ABagdad, rougeur du ciel, et chute de sahle rouge. Qua
t remère.
1 o56. En Arménie, neige rouge. Matth. Eretz.
ii 10. E11 Arménie, dans la province de Vaspouragan , en hiver, 9 durant une nuit obscure, chute d’un corps enflammé dans le lac de Van. L’eau devint de couleur de sang, et la terre était fendue dans différents endroits. Matth. Eretz. [Notices et extraits de la Bib. , tom. IX.
1 222 ou 1219. Pluie rouge aux environs de Viterbo. Biblioih. Italiana, tome XIX.)
lq iö. Pluie rouge , en Bohême. Spangenberg.
? .... Dans le même siècle, à Lucerne, chute d’une pierre et d’une
masse semblable à du sang coagulé, avec apparition d’un dragon igné (ou météore de feu). Cysat .
i5oi. Pluie de sang dans différens endroits, suivant quelques chroniques.
1 5 j 3 . Pluie rouge, en Westphalie. Suni Commentant.
i548, 6 novembre (probablement en Thuringe). Chute d’un globe de feu , avec beaucoup de bruit: on trouva ensuite sur le sol une substance rougeâtre, semblable au sang coagulé. Spangenberg.
1 007. En Poméranie. Grandes plaques d’une substance semblable au sang coagulé. Mart. Zeiier, tome II, epist. 386.
1660. Jour de la Pentecôte, pluie rouge à Emdenet à Louvain, etc., Fromond.
i56o, 24 décembre. A Lillebonne, météore de feu et pluie rouge. Natalis Cornes.
? i582, 5 juillet. A Rockhausen , non loin d’Erfort, chute d’une grande quantité d’une substance fibreuse, semblable à des crins humains, à la suite d’une tempête horrible, analogue â celles qu’amènent les tremblemens de terre. Michel Bapst. i586, 3 décembre. A Verde ( en Hanovre), chute de beaucoup de
matière rouge et noirâtre, avec éclairs et tonnerre (météore de feu et détonnation). Celte matière brûlait les planches sur lesquelles elle tombait. Manuscrit de Salomon , sénateur à Brème.
i^gi. A Orléans, à la Madeleine, pluie de sang. Lemaire . (Lu).
1618, en août. Chute de pierres, météore de feu et pluie de sang, en Stirie. De. Hammer .
1623, 12 août, a Strasbourg. Pluie rouge. Elias Habrecht , dans un mémoire imprimé à Strasbourg,' en 1623. ’
i63y, 6 décembre. Chute dè beaucoup de poussière noire dans le golfe de Volo et en Syrie. Phil. Transact . , tom. I, pag. 3--.
i638. Pluie rouge à ïournay.
i6|3, en janvier. Pluie de sang à Vachingen et à Weinsbcrg , suivant une chronique manuscrite de la ville de Ileilbronn.
iG45, ^3 ou 24 janvier. A Bois-le-Duc.
1 64o; 6 octobre. Pluie rouge à Bruxelles. Kronland et Wendelinus .
i6Û2, en mai. Masse visqueuse, a la suite d’un météore lumineux, entre Sienne et Rome. Miscell . Acad. nat, curios . ann. 9 ,
i665, 23 njars. Près Laucha, non loin de Naumburg , il tomba une substance fibreuse, comme de la soie bleue, en grande quantité. Joli Praetorius.
1678, 19 mars. Neige rouge, près de Gênes. Philos. Trans. , 1678.
1686, 3i janvier, près de Räuden, en Courlande, et en même temps en Norwège et en Poméranie. Lne grande quantité d’une substance membraneuse, friable et noirâtre, semblable à du papier demi-brûlé. Miscell. Ac. nat. cur. ann. 7, pro ann . 1688 in append . (M. le baron Théodore de Grotthus a analysé une portion de cette substance, qui avait été conservée dans un cabinet d’histoire naturelle, et y a tro uvé de la silice, du fer, de la chaux, du carbone, de la magnésie, une trace de chrome et de soufre, mais point de nickel.)
1689. Poussière rouge à Venise, etc. Valisnieri .
1711, 5 et 6 mai. Pluie à Orsion, en Suède. Act. Lit Sueciœ, 1731.
1718, 2 \ mars. Chute d’un globe de feu dans l’île de Lethy, aux Indes. On a trouvé ensuite une matière gélatineuse. Barche witz.
5o4 SUPPLEMENT
1719* Chute de sable dans la mer Atlantique [Lal.sept. 45°, longitude 3i2° 45'), accompagnée d’un météore lumineux. Mêm . de V Acad, des Sciences, 1719, bist., page 23. (Il aurait fallu examiner ce sable avec plus d’attention.)
1721, vers le milieu de mars, Stoutgard. Météore et pluie rouge en grande quantité, d’après une notice écrite le 21 mars, par un conseiller Vischer.
1737, 21 mai. Chute de terre attirable à l’aimant, sur la mer Adriatique, entre Monopoli et Lissa. Zanichelli, dans les Opuscoli di Calugera, tome XVI.
1744* Pluie rouge à Saint-Pierre d’Arena, près de Gênes. Richard .
17 55, 20 octobre, sur l’île de Getland , l’une des Orcades. Poussière noire qui n’était pas yenue de l’Hécla. Phil . Transact., vol. L.
1755, i3 novembre. Rougeur du ciel et pluie rouge dans différents pays. iVou. act. nat.cur ., tom. II.
1763, 9 octobre. Pluie rouge à Clèves, à Utrecht, etc . Mercurio historicoy politico de Madrid, octobre, 1764.
1765, 1 4 novembre. Pluie rouge en Picardie. Richard.
1781, en Sicile. Poussière blanche qui n’était pas volcanique. Gioeni, Phil . Trans., tom. LXX1I.
1792, 27, 28 et 29 août sans interruption. Pluie d’une substance semblable à de la cendre, dans la ville delà Paz, au Pérou. Ce phénomène ne pouvait pas être attribué à un volcan : on avait entendu des explosions, et vu le ciel tout éclairé. La poussière occasionna de grands maux de tête, et donna la fièvre à plusieurs personnes. Mercurio P émana, tom.VI, 1792.
1796, 8 mars. On a trouvé en Lusace, après la chute d’un globe de feu , une matière visqueuse (1). Ann. de Gilbert, tome LV.
i8o3, 5 et. G mars, en Italie. Chute dépoussiéré rouge, sèche dans quelques lieux, et humide dans d’autres. Opuscoli scelti y tome XXII.
181 1 , en juillet , près Heidelberg. Chute d’une substance gélati-
(*) J’en possédé une petite partie qui a la consistance, la couleur et l’odeur d’un vernis brunâtre fort desséché. Je crois qu’elle se compose surtout de soufre et carbone. MM. Guy ton Morceau et Blumenbach en avaient aussi des portions*
tineuse, a la suite de l’explosion d’un méteore lumineux. Ann . de Gilbert , tome LXVI.
l8i3, i3 et 14 mars, en Calabre, Toscane et Frioul. Grande chute de poussière rouge et de neige rouge, avec beaucoup de bruit. Il tomba en même temps des pierres à Cutro , en Calabre. Bibl.Brit., octobre i8i3 et avril 1814.
(Sementini a trouve' dans la poussière : silice, 33; alumine, i5i; chaux, fer, i/[±; chrome, 1 ; carbone, 9. La perte e'tait i5. Il paraît que Sementini n'a pas cherché la magné* sie et le nickel.)
ï8 1 4> 3 et 4 juillet. Grande chute de poussière noire au Canada, avec apparition de feu. L’événement était semblable à celui de 472. Philos, Mag, vol. XLIV.
ï 8 1 4« La nuit du 27 au 28 octobre , dans la vallée d’Onéglia, près de Gênes, pluie rouge. Giornale di Fisica, etc., tomel, page 32.
ïB 1 4> 5 novembre. On a trouvé dans le Doab, aux Indes, que chaque pierre tombée était dans un petit amas de poussière. Phil. Mag,
1 8 1 5. vers la fin de septembre, la mer, au sud des Indes, était couverte de poussière sur une très-grande étendue, probablement à la suite d’une pareille chute. Phil, Mag., juillet 1816.
1816, i5 avril. Neige rouge dans dilférens endroits de la partie septentrionale de l’Italie. Giornale di Fisica , etc., tom. I , 1818, page 4;3.
1819, i3 août, à Amherst, en Massachusets. A la suite d’un météore lumineux, il tomba une masse gélatineuse et puante. Siliman Journal. II, 33 5.
1819, 5 septembre, à Studein, en Moravie, dans la juridiction de Teltsch, entre onze heures et midi, le ciel étant serein et tranquille, pluie de petits morceaux de terre, provenant d’un petit nuage isolé et très-clair. Hesperus , novembre 1819, et Ann. de Gilbert. , tome LXVIII.
1819, 5 novembre. Pluie rouge en Flandre et en Hollande. Ann. générales des Sciences physiques. (On a trouvé dans cette pluie du cobalt et de l’acide muriatique.)
5oG
i8io3 en novembre, à Montreal et (laps la partie septentrionale des États-Unis. Pluie et neige noires, accompagnées d’un obscurcissement extraordinaire du ciel, de secousses comme durant un tremblement de terre, de détonnations semblables
à des explosions d’artillerie et d’apparitions ignées, qu’on a prises pour des éclairs très-forts. Ann. de Chimie , „tome XV.
Quelques personnes ont attribué le phénomène à Pinccndie
d’une forêt: mais le bruit, les secousses, etc., montrent que c’était un véritable météore, comme ceux de 4^2, de 1637, de 1^62 et de 18 1 4 (au Canada). Il paraît que les pierres noires et friables, tombées à Alais , eu 1806, étaient à-peu-près
îa même substance dans un état de coagulation plus avancé.
• . « 3 , ' ^ 1 1821, .3 mai , à neuf heures du matin. Pluie rouge dans les environs
de Giessen. M. le professeur Zimmermann, ayant analysé le
sédiment brpn-rougeâtre que cette pluie laissait, y a trouvé du chrome, de l’oxide de fer, de la silice, de la chaux, du carbone, une trace de magnésie et des parties volatiles, mais point de nickel.
1823, 1 3 août. Ville de Mendoza, dans la république de Buenos- Ayrcs. Poussière qui tombait d’un nuage noir. A une distance de qo lieues, le même nuage se déchargea encore une fois. Gazette de Buenos- Ayres, du i.cr nov. 1824,
•. u ’>.À ^ SA i' f 4 G !. > i'A [. A • * ' ♦ - »
ADDITION
Vers la fin de mars 1823 (Phiî. Journ. Edimbourg, avril i8a5, png. 4°5) , une averse de neige , tombée sur le Lochawe , dans l’Argiléshire , étonna ou plutôt épouvanta ceux qui en furent les témoins. Quelques gentlemen qui avaient traversé le lac pendant la matinée, eurent l’occasion de remarquer ce phénomène. Le temps avait été très-beau durant toute la journée, cl les voyageurs revenaient chez eux, lorsque tout-à-coup le ciel se couvrit, ce qui les engagea à se hâter; mais en quelques minutes, ils furent surpris par une averse de neige : bientôt le lac, leur bateau, leurs vêtemens et tous les environs présentèrent l’aspect d’une surface lumineuse, d’une immense couche de feu. Quoique tout le monde parut brûler, on n’éprouvait aucune sensation de chaleur : lorsqu’on portait
la main sur la neige fondue, la substance lumineuse y adhérait : la neige conserva cette propriété pendant douze ou quinze minutes. La soirée redevint calme/maïs resta sombre. Plusieurs des hàbitans regardèient ce phénomène comme le présagé de quelque calamité qui devait affliger leur pays.
i/f0 &e8 Étoiles filantes»
Nous nous bornerons a citer ici quelques remarques sur les étoiles filantes , extraites (Tun ouvrage de M. Brandes , imprimé à Leipsig, en 1820. Il résulte des observations faites par ce savant et par M. Ben zenberg (Hambourg, 1800 et 1802), que ces météores se montrent à des hauteurs de un jusqu a trente milles • qu’ils ont une vitesse de plusieurs milles par seconde, et qu’ils se dirigent dans tous les sens. Ces observations s’accordent avec celles des Bolides qu’on a vus aussi à des hauteurs de cinq, dix et d un pliis grand nombre de milles. D’autres observateurs sont parvenus aux mêmes résultats. 11 paraîtrait donc que les étoiles filantes et les bolides auraient une commune origine et que cette origine serait cosmique; en sorte que ces corps ne feraient que traverser notre atmosphère, et qu’à raison de leur extrême vitesse, ils s’enflammeraient en passant. Ces météores laissent souvent derrière eux des étincelles ou traînées lumineuses qui n’ont point de vitesse propre. M. Brandes parle d’une étoile filante qui, le 28 octobre i8o5, se fît remarquer par la longue apparition de sa queue qui se recourba en differens sens, et demeura visible pendant plusieurs minutes : longtemps après, on apercevait encore une faible lumière. Le Célèbre voyageur Krusensiern et les physiciens qui raccompagnaient, virent pendant plus d’une heure la traînée lumineuse qu’un bolide, aperçu le 10 octobre i8o3, avait laissée derrière lui. On ne doit peut-être pas ranger parmi ces météores ceux qui se présentent comme des inflammations rapides et qui, sans se mouvoir d’une manière bien sensible, s’éteignent presqu’aussitôt. M. Brandes croit devoir les considérer de la même manière que les éclairs. Ori'doit encore distinguer les étoiles filantes qui, sous une lueur Vive, ne paraissent pas avoir de diamètre appréciable, et qui , sans laisser de traînée lumineuse, ressemblent à des étoiles fixes qui tombent. Ce physicien regrette qu’on n’ait pas plus d’observations sur les étoiles filantes, qui permettraient de prononcer avec plus d’assurance sur la nature de ces météores: il remarque
Ôo8 SUPPLEMENT
que ces sortes d'apparitions ont lieu plus fréquemment en hiver, et il assure en avoir vu pendant cette saison et dans l’intervalle de quelques heures, plus de dans une même région du ciel, tandis qu’on en voyait sans doute plus de 2000 au-dessus de l’horizon. Quelques physiciens ont regardé le printemps comme la saison la plus favorable aux apparitions de ce météore , et M. Brandes lui-même cite des observations à l’appui de cette assertion (Corres, phys. et malh., tom. Il, pages 104, 167 et 227 ). M. le professeur Quetelet auquel on doit les articles que nous venons de citer, est en possession d’une méthode à l’aide de laquelle il peut calculer avec facilité les hauteurs auxquelles ces phénomènes apparaissent ; déjà il a recueilli un grand nombre d’observations auxquelles il va appliquer son procédé , et il soupçonne diaprés quelques hauteurs déjà obtenues, que ces météores se forment aux confins de notre atmosphère : cependant, ce n’est encore qu’une simple présomption que le calcul seul peut justifier, modifier ou infirmer.
i5.° Des Volcans et Tremblemens de terre .
On sait que les volcans sont des ouvertures dans Pécorce du globe, d’où il sort de temps en temps des jets de substances embrasées et des courans de matières fondues qui portent le nom de laves : ces ouvertures sont presque toujours sur le sommet de montagnes isolées; elle9 ont la formed’un entonnoir, et prennent le nom de cratère, L’Europe et le continent de l’Asie n’offrent que très-peu de volcans brulans : ceux de l’Amérique sont au nombre d’environ cinquante, situés en grande partie sur le dos de cette grande Cordillière qui borde la partie occidentale de ce nouveau continent; c’est dans le Pérou que sont les plus considérables ; il y en a sept parmi lesquels nous citerons 1 c Pichinca^ élevé de près de 5ooo mètres, le Cotopaxi de 5y5o mètres et V Antisana de 6000 mètres. Le Chimboraco ou Chimborazo (Pérou) de 653o mètres, est un volcan éteint. M. Ordinaire compte en totalité 2o5 volcans brulans : 107 sont dans les îles, et 98 sur les continens, mais le long des côtes : les plus éloignés de la mer sont ceux de l’Amérique. L’intérieur de nos continens, renferme un grand nombre de volcans éteints. Les mugissemens et les bruits souterrains, l’apparition ou l’augmentation de la fumée qui sort du cratère, sont les premiers symptômes des crises volcaniques : bientôt le bruit devient plus fort, la terre trem-
Lie , elle éprouve des secousses et tout annonce qu’elle est en travail ; la fumée redouble, elle s épaissit et se mélange de cendres : lorsque l’air est tranquille, on la voit s élever sous la forme d’une immense colonne à une très-grande hauteur; d’autres fois, elle se disperse dans les airs, elle y forme d’immenses et d’épais nuages qui couvrent de ténèbres toute la contrée d’alentour- ces nuages sont souvent traversés par d’énormes jets de sables embrasés ; quelquefois ils sont sillonnés par des éclairs et paraissent lancer la foudre : bientôt arrivent des projections de pierres incandescentes et de masses en fusion. Au milieu de ces convulsions, la matière fondue qui remplissait les fournaises souterraines, déjà portée dans l’intérieur de la montagne, y est soulevée, elle y monte jusque dans le cratère, elle le remplit, et débordant par-dessus la partie la moins élevée de cette énorme coupe, elle se répand sur les flancs du volcan : très-souvent les parois qui la contiennent, ne pouvant résister à son immense pression ou à sa chaleur, cèdent et s’entr’ouvrent; la lave jaillit en torrent impétueux par cette nouvelle issue: après un instant de repos, un nouvel accès souvent plus terrible encore se reproduit; enfin la crise cesse. Un grand nombre de relations portent à plus de ioo lieues les nuages de cendres vomis par les volcans d’Asie et d’Amérique. Les volcans lancent quelquefois des pierres qui ne portent aucun indice de fusion , et qui vraisemblablement sont des fragmens détachés des parois des cavités intérieures. Le gigantesque Cotopaxi a porté à trois lieues de distance un quartier d’environ ioo mètres cubes: on a cherché à évaluer l’intensité de la force qui projette ces matières volcaniques, force due à l’expansion des fluides élastiques, et on a trouvé qu’elle était moindre que celle d’un boulet au sortir du canon : par rapport au Pic de TénérifFe, on l’a estimée à 270 mètres par seconde. La lave est une substance pâteuse ou visqueuse ; elle se meut et se refroidit avec lenteur ; mais si la surface perd bientôt sa fluidité et sa haute température, il n’en est pas de meme de son intérieur : on cite des courans qui coulaient encore dix ans après leur sortie du cratère; des laves fumaient encore vingt-six ans après l’éruption. En traversant sur l’Etna une lave qui ne coulait plus depuis onze mois, Spallanzani vit à travers les gerçures de sa surface qu’elle était encore rouge, et un bâton qu’il y enfonça prit feu à l’instant.
La position de tous les volcans en activité dans le voisinage de la mer, est un fait bien digne de remarque, il le devient encore da-
5lO SUPPLÉMENT
vantage, lorsqu’on observe qu’il y a des volcans sous-marins, brûlant dans le sein de eaux et donnant naissance à des îlots et à des îles dont la production subite est attestée par des témoignages non suspects.
L’histoire des éruptions volcaniques fait souvent mention delorrens d’eau et de boue, vomis par les volcans. Bouguer et La Condamine ont vu ces torrens raviner tout un pays : le dernier de ces savans rapporte que six heures après une éruption du Cotopaxi, un village situé à trente lieues de distance en ligne droite, et peut-être à soixante, ensuivant les sinuosités du terrain, fut entièrement emporté (*). Dans le tremblement de terre qui renversa Lima, en 1746, quatre volcans s’ouvrirent à Lucanas, et occasionnèrent une affreuse inondation (**). Les volcans de Quito présentent souvent le même phénomène. Un volcan de Madagascar, lance, dit-on, une colonne d’eau assez forte et assez élevée, pour être vue de vingt lieues en mer (***). Il y a aussi des volcans d’air. Dans une éruption qui a eu lieu en 1822, le Vésuve a lancé une masse saline du poids de i5 kilogrammes, renfermant une quantité de sel marin si abondante que les pauvres de Naples et des environs, se 6ont empressés d’en faire provision pour leurs usages domestiques.
Nous croyons inutile de nous étendre en descriptions de tremblemens de terre, parce que ce genre de phénomènes est généralement assez connu des personnes mêmes qui ne lisent que les journaux. Nous nous bornerons donc à quelques considérations générales (****). C’est au milieu des volcans ou dans leur voisinage, c’est dans les pays volcanisés que les tremblemens de terre sont les plus nombreux et les plus violents. Le Pérou, le midi de l’Italie, l’Islande, les Canaries, les Antilles et les côtes qui en sont peu éloignées, en fournissent de continuels exemples. On a vu que les éruptions volcaniques sont habituellement accompagnées de tremblemens de terre : de nouveaux volcans se sont ouverts, de nouvelles montagnes volcaniques ont été produites au milieu des secousses des contrées voisines. De sorte qu’il
(*) Voyage à l’Equateur.
(**) Antonio Ulloa, Voyage en Amérique.
(***) Ebel , Heber den Baw der erde , etc. Tom. II, pag. 289.
(****) Traité de Géognosie ? de J. F. D'Aubuisson de Voisins , Tom. I,
Pag- »97*
A LA PHVSiqUF DE FISCHER.
J a un rapport intime et une étroite connexion entre les volcans et les tremblemens de terre : ce sont probablement les effets d’une même eau., e , des agens ou feux souterrains. Ou peut distinguer avec Werner deux espèces de tremblemens de terre : les uns paraissent tenir a un volcan particulier et avoir leur foyer dans la même région que lui ; ils ne se font guère ressentir qu’à quelques lieues de distance, et presque toujours leurs paroxismes sont liés avec ceux du volcan. Les autres qui paraissent avoir leur foyer à une bien plus grande profondeur, se propagent à des distances immenses avec une célérité incroyable : ils se font ressentir presqu’en même temps sur «ses points éloignés de mille lieues. Cependant quelques-uns de ceuxci se rapprochent encore des premiers, et ils tiennent encore aux phénomènes volcaniques. C’est ainsi que lors du tremblement déjà cicé, qui renversa Lima et qui »ut un des plus terribles qu.c 1 on ait vus, il s’ouvrit quatre volcans dans une nuit et ! agitation de la terre cessa. On dirait que les fluides élastiques qui retenus et comprimés dans 1 intérieur de la terre, y produisaient ces fortes secousses, s étant ouvert une issue , se sont dégagés, et que la nature se trouve alors délivrée du mal qui la tourmentait. Rujjon avait déjà fait cette remarque. On donne comme pronostic de ces grandes crises, la sortie des reptiles qui vivent habituellement sous terre; l'agitation et les mouvemens extraordinaires des oiseaux ; les hurlemens de certains animaux ; le tarissement des sources et des puits; des mugissemens souterrains, quelquefois très-forts et sans direction déterminée; un bruit semblable à celui de plusieurs chars qui roulent sur un pont de pierre, etc. Cependant celui de Lisbonne, en 17 55, arriva sans aucun de ces signes précurseurs. La mer est presque toujours fort agitée, et ce qui est remarquable, c’est que souvent l’atmosphère ne participe nullement à l’agitation de la croûte du globe et des eaux qui la recouvrent.
Dans un écrit ayant pour titre: Relation du principal phénomène des météores ignés, observés dans le courant de 1820, l’auteur E. IV. Brayley décrit d’abord, d’après diverses autorités, des globes de le u contemporains de tremblemens de terre ; il fait ensuite remarquer la frappante affinité météorologique de certains météorites avec quelques produits de volcans ; enfin il infère de ces diverses circonstances et d'autres encore, que les agences qui font naître les phé-
5lä SUPPLEMENT
nomènes volcaniques, quels que soient ceux-ci, et de quelque manière qu’elles opèrent, ne sont probablement pas étrangères à la production des météores ignés et des corps qui en descendent. 11 recommande cet intéressant objet aux investigations des sa vans, en promettant de leur soumettre les résultats de ses recherches ultérieures à ce sujet. (Ann. of Phil, juny i8a4? pag. 466)* Nous dirons, à cette occasion, qu'on a vu de6 éclairs se terminer par des glohes de feu, ainsi que des globes de feu n’ayant rien de commun avec les orages.
l6.° Sur la Phosphorescence de la mer .
M. Finlayeon , dans la relation de sa mission à Si am et a la Cochin chine s explique ainsi la cause de ce magnifique et singulier phénomène qui se manifest« dans les mers de Finde pendant la nuit. Sur plusieurs golfes et notamment dans la rade de Vile du Prince de Galles, les corps qui produisent ce phénomène, se rencontrent en si grande quantité, qu’on peut, à la distance de plusieurs milles, distinguer aisément un navire. Cette lumière n’est pas moins vive que celle d une torche, et elle semble jaillir du sein des flots sillonnés par le gouvernail ou ouverts par les rames. Durant le jour, les vagues sont d’une couleur verdâtre semblable à celle de la couche végétale que Fcn voit communément à la surface des étangs ou des mares d’eau croupissante. On s'est assuré que la couleur qui la distingue pendant le jour, et la lueur phosphorique qu’elle jette pendant la nuit, sont dues à la présence de la même substance. Les causes de ce phénomène lumineux, varient sur divers points de l’Océan. On sait que le poisson de mer , lorsqu’il est mort et qu’il entre en putréfaction, donne aux flots une lueur pareille à celle dont il est question; le frai du poisson produit aussi le même phénomène. En prenant de cette eau dans le creux de la main, on a reconnu que cette lumière était due au mouvement excessivement rapide d’une innombrable quantité de molécules visqueuses de la grosseur d’une tête d’épingle, lequel dure une ou deux secondes, après quoi il cesse ainsi que la lumière. Dans unEssaisurla phosphorescence de Veau delamer (Ann. Marit. et Colon., a v ril 1025, p. 364) ? M .Artaud, pharmacien, s’exprime ainsi : dans la nuit du 2 septembre 1820, îa mer, devant St.-Pierre de la Martinique, parut tout -à-coup lumineuse : cette phosphorescence dura près d’un mois; elle fut très-forte dans les puits des 2, 3 et q, les jours prcccdens ayant été beaux , secs
et très-chauds; les quatre jours suivans ayant été humides et pluvieux, la phosphorescence diminua. Du g au 12, le temps étant redevenu très-beau, et le vent soufflant avec assez de violence pour exciter de petites vagues, en faisait paraître la surface toute illuminée : depuis le i3, ces effets diminuèrent jusqu'au 16, époque à laquelle le phénomène cessa pour reparaître de nouveau quelques jours après et se prolonger en diminuant graduellement jusqu’à la fin du mois. Dans un moment ou la lumière était dans sa plus grande splendeur, l’auteur lit puiser de l'eau à une grande distance du rivage et en remplit plusieurs vases qu il fit porter dans une chambre obscure ;
3 eau en repos ne donna aucun signe de phosphorescence. En soufflant légèrement sur la surface, il vit de petits corpuscules se détacher des parois du vase et traverser le liquide dans tous les sens; plus il soufflait, plus il en voyait, et en l’agitant violemment avec une baguette, elle parut toute illuminée. En filtrant cette eau avec du papier- joseph , le filtre retint les atomes lumineux, et l’eau filtrée perdit totalement la propriété phosphorescente. Ce filtre étant posé sur un plateau de verre, au foyer d’un microscope, il aperçut une multitude de globules transparens, comme visqueux, qui se mouvaient tres-distinctement dans la petite portion de liquide dont ils étaient environnés : chaque globule était marqué à son sommet d’une tache ronde et jaunâtre qu'il présuma être le point phosphorescent. Quoique le grossissement du miscroscopc fut de 100 , ces animaux n excédaient pas la grosseur d’une tete d'épingle ; la queue paraissait environ d’un quart de ligne. M. jîrtaud obtint d’autres résultats qu on pourra lire dans l’ouvrage cité. M. JBalard , pharmacien de Montpellier, vient de découvrir dans l’eau de mer, une substance qui, dans ses propriétés chimiques, présente la plus grande analogie avec le chlore et L’iode . Les détails de cette importante découverte, sont consignés dans un mémoire lu à l’académie des sciences de Paris, le 3 juillet 1826 ; il lui a donné le nom de Muride ( Mur ici , Saumure .)
1 n.° Sur les secousses atmosphériques.
L’élévation delà colonne barométrique (*) annonce, généralement
(*) Au niveau de FOcéan, la hauteur moyenne du baromètre est de ora,7029 zz- 28 pouces 2 lig. — , la température étant à 12°, S du thermomètre centigrade.
parlant, un ciel serein, et l’abaissement un temps pluvieux. M. Biot explique cette relation remarquable entre l’état du ciel et le poids de l’atmosphère, en observant que lorsque la pression augmente, la densité de l’air ou se trouvent les nuages, augmente aussi, et par conséquent ces nuages s’élèvent jusqu’à ce qu’ils rencontrent un air de meme densité qu’eux : or, les nuages se trouvant ainsi dans une région sèche, passent de l’état de vapeur vésiculaire, à celui de vapeur transparente. Au contraire, si la pression diminue, les nuages descendent dans une région plus humide, et se réduisent en pluie. Presque toujours , dit le meme physicien , le baromètre descend rapidement avant les tempêtes, et il éprouve de grandes oscillations en quelques heures, quand elles ont lieu, ce qui en fait un instrument très-utile à la mer pour les navigateurs instruits. M. Meloni , combat l’explication de J\I. Biot , et en donne une autre (Giorn. di. Fisic. ebirn. etc., mai et juin 1824, P- I70)* Selon lui, si l’air étant tranquille et en équilibre autour de la terre, une colonne atmosphérique vient à augmenter de poids, il y aura des écoulemens d’air de tous les points de cette coionne, qui formeront dans toutes les directions, des vents qui chasseront les nuages, en sorte que le ciel deviendra serein, en même-temps que la colonne barométrique s’élèvera. Si , au contraire, la colonne diminue de poids, l’air environnant affluera vers sa base et y portera les nuages fiottans dans l’atmosphère, et, dans le cas ou il n’y en aurait pas, la rencontre des vents opposés en fera naître, il s’opère dans la hauteur de la colonne barométrique, des variations subites, qu’on nomme secousses atmosphériques dues à quelque cause jusqu’à présent inconnue, qui agit avec une extrême rapidité et presque simultanément sur une vaste étendue, tant horizontale que verticale: car on a remarqué que, dans la colonne verticale de plus de looo toises, qui sépare le Mont St.-Bernard de Genève, toutes les grandes secousses barométriques sont, à-peu-près, simultanées. On ne peut expliquer cette secousse ou cet abaissement du mercure, par un vent même très-violent : car il y a eu à-peu-près ih 23 ' d’intervalle entre les époques du maximum d’abaissement du mercure à Genève et à Abris ; or, un vent violent de 5o pieds par seconde , ne parcourt qu’epviron 12 lieues par heure, ou 16 lieues dans i/; 23', et il y a 65 lieues à vol d’oiseau entre ces deux v 1 1 les. Ainsi, dit M. Pictet , la simultanéité des ces secousses atmosphériques dans des régions fort
distantes, est 1 un des faits les plus singuliers que présente la météorologie et Tun des plus difficiles à expliquer.
Dans un écrit ayant pour titre : De rapentinis variationibus in pressione atmosphœræ observatis, in- 4.° de 66 pag. Leipzig , Tg26 1 auteur, M. Brandes , après avoir parlé des difficultés de l’étude de la météorologie et des moyens de l’avancer , donne la préférence à l’observation simultanée en divers lieux, d’un meme pbénomcne remarquable, (comme on le fait pour les étoiles filantes), et spécialement des variations survenues dans la hauteur barométrique. Déjà, comme specirnen de cette méthode, il a publié en allemand, la discussion de l’état de l’atmosphère dans toute l’Europe , pendant le cours de 1783, si remarquable par le tremblement de terre de Messine, accompagné d’une foule de phénomènes météorologiques. M. Brandes s’cst proposé d’analyser toutes les circonstances du grand ouragan, arrivé le 25 décembre 1821 , et qui, en certains lieux, a fait descendre de 22 lignes, la hauteur barométrique. Quatre tableaux olfrent l’abaissement du baromètre au-dessous de la hauteur moyenne dans les lieux d’observation, à quatre heures différentes. De cet ensemble de résultats , hauteur tire des conclusions dont nous 11e rapporterons nue la substance : i° Une cause inconnue, a opéré sur l’Océan Atlantique, près des cotes de Bretagne, le 24 décembre, une soustraction dans la masse de l’atmosphère et une diminution de pression : la même cause agissait à cette époque à travers la Manche et la mer d’Allemagne jusque sur les côtes de Norwège, mais avec une intensité beaucoup moindre: en sorte que l’abaissement .allait croissant de la côte N. O. de France dans l’intérieur, et décroissant de l’intérieur de l’Allemagne vers la mer : l’interposition des Alpes dérangeait la loi de continuité. A l’époque de la seconde table, le centre de moindre pression était entre Londres et Dieppe; les courbes d’égale pression passaient de la forme elliptique à la forme circulaire. A l’époque de la troisième table, le centre était dans la mer d’Allemagne. Enfin à l’époque de la quatrième, le centre de moindre pression allait s’avançant près des côtes de la Norwège. Dans les phénomènes des 2 et 3 février 1823, la loi des variations de pression , est moins simple, et outre les perturbations locales, on est conduit à supposer deux centres de moindre pression , qui partant comme précédemment des côtes de Bretagne, auraient été portés par les eaux de la mer, l’un dans la Manche, l’autre dans
le golle de Gascogne. Des tempêtes auraient été' ressenties à Lisbonne, et à Constantinople, à-peu-près lorsque les centres de pression passaient à leurs méridiens. L’auteur cite encore d’autres faits et il établit sans piene que les changemens brusques de pression, sont liées avec d’autres grandes variations de l’atmosphère.
Le professeur Meineche , dans un Mémoire lu à la société naturelle de Halle y prouve de plusieurs manières l’existence d’une atmosphère terrestre inférieure : il se croit fondé par les raisons qu’il allègue, à conclure avec certitude que l’atmosphère qui peut pénétrer à 20 milles géographiques de profondeur dans l’intérieur de la terre, est déjà comprimée à une moindre profondeur, au point que, sans être liquide, elle forme un fluide équivalent à l’eau, pour la densité. De là il résulte pour l’atmosphère terrestre inférieure à la surface, une masse en comparaison de laquelle celle de l’atmosphère supérieure paraît fort petite. C’est à cette masse d’air inférieur contenu dans les cavités, dans les abîmes , dans les pores des fossiles etc., que ce professeur attribue la plupart des météores, tandis que cet amas insignifiant d’air, que nous nommons atmosphère , n’y contribue tout au plus que pour une faible part. Comme il attribue les phénomènes barométriques à l'atmosphère inférieure, il semble qu’il pourrait aussi bien lui faire cadeau de quelques autres rôles qui , jusqu'ici, étaient dévolus à l’atmosphère supérieure.
Parmi les nombreux ouvrages sur la météorologie, publiés et annoncés dans ces derniers temps, nous citerons celui de M. J. Jacoh Berzelius, dont le nom fait autorité dans les sciences : il a pour titre : Traité Elémentaire de Chimie : le premier volume de cette deuxième édition, traduite du suédois en allemand (édit, de Dresde, 1823 et 1824, Arnold), contient i.° à l’article atmosphère : composition et propriétés physiqu. s de l’air. — Vents réguliers et irréguliers. — • Météores et houles de feu. — - Pierres météoriques. — Aurores boréales etc . — 2.0 à l’article eau : De V évaporation. — De la vaporisation. — Humidité atmosphérique. — Hygrométrie . — Météores aqîteux. — Nuages et pluies. — Rapports de la marche du baromètre avec les variations de température. — Théories de la neige ? de la grêle , des broiuT
a la physique de fischer. 5i^
lards > de la rosée etc. • — Des sources , différentes variétés de sources etc» Let ouvrage est sans préface, ni introduction et jusqu’à présent sans talde : c’est une riche collection de faits et de théories rangés sans beaucoup d’ordre, sous dififérens titres. — Sur quelques phénomènes relatifs à la formation de la rosée sur les surfaces métalliques , on pourra consulter un écrit de M. G . Harvey, (Biblioth. Univ. mai et juin 1824)* Nous ne pouvons nous dispenser de recommander la lec« turc du Mémoire couronné par M. A, Moreau de donnes, en réponse à la question proposée par l’Académie B.oyale de Bruxelles : quels sont les cliangemens que peut occasionner le déboisement des forêts considérables sur les contrées et communes adjacentes, relativement à la température et à la salubrité de Vair, à la direction et à la violence des vents dominans , à V abondance et à la qualité des pluies d'où dérivent les sources et les eaux courantes , et, en général, à tout ce qui constitue son état physique actuel (nouv. Mém. de l’Acad. Royale des sciences et lettres de Bruxelles Tom. V). Nous essayerons de donner une idée de cet intéressant travail. Trente mille observations météorologiques, dont la plupart appartiennent à l’auteur etontété recueillies en divers climats, font connaître l’action des causes qui font varier la température, la durée de ses phases et leur époque. Après avoir soigneusement discuté l’influence des forêts sur la température, l’auteur est amené à une suite de conclusions dont nous nous b o ruerons à rapporter les suivantes : les forêts exercent une influence puissante sur la chaleur atmosphérique ; cette influence est analogue à celle produite parla position géographique et la présence des eaux: ses effets, comme ceux de l’élévation des latitudes et de la proximité des mers, sont un abaissement de la température. Il examine, en second lieu, l’influence des forêts sur la fréquence et la quantité des pluies: les pluies, dit-il, ont pour condition d’existence, les causes de l’évaporation des eaux du globe et celles de la condensation des vapeurs atmosphériques : les premières se composent de tout ce qui élève la température, et les secondes de tout ce qui l’abaisse temporairement ou localement. La quantité de pluie annuelle varie par l’influence de la position géographique des contrées, de la présence des eaux pélagiques et pluviales, des vents, des montagnes et ensuite des forêts: toutes ces causes sont appréciées, et il résulte de cette discussion que la quantité annuelle des pluies, s’accroît comme les
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températures , à mesure qu’on se rapproche de l’équateur, et qu’elle diminue en raison de la proximité des pôles; que la présence des eaux pélagiques ou pluviales, est celle des causes qui agit le plus puissamment: que celle des vents agit suivant la nature des régions qu’ils ont traversées ; que pour accroître, à volonté, les pluies qui arrosent un pays, il suffit de couvrir de plantations d’arbres ses collines et ses hautes montagnes, et de les déboiser pour diminuer proportionnellement la quantité des eaux pluviales. 11 examine, en troisième lieu, l’influence des forets sur l’humidité atmosphérique dont les causes résident comme celles des pluies dans l’évaporation pélagique et pluviale , dans sa translation par les vents et dans l’action des forêts et des montagnes qui la rendent stationnaire. Les effets de l’humidité agissent dans leur maximum, d’une manière délétère sur l’homme, tandis qu’ils favorissent l’accroissement des végétaux et la multiplication des insectes : dans son minimum , elle est contraire à l’homme par son action nuisible sur les végétaux. L’évaporation des forêts est après celle des eaux, la cause la plus puissante de l’humidité atmosphérique, qui détermine l’abaissement local de la température. A^ient ensuite la question de l’influence des forêts sur les sources et les eaux pluviales, a la suite de laquelle il traite de l’influence des forêts sur les vents et sur la salubrité de l’air, sur la fertilité du sol et sur l’état social des peuples. Ce mémoire est terminé par l’énoncé des vingt résultats généraux tirés de l’ensemble des faits, des calculs, des expériences et des observations, présentés dans les six chapitres dont il se compose. Le Bulletin universel des sciences Mathématiques , Physiques et Chimiques , publié sous la direction de M. le baron de Férussac , nous a fourni d’cxcellens documens. Nous nous bornerons ici à ces seules citations, nous réservant de donner par la suite une notice plus étendue des ouvrages et mémoires à consulter sur la météorologie.