De V ascension et de V abaissement des nuages
L’histoire de l’évaporation nous a appris qu'a une température donnée, un espace limité n admet qu’une quantité limitée de vapeur, cl qu’aussitôt qu’on diminue 1 espace ou la temperatuic, la \apeur se condense et s’offre à nos regards sous diflérens états. Sui\ant Suu*
sure , la vapeur au momen
t ou elle se précipite de 1 air, se transforme
5UTPLEMEINT
en petites sphères creuses et remplies d’air, qu’on a désignées sous le nom de vésicules : ce physicien les a examinées à l aide d’une lentille, et il a reconnu qu’elles étaient sphériques: il les a vues flotter et voltiger dans l’air. Quelques physiciens nient l’existence de ces globules. M. Fresnel a donné récemment une explication de l’ascension des nuages, indépendante de la constitution des globules d’eau ou de vapeur vésiculaire dont se composent les nuages, et qui est également applicable au cas ou un nuage serait composé d’un assemblage de cristaux de neige extrêmement déliés, comme cela peut avoir lieu dans les hautes régions de l’atmosphère : ce physicien fonde son explication sur la propriété dont jouissent l’air et les autres gaz de laisser passer les rayons solaires et même le calorique rayonnant sans s’échauffer ; ensorte que, pour les échauffer, il faut le contact des corps solides ou liquides échauffés eux-mêmes par ces rayons lumineux ou calorifiques. Cela posé, si un nuage est formé par des globules d’eau, ou de cristaux de glace très-déliés, ces globules ou cristaux s’échaufferont par les rayons solaires et éléveront ensuite la température de l’air avec lequel ils sont mélangés ; de sorte qu’on conçoit que l’air contenu dans l’intérieur du nuage, ou très-voisin de sa surface, sera plus léger que l’air ambiant; et lorsque le poids total du nuage, sera spécifiquement moindre que celui d’un égal volume d’air environnant, le nuage s’élèvera. L’air de l’intérieur du nuage doit sans doute se dégager peu-à-peu , maisavcc lenteur, à cause de la petitesse des intervalles entre les globules, et ce mouvement ascensionnel de l’air intérieur , tend encore à favoriser le phénomène. Pendant la nuit , le nuage étant privé des rayons solaires, la température doit diminuer, et l’on conçoit que s’il a beaucoup d’épaisseur, cette diminution sera lente; d’ailleurs il continue à recevoir les rayons calorifiques envoyés par la terre, ce qui contribue à retarder son refroidissement. Au reste , on remarque généralement qu’après le coucher du soleil , les nuages s’abaissent sensiblement, ce qui est conforme à la théorie actuelle.
En admettant la vapeur vésiculaire qui paraît hors de doute, on peut concevoir sa suspension dans l'air par les considérations suivantes : i.° l’air contenu dans les vésicules, est spécifiquement plus léger que celui qui entoure le nuage : 2.0 J air interposé entre les vésicules, est au maximum d'humidité, et doit produire un courant
ascensionnel propre à soutenir l’ensemble du nuage dans l'atmosphère: 3.° enfin les nuages peuvent être considérés comme des écrans qui reçoivent et retiennent le calorique rayonnant du soleil pendant le jour et celui de la terre pendant la nuit ; ensorte qu’en général leur température doit être supérieure à celle de l’atmosphère qui les entoure, ce qui doit accroître leur légèreté spécifique et déterminer leur élévation , à moins que le sol ne soit très-refroidi pendant la nuit, auquel cas, il y a abaissement. Voici l’opinion de M. Laplace (M éc.Cel. tom. Y, pag. q3, note, et Physique de Fischer, pag. 446, note). Ne peut-on pas admettre avec vraisemblance que le calorique des molécules aériennes exerce sur le calorique des molécules d’un corps réduit en parties très-fines, une force répulsive d’autant plus grande que ces molécules se rapprochent plus de la ténuité des molécules de l’air, ce qui doit contribuer à soulever ces parties et à les retenir pendant long-temps dans l’atmosphère? n’est-ce pas ainsi que les vapeurs vésiculaires qui forment les nuages, s’y maintiennent suspendues?