métaux ne s’abaisse que de 2° au-dessous de celle de l’atmosphère , tandis que l’abaissement du papier, du verre, des matières organiques, va quelquefois jusqu’à 8°. La cause de ce refroidissement inégal, est, d’après JFels, le rayonnement de la chaleur : plus cette faculté rayonnante des corps est grande, plus le refroidissement est considérable, en sorte que toutes les circonstances qui tendent à augmenter le rayonnement, augmente le froid produit, et par suite le dépôt de la rosée : ainsi, sous un ciel pur, la chaleur lancée vers les régions supérieures, se perd dans l’espace et la rosée se forme en abondance : sous un ciel couvert, les nuages compensent parleur rayonnement propre et par leur réflexion, la chaleur perdue parles corps placés à la surface de la terre : c’est par cette raison qu’il ne se dépose pas de rosée sous les arbres et près des grands édifices. Le refroidissement des feuilles, en vertu duquel elles se couvrent d’eau, peut être porté à tel point que cette eau se congèle : ce phénomène constitue les gelées blanches. On conçoit, d’après ce qui vient d’être dit, comment les vents qui s’élèvent pendant la formation de la rosée, en arrêtent ou en retardent les progrès , en amenant de nouvelles couches d’air chaud qui cèdent aux corps terrestres une portion de leur chaleur propre et les empêchent de se refroidir: d’un autre côté, ce renouvellement de l’air, en accélérant l’évaporation, doit être contraire à la formation de la rosée. M. l’astronome Flaugergues qui a enrichi la physique de plusieurs faits curieux et de recherches intéressantes , a inventé un instrument nommé Drosoinètre , propre à donner la mesure de la quantité de rosée qui se précipite dans une nuit : ce physicien ayant recueilli au moyen de cet instrument et pesé l'eau delà rosée

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pendant le courant de Tan 1828, a trouvé qu’elle était de 3 lignes, et qufil était tombé dans la meme année 102,5 fois plus de pluie que de rosée : que le mois ou il est tombé le moins de rosée, est celui de mars, et que celui pendant lequel il en est tombé le plus , est le mois d’octobre.

Tout le monde a remarqué que lorsque l’air extérieur se refroidit la nuit, les vitres des fenêtres se couvrent intérieurement d’humidité ; cette eau s’est précipitée de la portion d’air intérieur refroidi par son contact avec le carreau. Le refroidissement venant à continuer, cette eau se convertit en glace , en suivant les lois d’affinité qui lui font prendre des formes particulières. Telle est l’origine de ces ramifications cristallines, appellées givre, qu’on voit sur les vitres, le matin des jours froids. Voici maintenant ce qu’a observé M. Prévost : si sur la surface de l’un des carreaux et du côté de l’air froid, on colle ou on fixe une lame de métal poli, il ne se déposera que peu ou point d’humidité sur la partie du carreau, en contact avec l’air chaud, et qui correspond à l’armure métallique; tandis que le reste sera couverte de rosée : cela vient dece que la lame métallique placée sur la surface contiguë a l’air froid, réfléchit vers 1 intérieur toute la chaleur qui tend à s’échapper et empêche ainsi cette portion du carreau de se refroidir. Le contraire arrive si l’armure métallique est appliquée sur la surface contiguë à l’ai r chaud.

Pendant tout le temps que le froid a duré, le murailles se sont refroidies : lorsqu arrive le dégel , elles enlèvent du calorique a 1 au* ambiant; l’eau qui s’en précipite se dépose sur la paroi et la mouille. Le soleil ne pénétrant pas dans l’intérieur des forêts, lorsque l’air des environs dont la température est plus élevée, vient a y pénétrer , cet air se refroidit et lâche line partie de son eau. Iel!e est 1 oiigine d’un grand nombre de sources qui ont disparu dans beaucoup oc lieux oii l’on a détruit les forêts.

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